HABITANS
pora r!i éLÈvi
AUX icOLES.
Brabant méridional . .
Flandre orientale. . .
Limbonrg
Orerystel
Brabant septentrional .
Anvers
Groningue et Drenthe .
Liège
Flandre occidentale . .
Namar
Croeldre
Hollande méridionale Hollande sept.etUtrecht.
Lnxembourg ....
Hainaut
Zélande
Frise
Pats-Bas
Pats-Bas (crimes). . .
Ducii m Bas-Ruh. . .
FaAHGB
(') Les nombres pour le Pays-Bas embrassent les deux années 1826 et 1827, et pour le duché du Bas-Rhin, les années de 1822 à 1826, d'après la Revue encyclopédique pour le mois d'août 1830. Comme ce recueil faisait connaître le nombre des crimes et non des condamnés > j*ai cru devoir donner aussi le nombre des crimes pour la France et les Pays-Bas , afin de rendre les résultats comparables.
Comme il serait très-difficile de se former une idée de l'ensemble des résultats contenus dans les tableaux précédens , et qu'il serait même impossible de les embrasser d'un même coup d'oeil , j'ai cherché à les rendre sensibles par des teintes plus ou moins foncées appliquées sur une carte de la France et des Pays-Bas , selon le nombre plus ou moins grand des crimes contre les personnes ou contre les propriétés relativement à la population. Voyez planche II. La première carte figurative se rapporte aux crimes contre les personnes ; elle nous montre d'abord par l'obscurité de ses teintes que le plus grand nombre des crimes sont commis dans la Corse y dans le midi de la Fance et particulièrement dans le Languedoc et la Provence , ainsi que dans TAlsace et dans le bassin de la Seine. La partie méridionale des Pays-Bas^ à l'exception du Hainaut et du Luxembourg^ présente aussi des teintes assez sombres , il convient cependant d'observer que les teintes sont peat-être plus obscures qu'elles ne devraient l'être, si l'on considère qu'elles représentent le nombre de condamnés , et qu'en général la répression a été dans les Pays-Bas beaucoup plus forte qu'en France, quisque l'on ne condamnait dans ce dernier pays que 61 individus sur 100 accusés, tandis qu'on en condamnait 85 dans le premier. Au contraire, la France centrale, la Bretagne, le Maine, la Picardie, ainsi que la Zélande et la Frise offi'ent des teintes beaucoup plus satisfaisantes. Si l'on compare cette carte à celle qui indique l'état de l'instruction , on sera
côtés d'une manière avantageuse^ ou désayantageuse peuvent être rangés de la manière suivante^ en adoptant trois classes principales :
PREmÈRE CLASSE. Départemens où le nombre des condamnés pour crimes contre les personnes et contre les propriétés a excédé la moyenne de la France.
Corse, Landes, Rhône, Bouches-du-Rhône , Doubs, Haut- Rhin, Bas-Rhin, Moselle, Seine-Inférieure, Calvados, Eure, Seine et Oise, Seine, Marne, Loiret, Vienne, Ille et Vilaine ; 1 7 départemens.
Deuxième cla^sse. Départemens où le nombre des condamnés pour crimes contre les propriétés et les personnes a été moindre que la moyenne de la France.
Creuse, Indre , Cher, Nièvre, Saône et Loire, Jura, Ain, Isère, Loire, Haute-Loire, Cantal, Puy-de-Dôme, Allier, Corrèze, Haute-Vienne, Basses-Pyrénées, Hautei^Pppnées, Haute- Garoime, Glers, Tarn et Garonne, Lot et Garonne, Gironde, Dordogne, Charente, Deux-Sèvres, Vendée, Loire-Inférieure, Maine et Loire , Sarthe , Orne , Mayenne , Manche , Finistère , Morbihan , Côtes du Nord , Somme , Oise , Aisne , Ardennes , Meuse, Meurthe, Haute-Saône, Haute-Marne, Côte-d^Or,. Yonne, Seine et Marne ; 47 départemens.
Troisièike classe. Départemens où le nombre des condamnés pour crimes contre les personnes seulement, ou contre les propriétés seulement , a été moindre que la mienne de la France.
