‹ Recherches sur le plexus solaireChapitre 46 sur 50 · EXPÉRIENCES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES

Expérience I. — Chien. 15 novembre 1901. — Méthode graphique. — Effets des excitations du sympathique thoraciquesur les reins et l'intesliii avant et après section des ganglions semi-lunaires.

Chien ciirarisé. — Section de la trachée; respiration artificielle; laparotomie; les deux ganglions semi-lunaires sont disséqués; un fil est passé dessous ; chacun des reins, isolé de sa capsule graisseuse, est mis entre deux valves de caoutchouc communiquant avec des tambours de Marey ; une anse d'intestin grêle, isolée avec son pédicule vasculaire, est introduite dans un vase clos rempli de solution tiède de NaCl à 9/1000" et communiquant avec un tambour. Ouverture de la carotide droite mise en rapport avec un manomètre à mercure.

Thoracotomie double ; dissection des deux splanchniques ; un fll est passé dessous.

1" Excitation du crural (courants faradiques. — 40').

Pendant l'excitation :

1) Légère diminution de volume de l'intestin et des deux reins immédiatement suivie, dès la fin de l'excitation, d'une augmentation;

2) Augmentation de la pression artérielle qui continue encore à monter un instant après l'excitation.

2° Excitation à la hauteur du 11" communicant du cordon sympathique thoracique gauche non sectionné (farad. — 40) : élévation de la pression artérielle, augmentation de volume du rein droit, vaso-contriction du gauche ; immobilité de l'intestin.

3° Ligature du ganglion semi-lunaire gauche; rien de net.

4° Excitation du sympathique thoracique gauche intact (farad. — 40) : l'intestin paraît à peu près immobile, l'examen de la courbe est difficile en raison des ondes de Traube ; augmentation de la pression artérielle; augmentation de volume du rein droit; vaso-constriction du gauche;

5° Excitation du bout périphérique du même après section (farad. — 40) : mêmes résultats tout à fait évidents ;

' Les chiffres qui indiquent l'intensité du courant mesurée par le plus ou moins grand contact des bobines du chariot de Gaeffe n'ont qu'une valeur comparative. — 40 indique un courant moins intense que — 60, — 60 que — 100 etc.

6° Section du ganglion semi-lunaire droit ; rien de net. 7'^ Excitation du sympathique thoracique droit intact à la hauteur du ll*^ espace intercostal (farad. — 40).

1) Diminution de volume de l'intestin et du rein droit; cette diminution est beaucoup plus rapidement suivie d'augmentation de volume dans l'intestin que dans le rein.

2) Augmentation de volume du rein gauche, et élévation de la pression artérielle ; la courbe du rein gauche est absolument parallèle à celle de la tension artérielle; le rein lui obéit donc passivement.

8° Après section, l'excitation du bout périphérique produit les mêmes résultats.

9'J Excitation asphyxique; les grandes oscillations de la pression artérielle sont transmises aux viscères ; alors que le tracé de l'intestin et du rein gauche restent, à part de très petites oscillations, sensiblement horizontaux, le tracé du rein droit indique une grande augmentation de volume qui va en s'atténuant jusqu'à ce que la pression tombe au zéro vrai.

Expérience 2. — Chien, 6 décembre 1901. — Méthode graphique, — Effets des excitations du sympathique thoracique sur la rate et l'intestin grêle après section des ganglions semi-lunaires et mésentériques supérieurs.

Chien de 8 kilogrammes curarisé. — Respiration artificielle ; section de la trachée; introduction de canule avec raccord de caoutchouc pour Tapparei^l de F. Franck pour le rejet (^e l'air expiré.

Mise en place des appareils. — Dans la carotide primitive droite, on introduit une canule de verre contenant une solution d'oxalate de soude à 2p. 100 pour empêcher la coagulation; un tube la relie à un manomètre à Hg à deux branches. Sur [le manomètre est un repère qui, par la ligne qu'il écrit sur le tracé, permet à chaque instant d'exprimer en centimètres de mercure la pression artérielle indiquée par les oscillations du manomètre.

Laparotomie médiane. On constate immédiatement que : une raie faite avec une pointe mousse sur la rate s'accompagne dans l'espace de deux minutes d'une dépression qui persiste quelques minutes; en même temps la raie d'abord de même couleur que le reste de l'organe, paraît ensuite devenir plus foncée ; la même expérience faite sur le foie ne montre pas la même dépression; mais immédiatement après qu'on a tracé la raie, on voit se produire une traînée blanche de la largeur de l'instrument, remplacée au bout d'un instant par une raie plus foncée que le reste de l'organe et limitée par deux bandes qui paraissent un peu plus pâles.

La rate est mise entre deux valves recouvertes de caoutchonc mince (pléthysmographe de Hallion et Comte), et réunie à un tambour de Marey.

Découverte des ganglions semi-lunaires et mésentériques. — A gauche, immédiatement en dehors de l'aorte, en dedans de la capsule surrénale et tendus en quelque sorte par la masse intestinale rejetée à droite, les deux ganglions situés l'un au-dessus de l'autre et visibles à travers le péritoine pariétal, sont disséqués à la sonde cannelée ; un fil est passé sous chacun; leurs anastomoses et leurs branches sont disséquées sur 2 centimètres.

A droite, la masse intestinale rejelée à gauche tend les deux ganglions qui sont en dedans delà veine cave et au premier abord masqués par elle; deux fils sont mis dans les mêmes conditions quà droite.

Une anse de l'intestin grêle est séparée du reste de l'organe par sections entre ligatures après qu'on en a auparavant chassé par pression les matières fécales et les gaz ; on incise le mésentère en évitant les vaisseaux de façon à faire à l'anse ainsi isolée un pédicule vasculaire.

On enferme l'anse dans un récipient de verre, ouvert à son extrémité inférieure. Par cette ouverture garnie de caoutchouc, on fait pénétrer l'intestin. On met dans le récipient du NaCl à 7/1000 tiède et on bouche. Le système ainsi formé est mis en communication avec un tambour de Marey. Pour faciliter la mise des appareils l'anse grêle est passée à traversune incision latéro-verlicale gauche de la peau abdominale.

Découverte du crural en dehors de la fémorale.

\° Excitation du amiral (farad. 100), élévation de la pression artérielle, constriction de la rate et de l'intestin ; mais tandis que la rate se contracte en deux temps et avec lenteur, l'intestin, après une très courte et intense constriction, a de la vaso-dilatation.

2° 5 h. 50. Ligature du ganglion semi-lunaire gauche. — Au moment même : élévation de la pression artérielle et vaso-constriction de la rate et de l'intestin, 'mais quatre^secondes plus tard, commencent la vaso-dilatation splénique et intestinale, et l'abaissement de la pression artérielig.

La vaso-dilatation de la rate persiste plus de dix minutes; au contraire, les ondes de Traube redeviennent perceptibles dans l'intestin au bout d'une minute.

3° 6 h. 1. Ligature du ganglion mésentérique gauche.

1) Elévation de la pression artérielle, puis retour à l'état antérieur au bout de dix secondes, puis descente très légère, mais progressive.

2) Vaso-constriction splénique suivie au bout de trente secondes de dilatation ; la vaso-constriction initiale de l'intestin est à peine visible du fait qu'elle est survenue dans la période d'augmentation de l'onde de Traube ; la dilatation consécutive est très nette.

