‹ Recherches sur le penchant au crime aux différens âgesChapitre 16 sur 17 · II 1 II · texte numérisé non relu

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Ainsi le penchant au yol y qui est un des premiers à se manifester^ domine en quelque sorte toute notre existence ; on serait tenté de le croire inhérent à la faiblesse humaine qui le suit comme par instinct. Il s'exerce d'abord à la fayeur de la confiance qui règne dans l'intérieur des familles^ puis se manifeste au dehors et jusque sur les chemins pubUcs^ où il finit par recourir à la violence^ lorsque déjà l'homme a fait le triste essai de la plénitude de ses forces en se livrant à tous les genres d'homicides. Ce funeste penchant est moins précoce cependant que celui qui^ vers l'adolescence^ nait avec le feu des passions et les désordres qui l'accompagnent ^ et qui pousse l'homme au viol et aux attentats à la pudeur ^ en commençant à chercher ses victimes parmi les êtres dont la faiblesse oppose le moins de résistance. A ces premiers excès des passions y de la cupidité et de la force , se joint bientôt la réflexion qui organise le crime y et l'homme devenu plus firoid^ préfère détruire sa victime en recourant à l'assas* sinat et à l'empoisonnement. Enfin ses derniers pas dans la carrière du crime sont marqués par la fausseté qui supplée en quelque sorte à la force. C'est vers son déclin que l'homme pervers présente le spectacle le plus hideux ; sa cupidité y que rien ne peut éteindre y se ranime avec plus d'ardeur et prend le masque du faussaire; s'il use encore du peu de forces que la nature lui a laissées y c'est plutôt pour frapper son ennemi dans l'ombre ; enfin si ses passions dépravées n'ont point été amorties par l'âge ^ c'est sur de faibles enfans qu'il cherchera de préférence à les assouvir* Ainsi ses premiers et ses derniers pas dans la carrière du crime sont marqués de la même manière y du moins sous ce dernier rapport; mais quelle diJBTérence! ce qui était en quelque sorte

excusable chez le jeune homme , à cause de son inexpérience , de la violence de ses passions et de la ressemblance de âges, devient chez le vieillard le résultat de l'immoralité la plus profonde et le comble de la dépravation.

D'après les données des tableaux précédens, il n'est guère possible de méconnaître la grande influence que l'âge exerce sur le penchant au crime , puisque même chacun des résultats individuels tend à la mettre en évidence, aussi je ne craindrais pas de regarder l'échelle des divers tlegrés de penchant au crime aux diflférens âges de l'homme , comme méritant tout autant de confiance que celles que j'ai données pour les tailles ou que je pourrai donner par la suite pour le poids et la force de l'homme, ou que celles enfin qu'on a pour la mortalité.

On a tenu compte aussi des âges des prévenus qui ont paru devant les tribunaux correctionnels de France , mais en ne conservant que les trois catégories qui suivent et qui ont rapport aux quatre années qui précèdent 1830.

ÂGSS.

Moins de 16 ans.

De 16 h 21 ans.

Pins de 21 ans .

KlBliNAI

X GRIHIN.

TRIBUTÏArX CORRICT

HOHHIS.

FIMMIS.

HOMMIS.

FIMMIS.

Ainsi les aJBaires correctionnelles sont dans les premiers âges, toutes choses égales, plus fréquentes que les afiaires criminelles; elles sont les premiers degrés du crime, conséquemment ceux qu'on

Pays-Bas y en ne faisant aucune distinction des sexes ni des tribunaux :

iiv 1826. E!i 1827.

Moins de 12 ans X 4

De 16 à 21 ans 12 11

Plus de 21 ans 84 85

Il y aurait donc un peu moins de criminels de 16 à 21 ans qu'en France.

Le déyeloppement du penchant au crime ^ comme je l'ai dit plus haut^ a un icapport très-direct avec le déyeloppement des passions et de la force physique de l'homme ; d'une autre part le déyeloppement de la raison n'a pas une influence moins marquée pour amortir le penchant au crime ; il serait très-intéressant de pouvoir rapprocher et comparer entre elles les différentes échelles du déyeloppement de ces facultés y elles présenteraient sans doute les analogies les plus frappantes.

Il me serait impossible^ du moins pour le moment^ de donner une échelle exacte pour l'énergie de la force physique de l'homme aux différens âges et encore moins de sa force intellectuelle. Mais j'oflrirai quelques résultats approximatifs qui pourront paraître curieux ; les uns sont relatifs à la force de l'homme pour les mains et pour les reins. Ces données ont été obtenues de concert avec MM. Plateau^ Guiette et Yan Ësschen^ ayec l'instrument de Régnier et sur un grand nombre d'indiyidus pris à Bruxelles; mais comme les observations portentencore sur troppeud'individus^ elles n'ont pas toute la précision que nous espérons de pouvoir leur don*

ner plus tard. Une autre colonne fait connaître d'après M. Esquirol le nombre des admissions et des guérisons qui ont eu lieu à Charenton ( Annales cF Hygiène , avril 1829 ). Pour estimer les degrés relatifs de fréquence de l'aliénation mentale, j'ai cru devoir tenir compte du nombre des individus qui ont de 15 à 20 ans, de 20 à 25 , etc. ; ce qui fait que les résultats de la septième colonne s'écartent un peu de ceux de ce savant médecin, quant à la fréquence de la maladie ('). Enfin les deux dernières colonnes comprennent l'une le nombre des chefs-d'œuvre de la scène française d'après le répertoire de Picard , et l'autre le même nombre réduit en tenant compte des décès des auteurs et des âges auxquels ces décès ont eu lieu. Pour former cette dernière colonne, j'ai considéré que 48 auteurs avaient concouru à produire les ouvrages mentionnés dans le tableau précédent, et j'ai supposé que chacun d'eux avait la même chance de produire à un âge donné. J'ai alors

multiplié chaque nombre de la première colonne par le rapport — dans lequel a indique le nombre des auteurs survivans.

(i) M. Esquirol a publié depuis un nouveau Mémoire sur Taliénation mentale, dans lequel il tient compte des tables de population , mais je crois qu'il s'est glissé une erreur dans les calculs de ce savant distingué. « L'augmentation du nombre des fous , dit-il , est plus marquée encore de 50 à 65 ans ( qu'avant 50 ). De 70 à 75 et de 75 à 80 , le nombre des aliénés relatif à la population est énorme. C'est l'âge de la démence sénile. » yfnn. d' Hygiène , décembre 1830. D'après les nombres que cite M. Esquirol et qui diffèrent un peu de ceux qu'il avait publiés d'abord , je trouve , en faisant usage de la table de population de V^nnuaire du bureau det longitudes y que le maximum du nombre des aliénés se présente encore entre 40 et 50 ans. L'excès de ce nombre sur celui des âges suivans est moins grand à la vérité que d'après notre tableau.

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