‹ Recherches sur le phosphore et les phosphures métalliquesChapitre 19 sur 21 · RÉSUMÉ GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ GÉNÉRAL

En résumé j'ai montré :

1° Par la présence d’une discontinuité dans la variation de densité du phosphore rouge avec la température, l’existence d’une variété allotropique du phosphore de densité 2,37, distincte du phosphore rouge ordinaire de densité 2,18, et que j'ai nommée phosphore pyro-

Læ « e morphique ;

2° Que le phosphore de Hittorf, cristallisé dans le plomb, était un mélange de phosphore rouge ordinaire cristallisé et de phosphore pyromorphique ;

3° Que l’iode à l’état de trace agissait par catalyse dès 280°, pour transformer le phosphore rouge ordinaire en phosphore pyromorphique, d’où il résultait que le phosphore rouge ordinaire est en équilibre instable à la température même où on le prépare ;

4° Que l’état de division du phosphore rouge exerce une grosse influence sur la vitesse de sa transformation en phosphore pyromorphique; j’expliquais ainsi pourquoi Troost et Hautefeuille avaient été amenés à prévoir une infinité de variétés allotropiques du phosphore ;

(1) Moissan, Traité de Chimie minérale, t. 1, p. 954.

5° Que les solutions solides considérées par Cohen et Olie n'étaient pas en équilibre, puisqu’une trace d’iode agissant sur elles les transforme en phosphore pyromorphique à la température où elles se forment ;

6° Après Chapman, que le phosphore rouge ordinaire était fusible vers 610° en un liquide transparent et incolore ;

7° J'ai mesuré la tension de vapeur des trois variétés, et j'ai montré que la tension de vapeur du phosphore rouge solide était très lente à atteindre; j'ai déduit de ce fait une explication simple de la perturbation des tensions de vapeur, découverte par M. Lemoine ;

8° En extrapolant les courbes de tension de vapeur j’ai retrouvé, par l'intersection des courbes de tension du phosphore blane et du phosphore rouge ordinaire, le point de fusion du phosphore rouge à 20° près, ce qui montrait la stabilité à haute température du phosphore liquide, fait prévu par Chapman ;

9° J'ai prévu l'existence d’un nouveau point triple du phosphore, par l’extrapolation de la courbe du phosphore pyromorphique et de celle du phosphore rouge ordinaire ;

10° J’ai démontré, par l’étude des courbes d’échauffement du phosphore rouge ordinaire et du phosphore pyromorphique, l'existence de ce point triple, qui s'éloigne de 10° de celui que j'avais calculé. Pai montré l'influence d’une trace d’iode sur la position apparente de ce point dans l'échelle des températures ;

11° J’ai donné une nouvelle théorie des transformations allotropiques du phosphore, basée sur ces expériences qui fixaient le domaine de stabilité réelle de chacune des variétés : pour le phosphore liquide au-dessus de 610°,pourle phosphore rouge ordinaire entre 450° et610°,

pour le phosphore pyromorphique au-dessous de 450°.

Dans la deuxième Partie de ce Mémoire j'ai montré : 1° Qu'il n’y avait pas lieu de considérer comme composés définis lesicomposés Sn P® Sn°P, Sn°P°, SnP, SnP*°;

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