4° Excitation du bout périphérique du ganglion semi-lunaire gauche après section au biktouri (100).

1) Constriction très nette de la rate, nulle de l'intestin.

2) Etat stationnaire ou très légère élévation de la pression.

5° Excitation du bout périphérique du ganglion mésentérique gauche après section au bistouri.

i) Immobilité de la rate, vaso-constriction très forte de l'intestin.

2) Légère élévation de la pression.

6° Ligature du ganglion semi-lunaire droit. — Au moment même :

1) Rate immobile ; si elle s'est modifiée, c'est en augmentant légèrement de volume.

2) Vaso-constriction intestinale.

3) Elévation de la pression.

7° Ligature du ganglion mésentérique droit.

1) Rate immobile.

2) Vaso-constriction intestinale immédiatement suivie de vaso-dilatation.

3) Elévation de la pression.

8° Excitation du bout périphérique du ganglion semi-lunaire droit aprèssection du bout central au bistouri (Farad. 100, tracé 4).

1) Rate et intestin immobiles.

2) Elévaiion progressive delà pression artérielle. Nouvelle excitation.

1) Vaso-conslriction splénique.

2) Immobilité de l'intestin.

3) Elévation de la pression.

9° Excitation du bout périphérique du ganglion méseniérique supérieur droit après section au bistouri,

1) Rate immobile.

2) Vaso-constriction intestinale. '

3) Elévation de la pression.

Nouvelle excitation :■ mêmes phénomènes évidents.

10° Excitation du crural. Elévation concordante des trois tracés de la rate, de Tintestin et du pouls, \i° Excitation asphgxique.

Au début, même élévation des trois tracés, puis abaissement parallèle.

Expérience 3. — Chien. Décembre 1901. Méthode graphique. Ganglions solaires centres réflexes rapidement épuisés.

Technique. — Chien de 10 kg. curarisé, respiration artificielle. Anse intestinale isolée jusqu'au pédicule et mise en vase clos relié à un tambour de Marey ; rate placée dans l'appareil pléthysmographique d'Hallion et Comte.

Tamponnement de l'orifice postérieur des fosses nasales ; introduction dans chaque narine d'un tube de caoutchouc et de verre réuni à un tainbour de Marey.

Carotide gauche ouverte et réunie au manomètre de Hg.

Dissection de tous les filets des ganglions semi-lunaires et mésentériques; ligature en un pédicule de tous les filets qui les réunissentaux centres; on a essayé de tout prendre, malheureusement quelques filets ont échappé au niveau du ganglion semi-lunaire gauche comme l'a démontré l'autopsie.

De plus : dissection des filets nerveux accompagnant les branches de la mésentérique supérieure sur une assez grande longueur de façon à pouvoir facilement l'exciter.

Tracé. — Avant toute excitation les courbes des fosses nasales et de la rate forment des ondes parallèles ; l'intestin qui suit aussi ces ondes les divise en nombreuses oscillations :

1° Excitation du crural {— 130). — Vaso-constriction de la rate et des parois des fosses nasales (nous dirons pour abréger : le nez).

2° Excitation du bout central du filet mésentérique. — Au moment même : élévation de pression, augmentation de volume de la rate et de Tinteslin, immédiatement après : vaso-constriction de la rate et de l'intestin ; augmentation de volume du nez.

3"^ Nouvelle excitation du crural ( — 130). — Vaso-constriction du nez, de l'intestin et de la rate ; élévation de la pression.

i'^ Le tiraillement du crural donne le même résultat,

^° Excitation du bout central du filet mésentérique ( — 130). — Elévation de pression moins forte que par le crural ; vaso-constriclion du nez, de l'intestin et de la rate (pour ces deux derniers organes la vaso-constriction est plus forte que pour le nez). ( — 50) très grande élévation de pression ; très grande vaso-constriction du nez et dé la rate ; vaso-constriction à peine appréciable de l'intestin.

6° Ligature entre les (/anglions et la chaîne sympathique en amont. — L'excitation du bout central du filet mésentérique ( — 50) produit au moment même une vaso-constriction de la rate, de l'intestin et des fosses nasales avec une élévation de la pression artérielle et immédiatement après une augmentation de volume des fosses nasales, de la rate et de Tinlestin.

A chaque fois (3 fois) les mêmes phénomènes se produisent.

L'excitation du crural (— 50) produit une légèi^e élévation de pression et seulement une vaso-constriction du nez; l'intestin et la rate sont passifs.

Avec l'excitation (o) les deux phénomènes du crural et du filet mésentérique sont encore plus nets.

Ainsi donc :

1° Les ganglions solaires privés de leurs connexions centrales ont un pouvoir réflexe.

2° Ce pouvoir est facilement paralysé par la fatigue, d'où: vaso-dilatation paralytique de l'intestin apparaissant immédiatement après une vaso-constriction éphémère produite par l'excitation d'un fllet mésentérique.

Ce phénomène est à rapprocher de ce qui se passe dans les entérites et les péritonites où une excitation trop intense entraîne la vaso-dilatation paralytique, d'où la petitesse du pouls périphérique, etc.

Expérience 4. — Chien, 28 mars 1902. — Méthode graphique. — Plexus solaire, centre réflexe.

Dissection des ganglions semi-lunaires et mésentériques supérieurs des deux côtés ; isolement de tous les filets qui les réunissent aux systèmes sympathique et pneumogastrique en les pédiculisant en quelque sorte à la base du tronc cœliaque.

Isolement d'une anse intestinale mise dans l'ampoule pléthysmographique d'Hallion. La rate est mise entre deux valves.

La carotide est mise en communication avec un manomètre à mercure.

Tamponnement de l'orifice des fosses nasales, dont les deux cavités sont mises en communication avec un tambour de Marey.

1° Excitation du crural.

La courbe des fosses nasales s'abaisse, celle de la rate s'abaisse : l'intestin, en train de s'élever, continue.

La pression artérielle s'élève, puis retombe.

2° Excitation du bout central d'un filet intestinal préparé au début.

(+75) : 1) Les fosses nasales s'abaissent beaucoup;

2) la rate un peu ;

3) les intestins s'élèveraient plutôt ; ■

4) la pression artérielle augmente.

-j- 100 pendant cinq minutes : 1) 2) et 4) comme avec + 75 ; l'intestin après un petit crochet en bas, se dilate nettement. Une nouvelle excitation du crural donne une vaso-constriction de l'intestin.

Même effet par une nouvelle excitation du filet intestinal.

3° Section de deux paquets de branches afférentes du plexus solaire.

Section du /"" filet :

Vaso-constriction de l'intestin et de la rate au moment même.

Augmentation de pression dans les fosses nasales.

Section du 2" filet :

Abaissement de la rate et de l'intestin encore plus grand que la première lois, puis élévation rapide de l'intestin, très lente de la rate.

4° Excitation du ganglion semi-tunaire gauche produit la vaso-constriction nette de la rate et légère de l'intestin avec élévation de la pression puis élévation consécutive des fosses nasales, et ensuite augmentation de volume de la rate.

5° Excitation d'une branche efférente du ganglion semi-lunaire gauche : Vaso-constriction de la l'ate et très courte de l'intestin ; élévation des fosses nasales ; puis élévation de la courbe de la rate et de l'intestin ; élévation au début, puis chute de la pression artérielle.

