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HISTORIQUE ET TECHNIQUE

I. Historique. Périodes cliniques (Eulenburg et Guttmann) , anatomique (Haie White, Graupner), pathogénique (Leven, Jaccoud, Thiroloix). expérimentale (Mossé) et chirurgicale (Jaboulay). — H. Technique. Méthode anatomo-clinique Méthode expérimentale : Intoxications, infections; expériences en plusieurs temps. — HI. Résumé.

I. Historique. — La pathologie du plexus solaire est, avec celle du sympathique cervical, la plus riche en documents historiques. Ce n'est pas à dire qu'elle en soit éclairée. La multiplicité des faits rappor tés et le grand nombre des théories émises indiquent à priori le g innombrables difficultés de cette pathologie.

On peut en cinq groupes répartir les éléments épars dans la littérarature. Ces groupes comprennent des faits cliniques, anatomiques, étiologiques, expérimentaux et chirurgicaux, dont quelques-uns à certaines époques ont été synthétisés en des travaux particulièrement importants. D'après la date de ces travaux on pourrait décrire à l'histoire de la pathologie du plexus solaire :

Une période clinique dominée par l'ouvrage paru en 1873, d'Eulenburg et Guttman * ;

\]nQ période anatomique, où à la suite de Virchow en Allemagne, de Jaccoud en France, on s'efforce de trouver dans les cas de maladie d'Addison des altérations du sympathique abdominal ;

^ Die Pathologie des Sympathicus auf Physiologischev Gruncllage, Berlin, 1873.

Une période pathogénique, où^ après Lcven qui sans documents anatomiques fait du plexus solaire le grand facteur des maladies de l'estomac, où après Jaccoud qui, avec des faits anatomiques et cliniques montre des cas de maladies d'Addison dont la seule lésion apparente était au niveau du plexus solaire, Thiroloix incrimine, dans la pathogénie du diabète maigre, la lésion du plexus solaire ;

Une période expérimentale, où depuis l'ère antiseptique les anciennes expériences de Claude Bernard, Budge, Schiff, Brown- Séquard, sont reprises et fournissent, concurremment avec de nouvelles expériences basées sur la méthode graphique, des faits utiles pour l'interprétation des phénomènes pathologiques ;

Enfin avec Jaboulay paraît débuter une période chirurgicale de la pathologie du plexus solaire.

1° Avant Eulenburg et Guttman, depuis Bichat, les cliniciens parmi lesquels il faut citer Lobstein, Tanquerel des Planches et MoreI,incriminaienl le plexus solaire dans la pathogénie des névroses de l'estomac et de l'intestin.

Le mérite d'Eulenburg et Guttmann a été de réunir tous les faits épars avant eux sur la pathologie du grand sympathique et d'avoir nettement posé la question des rapports du plexus solaire avec les coliques, les diarrhées, le diabète et la maladie d'Addison '.

Après eux, au point de vue clinique pur, chacun de ces syndromes a été l'occasion d'un nombre considérable de travaux. Parmi les principaux sont ceux d'Axeni'eld, Trumel de Fontaret, Fabre, Leven, Raymond, Hans Vogt, et récemment ceux de Talma, Carducci, Hoffmann et Buch.

Les travaux sur les névroses de l'estomac et de l'intestin sont légion. Les principaux sont ceux de B. Teissier, Baschko, H. Roger, Dreyfus-Brisac, Pitres, Cherchewski, Putmann, Fournier, Séglas, Arndt, Raymond, Jaccoud, Grasset, Putzner, Stein, Eybert, Aporli, Herzog, André, Obersteiner, Hans Vogt, Dent, Biernacki, Albert Mathieu, Albert Robin et la récente thèse de Blanchet^.

2° L'étude anatomo-pathologique du sympathique abdominal, nerfs et ganglions, a été poursuivie à deux points de vue un peu différents.

Les uns, avec Virchow, Jaccoud, Bonnet et Poincaré, Voisin, Raymond, Sommer, Stilling, Glockner, Monti et Fieschi, Barbacci, Jablonski, Giuzetti, etc., ont rapporté des examens isolés dans des cas où la clinique faisait prévoir des altérations.

Les autres, comme Haie White. Graupner et J.-G. Roux ont fait chacun

* Voir plus loin.

- Blanchet. (R). Contribution à l'étude des névroses intestinales. Th. Paris, 4901-1902, n»31.

avec une technique uniforme des examens systématiques dans les affections les plus diverses.

Haie White fit l'examen histologique systématique de 150 ganglions sympathiques.

Graupner étudia, entre autres, les lésions du sympathique dans le diabète, la sclérose en plaques et la maladie d'Addison. J.-C. Roux à propos des lésions du sympathique dans le tabès dont il fit une étude spéciale, examina systématiquement un certain nombre de splanchniques.