Var, Hautes-Alpes, Basses-Alpes, Drôme, Vaucluse, Gard,
Ajrdèche , Lozère , Aveyron, Lot, Tarn, Hérault, Aude, Pyrénées- Orientales , Ariège , Charente-Inférieure , Loire et Cher , Eure et Loire, Nord, Pas-de-Calais, Aube, Vosges; 22 départemens.
En faisant la même distinction à l'égard des provinces des Pays-Bas , on trouve :
Première classe. Brabant méridional , Anvers , Limbourg , Groningue et Drenthe; 5 provinces.
Deuxième classe. Hainaut, Luxembourg; 2 provinces.
Troisième classe. Namur, Liège, Flandre occidentale, Flandre orientale , Zélande , Brabant septentrional ^ Hollande méridionale, Hollande septentrionale, Utrecht^ Gueldre, Overyssel, Frise; 12 provinces.
Avant de chercher à déduire des conclusions, des résultats précédens, je remarquerai que certains rapports pourraient ne pas être rigoureusement comparables à cause d'une évaluation fautive de la population ou d'une inégale répression dans les différentes cours de justice. Il serait assez difficile de reconnaître les erreurs provenant de la première cause, puisque nous n'avons pour élémens de vérification que les nombres relatifs aux naissances et aux décès; quant à l'inégale répression, il n'en est pas tout-à-fait de même , car , outre que nous sommes portés à croire que l'activité de la justice pour rechercher les auteurs des crimes n'est pas égale partout, nous voyons que les acquittemens n'ont pas non plus unemarche régulière. Ainsi d'après les documens de 1825 à 1829, on a condamné dans toute la France 61 individus par 100 accusés; cependant la répression a été généralement plus forte dans la partie septentrionale du royaume que dans le midi. Ainsi la cour de justice de Rouen est celle qui a prononcé le plus
de condamnations et elle a condamné^ terme moyen^ 7 1 individus par 100 accusés; les cours de Dijon ^ Angers, Douai, Nancy, Orléans , Caen , Paris , Rennes , ont également dépassé la moyenne ; les cours de Metz , Colmar , Amiens , Bordeaux , Bourges, Besançon, Grenoble, Lyon et de la Corse, ont présenté à peu près la même moyenne que la France, tandis que les acquittemens ont été plus nombreux dans les cours méridionales , telles que Toulouse, Poitiers , Nîmes , Aix , Riom, Pau, Agen , Limoges et Montpellier. Les deux dernières cours n'ont condanmé, terme moyen, que 52 individus sur 100 accusés. Il resterait à examiner si ces inégalités bien prononcées pour les acquittemens dans le nord et le midi de la France, tiennent à une plus grande facilité de mettre en accusation ou à plus d'indulgence envers les accusés. Elles peuvent tenir encore, ce qui me semble plus probable, à ce que, toutes choses égales , les crimes contre les personnes sont plus communs da<£ le midi , et les crimes contre les propriétés dans le nord ; l'on sait d'ailleurs que la première espèce de crimes donne lieu à plus d'acquittemens que la seconde. Quoi qu'il en soit, je pense qu'il sera bon de ne pas perdre de vue cette double cause d'erreur que je viens de signaler.
Si maintenant nous jetons les yeux sur les départemens de la France qui ont dépassé la moyenne pour les crimes contre les personnes, en même temps que pour les crimes contre les propriétés, nous trouvons d'abord la Corse et les Landes qui sont par leurs mœurs et leurs habitudes dans une position tout-à-fait particulière, et qui ne permet guère de les comparer au reste de la France.
