‹ Recherches sur le mécanisme du rachitisme expérimentalChapitre 20 sur 68 · ORIGINE INTESTINALE · texte numérisé non relu

ORIGINE INTESTINALE

a) Ravitaillement en sel. — Une alimentation dont les facteurs salins sont déséquilibrés est génératrice de lésions osseuses. Dans un régime où il y a excès de calcium (Ca/P >3), celui-ci est incomplètement résorbé et entraîne dans les matières fécales des ions phosphoriques d’origine endogène. Le calcium est ainsi excrété à l’état de phosphate ; c’est alors que le squelette se déminéralise ou voit sa croissance arrêtée.

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Avec un régime contenant un excès de phosphore (Ca/P<1) on a une perte en calcium, bien que la résorption intestinale de ce corps augmente avec la diminution du rapport : Ca/P, mais une partie de ces ions PO; résorbés est rejetée par les urines sous forme de PO,;CaH. Ce régime ne provoque d’ailleurs pas aussi facilement des lésions osseuses que le précédent. De plus, la présence dans les aliments d’un excès de glycérides (graisses neutres) peut gêner la résorption du calcium. Enfin, un régime contenant un excès de radicaux acides provoque des troubles de l’ossification : la résorption des phosphates n’est alors pas suivie de leur rétention et il y a une abondante phosphaturie. Si l’alimentation contient un excès de base, le calcium qu’elle apporte est excrété en partie par les fèces combiné à des radicaux phosphoriques perdus par les os.

Tous ces éléments participent directement à lapport du matériel phosphocalcique. Tandis que la vitamine D exerce son action sur la régulation du ravitaillement en sels, le besoin en vitamine D est lié à la nature du régime (J. ROCHE et Y. MARCELET [92], MARCELET [52]).

b) Vitamine D. — Depuis les travaux de BRUCE et de CaL- LOW [12] on sait que la vitamine D fait régresser les lésions rachitiques. Le rachitisme par avitaminose D serait dû au défaut de résorption du calcium et du phosphore et NICOLAYS- SEN [64] (1937) a montré que la vitamine D, régularise l’absorption de calcium par l'intestin, et secondairement celle des phosphates, ce qui entraine une augmentation du taux de ces sels dans le sérum. Ainsi les rachitiques, qui sont en général hypocalcémiques et hypophosphatémiques présentent après avoir reçu une certaine quantité de vitamine D une calcémie et une phosphatémie normales. Au niveau des os on constate alors une précipitation des sels phosphocalciques supérieure à celle observée chez les animaux, ce qui différencie la guérison provoquée par la vitamine D de la guérison spontanée ou de celle dûe à un apport de phosphates. En outre la guérison est plus rapide.

L'action de la vitamine D se marque beaucoup plus sur un organisme jeune en croissance que chez un adulte (ROCHE et MaRCELET [92], MaARCELET [52]). Selon TayLor [45], WELD et SHYKES, la vitamine D interviendrait en outre sur l’aptitude du tissu osseux néoformé à fixer des sels, chez l’ani-

mal en croissance. BÉNARD parle « de l’action squelettique et de l’action intestinale » de la vitamine D. On ne peut préciser si l’action squelettique est directe ou se fait par l’intermédiaire d’une hormone (thyroïdienne, parathyroïdienne ou autre).

Nous avons exposé au début de ce chapitre, que le rachitisme pouvait avoir soit une origine intestinale, ce que nous venons d'examiner, soit une origine osseuse résidant dans le déréglement de la fixation des sels. C’est ce qu’il nous reste à envisager.

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