‹ Recherches sur le Mécanisme de la PigmentationChapitre 14 sur 21 · Bo. 1/1 ee 2 787} J4. y 17.1 So · texte numérisé non relu

Bo. 1/1 ee 2 787} J4. y 17.1 So

? 9 ® ÿ FiG. 5. — Les quatre figures de greffes que nous avons reproduites,

appartiennent à une greffe en série.

La greffe représentée figure 3 a été prise en un point de la greffe initiale représentée figure 2.

Les deux greffes de la figure 5 ont été prélevées, la supérieure sur la greffe de la figure 3, l'inférieure sur cette derniere.

On voit progressivement un développement de moins en moins rapide de la greffe.

Telle une greffe noire prise sur un cobaye très âgé et malade, transplantée sur une zone blanche chez un cobaye jeune et vigoureux ; la greffe qui d’abord s'était développée, n'a pas tardé à rétrocéder jusqu'à disparition complète.

La différence de vitalité entre cellules blanches et noires était moindre que la différence de vitalité, de sens contraire, entre cellules jeunes et vigoureuses et cellules vieilles et malades.

C’est probablement, de même à la suite d’une exaltation de vitalité, de cause inconnue que des plaques de dépigmentation apparaissent et s'étendent rapidement ; les cellules blanches quoique EE blanches, sont devenues les plus fortes, à la suite d’excitations d'ordre local (frottement dù à un bandage herniaire ayant occasionné une plaque de dépigmentation, SALMON, GAUCHER) ou d'ordre général (vitiligo, syphilides pigmentaires).

Nous avons réussi, une fois, une greffe de vitiligo sur peau pigmentée ; cette greffe est restée décolorée ; la greffe inverse de peau Se ane sur plaque de vitigilo n’a pas persisté.

C’est probablement aussi par un aflaiblissement progressif des cellules noires dérivées de nos greffes, qu'à un moment, la tache : reste stationnaire et que les cellules blanches et noires de à Hsière oi se font équilibre. 1

Nous devons dire un mot également de la tendance à la forme cyclique que montrent généralement nos greffes.

Nous ne pouvons faire intervenir ici, ni la vascularisation, ni l'innervation ; vaisseaux et nerfs n’ont été modifiés en rien: ce sont ceux d’un territoire blanc ; la cellule seule est noire. On ne comprendrait donc pas leur intervention.

Nous serions tentés de rapprocher ce fait des formes rondes que prennent Les lésions parasitaires (trichophyties, etc.) sous l'influence d’un rayonnement uniforme autour du point d’inoculalion.

La forme ronde est une forme de défense, où chaque cellule est protégée par sa voisine. Si, par contre, une cellule noire s’aventure en territoire blanc, elle est entourée d’ennemies. Elle peut le faire dans les premiers temps de la greffe, alors que la vitalité des cellules noires n'est pas affaiblie, et, de fait, dans les premiers temps, on trouve des inégalités de diamètre considérables et qui augmentent. Mais, à mesure que l'extension de la greffe se calme, les pointes ne peuvent plus prospérer, les diamètres tendent à s’égaliser, et, chose curieuse, il arrive que, tandis que le petit diamètre augmente, le grand tend à diminuer légèrement.

Mais si on cautérise un point du cercle, à cet endroit se fait une —pointe d'accroissement, grâce à l’affaiblissement des autres cellules ; puis la base d'implantation se renforce, les contours s’arrondissent, la pointe devient définitive.

Nous avons vu, jusqu'à présent, et presque exclusivement, se manifester dans le problème des greffes pigmentées une influence cellulaire. Nous allons voir se manifester une série d’autres influences.

Le premier de ces facteurs a trait à la pigmentation générale anté- “rieure de l’animal. 6

Les exemples cités appartiennent: à des animaux de pigmentatation moyenne.

Si nous faisons une greffe sur un animal fortément Pie, la vitesse d'évolution semble augmenter.

| . Un animal coloré par moitié présenteune greffe dont les dimensions - ontété: LA Se Je14 mars de 3°" sur 2" le 11 avril. 410 — 5 TI le 25 avril... 12 — 7.5

er

qui pe conséquent en 20 jours occupait une surface environ six fois

plus considérable, en 40 jours une surface onze fois plus grande que la surface initiale.

Par contre les animaux faiblement pigmentés présentent souvent une progression faible. Mais il y a des exceptions, tenant sans doute à la complexité du phénomène.

Enfin nous avons fait un grand nombre de greffes épidermiques noires sur des cobayes albinos. Beaucoup de ces greffes ont échoué ou n’ont pu être suivies ; un certain nombre se sont développées, puis se sont rapidement atrophiées. Ainsi une greffe d’épiderme noir sur cobaye albinos à longs poils, faite le 20 mars, croît d’abord, puis rétrocède, et n’est plus visible au bout d’un mois.

Une greffe de peau de grenouille faite le même jour paraît plus résistante ; elle a un faible développement ; on l’enlève le 20 mai pour l'examen histologique.

De même des greffes choroïdiennes :

Une greffe d’œil de cobaye faite le 25 février, pâälit le 9 mars, on ne la voit plus le 30 mars. .

Le 2 mars on fait une greffe d’œil de lapin à un cobaye albinos ; elle est bien visible le 20 mars, augmente du 20 au 30 ; mais elle ne se voit presque plus le 24 avril.