6" Excitation pendant cinquante secondes d'un filet intestinal qui vient d'être isolé :

L'intestin conservant ses petites oscillations s'abaisse régulièrement et progressivement pour se relever progressivement après l'excitation ; les fosses nasales s'élèvent très légèrement; la rate reste immobile; la pression aussi.

7° Or on obtient accidentellement cette courbe de l'intestin en quatrevingt-dix secondes en tiraillant par hasard un filet intestinal dans l'intention de l'exciter électriquement.

Pendant cette courbe, la rate a fait une courbe inverse augmentant progressivement de volume pour diminuer de nouveau, quand l'intestin a augmenté; la pression s'est accrue un peu.

8° Nouvelle excitation du même filet intestinal pendant vingt et une secondes, s'accompagne d'abaissement de l'intestin et de la rate suivis de deux courbes parallèles, celle de l'intestin moins élevée que celle de la rate et durant chacune de cent soixante secondes à deux cents secondes. Elévation très nette de la pression pendant l'excitation, puis abaissement; les fosses nasales s'élèvent puis s'abaissent.

9° Nouvelle excitation pendant quarante-cinq secondes, produit les mêmes phénomènes mais à plus longue durée encore, la courbe de la rate étant en retard sur celle de l'intestin.

10° Excitation asphyxique.

Courbe à peu près parallèle des fosses nasales, de l'intestin et de la rate ; celle-ci retarde un peu sur la courbe de l'intestin.

Expérience 5. — Chien, 23 août 1902. Méthode graphique. Badigeonnage des ganglions solaires à la nicotine.

Préparation. — Chien de 16 kilogs. Injection sous-cutanée de 5 centimètres cubes de suspension de curare du laboratoire. Chute du chien au bout d'un quart d"heure. Trachéotomie. Respiration artificielle. Dissection des ganglions solaires semi-lunaires et mésentériques supérieurs. Isolement d'une anse d'intestin que l'on enferme dans l'appareil volumétrique à déplacement.

Rate pliée mise entre une valve et une plaque de métal.

Cathétérisme rétrograde des fosses nasales obstruant les orifices postérieurs. Introduction dans les narines de tubes de caoutchouc. Ouverture de la carotide mise en contact par l'intermédiaire d'une solution à 2 p. 100 d'oxalate de soude avec le manomètre de F. Franck.

On réunit rate, intestin, fosses nasales aux tambours enregistreurs de Marey .

1° On commence avec une pression artérielle carotidienne de 14 centimètres Hg.

ExcikUion du crural '-\- 30. — Vaso-constriction des fosses nasales et de la rate. Immobilité de l'intestin grêle. Elévation ^de la pression. L'immobilité de l'intestin grêle n'est pas due à une erreur de technique, car la compression de l'aorte produit nettement un abaissement du tracé intestinal.

2" Excitaiions multiples cVun filet intestinale mèsentérique + 50, mêmes résultats que dans 1°.

3° La ligature du sympathique thoracique gauche entre le 9° et le lO'' espace produit les mêmes résultats.

4° L'excitation du bout périphérique du sympathique thoracique gauche à la hauteur du 10*^ espace produit une vaso-constriclion intense de la rate, suivie d'une vaso-dilatation paralytique très exagérée ; une vaso-constriction de l'intestin également suivie de dilatation ; une courbe parallèle des fosses nasales et une élévation de la pression artérielle.

5° il 7 heures 3, on badigeonne largement avec un tampon d'ouate imbibée de solution aqueuse de nicotine au 1/100'- les ganglions semi-lunaires et mésentériqu es s upérieu rs .

A 7 heures 12 et suivantes, dans une série d'excitations du bout périphérique dn sympathique thoracique gauche, on observe : une vaso-constriction de la rate, de l'intestin et des fosses nasales avec élévation de la pression. La constriction des fosses nasales, causée par un phénomène de sensibilité récurrente montre que le bout périphérique du sympathique n'est pas assez isolé.

6° Une nouvelle excitation du bout périphérique du sympathique au même point, mais api'ès section des deux communicants suivants produit toujours la vaso-constriction de la rate et de l'intestin et l'élévation de la pression ; mais l'élévalion de la courbe des fosses nasales est parallèle à la pression.

1" Les excitations répétées (3 fois) (+ 30) d'un filet mésentérique ne produisent aucun effet.

S° Par contre, l'excitation du. sympathique Ihoracique produit toujours une vaso-constriction intense de la rate, légère de l'intestin avec élévation parallèle des courbes de la pression et des fosses nasales.

9'^ Devant ce résultat négatif de l'effet de la nicotine, on met les ganglions entre deux tampons d'ouate, l'un dessus, l'autre dessous et on les imbibe très largement de nicotine à 7 heures 32. Des excitations du bout périphérique du sympathique thoracique d'une durée de 4 à 12 secondes, faites avec -j- 50 et répétées toutes les cinq minutes depuis 7 heures 37 jusqu'à 8 heures 2 ont constamment et d'une façon schématique donné la vaso-constriction splénique et intestinale avec élévation de la pression.

Conclusion. — Chez le chien, les badigeonnages de nicotine sur les ganglions semi-lunaires et mésentériques supérieurs ne modifient pas les effets de l'excilation du sympathique thoracique sur les vaso-moteurs de la rate et de l'intestin.

Expérience 5 bis. — Chien, 15 avril 1902. Méthode graphique. Tracés volumétriques des surrénales.

Chien de grande taille. Curarisé. Respiration artificielle. Laparatomie médiane. Dissection de la surrénale gauche que l'on isole en volet ; elle reste retenue par son hile et son bord interne. Elle est prise entre les deux valves d'un appareil volumétrique très petit construit sur le modèle de ceux qui servent pour la thyroïde. L'appareil est mis en communicatton avec un tube de verre capillaire où un index d'alcool indiquera les changements de volume. En effet, les modifications volumétriques sont trop petites pour agir sur un levier d'un tambour de Marey. Pour tourner cet obstacle il suffit de suivre avec un levier du tambour les oscillations de l'index et de transmettre ainsi les mouvements à un deuxième tambour enregistreur. Rein gauche mis aussi entre deux valves. Manomètre à Hg. mis dans la carotide gauche.

1° Excitation du crural. (-[- 40 pendant 3"). — Constriclion du rein. Elévation delà pression ; dilatation de la surrénale.

2° Excitation du crural. (+40 pendant 4"). — Id.

3° Excitation du sympathique thoracique intact vers la 10'^ côte (+ 40 pendant 4"),id. plusieurs fois de suite,

4° Excitation du bout périphérique du sympathique gauche.

1) 5° espace. Constriction du rein, peut-être aussi conslriction de surrénale, élévation de la pression.

2) 6'^ espace pendant 8" plusieurs fois. Dilatation du rein ; dilatation tardive de la surrénale, élévation de pression.

3) 7° communicant. Dilatation du rein, dilatation tardive de la surrénale, élévation de pression.

4) 9'"' communicant. Constriction du rein, surrénale immobile, élévation de pression.

5° Compression de l'aorte thoracique.

Constriction absolument parallèle de rein et de surrénale, élévation énorme, puis chute de la pression artérielle.

go — ip communicant. 6".

Constriction du rein, dilatation un peu tardive mais très grande de la surrénale; élévation de la pression.

1° Sp^anchnique: rien ne bouge.

8° Bout périphérique du sympathique abdominal au-dessus du diaphragme (plusieurs fois).

