‹ Recherches sur le mécanisme de la respiration et sur la circulation du sangChapitre 8 sur 14 · III. État et usages de la glotte dans les efforts · texte numérisé non relu

III. État et usages de la glotte dans les efforts

Sans ce dernier organe, les muscles de l’abdomen n’auraient qu’un usage, ce serait de produire l’expiration. Par son entremise, au contraire, ils agissent sur le tronc pour le fléchir , sur les viscères pour les comprimer. Dans tous ces cas, la glotte devient réellement le point (T appui des muscles abdominaux. De là résulte ( ce dont je me suis plusieurs fois assuré) que la section des nerfs laryngés supérieurs rend sensiblement plus difficiles les diverses expulsions.

Ce point d’appui représenté par la glotte peut être transporté à l’extrémité du tube aérien sans entraver les efforts, sans affaiblir l’action des muscles de l’abdomen. On pourrait sans difficulté le transférer aux joues et aux ailes du nez. Voilà même ce que font naturellement plusieurs mammifères nageurs (les phoques , par exemple), dont la glotte eût été peu favorablement disposée pour retenir l’air dans les poumons et pour suspendre la respiration.

Beaucoup de chauve-souris offrent une disposition analogue : ne possédant pas d’organes aussi propres au vol que les oiseaux, et ne jouissant point comme eux de l’heureuse faculté de surmonter la résistance de l’atmosphère, ces animaux ne pouvaient corriger les vices appareils de leur organisation qu’en incarcérant de l’air dans leurs poumons, qu’en se rendant spécifiquement plus légers. Mais comme leur glotte eût été trop imparfaite pour remplir cet usage, leurs narines sont devenues susceptibles de se fermer avec exactitude, et de s’opposer ainsi à l’évacuation de l’air antérieurement inspiré.

Il en est meme plusieurs (les mègadermes et les phjllostômes ) dont le museau est surmonté de larges membranes qui paraissent destinées à fermer hermétiquement les narines , et à suppléer autant qu’il est possible à l’imperfection de la glotte. J’ai l’intention, au reste , de m’assurer par l’expérience de la réalité de ce dernier fait, qui jusqu’à présent n’est encore que probable. Si cette membrane remplit réellement l’usage que sa situation me fait lui attribuer, il suffira de la détruire pour rendre le vol et. les efforts impos-

sibles, ou du moins infiniment difficiles chez les animaux qui la portent. Je passe maintenant au diaphragme.

Page 1