‹ Recherches sur le droit public des CambodgiensChapitre 18 sur 63 · INTRODUCTION XXXV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXV

comme les premiers habitants de FAnnam et les constructeurs des monuments soi-disant khmers qu'on a trouvés dans le royaume (1).

Les Chams étaient assurément brahmaniques et c'est probablement la religion brahmanique ou un secte de cette religion que les Annamites appelaient Mé-can, « Ils adoraient d'énormes idoles d'or ou d'argent, disent les annales annamites, et, certaines de ces idoles avaient plus de dix mètres de tour (2) » ; les temples étaient desservis par des prêtres indiens et des troupes de danseuses étaient organisées (3) ; ils brûlaient leurs morts et les femmes, comme au Malabar, se brûlaient toutes vives sur le bûcher de leurs maris (4); c'étaient des pirates redoutables (5).

J'ai dit plus haut que je croyais les Malais du Cambodge et les Chams originaires de Sumatra et que je croyais les seconds de même race que les premiers. Voici les raisons qui me portent à publier cette opinion.

Tout d'abord les sympathies nombreuses qui poussent ces deux peuples à se rapprocher, leur ressemblance assez remarquable, le secret instinct qui les a portés à embrasser l'un et l'autre la religion mahométane; ce fait que les Chams ont un système d'écriture qui, bien qu'on connaisse mal l'écriture malaise, rappelle autant qu'on peut l'entrevoir celle que les caractères arabes ont remplacée; enfm, le fait qu'on trouve dans la langue chame cinquante et un mots d'origine malaise sur cent vingt-quatre.

(1) Dans les proYinces de Quang-Ngaï, Quang-Nam, Binh-Dinh, Phu- Yen et Khanh-Hoa, toutes les cinq situfies entre la province de Hué et celle de Binh-Thuan.

(2) Truong-Yinh-ki, ibid., I, p. 29.

(3)/6îrf., I, p. 51.

(4) Ibid., I, p. 29.

(3) Ibid., I, p. 56-79, etc.

XXXM DROIT PCBUC CAMBODGIEN

Et ceci :

L'ile de Sumatra a adopté la religion des Brahmanes à une époque très ancienne, certainement près de mille ans avant Jésus-Christ et les Malais de Sumatra étaient autrefois appelés Malqyous par les Malais de Java. Un conte malais que j ai recueilli à Kompot leur donne ce nom. Or, Malayous est le nom des habitants du Malabar (Malayala en langue indoue, terre de montiignes). Et j'observe ([ue les Ghams, dont parlent les annales annamites, ont les énormes statues en métal précieux que contiennent, que contenaient surtout autrefois les temples brahmaniques, que ces temples étaient desservis par des prêtres indiens, qu'ils avaient des troupes de danseuses sacrées, qu'ils brûlaient les corps de leurs morts comme les Brahmanes et les femmes toutes vives sur le bûcher de leurs maris comme les Indiens du Malabar.

Ne sont-ce pas hï des raisons sinon concluantes, du moins capables de remettre la question sur le tapis.

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