INTRODUCTION
Les phosphures métalliques ont été l’objet de nombreux travaux depuis Pelletier, qui le premier a étudié l'augmentation de poids d’un métal ayant fixé du phosphore et a décrit l'aspect de la réaction.
Le dernier Mémoire français traitant de la question des phosphures en général est dü à M. Granger (‘).
La bibliographie et l'historique de la question ont été faits par cet auteur, depuis les premiers chimistes jusqu’à 1898.
Parmi les travaux parus depuis 1898, il convient de citer ceux de Jaboin (*), Maronneau (*), Jemecujny(*), Constantinow(*), Le Chatelier et Wologdine(®), Matignon et Trannoy("}), Heyn et Bauer (*).
(*) GRANGER, Ann. de Phys. et de Chim., 7° série, t. XIV. (?) Japon, Thèse de Pharmacie, 1898.
(3) Maronneau, Comptes rendus, &. CXXX, 1900, p. 657. (*) Jemecusny et ScuepeLew, Journ. russ. phys. chim. Ges., t. XL, p. 862. (5) CoxsTanTINOw, Journ. russ. phys. chim. Ges., t. XL, p. 473. ($) Le Cnarecter et WoLoGnixe, Comptes rendus, t. CXLIX, 1909, p. 709. (7) MariGxon et Traxxoy, Comptes rendus, t. CXLI, p. 190. (8) Heux et Bauer, Gross Lichterfelde, t. XXIV, p. 93. J: I
Sije me suis permis de m'attaquer dans une première étude à un sujet aussi souvent traité, c’est que, depuis plusieurs années, la Chimie minérale, et en particulier celle des composés binaires, a subi une véritable transformation.
Autrefois certains chimistes se contentaient souvent de faire réagir les deux éléments l’un sur l’autre. Quand le produit obtenu avait l'aspect cristallisé, ils admettaient sans conteste qu'on avait là un composé défini. Si le résidu de la réaction après attaque dans un réactif laissait une poudre de composition constante, ils traduisaient par une formule cette composition et le corps obtenu était rangé dans la liste des composés. Souvent même des eulots, obtenus en fondant ensemble des quantités calculées d'avance suivantune formule atomique simple, étaient traités comme des composés définis.
Aujourd’hui, de nouvelles méthodes d'isolement des composés ont été découvertes, fondées sur la connaissance récente que nous avons de la constitution des alliages. De plus, les criteriums basés sur des méthodes de mesure et d'observation physique permettent, en se contrôlant réciproquement, de savoir si l’on est en possession d’un composé défini ou d’un mélange. Parmi ces méthodes, il faut citer comme étant les plus importantes la Métallographie et l'Analyse thermique.
Dans le cas des phosphures métalliques, cette dernière méthode est d’un emploi aléatoire quoiqu'elle ait recu des applications dans les travaux de l’école de Kurnakof. En effet, tous les phosphores fusibles chauffés perdent déjà du phosphore au-dessous de leur point de fusion. L'analyse d’un culot fondu et refroidi donne donc une composition qui n’est pas celle que l’alliage possédait pendant l'expérience.
La Métallographie rend au contraire les plus grands services dans l'étude des phosphures.
J'ai tout d'abord entrepris l’étude du phosphure de zinc et du phosphure d’étain par voie métallographique et chimique en me limitant à l’action du phosphore sur le métal.
En cherchant à obtenir une combinaison du phosphore et du plomb,
J'ai été amené à reprendre le travail de Hittorf sur le phosphore cristallisé. De proche en proche je me suis laissé entraîner vers l'étude des variétés allotropiques de phosphore qui constitue Le principal objet de ce Mémoire.
Dans une dernière partie j'ai entrepris l'étude des phosphures de nickel et l’action des réactifs sur les différents corps que J'ai décrits.
Je n’ai pas respecté pour la rédaction l’ordre chronologique de mes expériences. J’ai cru que les études faites sur l'élément pur trouvaient mieux leur place en tête du Mémoire, tandis que les composés devaient être décrits en dernier lieu.
Ce travail a été fait au laboratoire de Chimie générale à la Sorbonne.
Qu'il me soit permis d'exprimer toute ma reconnaissance à mon Maitre M. Henry Le Chatelier, membre de l’Institut, qui n’a cessé de me prodiguer ses conseils éclairés et ses précieux encouragements. Je tiens aussi à témoigner ma vive gratitude : à M. Lebeau, professeur à l'École de Pharmacie, qui m'a initié, grâce à sa haute compétence, aux recherches expérimentales, à MM. Chabrié, professeur à la Sorbonne, et Guichard, maître de Conférences à la Sorbonne, dont j'ai été l'élève à l’Institut de Chimie appliquée, et à mes Maïtres de l'École Polytechnique, MM. Lemoine, membre de l’Institut, et Colson qui ont bien
voulu porter à ce travail le plus bienveillant intérêt.
n . P. JOLIBOIS.