CHAPITRE \Ih
PiiUScMitMiiis dn DooMtday f âm Additamesta et de phuSeun «Btret oorvAget f
povr lervir à l'éeleiffeîifeiiieBt de m Begistre*
L'Angleterre , jalouse de propager ce précieux document , fit une première tentative pour publier le Domesday , vers le milieu du siècle dernier. En n&I^ la Chambre des Lords présenta une adresse au Roi » à l'effet d'obtenir un bref pour la publication de ce recueil (1). L'année suivante ,1768» différents spécimens, les uns exécutés en caractères fondus, les autres gravés sur cuivre, furent envoyés , par les Lords Trésoriers, au président et au conseil de la Société des Antiquaires de Lon^ dres, pour être examinés et appréciés (2). Le spécimen gravé obtint d'abord la préférence, malgré l'excès de la dépense, évaluée par M. Bay^ ly's , pour le tirage de sieze cent soixante-quatre planches , à une seule couleur , à 12,681 livres 4 pences , ou 317,015 francs , et , pour le même nombre de planches à deux couleurs , à 18,443 livres 12 pences , ou 461,075 francs. Cependant, vers la fin de 1768 , après avoir fait divers essais pour imiter les lettres de l'original , on se détermina à imprimer cet ouvrage avec des caractères fondus exprès : mais , quelque exacts
(i ) ,^iiniaZ liM lofdi , 29 JolD 1767.
(2) ConeO. Baoks, apparien. à la Sociét des Anliq.
qu'ils fussent» ils offraient cependant quelques légères difTérences avec i*original(l). Cette publication fut confiée aux soins de M. Abraham Farley , homme d'un profond savoir, qui avait une expérience consommée des archives et auquel on avait recours journellement, depuis plus de 40 ans, pour faire des recherches dans le Domesday (2).
Ce ne fut cependant qu*en 1771 qu'on procéda activement à l'impression de cet ouvrage , qui , après avoir été dix années sous presse , ne fut complètement terminé qu'en 1783. Les caractères qui servirent à son impression furent détruits lors de l'incendie qui, dans le mois de février 1808 , consuma l'imprimerie de M. Nichols.
Peu d'années après cette publication, plusieurs savants antiquaires anglais essayèrent de donner la clef de l'immense recueil, et d'aplanir une partie des difficultés qui s'opposaient aux recherches des hommes studieux. On doit ici particulièrement distinguer Robert Relham , qui publia , en 1788 , un volume in-S"", sous le titre de Domesday-Book iilustrated , dans lequel on trouve une table des comtés avec la liste des personnes qui en possédaient les domaines , soit comme tenant directement du Roi et en baronnie , soit comme tenant in capite. Kelham donne, en outre, dans une espèce de glossaire, l'interprétation des signes et des abréviations qui fourmillent dans le manuscrit comme dans l'édition de Nichols, afin d'en rendre la lecture facile au public. Mais cet auteur ne fait aucune mention des sous-tenants, et, par conséquent, son travail incomplet ne peut être que d'une utilité bien secondaire pour les Anglais et surtout pour les Français, qui n'ont pas toujours la facilité de recourir à l'original ou à l'édition imprimée , s'ils veulent y faire des recherches. D'un autre côté, cette édition est d'un prix fort élevé, et elle ne se trouve en France que dans un très-^petit nombre de bibliothèques, telles que celles de Paris, de Rouen, de Gaen et de M. le marquis de S^*-
(1) Ces caractères tarent composés par M. John Nichols, et exécutés par M. Joseph Jackson.
(2) Il était membre de la Gourdes receltes de l'Échiquier.
f l*OD des auteurs de cet essai (1 ). Enfin les indications données par Kelham, comté par comté, pour les tenants en chef seulement, quoiqu'elles puissent s'appliquer à l'original comme à l'édition de Nichols, n'obvient cependant pas à la perte de temps causée par la difficulté de rechercher , dans chaque shire ou conjté» les diverses donations faites par le Conquérant au même seigneur ou à la même maison religieuse.