Le Corse, en effet, poussé par de cruek préjugés et embrassant avec chaleur des sentimens de vengeance qui se transmet^
tent souvent de génération en génération , se fait presqu'une vertu de rbomicide ; aussi commet-il ce crime avec excès. Les délits contre les propriétés sont moins fréquens, et cependant leur nombre surpasse encore la moyenne de la France. On ne saurait attribuer cet état de choses au défaut d'instruction , puisque le nombre des accusés qui ne savaient ni lire ni écrire était comparativement moindre qu'en France. Il n'en est pas de même des Landes^ oii presque les neuf dixièmes des accusés étaient dans un état de complète ignorance. Ce département , où une population pauvre et faible se trouve dispersée au milieu des bruyères, est un de ceux où la civilisation a fait le moins de progrès. Quoique les Landes se trouvent rangées dans la classe la plus défavorable quant aux crimes , il est juste de dire cependant qu'elles ne s'écartent pas beaucoup de la moyenne de la France j on peut faire la même observation à l'égard des départemens de la Vienne et d'Ille et Vilaine. Quant aux autres départemens, on remarquera sans doute qu'ils sont en général les plus peuplés de la France , qu'on y trouve quatre des villes les plus importantes , Paris , Lyon, Marseille et Rouen ; que ce sont aussi les plus industriels , ceux qui offrent le plus de mouvement et de contact avec les étrangers. On pourra s'étonner peut-être de n'y pas trouver les départemens de la Gironde et de la Loire-Inférieure, qui paraissent à peu près dans les mêmes circonstances que les départemens des Bouches du Rhône et de la Seine-Inférieure, surtout si l'on considère que , sous le rapport des lumières , ils semblent moins bien partagés que ces derniers , et que la répression y a été g:énéralement forte. Cette remarque est particulièrement appli-
Loire-Inférieure ne forme pas un grand écart de la moyenne de la France. Je ne ferais point difficulté d'attribuer ces différences À une moralité plus grande d'une part que de l'autre y et cette conjecture acquiert plus de vraisemblance y si l'on observe que tous les départemens delà France méridionale qui bordent l'Océan depuis les Basses-Pyrénées jusqu'à la Manche^ excepté les Landesr et l'IUe et Vilaine^ dont il a déjà été question^ tombent au-dessous de la moyenne de la France pour les crimes contre les personnés ^ et qu'au contraite tous les départemens^ sans exception^ qui bordent la Méditerranée^ même avec leurs adjacens y dépassent cette même moyenne. On remarquera aussi que la côte de l'Océan^ depuis les Basses-Alpes jusqu'à la Manche^ tombent en général au-dessous de la moyenne pour les crimes contre les propriétés.
La troisième classe nous présente d'abord quinze départemens qui forment la liséré de la Méditerranée y et qui tous dépassent la moyenne de la France pour les crimes contre les personnes ^ et sont inférieurs à la moyenne pour les crimes contre les propriétés. Les bords de la Méditerranée semblent donc offirir un penchant bien déterminé à la première espèce de crimes. Des sept autres départemens de la même classe y un seul dépasse la moyenne pour les crimes contre les personnes^ c'est celui des Vosges y qui tient à l'Alsace ; les autres dépassent la moyenne des crimes contre les propriétés.
Les départemens de la seconde classe où ont eu lieu le moins de condamnations pour crimes contre les personnes et contre les propriétés y sont situés en général dans le centre de la France , sur la côte de l'Océan y depuis les Basses- Alpes jusqu'à la Manche^ et dans les bassins arrosés par la Somme. l'Oise et la Meuse.
On peut résumer ce qui précède de la manière suivante:
I ® Le plus grand nombre de crimes contre les personnes et contre les propriétés, ont lieu dans les départemens que traversent ou qu'avoisinent le Rhône, le Rhin et la Seine, du moins dans leur partie navigable;
2^ Le moins de crimes contre les personnes et les propriétés se commettent dans les départemens du centre de la France , dans ceux qui sont situés à l'ouest vers TOcéan, depuis les Basses- Alpesjusqu'à la Manche^ et dans ceux que traversent vers le nord la Somme , TOise et la Meuse ;
3^ Les bords de la Méditerranée et les départemens voisins montrent, toutes choses égales , un penchant plus prononcé pour les crimes contre les personnes , et la partie septentrionale de la France pour les crimes contre les propriétés.
