‹ Recherches Sur Le Dosage de l'acide β-hydroxybutyriqueChapitre 5 sur 51 · LOS · texte numérisé non relu

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en présence d’acide sulfurique de l’acide crotonique CH$ — CH — CH — CO?H.

L'année suivante, Küzz![ 36 ] et Minkowsxi [ 47 |, travaillant indépendamment, identifièrent à l’acide B-hydroxybutyrique le corps inconnu.

Par la suite, Macnus-Lévy [ 43 ] réussit à séparer cet acide sous forme de l’isomère lévogyre. II montra que les quantités d’acide pré-

sentes dans l’organisme au cours du coma sont suffisantes pour entraî-. :

ner une intoxication acide fatale. La détermination de la réserve alcaline du plasma a confirmé ces conclusions.

Dans l'urine, l'acide B-hydroxybutyrique est généralement associé à environ un tiers d'acide acétylacétique GH? — CO — CH? — CO?2H qui en dérive par oxydation.Cet acide B-cétonique est aisément décarboxylé en acétone.

Les premières techniques de dosage de l’acide B-hydroxybutyrique dans l’urine furent basées sur l’isolement par extraction éthérée.suivi d’un examen polarimétrique BLack[ 6 ], HARTLEY [ 31 ].

Ces techniques ont l'inconvénient d’être longues ; elles sont difficilement applicables à des examens cliniques ; en outre, elles fournissent des résultats entachés d’une erreur par défaut : extraction incomplète, racémisation et destruction au cours de l’isolement.

Aussi, depuis une trentaine d’années, les biochimistes préfèrent-ils transformer l’acide B-hydroxybutyrique en acétone par oxydation chromique.

ScHAFFER | 53 |, en 1908, montra que le sulfochromique

oxyde l’acide B-hydroxybutyrique en acétone qu’il sépara par distilla-

tion et titra par iodométrie.

Cette réaction n’est pas complète et c’est pourquoi diverses modifications furent proposées à la technique originale de SCHAFFER ; elles portent soit sur les modalités de l'oxydation chromique, ne sur le mode de dosage de l’acétone. :

Barxes et Wicx [ 3 ] la dosent par fodométrie comme SCHAFFER ; Mariorr {45 |, Forix et Denis! 27 ] par pesée de sa combinaison avec le cyanure de mereure ; Van SLyke [ 56 ] en la captant au fur et à mesure de sa formation et la précipitant combinée au sulfate mercurique, réaction de précipitation découverte par Denicés [ 16 1:

Jowxrr et Quasrez [35] dosent par iodométrie l’acétone libérée.

du précipité avec le sulfate mercurique. CAP pie ra &

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CRANDALL! 13 ] a proposé récemment de sensibiliser la technique de Van SLyKkE en dosant le mercure du complexe par une technique colorimétrique originale : décoloration par le sel mercurique du sulfocyanure ferrique.

Benre et Benepicr [4], Lauersen [881], Eicurer et Hinpe- Mira { 17 ] dosent l’acétone par appréciation de la coloration qui se développe avec l’aldéhyde salicylique en milieu alcalin selon la réaction établie par FROMMER [29].

Ces deux méthodes ne sont pas sujettes à critique uant au maeroou microdosage de l’acétone, mais le deviennent quand il s’agit du rendement de l'oxydation en acétone.

VAN SLYKkE a fait une étude détaillée de cette réaction : elle est toujours incomplète quelles que soient les conditions opératoires : durée, température, concentration en acide.

D’ailleurs, ces conditions opératoires influencent fortement le rendement des oxydations sulfochromiques [ CoRDEBARD (11) ].

Van SLYKkE a constaté qu’une partie de l’acide B-hydroxybutyrique était décomposée en acide acétique qu’il put isoler à l’état de sel d’argent ; il se forme en outre un peu d’acide formique. Les conditions les plus favorables sont réalisées en captant l’acétone par le sulfate mercurique au fur et à mesure de sa formation. En opérant dans les meilleures conditions, VAN SLyYKkE ne put réussir à fixer qu'environ 75 P. 100 de l’acétone qui devrait théoriquement prendre naissance. Hussarp [| 33] prétend néanmoins pouvoir fixer 83 p. 100 par ce

- procédé.

Notre travail était presque terminé lorsque nous avons eu connaissance d’un récent mémoire de ErcaLer et Hinpemirx [47]. Ces auteurs, étudiant à nouveau l’oxydation “en acétone de l’acide 6hydroxybutyrique, montrèrent que le sulfate cérique est un oxydant trop faible ; par contre, le permanganate de potassium,trop énergique, oxyde l’acétone formée (1).

A la suite de divers essais sur l'oxydation sulfochromique, EIcHLER et Hinpemirx constatèrent que l'emploi de solution de bichromate de potassium et sulfate acide de sodium fournit à 1000 les meilleurs résultats. Dans les conditions opératoires de ces auteurs, le rendement

(:) Cependant ExerezpT [18] puis Lerress et Opinow [#1] ont préconisé des techniques basées sur l'oxydation permanganique de l’acide B-hydroxybutyrique en acétone et dosage de l’acétone formée.

en acétone croît de 78 p. 100 avec 174 y d’acide 6-hydroxybutyrique à 90 p. 100 avec 19,4 y d’acide. Il serait même meilleur avec de plus faibles doses d'acide.

