AUTRE EXPÉRIENCE
Cobaye mâle à aigrette. Greffe noire venant d’un autre cobaye faite le 10 mai.
Dimensions à dater du 12 juin :
19 -juin :.... 175 s0r 57 28 — 42 — 6.5 10 juillet... 144 — 7 7 octobre... 15 — 7
3 novembre 145.5 — 9.5
Les greffes noires sur peau blanche évoluent donc progressivement et pendant longtemps, puisqu'elles sont encore en extension, faible il est vrai, au bout d'un an. Une bordure de teinte dégradée entoure la greffe et représente la zone d'extension de la peau colorée.
Les poils poussent d’abord blancs, puis des poils noirs apparaissent au centre, croissant plus vite et plus fort que les poils blancs ; la
: ; périphérie de la greffe donne implantation à des poils blancs.
Dans une deuxième série d'expériences, nous avons essayé de grefter l’épiderme blanc sur peau noire.
Nous avons échoué constamment et pourtant notre technique
- était la même.
Si par hasard, la greffe prend, elle rétrocède rapidement et disparaît. Si la greffe est de dimensions plus grandes, le centre reste blanc, mais le noir envahit progressivement la surface blanche, qui, bientôt, ne se distingue plus.
Nous avons essayé ces greffes une trentaine de fois, avec un résultat négatif et jusqu’à nouvel ordre, nous considérons comme impossible l'extension d’une greffe blanche sur fond noir.
D'une part donc, évolution rapide et durable des greffes noires, de l’autre, atrophie ou coloration des greffes blanches. Quelles conclusions pouvons-nous tirer de ces deux ordres de faits ?
En transplantant une cellule noire, nous avons transplanté sa propriété chromogène ; si la cellule fabrique son pigment, toutes les cellules qui descendent de la cellule mère en fabriquent aussi ; l'extension de la tache marque exactement l'extension de cette descendance. La surface noire indique le terrain occupé par les cellules dérivées des cellules greffées.
Même en admettant que la cellule noire ne fabrique pas son pigment, on est alors forcé de dire qu’elle présente une affinité particulière pour les granules pigmentés, qui lui sont apportés: cette affinité, propriété cellullaire transmissible à sa postérité, nous permet la même assimilation de la surface noire avec la descendance de la greffe. Si donc la tache noire augmente de dimensions, c’est que les cellules noires se multiplient plus activement que les blanches et prennent leur place. Dans la lutte vitale, intercellulaire, la cellule noire l’emporte sur la blanche.
Par contre, si la greffe blanche ne se développe pas, c'est que, là encore, ses cellules sont plus faibles, et qu’elles ne peuvent faire disparaître les noires pour occuper leur place. Si une grande greffe blanche diminue progressivement d’étendue, c'est qu'il y a bataille aux confins de la tache et que progressivement les cellules noires avancent sur le terrain occupé par les blanches.
On ne peut invoquer une infiltration des cellules blanches par 1ès granules pigmentaires ; Car au moment où une tache noire reste stationnaire, une limite fixe s'établit, sans infiltration progressive des cellules blanches voisines. De même des lignes limites qui séparent invariablement des zones blanches et noires.
Une cellule blanche peut donc rester au 70e des noires sans s'infiltrer de pigment. |
Bien plus, dans certains cas, les greffes noires rétrocèdent, et ce sont alors les cellules blanches qui prennent la place occupée par les noires. Que deviendrait alors JARAREANGR pigmentaire dont nous parlons ?
Une preuve de la lutte intercellaire, nous est fournie par le fait suivant. Si sur une limite fixe de greffe ou de territoire noir, on
traumatise, en un point, les cellules, les parties pigmentées, fixes jusque là, s'avancent de nouveau. Il a suffit de détruire ou d’affaiblir la cellule adverse pour reculer la limite du noir.
EXPÉRIENCE
Le 19 juin, on brûle avec une baguette de verre plusieurs points, sur une ligne limite séparant deux zones blanche et noire. Le 10 juillet, il y a une notable expansion du noir au niveau des points
brûlés ; le 7 octobre les quatre brûlures
sont marquées par quatre saillies noires.
Une autre expérience faite avec un badigeonnage à l'ammoniaque, a donné les mêmes résultats.
Cette différence de vitalité entre cellules greffées et autochtones ne tient pas- à la transplantation, comme on aurait pu le croire.
En effet la greffe blanche, après transplantation, est plus faible et disparaît __dévant des cellules noires autochtones.
Du reste, nous avons essayé, sur les
conseils de M. GizerT, de faire des
greffes en série pour renforcer la viru-
PACA
Fi. 4.— Décalque de limite de peau noire et blanche :
deux points sont brûlés avec une baguette de verre le 3 mars 1896. Ces points forment progressivement deux saillies le 25 avril.
lence de la cellule, comme le passage des microbes à travers un organisme en renforce la virulence. Or, la deuxième série croissait moins vite que la première ; la troisième, moins vite que la seconde ;
- la quatrième n’a pas pu prendre.
C'est donc par le fait seul de sa pigmentation que la cellule noire
a une énergie plus grande que la blanche. La différence de vitalité entre les deux cellules n’est, du reste, pas telle que, sous d'autres influences, les rôles ne puissent être renversés. IL suffit, par un
moyen quelconque d'accroître la vitalité des cellules blanches, de diminuer la vitalité des noires. La greffe noire se résorbe alors: nous en avons eu de nombreux exemples.