Après avoir établi ces faits , si Ton cherche à remonter aux causes qui le$ produisent, on se trouve arrêté d'abord par de nombreux obstacles. Et en effet, les causes qui influent sur les crimes sont si nombreuses et si diverses , qu'il devient presque impossible d'assigner à chacune son degré d'importance. Il arrive d'ailleurs souvent que des causes qui paraissaient très-influentes s'effacent devant d'autres auxquelles on avait à peine songé d'abord, c'est ce que j'ai particulièrement éprouvé dans les recherches actuelles; j'étais trop préoccupé peut-être, je Ta voue, de l'influence qu'on accorde à l'instruction pour amortir le penchant au crime; il me semble que Terreur commune provient surtout de ce qu'on s'attend à trouver moins de crimes dans un pays, parce qu'on y envoie plus d'enfans aux écoles, ou parce
Ce serait plutôt de rinstruetîon morale qu'il faudrait tenir compte , car bien souvent Tinstruction qu'on reçoit aux écoles n'offre qu'un moyen de plus pour commettre le crime. On regarde aussi assez généralement la pauvreté comme conduisant au crime , cependant le département de la Creuse , l'un des plus pauvres de la France ^ est celui qui présente y sous tous les rapports^ le plus de moralité. De même dans les Pays-Bas^ la province la plus morale est le Luxembourg y où il règne le plus de pauvreté. Il convient cependant de s'entendre sur le mot pauvreté^ qui est employé ici dans une acception qu'on peut regarder comme impropre. Une province, en effet, n^est point pauvre parce qu'elle renferme moins de richesses qu'une autre ; si ses habitans, comme dan& le Luxembourg, sont sobres et actifs; si, par leur travail, ils par- Tiennent à pourvoir d'une manière sure à leurs besoins et à satisfaire des goûts d'autant plus modestes^ que l'inégalité des fortunes s'y fait moins sentir et provoque moins la tentation ; on dira avec plus de raison que cette province jouit d'une modeste aisance. La pauvreté se fait ressentir dans les provinces oii sont amassées de grandes richesses, comme dans les Flandres, la Hollande , le département de la Seine , etc. , et surtout dans les pays manuSacturiers, où, par la moindre conunotion pohtique , par la moindre obstruction dans les débouchés pour les marchandises , des milliers d'individus passent subitement de l'état de bien-être à celui demisère. Ce sont ces brusques alternatives d'un état à lautre qui donnent naissance au crime, surtout si ceux qui en souffirent sont entourés de sujets de tentation et se trouvent irrités par l'aspect continuel du luxe et d'une inégalité de fortune qui les désespère. 11 me semble qu'une des premières distinctions à faire dans
l'étude qui nous occupe j est celle des différentes races d'hommes habitant les pays que nous considérons; elle est comme nous le verrons bientôt de la plus haute importance , quoique ce ne soit pas celle qui se présente d'abord à l'esprit, a La population de la France appartient à trois races principales : la race celtique, qui forme près des trois cinquièmes de ses habitans ; la race germanique , qui comprend ceux des anciennes provinces de Flandre , d'Alsace , et d'une partie de la Lorraine ; la race pélagienne , répandue sur le versant méditerranéen et dans la Corse. Les changemens de mœurs ^ ajoute Malte Brun à qui cette division est empruntée^ les progrès de la civilisation^ peuvent altérer le caractère d'un peuple y mais non le changer entièrement ('). )> Si nous jetons les yeux sur la carte figurative des crimes contre les personnes y cette distinction des peuples se fera sentir d'une manière extrêmement remarquable. Nous verrons que la race pélagienne y répandue sur le versant méditerranéen et dans la Corse ^ se livre particulièrement à des attentats contre les personnes; chez la race germanique qui s'étend sur l'Alsace y le duché du Bas-Rhin y une partie de la Lorraine et des Pays-Bas y où le grand nombre de personnes et de choses fait naître plus d'occasions de commettre des crimes^ et où l'usage fréquent des boissons donne plus souvent naissance aux excès y on compte généralement beaucoup de crimes contre les propriétés et les personnes. Les Bataves et les Frisons y qui appartiennent aussi à la race germanique, se livrent plus par-
(i) PrécU de ia géographie univereeUe ^ livre 150.
ticuliërement aux crimes contre les propriétés. Enfin la race celtique parait la plus morale des trois races que nous avons considérées y surtout en ce qui concerne les crimes contre les personnes ; elle occupe la plus grande partie de la France et la partie wallonne de la Belgique. Il paraîtrait du reste que les pays des frontières où les races se croisent le plus^ où il règne en général le plus d'agitation ^ et où sont établies les lignes des douanes^ sont le plus exposés à se démoraliser.
