HOUES
FXUES
pour
Infanticide
ATortement
Empoifonnement
Vol domestique
Parricide
Incendie d^édifices et antres objets ....
Vol dans les églises
Blessures envers aseendans
Vol
faux témoignage et subornation
Banqueroute frauduleuse
Assassinat
fausse monnaie , contrefaçon , faux par supposition , en écritures , etc
Jlébellion ' . . .
Vol sur chemin public
Blessures et coups
Meurtre
Viol et attentat à la pudeur
Viol sur enlans au-dessous de 16 ans. . . •
SO
Comme nous Tavons déjà fait remarquer, il faut pour commettre le crime qu'on réunisse ces trois conditions essentielles : le vouloir qui dépend de la moralité , l'occasion et la facilité d^agir. Or, ce qui fait que la femme a bien moins de penchant au crime que l'homme , c'est qu'elle est surtout retenue par le sentiment de la honte et de la pudeur quant au moral, par son état de dépendance et ses habitudes plus retirées quant à l'occasion , et par sa faiblesse physique quant à la facilité d'agir. Je pense qu'on peut rapporter à ces trois causes principales les différences qu'on remarque à l'égard des crimes. Quelquefois toutes trois concourent en même temps, on doit alors s'attendre à voir leur influence très-prononcée , comme quand il s'agit du viol et des attentats à la pudeur ; aussi l'on ne compte qu'une femme pour 100 hommes dans les accusations de cette nature. Dans les empoisonnemens au contraire , le nombre des accusés est à peu près le même chez les deux sexes. Quand , pour détruire son semblable , il faut avoir recours à la force, les femmes accusées deviennent moins nombreuses, et leur" nombre diminue d'autant plus, qu'il faut aller chercher sa victime plus loin et plus ouvertement; aussi ces sortes de crimes se produisent dans l'ordre suivant : infanticide, avortement, parricide, blessures envers ascendans, assassinat, blessures et coups , meurtre.
Quant à Infanticide, non -seulement la femme a plus d'occasions de le commettre que l'homme , mais elle y est en quelque sorte poussée souvent par la misère et presque toujours par le désir de cacher une faute et d'échapper à la honte et au mépris de la société , qui épargne l'homme davantage en pareille circonstance. Il n'en est pas de même des autres crimes qui ont pour
objet d'amener la destruction de son semblable ; il ne parait pas que ce soit leur gravité qui arrête le plus la femme y puisque dans la série que nous avons indiquée le parricide et les blessures envers ascendans précèdent Fassassinat^ qui lui-même précède le meurtre ainsi que les blessures et les coups en général. Ce n'est pas non plus la faiblesse seulement^ car alors le rapport pour le parricide et les blessures envers ascendans devrait être le même que pour le meurtre et les blessures envers des individus étrangers. Ces différences tiennent surtout aux habitudes et à la vie plus sédentaire de la femme ; elle ne peut concevoir et exécuter de coupables projets qu'envers les individus avec lesquels eUe est le plus en relation ; ainsi y comparativement à l'homme j elle assassinera dans l'intérieur de sa famille plus qu'au dehors ;^ et dans la société^ eUe commettra Tassassinat plutôt que le meurtre qui nait souvent au milieu des excès de la boisson et de querelles auxquelles les femmes sont moins exposées.
Si nous considérons les vols de différentes espèces^ nous trouverons que les rapports du penchant au crime se rangent dans une série analogue; ainsi viennent successivement les vols domestiques, les vols dans les églises , les vols en général et enfin les vols sur le chemin public y pour lesquels la force et l'audace sont nécessaires. Le penchant moins prononcé aux faux en général et à la banqueroute frauduleuse dépend encore de la vie reurée des femmes y de leur éloignement des affisdres, et dans certains cas de ce qu'elles sont plus inhabiles que les hommes, par exemple à faire la fausse monnaie et les contrefaçons.