Constriction du rein ; dilatation de la surrénale, élévation delà pression.

9° Excitation du ganglion semi-lunaire gauche pendant 18".

Rien de net.

Expérience 6. — Chien. Avril 1902. Méthode graphique. Sur les vasomoteurs des surrénales.

Chien de moyenne grosseur 15 kilogs curarisé.

Préparation. La glande surrénale gauche est isolée de ses connexions au niveau de son bord externe et de ses pôles supérieur et inférieur ; de chaque côté de son hile, deux fils sont passés sous sa face postérieure de façon à pouvoir la soulever et la maintenir entre les deux valves du pléthysmographe. Fosses nasales et rate sont préparées comme d'habitude. Tous les organes sont réunis à des tambours les uns immédiatement, la surrénale médiatement, comme il est décrit dans l'expérience 5*".

1'^ Excitation du crural + 30, pendant 5".

Vaso-constriction de la rate; augmentation de volume de la surrénale parallèle à l'élévation de la pression artérielle.

L'excitation, plusieurs fois répétée, produit toujours le même résultat.

2° Excitation du sijmpathique thoracique gauche au niveau du 9'^ espace -f- 30 pendant 3". Mêmes résultats.

La constriction des fosses nasales indique qu'il y a eu un réflexe général par sensibilité récurrente.

3° Excitation du splanchnique gauche + 100 pendant 5" faite. tout près de la surrénale. '

Vaso-constriction évidente de la surrénale avec élévation très nette de la pression artérielle et très minime des fosses nasales, diminution légère du volume de la rate; mais il y avait dans ce cas une dérivation du courant d'excitation qui explique la constriction de la rate.

4° Même excitation., sans la déviation du courant, produit une diminution de volume de la surrénale avec élévation de la pression des fosses nasales, de la pression artérielle et augmentation du volume de la rate.

5" Excitation asphyxique.

Produit diminution de volume de la surrénale.

Réflexions. Cette expérience ne peut être interprétée qu'après la suivante. En effet, la suivante démontrant l'existence certaine de vaso-Constricteurs de la surrénale, il devient évident que les augmentations de volume obtenues dans les excitations 1, 2, 3, tenaient à ce que la surrénale se comportait passivement, se modifiant parallèlement à la pression artérielle parce que les nerfs conducteurs des vaso-constricteurs avaient été blessés lors de la préparation. Ce fait paraissait très vraisemblable, puisque l'excitation du splanchnique tout près de la surrénale produisait de la vaso-constriction.

Il est certain, après les résultats de l'expérience suivante. Il en résulte que le traumatisme accidentel du splanchnique gauche l'ayant rendu paralysé, cette expérience 6 nous a permis de faire, avant l'expérience 7. en quelque sorte sa contre-épreuve.

Nous pouvons donc dire que dans l'expérience 6 les dilatations paralytiques de la suri'énale et ses constrictions (dans l'excitation 5) démontrent que ses vaso-constricteurs passent par le grand splanchnique.

Expérience 7. — Chien, 28 mai 1902. Méthode graphique. Démontrant l'existence des vaso-constricteurs des surrénales.

Grand chien de 23 kilogs. Curarisé. Aspiration artificielle.

Préparation. La glande surrénale gauche est reconnue; son bord externe est isolé ; la grosse veine surrénale médiane qui croise perpendiculairement le bout externe en passant dessus est liée et sectionnée entre deux liga'^ tures. La surrénale, ainsi libérée et mobile comme un volet autour de son bord interne, est prise entre les deux valves d'un pléthysmographe.

Les fosses nasales, la rate et l'intestin sont préparés comme d'habitude et mis en communication avec des tambours de Marey.

Le pléthysmographe de la surrénale communique avec un tube capillaire où un index d'alcool mobile permet de suivre les changements de volume. En effet, les changements dans la surrénale sont trop minimes pour pouvoir produire des mouvements suffisants des styles inscripteurs. Pour obvier à cet inconvénient, un aide suit avec le style d'un tambour récepteur mis en connexion avec un second tambour inscripteur, les oscillations de l'index capillaire, la pression indiquée par le manomètre à Hg de F. Franck dans la carotide gauche.

1° Ouverture du thorax à gauche. Section du sympathique thoracique et isolements du bout périphérique jusqu'au 8^ communicant.

L'excitation du bout périphérique à une distance suffisante du communicant pour éliminer la sensibilité récurrente, avec un courant intermittent d'une intensité de + 80 produit à chaque fois une constriction évidente de la surrénale avec augmentation de la pression artérielle, de la pression dans les fosses nasales, et du volume de l'intestin et de la rate.

Ces résultats obtenus avec des excitations de 12" le sont encore avec des excitations de 6".

2° Excitation du vago-sympathique gauche au cou 4- 100 produit par une excitation de 20" une élévation, puis une chute de la pression artérielle, une diminution de volume de la surrénale, une légère augmentation suivie de diminution de volume de la rate et de lintestin ; la même excitation faite pendant 10" produit une chute de la pression artérielle avec diminution parallèle de volume de la surrénale, de la rate et de l'intestin.

3° Excitation du crural + 100, pendant 2o" produit une constriction évidente, quoique légère de la surrénale, une très légère diminution de volume de l'intestin et de la rate, sans élévation appréciable de la pression, mais cette dernière donnée s'explique par l'état très bas de la pression et les mauvaises conditions de vitalité du chien.

4° L'excitation asphyxique ne montre rien de bien intéressant : une dimi-

nution de volume de la surrénale parallèle à la chute de la pression artérielle.

Expérience 8. — Chien, 4 septembre 1901. — Ablation du sympathique thoracique gauche du 2° au 13° communicant dorsal. — Altérations cellulaires dans la corne latérale et la colonne de Clarke gauches.

Opération le 4 septembre 1901.

Injection inlra-veineuse de chloral après injection de 0 gr. 10 de morphine; respiration artificielle. Incision latérale du thorax au niveau du •1^ espace intercostal gauche; section, ouverture de la cavité pleurale; discision de la plaie avec les mains; pose des crochets pour maintenir l'écartement ; ablation par dissection et section des rameaux communicants de la chaîne thoraco-abdominalé gauche du sympathique, . en bas jusqu'aux piliers du diaphragme, en haut jusqu'au-dessous du ganglion stellaire; sutures rapides; pansement à la vaseline.

■ Suites le jour même : vaso-dilatalion légère de la patte antérieure gauche avec élévation de la température de la moitié gauche du thorax; pupilles normales.

Trois jours plus tard, aucun trouble vaso-moteur appréciable.

Septembre : Etat général excellent; guérison très rapide de la plaie.

Autopsie, le 7 octobre 1901, immmédiatement après la mort causée par faradisation du cœur : l*^"", 2"^, et 13 communicants dorsaux conservés.

Examen histologiqcje. — Moelle, IIP IV^ et V'' segments dorsaux. Picrocarmin. Large écartement de la commissure blanche antérieure donnant l'impression d'un double canal central. Chez le chien, la colonne de Clurke qui occupe la même place que chez l'homme se trouve tout en avaot des cordons postérieurs plus ou moins confondue avec la substance gélatineuse. Or ici, le groupe à peu près cylindrique qui se trouve à la base interne de la corne postérieure gauche contient dans sa partie externe des cellules plus petites que du côté droit. La corne latérale gauche contient des cellules moins nombreuses et plus petites.

