TABLEAU XXII
Fixation in vitro de POS et Ca” par les cartilages de conjugaison de sit RATS rachitiques pesant entre 30 et 60 grammes. Macération durant 16 h. à 37°.
Solution de macération | Se 6,097 RUE ARE
Ù P — 0,06 mg. par Cm Témoins dans une solution de CINa à 9 p. 100 : 100 mm. de car-
ülage libèrent dans 15 cm :
ca 4er essai : 0,041 mg. Ca par cm3 2e essai : 0,050 mg. Ca par cm3 = 70 ; Fixation PO; 3 ;
Poids (mg. P p. cm#) Fixation de Ca** (mg. p. cm3) Rapport mg. par le poids dos mis en experience
Moyenne : 0,0455 mg. Ca par cm*
par le poids d’os mis en expérience P,Ca
A —R'—=Q BR "I A—B—Q R.1 : 6710,06 — 0,057 = 0,003 10,151 — 0,030 = 0,121 ; 0,096 — 0,121 = nulle » R.5 : 5410,06 — 0,062 = nulle [0,113 — 0,024 = 0,089 ; 0,097 — 0.089 — 0,008 » \ C. — EXAMEN DES RÉSULTATS, DISCUSSION ET CONCLUSION.
a) Fixation des ions POS et Ca** par les cartilages de conjugaison et la métaphyse des fémurs de Veau. — Examinons les tableaux XVII, XVIII, XIX, XX. Dans tous nos essais, il y a eu d’une part fixation de phosphate et d’autre part, fixation de calcium par le fragment osseux mis en expérience. Les rapports : P/Ca établis, comparés aux rapports théoriques des différents sels pouvant former le « Sel de l’os >» présentent des valeurs très variables, non seulement d’un animal à l’autre, mais d’un fragment osseux à l’autre, prélevés cependant sur le même fémur. Ces différences observées sur diverses zones d’un même os, peuvent être dues à l'inégalité de leur degré de minéralisation ou à leur aptitude plus ou moins grande à se changer en sels de calcium. En outre, comme l’ont montré LoGan et TayLor [45], le poids de l’os mis en expérience influe sur la valeur du résultat obtenu. Suivant les cas étudiés les rapports se rapprochent des valeurs théoriques de 0,51, de 0,38 ou de 0,77, caractéristiques des trois sels. Elles leur sont nettement inférieures ou supérieures dans certains essais. accusant ainsi dans le premier cas une plus grande fixation
CAO ee
de calcium par rapport au phosphore ; dans le second cas, une plus grande fixation de phosphore par rapport au calcium.
Ce fait semble indiquer que l’os ne fixé pas un phosphate de calcium préformé dans une solution nutritive, mais bien au contraire qu’il prélève les ions POS et C'" dans celle-ci. C’est d’ailleurs à cette conclusion que sont parvenus J. ROCHE et MouRGuUE dans une série de recherches sur les os embryonnaires actuellement en cours et dans lesquelles ils ont constaté qu’au cours des premières étapes de la calcification les os contiennent du phosphore et du calcium en proportion souvent fort éloignée de celle correspondant à (PO;):Ca:, à PO,CaH ou aux apatites.
Il faut déduire de cet ensemble de données que le tissu qui s’ossifie ne semble pas fixer les ions PO; et Ca en proportions nettement définies, permettant par leur union simultanée de former soit du phosphate tricalcique, de la carbonatoapalite où du phosphate bicalcique. Ce fait serait en accord avec les conclusions de LoGaN et TAYLOR [45] à la suite de leurs travaux consacrés à l’étude du sel de l'os.
b) Fixalion des ions POS et Ca” par les cartilages de conjugaison des os de jeunes Rats normaux. — Les résultats exposés dans le tableau XXI permettent de penser que chez les animaux en croissance, les tissus en voie d’ossification fixent des ions POS et Ca”. Le petit nombre d’expériences faites à ce sujet ne nous permet pas une discussion très poussée. Cependant ces quelques résultats nous donnent la possibilité de faire la comparaison entre l’aptitude des cartilages de conjugaison normaux ou rachitiques à fixer les ions phosphorique calcium. r
c) Fixation des ions POS et Ca par le cartilage de conjugaison d'os de Rats rachitiques. — Les résultats contenus dans Île tableau XXIT prouvent que les cartilages de conjugaison n'ont pratiquement pas fixé les ions POS et Ca** dans les conditions où nous nous sommes placés. Ceci apparaît avec netteté en comparant ces quelques valeurs à celles du tableau XXI. Il semble donc, que dans le cas de rachitisme, le cartilage de conjugaison, ait une aptitude réduite à fixer les ions POS et Ca”* lui permettant de s’ossifier, ce qui va de pair avec la production de la dystrophie osseuse. Evidemment cette conclusion mérite d’être confirmée et il y a lieu de compléter ces recherches par
ON. Co
d’autres sur l'aptitude des os rachitiques à fixer non seulement les ions PO," et Ca”, mais les diverses combinaisons calciques des humeurs. C’est ainsi que par exemple BENJAMIN à pu déjà faire des expériences tendant à montrer que les combinaisons phosphocalciques du sérum adsorbables sur le sulfate de baryum et normalement fixées par l’os quand on le met au contact de celui-ci, ne seraient pas fixées, in vitro par l’os rachitique. Mais de toute manière ce premier résultat attire l’attention sur un facteur purement osseux du rachitisme jusqu'ici délaissé par les biochimistes. Certes le mécanisme de la réduction de l’affinité de l’os pour les ions PO, et Ca” nous échappe, tout autant d’ailleurs que la nature même de cette affinité, mais il n’en demeure pas moins qu’elle doit être mise en cause pour essayer d'expliquer le défaut de calcification des os chez les rachitiques.