Si nous essayons d'analyser les faits y il me semble que la différence de morahté de l'homme et de la femme est moins grande
qu'on ne le pense généralement, excepté sous le rapport de la pudeur; je ne parle pas de la timidité qui naît de ce dernier sentiment, en même temps que de la faiblesse physique et des habitudes sédentaires de la femme. Quant à ces habitudes elles-mêmes, je crois qu'on peut assez bien mesurer leur influence par les rapports qui existent pour les deux sexes entre les crimes de différentes espèces où la force ne doit pas être prise en considération, ni le sentiment de la pudeur, comme dans les vols, les faux témoignages, les banqueroutes frauduleuses, etc. ; ces rapports sont environ de 100 à 21 ou à 17, c'est-à-dire, à peu près de5 ou6 à L Pour les autres faux, la différence est un peu plus grande, par les motifs que j'ai déjà énoncés. Si Ton cherchait à exprimer numériquement l'intensité des causes qui font agir les femmes, par exemple l'influence de la force, on pourrait Testimer en la prenant proportionnelle à la force même , ou comme 1 à 2 environ : c'est le rapport qui a lieu pour le parricide. Pour les crimes où il faut avoir égard à la fois à la force et à la vie plus retirée de la femme , comme pour l'assassinat ou le vol sur chemin public, en suivant la même marche dans les calculs , il faudrait multiplier le rapport de la force { par celui de la dépendance |, ce qui donne ~ quantité qui tombe en effet entre ^ et ~, rapports donnés par la table. Quant au meurtre et aux coups et blessures, ces crimes ne dépendent pas seulement de la force et de la vie plus ou moins sédentaire, mais encore de l'habitude des boissons et des rixes. On pourrait estimer que l'influence de cette dernière cause est à peu près comme 1 à 3 pour les deux sexes. On conçoit que les estimations que j'in-
l'égard de tel ou tel crime ^ le sentiment de la pudeur^ plus grand chez la femme ^ sa faiblesse physique^ sa dépendance ou plutôt sa vie plus retirée et ses passions moins fortes et moins fréquemment excitées par l'usage des boissons. Si tels étaient cependant les caractères qui différencient plus particulièrement les deux sexes ^ on pourrait par l'analyse^ comme nous l'avons indiqué précédemment^ assez bien assigner leur influence respective^ surtout si les observations étaient très-nombreuses. Je ne parle pas des formes de la justice, de la législation en général^ de l'état des lumières, des moyens de pourvoir aux besoins physiques, etc., qui peuvent contribuer puissamment à augmenter ou à diminuer le nombre des crimes^ mais dont l'influence est en général peu sensible sur le rapport entre les accusés des deux sexes.
On dira peut-être que, s41 est vrai que la moralité de la femme n'est pas plus grande que celle de l'homme , les vols domestiques devraient être en même nombre pour les deux sexes. Cette observation serait juste , s'il était prouvé que la classe des individus dans laquelle se commettent les vols domestiques , se compose d'autant d'hommes que de femmes : mais il n'existe aucuns renseignemens à cet égard. Tout ce que l'on peut établir , c'est que les hommes et les femmes qui vivent dans l'état de domesticité, commettent plutôt les crimes contre les propriétés que les crimes contre les personnes, ce qui confirme très-bien les observations faites plus haut sur l'influence de la vie retirée et des habitudes sédentaires. Le compte général de F administration de la justice en 1 829 ^ présente pour la première fois une distinction de la profession des accusés , et à l'article domestiques , on trouve 318 hommes et 147 femmes attachés comme domestiques à une
ferme en exploitation; et 149 hommes et 175 femmes attachés comme domestiques à la personne ; le nombre total des hommes est plus grand que celui des femmes ; or , sur ces nombres , il y avait 99 accusés pour crimes contre les personnes, et 590 pour crimes contre les propriétés ; le rapport de ces nombres est de 1 à 6 environ. Mais nous avons eu occasion de voir que ce rapport est de 1 à 3 pour la société tout entière , quand on fait abstraction des conditions; et il serait seulement de 263 à 1,091 ou de 1 à 4 environ, si la société ne se composait que de femmes; ainsi dans tous les cas, il reste suffisamment démontré, je pense, que les hommes et les femmes, dans l'état de domesticité , commettent de préférence les crimes contre les propriétés.
Quant aux crimes capitaux , on peut les ranger de la manière suivante :
MOTIFS APPAKEI^S.