Hémotoxyline-éosine. Augmentation des petites cellules rondes dans la corne latérale gauche. Petites hémorrhagies.

Nissl. Altérations évidentes (chromatolyse, hyperchromie, atrophie) dans le plus grand nombre des cellules nerveuses de la corne latérale gauche, et plus légères (début d'atrophie et d'hyperchromie) dans quelques cellules de la colonne de Clarke gauche, de la base de la corne antérieure gauche et de la région périépendymaire.

VP et VHP segments dorsaux. Même topographie de lésions plus légères.

VIP et IXo segments dorsaux. Marchi. Altérations delà plupart des petites fibres à myéline des racines postérieures.

Ganglions rachidiens (V'^ et VPj paraissent normaux.

Splanchniques.

Gauche : très grand nombre de fibres atteintes de dégénérescence Wallérienne.

Droit : sain.

Ganglions semi-lunaires.

Droit : tissu périganglionaire infiltré de sang; vaisseaux dilatés; capsules endothéliales et cellules nerveuses normales.

Gauche: hyperémie beaucoup plus intense qu'adroite; cellules nerveuses à protoplasma laqué, à noyau coloré et diffus.

Expérience 9. Chien, 28 février 1902. Ablation du sympathique thoracique gauche du 3° au 12'' communicant dorsal. Altérations cellulaires dans la corne latérale et les colonnes de Glarke.

Opération le 28 février 1902. Chien de 17 kilogrammes. Technique ordinaire. Suites simples.

Autopsie le 19 mars 1902, immédiatement après la mort causée par le chloroforme, dix-neuf jours après l'opération.

Les VI" et VII® segments dorsaux examinés à la méthode de Nissl montrent des changements évidents dans les colonnes de Clarke. A gauche, quelques cellules ont complètement disparu; d'autres sont atrophiées, et très fortement colorées.

Les cellules nerveuses de la corne latérale sont également touchées (hyperchromie, aspect poussiéreux, coloration du noyau).

Les III'', V'', VI'' et VIII« segments dorsaux examinés au Marchi montrent deux ordres de lésions : des granulations graisseuses prédominantes dans les racines postérieures gauches et autour de la colonne de Clarke, et des foyers hémorrhagiques. Le plus important de ces foyers se trouve à la base de la corne latérale gauche, dans le III'' segment dorsal. Le splanchnique gauche a quelques fibres dégénérées. Les ganglions solaires gauches hypérémiées ont leurs cellules un peu laquées.

Expérience 10. Chien, 20 février 1902. Ablation du sympathique thoracique gauche du l«''au 10'' communicant dorsal.

Opération le 20 février 1902.

Chien de 16 kilogrammes. Technique ordinaire. Suites simples.

Autopsie le 20 mai 1902, immédiatement après la mort causée par le chloroforme, trois mois après l'opération.

Au Nissl, dans les II" et III" segments dorsaux les altérations sont évidentes dans la corne latérale, les colonnes de Clarke et la région périépendymaire.

Dans la corne latérale gauche, les cellules sont beaucoup moins nombreuses.

Pour confirmer la valeur pathologique de la diminution de nombre, les cellules subsistantes sont petites, ratatinéss, surcolorées, sans structure appréciable; beaucoup sont en chromatolyse et neuronophagées. Mais il faut noter que ces altérations ne sont pas généralisées à toutes les cellules de la corne latérale ; en certains points, celles-ci sont normales, comme si elles formaient un groupe indépendant.

Dans la colonne de Clarke, les petites cellules sont plus altérés que les

grandes, mais quelques-unes de celles-ci sont nettement ratatinées. Dans le groupe paracentral, quelques-uns des nids cellulaires groupés à gauche contiennent des cellules plus petites, plus colorées et à granulations chromatiques plus irrégulières que les cellules du côté droit.

Enfin la zone intermédiaire entre les bases des cornes antérieure et latérale gauches contient des cellules dont beaucoup paraissent plus petites que du côté opposé.

L'étude au Marchi n'a pas été faite.

Le ganglion semi-lunaire gauche dont les capsules endothéliales sont un peu plus fournies qu'à droite, contient des cellules nerveuses qui paraissent normales.

Expérience H. — Chien, 4 février 1902. Splénectomie ; altérations cellulaires du ganglion semi-lunaire gauche.

Opération, le 4 février 1902.

Chien de 12 kilogrammes, âgé de deux ans.

Splénectomie sous chloroforme.

Suites simples.

Autopsie le 21 février 1902, pendant chloroformisation massive aboutissant à la mort.

Il n'y a pas trace de péritonite.

On prélève les ganglions solaires et leurs nerfs efférents.

Ganglion semi-lunaire gauche. (Pico-carmin, hématoxyline-éosine,Nissl.)

L'aspect général est normal. Pas d'altérations du tissu [conjonctif et des capsules endothéliales. Les cellules nerveuses sont fortement colorées; leur noyau est presque constamment périphérique ; dans quelques cellules, il n'est pas visible.

Ganglion semi-lunaire droit normal.

Ganglions mésentériques supérieurs normaux.

Nerf splénique parait intact.

Expérience 12. — Chien, 20 mars 1902. Splénectomie; altérations cellulaires en foyers du ganglion semi-lunaire gauche.

Opération le 20 mars 1901.

Chien de 13 kilogrammes.

Splénectomie sous chloroforme.

Suites simples.

Autopsie le 31 mai 1902 pendant chloroformisation massive aboutissant à la mort, soixante-dix jours après la splénectomie.

Alors que les ganglions semi- lunaire droit et mésentriques inférieurs sont normaux, le ganglion semi-lunaire gauche présente les altérations saivantes :

Hématoxyline-éosine : Il est envahi par de petites cellules rondes qui existent entre les capsules endothéliales.

Nissl : Description, 1''= partie, chap- iv.

Les filets sympathiques qui accompagnent l'artère splénique ont quelques

fibres fines à myéline altérées. Les très rares grosses fibres à myéline qu'ils contiennent sont normales.

Expérience 13. — Chien, 11 juin 1902. — Arrachement du nerf splénique. Altérations cellulaires en foyers du ganglion semi-lunaire gauche.

Opération le H juin 1902.

Chien de 11 kilogs.

Enervation totale de l'artère splénique, sous chloroforme.

Suites simples.

Autopsie le 8 juillet 1902, pendant chloroformisation massive aboutissant à la mort.

Vingt-sept jours après l'arrachement du nerf splénique, nous avons trouvé dans le ganglion semi-lunaire gauche qui seul était lésé, les altérations suivantes. Il restait une infiltration de cellules rondes qui prédominait en certains points faciles à reconnaître à leur coloration plus foncée.

Ces cellules nerveuses étaient réparties par groupes inégalement colorés. Les groupes les moins colorés étaient normaux.

Dans les groupes surcolorés, on voyait au milieu de beaucoup de cellules rondes, des cellules nerveuses en voie de destruction, réduites à leur noyau reconnaissable à un nucléole fortement coloré et à quelques granulations disséminées et d'autres cellules nerveuses, moins atteintes, globuleuses, en chromatolyse, avec achromatose centrale et situation périphérique de leur noyau.

Expérience 14'. — * Chien, 7 octobre 1901. — Ablation du ganglion semilunaire gauche. — Injections de toluylène-diamine. — Inégalité de répartition du pigment dans les surrénales.

Opération le 7 octobre 1901.