Nous nous sommes proposés d'étudier le dosage de l’acide 8-hydroxybutyrique. Un des plus intéressants perfectionnements à la chromométrie apportés au cours de ces dernières années a été l’emploi par Corpegarn | 11] de solutions nitrochromiques. Ces solutions oxydent rapidement et régulièrement certains corps comme l’éthanol. Nous avons étudié l’action de solutions nitrochromiques sur l’acide 8-hydroxybutyrique. Nous avons constaté qu’il était très rapidement attaqué, même à la température du laboratoire. L’oxydation dépasse le stade acétone et il se fixe cinq atomes d'oxygène par molécule d'acide B-hydroxybutyrique. Nous avons ainsi pu mettre au point une technique de dosage de cet acide en déterminant la quantité d’oxydant qui se trouve réduite.

Cette méthode nous à fourni d'excellents résultats sur des solutions pures d'acide B-hydroxybutyrique, résultats beaucoup plus précis que l'oxydation sulfochromique. Notre technique est par contre moins spécifique : loxydation sulfochromique donne, comme produit principal, de l’acétone, tandis que l’acétone se trouve oxydée dans l’oxydation nitrochromique. Nous n’avons donc Fe cherché à appliquer notre technique à l’urine.

Nous avons alors étudié l’action sur l’acide B-hydroxybutyrique

d’un oxydant à action assez étroite : l’acide periodique [ FLeury et.

LANGE (24) ]. Un certain nombre d’essais nous ont montré que l’acide periodique n’attaquait l'acide 6-hydroxybutyrique qu’à 1009, et encore, cette attaque, très lente, est incomplète et irrégulière.

C’est pourquoi nous avons étudié l’action d’un autre oxydant. R. Gros [ 30 ] a montré que l’iodomercurate alcalin (réactif de Nxss- LER) oxyde certains alcools secondaires en les cétones correspondantes, en particulier l'alcool isopropylique est oxydé en acétone. L’acétone

donne avec le réactif de NessLER un précipité de complexe mercuriel 3

‘permettant le dosage de l’acétone [ Gros (30) ], [P. Freury et AwaD (21)]. Cette réaction très sensible permet d’ailleurs le microdosage de l’acétone[ P. FLeury et CarBou (23) ]. L’acide B-hydroxybutyrique, réagissant en tant qu’alcool secondaire, devrait donner

l’acide cétonique correspondant : l’acide acétylacétique, corps instable

qui est aisément transformé en acétone. AS : É < Lu { ° Three * « ‘ Fun

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P. Fueury et Awap [ 21 ] ont effectivement observé que cet acide acétylacétique donne avec le réactif de NessLer un précipité de la combinaison mercurielle de l’acétone. Quelques essais préliminaires leur ont permis de constater qu’en chauffant l'acide 6-hydroxybutyrique avec le réactif de NESSLER, il se forme progressivement un précipité ayant l’apparence de celui donné par l’acétone.

Sur les conseils de Monsieur le Professeur P. FLEURY, nous avons

repris l’étude de cette réaction et constaté que le réactif de NESsLER oxyde l'acide 8-hydroxybutyrique en acétone et que cette dernière est alors précipitée à l’état de combinaison mercurielle.

Le réactif de Nesscer agit donc successivement comme agent -d’oxydation puis comme réactif précipitant. En dosant par iodométrie l’acétone libérée de la combinaison mercurielle, nous avons pu doser l’acide 8-hydroxybutyrique. Nous avons ainsi mis au point une nouvelle technique originale de dosage de cet acide en solutions pures. L'extension à l’urine s’est révélée assez délicate. Nous proposons cependant une nouvelle technique de dosage de l'acide B-hydroxybutyrique dans l'urine, qui est un peu plus spécifique que celle classique de Van SLyKkE et en tout cas fournit des résultats de même ordre.

Avant de commencer l’exposé détaillé de nos recherches, nous tenons à exprimer toute notre reconnaissance à Monsieur le Professeur HÉRISSEY pour le grand intérêt qu’il nous à toujours porté.

Elève du Lycée d’Evreux où notre Maître fit lui-même ses études secondaires, nous eûmes souvent l’occasion, dans notre prime jeunesse; d’entendre exalter la noble Figure de celui qui a tant fait et fait tant encore pour notre profession. Il fut toujours un conseiller éclairé et compréhensif dont nous venions solliciter l’avis dans les circonstances difficiles. Après nous avoir confié une place d’interne provisoire dans son service de l'Hôpital Saint-Antoine, il nous a, plusieurs années après, encouragé à poursuivre des recherches en vue de l’obtention du grade de Docteur en Pharmacie. Accueilli dans son laboratoire, il n’a cessé de nous encourager au cours de nos travaux. Que notre Maître veuille trouver ici un faible témoignage de notre très respectueuse gratitude et de la très profonde vénération que nous lui portons. = Notre Président de thèse, Monsieur le Professeur FLEURY, nous à fourni le sujet de ce travail ; il nous a guidé au long de nos recherches

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