CONCLUSIONS
En résumé : Le collet plan géométrique n’existe pas.
Il existe entre la tige et la racine une région, plus ou moins étendue selon les végétaux, dans laquelle les éléments de la racine, en s’avançant dans les parties plus élevées de l’axe, se modifient, se déplacent et prennent peu à peu la configuration, la place et l’importance qu’ils possèdent dans la tige.
La transformation de chacun des éléments est indépendante des transformations des éléments voisins; elle peut être continue ou s’opérer en plusieurs temps plus ou moins espacés ; quelquefois lente, elle est ailleurs extrêmement rapide. Le passage peut débuter indifféremment dans l’un ou l’autre élément; tel qui inaugure ici le passage, sera là le dernier à s'adapter. Il résulte de ces faits : 1° que le collet, anatomiquement parlant, se présente, envisagé en ses différents points et chez plusieurs végétaux à la fois, avec les aspects les plus variés, en nombre incalculable (1) ; 2 que la transformation du système tégumentaire ne peut fournir aucune donnée touchant la délimitation de la tige et de la racine. Le changement d’épiderme est une des phases du passage; il se produit à des moments très divers.
Pris dans ses plus grandes dimensions le collet peut commencer dans la partie supérieure de la radicule et ne se terminerque dans le quatrième entrenœud, mais il dépasse rarement les cotylédons (2). Îl peut être entièrement localisé dans la radicule; occuper une partie de cet organe et tout ou partie de la tigelle; enfin, intéressant la tigelle seule, en comprendre la totalité ou une partie seulement. On voit alors avec quelles réserves on doit employer les deux noms de tigelle et de radicule, commodes, il est vrai, dans le style descriptif, mais pouvant donner lieu à des idées fausses touchant la structure de ces parties (3).
Le plus souvent le passage s’effectue complètement et doucement dans l’axe hypocotylé ; mais lorsque les éléments de la racine arrivent aux Cotylédons et s’y perdent en entier sans avoir réalisé le type caulinaire, on observe un saut brusque à la base du premier entrenœud, car l’axe sorti de la gemmule
(1) Je n'ai jamais rencontré deux végétaux d’espèces différentes se comportant entièrement de même.
(2) Les Viciées seules forment l’exception.
(3) Ne pourrait-on dire portion lisse ou cuticularisée et portion villeuse de axe hypocotylé ?
possède toujours les éléments de la tige normalement disposés (1).
L’étendue du collet me semble surtout liée au diamètre de la plantule, plus il est grand plus vite s’effectue le passage, mais je dois ajouter que passée une dimension minima, cette cause ne semble plus avoir d'influence. L’absence de la tigelle influe aussi sur la rapidité des mouvements et conséquemment sur la longueur du collet : cette région est extrêmement courte chez les Cryptogames vasculaires et les Monocotylédones dépourvues de cet organe. Une large moelle dans la racine facilitant le déplacement des éléments rend également le passage plus rapide.
[n'y à aucun caractère de famille à tirer de l’étude du collet, il y a seulement une certaine constance dans l'espèce ; quel que soit le développement en longueur que prenne la plantule, les éléments possèdent la même disposition sous les cotylédons (2).
Le raisonnement seul pouvait faire prévoir l’existence de cette région intermédiaire facilitant l’accommodation du végétal aux milieux très différents qu’il rencontre à sa naissance, en raison des situations extrêmement variables qu'occupent les gaînes profectrices lors de la germination.