Chien de 15 kilogs; laparotomie médiane sous chloroforme; ablation du ganglion semi-lunaire gauche. Suites simples.

Injections intra-veineuses de toluylène-diamine : 1, 2, 4, 8, 10, 20 centimètres cubes de solution au 1/100'= tous les deux jours en juillet 1902.

Autopsie le 25 juillet 1902 pendant chloroformisation massive aboutissant à la mort.

Le ganglion semi-lunaire gauche a été totalement enlevé. L'aspect du reste du plexus solaire est normal.

Les viscères abdominaux très congestionnés sont jaunâtres.

L'aspect extérieur des glandes surrénales est semblable des deux côtés. Des ditférences dans la quantité du pigment apparaissent sur des coupes transversales. Le parenchyme surrénal droit est plus pigmenté que le gauche.

■ * Ne tenant pas compte de sept expériences où nos chiens sont morts dans les vingt-quatre heures qui ont suivi l'opération, nous rapportons (expériences 14 à 21) huit de nos expériences d'ablation partielle ou totale du plexus solaire réalisées sur des chiens jeunes ou vieux, généralement de grande taille dans les laboratoires de M. François Franck, au Collège de France et de la Clinique des maladies nerveuses, à la Salpêtrièrc.

Examen histologique. — Surrénale droite. Hématoxyline-éosine. Des granulations de pigment bistre infiltrent la partie profonde réticulée de la substance corticale.

Surrénale gauche. La partie profonde réticulée de la substance corticale est moins pigmentée qu'à droite.

Expérience 15. — Chien, 3 octobre 1901. — Ablation des ganglions semilunaire et mésentérique gauches : diarrhée non sanglante; ni sucre ni albumine. — Injection de mélanine. Pas de pigmentation cutanée. — Glande surrénale droite beaucoup plus pigmentée que la gauche. — Chienne blanc et jaune, de 16 kilos, âgée de un an.

Opération le 3 octobre 1901 : injection intra-veineuse d'hydrate de chloral; laparotomie médiane ; ablation des ganglions semi-lunaire et mésentérique gauches. Pas d'hémorrhagie. Sutures à trois étages. Pansement à la gaze coUodionnée. Suites simples.

4 octobre : diarrhée non sanglante: pouls petit et rapide.

9 octobre. Etat général excellent; la plaie abdominale est cicatrisée; la diarrhée a cessé; l'appétit est revenu. Urine : ni sucre, ni albumine.

l'^'" juin. Passe du collège de France à la Salpétrière. On commence des injections intra-veineuses de mélanine.

Cette mélanine, pigment de la mélanose du cheval blanc, provient d'une volumineuse tumeur qui a été broyée au mortier'. Le pigment repris par l'eau et stérilisé à l'autoclave est injecté en suspension dans de l'eau physiologique.

5 juin. Injection de 2 centimètres cubes. 9 — — 4 —

10 juillet. — • 23 — 20 — — 30 — 24 — Mort par CHCF.

L'examen des urines fait avant la mort ne décelait aucune substance anormale.

Autopsie.

Le foie a des marbrures noires à sa surface; le pancréas un léger piqueté; le poumon un piqueté généralisé avec prédominance près du hile ; la rate des taches noires; l'intestin quelques plaques. Le mésentère est d'un noir intense.

La surrénale droite est jaune d'or avec des taches noires abondantes.

La surrénale gauche est jaune claire avec, à son extrémité inférieure, une petite plaque noire superlicielie.

Le ganglion semi-lunaire droit parait normal.

A la place du ganglion semi-lunaire gauche est une cicatrice fibreuse.

Examen histologique. — Surrénale gauche. La limite entre les deux substances corticale et médullaire est peu nette.

' Cette tumeur est due à l'obligeance du professeur Petit. d'Alfort.

Surrénale droite. La limite entre la substance corticale et la substance médullaire est accentuée par le pigment.

Chaîne principale sympathique.

Acide osmique.

Droite : du ganglion semi-lunaire au 10® segment dorsal. Normale.

Gauche : de la cicatrice du ganglion semi-lunaire au 7^ segment dorsal. Altération évidente: dégénérescence en boules de quelques fibres à myéline.

Expérience i&. — Chien, 10 novembre 1901. — Ablation totale des ganglions semi-lunaires et mésentériques. — Syndrome aigu d'ablation du plexus solaire.

Opération le 10 novembre 1901.

Chien noir de quatre ans, 14 kilogrammes.

Morphine 0 gr. 10, puis chloral 5 grammes.

Laparotomie médiane; ablation des deux ganglions semi-lunaires et des deux ganglions mésentériques. Sutures aux crins de Florence. Durée : trente minutes.

Une heure après : pouls extrêmement petit, suintement sanguin au niveau de la plaie; respiration extrêmement rapide.

L'ablation du plexus solaire fut suivie du syndrome suivant : abattement, tristesse, diarrhée fétide, sanglante, incoercible, vomissements, pouls très petit, urines rares, foncées, contenant des pigments biliaires normaux et anormaux, et de l'indican.

La mort survint le troisième jour dans le collapsus.

A V autopsie, on trouva le péritoine sain, et une hypérémie très intense du tube digestif s'arrêtant à 15 ou 20 centimètres de l'anus, au niveau du rectum resté d'aspect normal. La muqueuse de l'estomac énorme et comme spongieuse, ressemblant aux circonvolutions cérébrales atteintes de ramollissement rouge, présentait à sa surface des suffusions hémorragiques. Le duodénum et l'intestin grêle avaient des suffusions sanguines et des ulcérations.

Le foie saignait beaucoup à la coupe ; la rate, très congestionnée, laissait, à la coupe, s'écouler un flot de sang.

Le pancréas était congestionné, les surrénales étaient rougeâtres à leur centre ; les reins paraissaient normaux.

Expérience 17. — Chien, 5 décembre 1901. — Ablation totale du plexus solaire y compris les ganglions rénaux : diarrhée intense et sanglante, urobilinurie, albuminurie. Mort. — Hypérémie intense de l'estomac, de l'intestin grêle, des côlons, du foie, de la rate, du pancréas, des surrénales et des reins. Intégrité du rectum.

Opération le 5 décembre 1901. Chien de 10 kilos; ablation totale du plexus eténervation des artères cœliaques, mésentériques et rénales à leur origine.

Suites : abattement, tristesse, diarrhée fétide, sanglante, incoercible, vomissements, pouls très petit, urines rares, foncées, albumineuses (louche par l'acide azotique, et léger il louche par la chaleur) contenant des pigments biliaires, de l'urobiline et de l'indican.

Mort dans le collapsus le 9 décembre.

Aiilopsie le 9 décembre, une heure après la mort : péritoine sain; hypérémie intense du tube digestif s'arrêtant à 15 millimètres de l'anus. La muqueuse de l'estomac, turgescente, hémorrhagique, ressemble aux circonvolutions cérébrales congestionnées; la muqueuse intestinale est injectée et ulcérée par places; la rate (150 gr.) est congestionnée et dure, les reins volumineux, rougeâtres, facilement décorticables, laissent exsuder le sang à leur surface pendant la décortication.

Le plexus solaire dans sa totalité avait été bien enlevé, il n'y avait pas de blessures des artères et des veines.

Examen histologique. — Le microscope montre la distribution exacte de l'hypérémie. Description III^ partie, chapitre m.