3° Les théories pathogéniques qui incriminent le plexus solaire dans la genèse des névroses gastro-intestinales, des polyuries, de l'albuminurie orthostatiqiie, du diabète, et de la maladie d'Addison doivent être cités à propos de fces dernières affections ^.

Les unes reposent sur des contributions anatomo-pathologiques, quelquesunes sont induites d'expériences physiologiques, le plus grand nombre reposent sur la vraisemblance et l'absence de toute autre cause plausible, car la pathologie du sympathique est à ce point obscure qu'on a souvent tendance à lui rapporter les phénomènes morbides dont le mécanisme est inconnu.

Aussi peut-on sans préjudice ne considérer dans ces théories que celles qui s'appuient sur des constatations valables.

L'examen de ces documents ne doit d'ailleurs pas avoir seulement une valeur spéculative.

Bard a montré l'importance des préoccupations pathogéniques, non plus à un point de vue théorique, mais à un point de vue pratique, dans l'interprétation des syndromes abdominaux.

« C'est aux médecins, dit-il, qu'il appartient de décider quels malades auprès desquels leurs ressources auront été inefficaces ou insuffisantes doivent être opérés et de reconnaître quelles excitations du plexus solaire sont réflexes ou névritiques, névralgiques ou névrosiques. »

Tout récemment, Célos, dans une thèse très originale, s'est posé les mêmes questions*.

4° Nous avons dans la partie physiologique parlé de l'historique expérimentale,

Plus nombreuses que les expériences faites directement sur le plexus solaire, et dont les plus récentes sont celles d'Onuff et Collins, et de Popielski sont des expériences faites en vue d'élucider les différents syndromes,, coliques, diabète ou syndrome d'Addison.

Parmi celles-ci, il faut citer celles de Thiroloix, Charrin, et tout récemment Mosse.

5°Enfin, depuis les travaux de Jaboulay, la chirurgie du sympathique abdominal s'est enrichie de la thèse de Termier, des travaux de Cavazanni, de Chipault et de Ruggi.

IL Technique. — Les techniques que nous avons employées dans

'* Voir plus loin.

* Gelos (Georges). Sur le diagnostic d'urgence cliez l'adulte des maladies de l'abdomen qui se tradiiisenl par le syndrome péritinéo-abdominal. Th. Paris, 1902.

nos recherches du plexus solaire dépendent de la méthode anatomoclinique et de la méthode expérimentale. Les observations cliniques des malades étaient prises par nous au jour le jour depuis l'entrée jusqu'à la mort.

Les pièces, prélevées par nous à l'autopsie.de tous les cadavres de nos malades, qu'ils aient présenté ou non pendant leur vie des symptôiies abdominaux, étaient immédiatement disséquées, dessinées et fixées, en prenant toutes les précautions pour éviter les altérations cadavériques*.

Les pièces étaient ensuite traitées comme il a été dit plus haut^.

Les expériences, entreprises dans un but pathologique, ont compris des vivisections, des intoxications, des infections et des opérations chirurgicales.

Les vivisections ont été très peu nombreuses, car, si elles sont utiles en physiologie, elles répondent mal, par leur brutalité, à la complexité des recherches de pathologie expérimentale.

Les intoxications, généralement subaiguës ou chroniques, ont été faites par injections sous-cutanées, intra-péritonéales, ou intra-veineuses de toxiques ou de toxines.

Les infections ont été, autant que possible, limitées dans la cavité péritonéale.

Les opérations chirurgicales ont consisté en altérations totales ou partielles du plexus solaire, en résections des nerfs efférents de ce plexus, en ablations de la rate, et en traumatismes divers, piqûres, brûlures, badigeonnages des régions solaires, avec des corps irritants ou des cultures microbiennes. Les animaux étaient suivis. Selon les symptômes observés, ils étaient tués par le chloroforme à des intervalles variables après l'opération. Quelques-uns qui survécurent longtemps à l'ablation du plexus solaire, furent intoxiqués chroniquement dans le but d'étudier la pathologie du syndrcme d'Addison.

IIL Résumé. — I L'histoire clinique du plexus solaire qui commence, au début du xiy^ siècle, avec Lobstein, Tanquerel des Planches et Morel, est résumé par le travail d'Eulenburg et Guttman, paru en 1873. Depuis, les faits se sont accumulés sans apporter beaucoup de clarté.

' Voir sur les altérations cadavériques. Maurice Faure et Laignel-Lavastine. Société de Neurologie in R. Neurologique, p. 562 et 1089, 1901. . * Première partie, Anatomie, page

Pour les grouper, on peut décrire, après une période clinique, une période anatomique, une période pathogénique, une période expérimentale et une période chirurgicale.

II. Les techniques suivies dans nos recherches pathologiques dépendent de la méthode anatomique et de la méthode expérimentale. Cette dernière permet d'analyser les cas complexes fournis par la première. Les expériences, faites en plusieurs temps, remplissent particulièrement ce but.

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