En 1816 9 les commissaires des archives d'Angleterre obtinrent du roi Georges III la permission de faire imprimer divers documents inédits f sous le titre d'Additamenta au Domesday^Book > formant deux volumes grand in-folio, du même format que l'édition publiée par Nichois, en 1783. Cette nouvelle publication fut confiée aux soins du savant et laborieux secrétaire de la Société des Antiquaires de Londres , Sir Henry EUis, qui, depuis long*temps , avait rassemblé les éléments de ce vaste travail. Le premier volume , composé de 579 pages, contient , outre l'introduction générale pour le Dcmeiday , imprimée en 1816: 1*" un Index Unnirum^ secundum ûrdin$m ccmUaimm; 2^ un Index locorum et poseeeeionum generalis ; 3* un Index ncminum tenentium in eapUê; h-"" un Index rerum prœeipuarum.
Le second volume des ÀdditafnenUif composé de 635 pages, contient, soQS le titre de Libri Censualis voeaii Domeeday^Book Àddikmenta ex codice antiqaoïl* YExcn Domesday^ dont l'original est déposé au Chapitre de la cathédrale d'Exeter , renfermant les comtés de Wilts , de Dorset, de Sommerset, de Devon et de Comwall , contenant 570 pages , dont 108 d'introduction; ^ YInquiettio Elieneiê, qui fut faite, comme le Domesday d'Exeter, à l'époque du recensement général, et qui concerne particulièrement l'abbaye d'Ely, à cause des nombreux domaines qu'elle possédait dans les comtés de Cambridge , d'Hertford, d'Essex, de Norfolk, de Suffolk et de Huntingdon ; 3*" le lÀber de Wintoma, exécuté en 1148 , sous le règne d'Etienne, par l'ordre de Henri de Blois, son frère , évèque de Winchester, depuis 1129, jusqu'à sa mort, en 1171 ; composé
(1) Cette édition ayant été destinée à Tosage des deux chambres do Parlement et de quelques bibliothèiues particulières, il en fut répandu peu d'exemplaires dans le commerce.
— aède deux parties bien distinctes, V du liber de terris Régis etc. in Winton* sicut solebant reddere T. R. E. ; 2^ àe Inquisitio de terris WitUon' , etc. prœcepto episcopo Henrieo , et dont Toriginal, appartenant nagaères à James West, écuyer, est maintenant déposé dans les archives de la Société des Antiquaires de Londres ; 3!". du Boldoiv-Book , ou Rôle du diocèse palatin de Durham , que Hugues de Pudsey , évèque de Durham et neveu du roi Etienne , ût exécuter en 1183. Ce second volume est terminé par un Index locorum.
En 1833, le même Sir Henry Ellis publia, sous le patronage de la nouvelle commission des Archives d'Angleterre, une Introduction générale au Domesday-Book, en deux volumes in-8% qui fut imprimée aux frais du roi Guillaume rV, et qui était destinée à la nouvelle édition dixDomesday projetée par la même commission. Cette introduction est accompagnée de trois tables alphabétiques.LapremièreestcelIedes tenants en chef; la seconde est celle des sous-tenants, au moment de la confection de ce registre ; la troisième contient également la liste des anciens propriétaires
ou tenanciers des terres du royaume, sous les règnes d'Edouard et d'Harold. Des recherches minutieuses, faites avec soin pendant plusieurs années consécutives, ont permis à l'auteur de joindre à ces tables de nombreuses notes et des commentaires qui donnent à son ouvrage un degré d'intérêt inappréciable. On y trouve en outre des documents précieux sur un grand nombre de familles anglo-saxonnes, et particulièrement sur relletf qui accompagnèrent le duc Guillaume à la Conquête. Cet ouvrage tm termine par une statistique des diverses classes d'habitants dans chaque comté, qui donne une idée de la population générale de l'Angleterre, \mu après la formation du Domesday. Dans les notes qui accompagnent i!i*tt4)fitaU»tique, l'auteur s'attache particulièrement à rectifier les erreurs iM^nié4!« dans l'histoire des bourgs de ce royaume publiée par Brady.