Expérience 18. — Ablation du plexus solaire : diarrhée intense et sanglante; urobilinurie. Mort. Hypérémie intense de l'estomac, de l'intestin grêle, des côlons, du foie, de la rate, du pancréas et des surrénales. Inté grité du rectum, et des reins.

Chien griffon brun et noir, âgé de un an, du poids de 10 kilogrammes.

Opération le 5 mai 1902 à la Salpétrière : anesthésie au CIICP; laparotomie médiane; ablation du plexus solaire; suture à deux étages, gaze collodionnée, durée : trente-cinq minutes.

Suites. L'examen des urines fait à deux jours d'intervalle a donné des résultats différents ^

1° Quatre heures après l'opération.

Réaction fortement acide.

Coloration jaune d'or.

Réfracte fortement la lumière.

Pas de sucre (Fehling).

Pasd'indican (HCl).

Pas d'albumine (chaleur + C-H'*0^).

Pas d'urobiline (chlorure de Zn ammoniacal).

Pas de pigments biliaires (Gmelin).

Pas d'acides biliaires (Hay, Pettenkofer).

Pas d'urates (verre de Gubler).

Pas d'acétone. En effet, le réactif iodoioduré en liqueur alcaline produit dans l'urine une odeur aliacée, mais ne donne pas la précipitation caractéristique de CHP,

2° Quarante heures après l'opération.

Réaction fortement acide.

Coloration jaune foncé, avec couleur cuivrée de la mousse.

Mousse très fortement.

Réfracte très fortement la lumière.

Pas de sucre (Fehling).

Pas d'indican (HCl).

Pas d'albumine (chaleur -\- C^H^O^).

* Examen dû à l'obligeance de M. Lacroix, interne en pharmacie.

Urobiline (AzO^II. Chlorure de Za ammoniacal).

Pigments biliaires. Trace (Gmelin).

Acides biliaires (Hay, Pettenkofer).

Urates très abondants (verre de Gubler).

Carbonates très abondants (verre de Gubler),

Pas d'acétone.

La diarrhée sanglante, apparue quelques heures après l'opératien, s'accroit jusqu'à la mort survenue le 7 mai.

Autopsie immédiate. Description anatomique macroscopique et microscopique , 2'= partie, chapitre v.

ExpÉaiENCE 19. — Chien, 2 mars 1902. — Ablation du plexus solaire. Diarrhée sanglante, cholurie et acétonurie précoces. Dysurie tardive, syndrome abdominal chronique. Injections de mélanine.

Chienne noire, à poils ras, âgée de dix mois, du poids de 18 kilogrammes. Opération le 2 mars 1902. Ghloral intra-veineux, laparotomie médiane, dissection des quatre ganglions solaires, décortication du tronc cœliaque, suture à deux étages, gaze coUodionée. Durée, trente minutes.

Suites. — Du 2 au 10 mars, la chienne est très abattue, diarrhée sanglante, pouls rapide et petit. Température : 38°.

L'examen de l'urine fait le 3 et le 5 donne les mêmes résultats :

Couleur : Jaune verdâtre.

Réaction : Faiblement alcaline.

Densité : 1,026.

1° Action de V acide azotique. — L'urine bien limpide, introduite dans un verre à essai et additionnée de la moitié de son volume d'acide nitrique nitreux, donne à la ligne de contact de l'acide et de l'urine, une gamme {atténuée) de couleurs : \ert, brun, janne orange, ce qui, par l'agitation donne une teinte verdâtre à l'urine.

Cette réaction caractéristique de Gmelin permet d'affirmer la présence des pigments biliaires.

2° Dosage de Vurée. — 14 gr. 301 par litre, à la température de + 10°.

3° Recherche de V acétone. — L'urine, préalablement déféquée à la lessive de soude, a été traitée par une solution d'iode iodurée : iode. Kl, eau.

La solution d'iode iodurée a été rapidement décolorée^ et il s'est formé un trouble laiteux d'abord, puis ensuite un dépôt, dii à la présence sensible de Viodo forme qui a été caractérisé :

1° Par son odeur bien nette, et dominant franchement l'odeur organique de l'urine.

2° Par l'examen microscopique de ses cristaux en paillettes hexagonales nacrées.

1'^'' avril. Les urines ne contiennent plus aucun produit anormal.

On commence les injections de mélanine, en suspension dans de l'eau physiologique.

Ces injections intra-veineuses faites tous les dix jours, sont augmentées progressivement de quantité.

^ Examen dû à l'obligeance de M. David, interne en pharmacie.

20 juillet. L'injection de mélanine est de 30 centimètres cubes.

Aulopsie le 26 juillet 1902 pendant chloroformisation massive aboutissant à la mort.

L'ablation du plexus solaire a été complète quant aux ganglions semilunaires et mésentériques inférieurs.

Les viscères apparaissent infiltrés de pigment noir. Il en est de même des surrénales.

Examen histologique. — Eémalox\jline-éosine . — On voit des grains mélaniques peu nombreux mais évidents disséminés dans le parenchyme des surrénales au voisinage des vaisseaux. Ils ne sont pas plus abondants dans la substance corticale que dans la médullaire. Ils ont les mêmes caractères que dans les autres viscères.

Expérience 20. — Ablation du plexus solaire. — Diarrhée sanglante. — Cholurie. — Indicanurie. — Syndrome abdominal chronique. — Diarrhée hypocholique. — Dysurie. — Injections de toluylène-diamine. — Insuffisance des surrénales.

Chien noir, griffon de 15 kilogrammes, âgé de dix-huit mois.

Opération à la Salpêtrière, le 20 mars 1902 : Anesthésie au chloroforme; laparotomie médiane; dissection des ganglions solaires; décortication du tronc cœliaque; suture à deux étages; gaze collodionnée ; durée : quarante minutes.

Suites. — Le 21 mars: diarrhée sanglante; urine rare, très foncée, ne contenant ni sucre ni albumine, mais de l'urobiline, de la biliverdine, de la bilirubine et de l'indican. L'acétone n'a pas été recherchée.

30 mars. Etat général excellent.

Avril-mai. Une diarrhée jaune clair est constante; l'urine est rare et foncée; le chien, quand il marche, s'arrête tous les quelques mètres, pour essayer sans succès d'uriner. En somme syndrome abdominal chronique formé de trois symptômes ; diarrhée hypocholique. oligurie, dysurie.

Juin-juillet. Injections intra-veineuses de solution aqueuse à 5 p. 100 de toluylène-diamine, à raison de 1 centimètre cube le 5 juin, 2 centimètres cubes le 10, 4 centimètres cnbes le 15, 8 centimètres cubes le 20, 15 centimètres cubes le 30, 20 centimètres cubes le 10 juillet.

Le 5 octobre, on injecte 10 centimètres cubes de solution à 10/100 detoluylène-diamine. Sous l'influence de cette injection massive apparaissent l'ictère orthopigmentaire et l'hémoglobinurie.

Le lOoctobreuneinjectionsemblable augmente l'ictèreetThémoglobinurie.

Le 15 octobre, on injecte 3 grammes de toluylène-diamine.

Les accidents s'accentuent.

La mort survient le 16.

Autopsie immédiatement après la mort.

Vérification de l'ablation des ganglions semi-lunaires et mésentériques supérieurs.

Foie. — Piqueté jaunâtre ressemblant à des infarctus.

Reins. — Filets jaunâtres striant le parenchyme rougeàtre.