Après avoir admis cette distinction^ basée sur la différence des races y il reste à examiner quelles sont les anomalies locales qui ont du influer sur la moralité des peuples et modifier leur caractère.
L'anomalie la plus remarquable que semble présenter la race celtique y s'observe dans les départemens qui se rattachent au bassin de la Seine surtout au-dessous de Paris ; plusieurs causes contribuent à la faire naître. On remarquera d'abord que ces départemens sont ceux qui y en raison de leur étendue, renferment le plus de personnes et de choses, et offirent par conséquent le plus d'occasions de commettre des crimes; c'est là qu'il existe le plus de mouvement et que viennent affluer de tous les pays le plus de personnes sans aveu y de manière même que la race d'hommes primitive a du s'altérer plus que partout ailleurs ; enfin c'est encore là que ce trouve le pluâ d'établissemens industriels ; et, comme nous avons déjà eu occasion de le faire observer , ces établissémens entretiem^nt une population agglomérée dont les moyens d'existence sont plus précaires que dans les autres professions. La même remarque peut se faire à l'égard du bassin qu'occupe le Rhône , et avec d'autant plus de raison que la race
pélagienne a dû ^ en remontant ce fleuve, pénétrer dans les terres plus avant que partout ailleurs.
Les provinces commerçantes et industrielles des Pays-Bas sont également celles où se commettent le plus de crimes.
Quant au nombre plus grand de crimes contre les propriétés qu'on observe en avançant vers le nord , on peut l'attribuer , je pense, en grande partie , à Tinégalité des richesses et des besoins. Les grandes villes et les capitales surtout, se présentent d'une manière défavorable , parce qu'elles offrent plus d'appât aux passions de toute espèce , et qu'elles attirent les gens sans aveu qui espèrent trouver l'impunité en se perdant dans la foule.
Il est remarquable que plusieurs des départemens les plus pauvres de la France , et en même temps les moins instruits , tels que ceux de la Creuse , de l'Indre , du Cher , de la Haute- Vienne , de l'Allier, etc., soient en même temps les plus moraux, tandis que le contraire a lieu pour la plupart des départemens qui ont le plus de richesses et d'instruction ; ces singularités apparentes s'expliquent, je crois , par les observations qui ont été faites plus haut. La moralité est mieux en rapport avec l'état de l'instruction dans le ci-devant royaume des Pays-Bas; ce qui porterait à croire que la direction de l'enseignement était meilleure.
L'influence du climat n'est pas très-sensible non plus , comme on peut le voir en comparant la Guienne et la Gascogne à la
d'effacer le caractère de moralilé qui distingue les trois races d'hommes qui habitent les pays que nous considérons. On ne peut méconnaître néanmoins y en rapprochant les rapports que contient la sixième colonne de notre tableau ^ que le nombre des crimes contre les propriétés relativement aux crimes contre les personnes^ n'augmente considérablement en s'élevant vers le nord. U est bien à regretter que les documens de la justice que nous possédons pour d'autres pays y ne soient pas comparables à ceux de la France et des Pays-Bas. Les différences qui existent dans les lois et les classifications , des crimes rendent les rapprochemens directs impossibles. Cependant les pays qui ont quelqu'étendue et qui offirent la distinction des crimes contre les personnes et des crimes contre les propriétés^ permettent au moins sous ce dernier rapport d'établir une comparaison entre leurs différentes provinces. Il ne sera peut-être pas sans intérêt pour notre objet ^ de comparer entre elles les différentes parties de la Prusse et de l'Autriche. Les renseignemens sur la justice criminelle en Autriche sont extraits du Bulletin des Sciences de M. de Férussac pour novembre 1829 , et sont relatifs aux cinq années de 1819 à 1823 : ceux qui concernent la Prusse sont extraits de la Revue Encyclopédique pour août 1830^ et sont relatifs aux trois années de 1824 à 1826 inclusivement. J'ai suivi la même forme de tableau que précédemment ; je regrette néanmoins de n'avoir pu indiquer le nombre des enfans qui fréquentaient les écoles dans les différentes parties de TAutriche ; pour la Prusse, j'ai pris le nombre des écoliers sur 1^000 enfans en âge de fréquenter les écoles^ comme l'indique la Revue Encyclopédique.