D'autres tentatives furent faites en Angleterre pour donner la clef du vantis recueil ; et le gouvernement s'empressa même de vulgariser ce précieux manuscrit, qui tient à juste titre le premier rang parmi les dmtumeiils historiques du W siècle. Mais, si nous pouvons nous félicil(ir de cet! publications tardives, et en faire notre profit, combien aussi ne devoniHnous pas nous étonner de voir que les descendants des compiiKnons d'armes du Conquérant, dont les ancêtres avaient mis la cou-
roDne d'Angleterre sur la tète de ce prince et qui avaient si puissamment contribué à la rédaction du noble répertoire , aient été assez peu jaloux de leur gloire, pour n'avoir pas tenté plus tôt de le faire connaître à leurs enfants, ou du moins pour ne leur avoir pas laissé un extrait de ce qui avait rapport à leurs familles et à leur province !
Aujourd'hui même , le Domesday^ qui doit être regardé comme le pre^ mier acte de naissance des familles anglo-normandes, est tout-à-fait inc<mnu aux quatre-vingt-dix-neuf centièmes des babilants d'une province pour lesquels il devait offrir le plus vif intérêt : aussi , n'est-ce qu'aux seuls ouvrages d'Houard ou à quelques écrits de leurs voisins d'où-* tre-mer , que nos ancêtres avaient été forcés de recourir jusqu'ici , quand ils voulaient savoir d'où ils sortaient. Nous devons dire , pour leur justification, que cet oubli tenait à diverses causes, qui les mettaient dans l'impossibilité de consulter avec fruit l'immense registre. C'étaient les mutilations, ou plutôt les changements d'appellation que les compagnons du duc Guillaume avaient adoptés , en empruntant des noms soit aux flefs ou manoirs dont ils avaient été dotés, soit à une action d'éclat, soit à la couleur de leurs armes et de leurs chevaux, soit atout autre fait. Si l'on y ajoute le fréquent usage de prendre pour nom propre le seul prénom du père , comme quand on s'appelait Fitz-AIlan , Fitz-Erneiz , ou même la simple énonciation du titre ou de l'ofGce qu'un tenant occupait dans la maison du prince, on pourra se convaincre que tous ces obstacles, partout si multipliés, joints à l'absence de documents eûfouis alors dans les chartriers de nos maisons religieuses, ne permirent pas à nos prédécesseurs de suivre la filiation de leurs familles , soit en France , soit en Angleterre. Nous devons donc peu nous étonner, si, après quelques recherches infructueuses, ils abandonnèrent un pénible travail.
Quant aux secours qu'ils pouvaient trouver , ou que nous pouvions trouver nous-mêmes dans les Peerages et Baronages , pour nous guider dans nos tardives recherches , nous pouvons dire hautement , sans craindre d'être démentis , que l'ignorance ne pouvait éclairer l'ignorance, et qu'en puisant à ces sources, nous ne devions recueillir que des erreurs ou de fausses données , appuyées sur des autorités plus que contestables. Rien n'égale, en effet, la naïveté de la critique, ainsi que la légèreté des assertions» souvent absurdes et perpétuellement reproduites,
des géDéalogistes anglais. Presque tous oui copié plus ou moins serviiemeni Sir William Dugdale, dans tout ce qui avait rapport à Torigine, au nom, à la position et à Texistence , en France, de ceux qui , avant 1066, avaient été la source des familles anglo-françaises , dans les deux pays. Si nous ajoutons encore aux fausses indications la manie de confondre, en Angleterre , sous le nom générique et commun de Normands, non seulement les habitants de notre province, mais encore les Bretons, les Manceaux , les Angevins, les Poitevins ou autres Français , qui suivirent le duc Guillaume à la Conquête, on sera convaincu que, dans ces nouveaux essais sur le Domesday, nous devions, avant tout, nous isoler complètement de tout ce qui avait été dit ou écrit sur les familles anglofrançaises.
DEUXIÈME PJLBTIE.
TABLE GENERALE
DU DOHESDAT-]