De même d'une greffe d'œil de grenouille faite Le 30 avril, prise le 9 mai, grandissant le 12, et disparaissant OPA à partir de cette date. ;

D'une façon générale donc, les greffes noires ttes sur albinos ont une extension faible, puis une résorption rapide. On les retrouve sur coupes, non plus dans l’épiderme, mais dans le derme; elles peuvent y persister comme persiste un tatouage.

Est-ce par une résorption plus rapide chez l’albinos, par une activité plus intense des cellules épithéliales ou des leucocytes ?

Pour éclaicir cette question de la vitalité des leucocytes, nous avons fait comparativement deux tatouages, l’un sur un animal bigarré, l’autre sur un albinos, avec une aiguille et de l'encre de Chine.

Ce tatouage fait le 16 août est, en Fe seulement, effacé en novembre ; il paraît un peu moins effacé chez l’albinos.

Ce n’est donc pas à une activité spéciale des leucocytes résorbant la greffe et le pigment Le nous devons demander l'explication du

phénomène.

Du reste, nous savons que l’albinisme est une dégénérescence, coïncidant avec une consanguinité trop prolongée, accompagnée souvent d'autres phénomènes dégénératifs (surdité chez les chats, Darwin). Souvent les albinos nous ont semblé moins résistants aux infections. M. BoucnarDp nous a cité des cas analogues.

Ce n’est donc pas dans une suractivité cellulaire, mais au contraire dans une insuffisance de quelque chose, que nous serions portés à chercher une explication.

Est-ce la granulation ou la matière première de la granulation qui fait défaut ?

Nous avons essayé de retarder la résorption d’une greffe, par des injections sous-cutanées de pigment, sans aucun résultat. Mais nous agissions ainsi grossièrement. Il faudrait reprendre cette question, en injectant du sang d'animal bigarré; peut-être du reste, cette matière première est-elle élaborée par tel ou tel organe. Il faudrait suivre de nouvelles greffes, après certaines modifications que l’on peut faire subir aux secrétions, après injections de tel ou tel extrait (capsules surrénales ou foie). Il y a dans cette direction tout un

-programme que nous comptons reprendre prochainement.

D'autres influences ont une action certaine, tant sur le développement de la greffe pigmentée, que sur l’augmentation de la vitalité d'une cellule meseiqne à qui la pigmentation sert d’index.

Cette étude n’est qu’amorcée et nous ne (ose roRe que quelques

; exemples : : 2 Influence de l’âge. D'une manière générale, les cellules jeunes paraissent plus vigoureuses que les cellules âgées.

Une greffe venant d’un cobaye vieux, évolue lentement ou se résorbe, si le porte-greffe est jeune. Une greffe prise sur un cobaye jeune et faite le même jour sur le même animal, que la greffe de cellule vieiile, évolue bien plus vite et persiste.

Inversement une greffe jeune, sur un porte-greffe vieux, se déve-

- loppe rapidement.

Ce fait est à rapprocher de l’évolution, chez les gens âgés seuls, de la majorité des épithéliomas.

L'influence de l'état général du porte- greffe et du sujet grefté

paraît également manifeste.

Deux greffes prises, l’une sur un cobaye ie l'autre sur un cobaye normal sont transplantées le même jour sur un troisième

cobaye ; la greffe du cobaye normal évolue; celle du sujet tuberculeux cachectique, rétrocède au bout de 15 jours environ.

De même pour une greffe prise à un cobaye intoxiqué par le Pb.

La gestation ne nous à pas paru jusqu'ici influer sur la vitalité de la cellule.

De même nous n'avons pas noté de différences entre la greffe faite l’été et l'hiver.

L'influence de l'espèce est indéniable ; nous l'avons encore mal étudiée.

A côté d'animaux très voisins qui peuvent se greffer l'un sur l’autre (cobaye et lapin) d’autres, voisins aussi, ne peuvent le faire, alors que des greffes prennent sur des espèces très éloignées (cobaye et grenouille, homme et grenouille).

L'étude des greffes de grenouille est extrêmement curieuse, par les modifications imprimées aux formes cellulaires, et nous nous proposons d’y revenir.

Mais toutes les conclusions que nous pourrions émettre se heurtent à une grosse objection.

Trois greffes prises et transplantées au porteur, à des époques différentes donnent trois évolutions différentes. Il y a là des facteurs multiples, tels que, pour affirmer un résultat, il faudrait, pour chaque cas, apporter une longue série d'expériences, et faire une moyenne.

Nous ne le pouvons pas encore.

Parmi les influences diverses agissant sur la cellule, et se trans- à mettant par la cellule seule, un grand nombre en diminuent la ë vitalité (âge, maladies, intoxications, inoculations en séries, etc.).

Certaines influences, au contraire, paraissent en augmenter la vitalité. Ce sont elles surtout qui sont intéressantes, puisqu’elles permettraient peut-être d'aborder la question des néoplasmes ; ces influences sont malheureusement vagues et peu connues; le jeune àge, les excitations mécaniques (frottements, elc.), chimiques (frictions faibles à l'alcool, à l'ammoniaque), physiques (lumière, etc.) sont les seules connues. Nous pensons que la technique des greffes pigmentées permettra de suivre la variation d'évolution d'une cellule et de préciser les facteurs qui pourront déterminer une augmentation de virulence, allant jusqu’à une évolution pathologique.

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