Surrénales. — Petites et très pâles.

Examen histologique. — Absence presque totale de pigment; peu de distinction au point de vue pigmentaire entre les substances médullaire et corticale ; on ne voit que quelques grains de pigment dans la partie interne de la substance corticale.

Expérience 21. — Ablation du plexus solaire : diarrhée sanglante ; cholurie, urobilinurie; leucine et tyrosine. Guérison apparente complète. — Injections de toluylène-diamine. — Insuffisance surrénale. — Expéi-ience témoin.

Chien blanc, griffon de 18 kilogrammes, âgé de deux ans environ.

Opération à la Salpêtrière le 20 mars 1902 : anesthésie au chloroforme ; laparotomie médiane ; dissection des ganglions solaires ; décortication du tronc cœliaque ; suture à deux étages ; gaze collodionnée ; durée : trente minutes.

Suites : le 21 mars. Diarrhée mêlée d'un peu de sang; urine jaune verdâtre. Elle ne contient ni sucre ni albumine, un peu d'indican, beaucoup d'urobiline, de bilirubine et de biliverdine. Elle contient aussi en notable quantité de la leucine et de la tyrosine :

La leucine: petites masses sphéroïdes, agglomération de lamelles; blanc mat; soluble dans l'eau à froid ; insoluble dans l'éther (différence avec les corps graisseux) ; insoluble dans l'acide acétique (différence avec l'urate d'Azir).

La lyrosine : fines aiguilles en gerbe et boules ou agglomérats plus ou moins réguliers d'aiguilles Le réactif de Millon (hypoazotide de Hg) colore en rouge à chaud ^

Ces caractères urinaires persistent huit jours puis s'atténuent peu à peu.

20 mai. La guérison paraît complète. L'urine est normale.

l"'' juin. On commence les injections intra-veineuses de solution aqueuse à 2/100 de toluylène-diamine. On les continue aux mêmes doses que dans l'expérience 20.

Le 5 octobre on injecte 10 centimètres cubes de solution à 10/100 de toluylène-diamine. Sous l'influence de cette injection massive apparaissent un ictère orthopigmentaire léger et de l'hémoglobinurie.

Le 10, nouvelle injection à la même dose. Mêmes résultats.

Le 15 octobre, on injecte trois grammes de toluylène-diamine. L'ictère et .'hémoglobinurie s^accentuent considérablement. La mort arrive le 16 octobre.

Autopsie immédiatement après la mort.

Vérification de l'ablation des ganglions solaires.

Foie. — Plaques jaunâtres.

Reins. — Filets jaunâtres striant l'écorce et les pyramides.

Surrénales. — Petites et pâles.

Examen histologique. — Grande pauvreté en pigment. Infarctus hémorrhagiques dans la substance corticale. Seule la partie interne de la substance corticale contient un peu de pigment.

Note. — Chien témoin. Pour étudier l'influence de l'ablation des gan-

Examen dû à l'obligeance de M. David.

glions solaires sur la marche de l'intoxication par la toluylène-diamine, nous avons injecté à un chien de 16 kilogrammes, âgé de dix-huit mois environ, la toluylène-diamine aux mêmes doses et aux mêmes dates que dans les expériences 20 et 21.

L'injection du 5 octobre a été suivie d'un ictère moins prononcé que dans l'expérience 20.

L'injection du 10 octobre produit les mêmes résultats que dans l'expérience 20.

L'injection du 15 octobre provoque un ictère net et de Ihémoglobinurie, mais l'animal, à rencontre des chiens sans plexus solaire, supporte bien l'injection.

On le sacrifie le 16 octobre.

Autopsie immédiatement après la mort.

Foie et reins jaunâtres.

Les surrénales, volumineuses, sont jaune d'or. '

Examen histologique . — Les tubes glandulaires sont fortement pigmentés. Cette pigmentation porte sur la partie interne de la substance corticale. Les grains de pigment, de couleur marron et très fins, infiltrent les cellules gonflées, à contours nets, et à noyau fortement coloré.

ExpÉRiEXCE 22. — Intoxication chronique par le plomb : anémie, diarrhée, ganglions solaires altérés.

Chien de 12 kilogrammes, âgé de dix mois.

6 juin 1902. Injection intra-péritonéale de 3 centimètres cubes de solution aqueuse à 5/100 d'acétate neutre de plomb.

Dans les trois jours qui suivent, le chien est triste, amaigri. 11 reste couché dans un coin, se déplace difficilement, a les gencives très pâles, de la diarrhée, et crie quand on appuie au niveau du creux épigastrique, alors que la même pression chez des chiens témoins ne provoque aucun cri ni aucun mouvement de défense.

9 juin. Nouvelle injection de 3 centimètres cubes.

De plus en plus malade, abattu, pâle, amaigri, atteint de diarrhée rebelle, il est moribond quand il est tué par CHCF.

19 juin. Mort et autopsie immédiate. Les viscères paraissent normaux.

Les ganglions solaires, gros et pâles sont nettement visibles.

Examen histologique. — Description, 3<^ partie, chap. m.

Expérience 23. — Intoxication chronique par le plomb; abattement tardif. Ganglions solaires altérés.

Chien de 16 kilogrammes, âgé de trois ans.

6 juin 1902. Injection intra-péritonéale de 3 centimètres cubes de solution aqueuse à 5/100'^ d'acétate neutre de plomb.

Suites, bon état général; gencives rouges; mais douleur au point épigastrique.

9 juin. Nouvelle injection ; abattement, diarrhée légère, début d'anémie.

27 juin. Nouvelle injection : aggravation rapide et intense de l'état général.

29 juin. Mort.

Autopsie, trois heures après la mort.

En raison de ce retard l'examen des ganglions solaires doit être interprété avec beaucoup de réserve.

Néanmoins, à l'hématoxyline-éosine, on voit l'augmentation de nombre et d'épaisseur des travées conjonctives ; et au Nissl, la vacuolisation et la neuronophagie des cellules nerveuses avec migration périphérique du noyau.

Expérience 24. — 10 mai 1902. Chien. Intoxication diphtérique. Ganglions semi-lunaires altérés.

Injection intra-veineuse le 10 mai 1902 de toxine diphtérique provenant de l'Institut Pasteur i.

Autopsie le 19 mai 1902 immédiatement après la mort causée par le chloroforme.

Ganglions semi-lunaires.

Paraissent plus pâles que normalement; ont l'apparence de frai de grenouille. Description S'^ partie. Chap. III.

Expérience 25. — Chien. Intoxication diphtérique. Ganglions semi-lunaires

altérés.

18 mai 1902. Injection intra-veineuse de toxine diphtérique provenant de l'Institut Pasteur.

29 mai 1902. Autopsie immédiatement après la mort causée par le chloroforme.

Ganglions semi-lunaires pâles. Description 3'' partie. Chap. III.

Expérience 26. — Chien. Péritonite à coli-bacille et streptocoques, suite de

laparotomie.

Décembre 1901. Laparotomie, examen des ganglions solaires et des différents viscères sans précautions antiseptiques.

Suites. — Péritonite aiguë.

Mort le 3° jour.

Ganglions semi-lunaires rougeâtres.

Hématoxyline-éosine.

Dans l'intervalle des capsules endothéliales, beaucoup de cellules rondes; les capsules endothéliales n'ont pas leur régularité normale.

Description 3'^ partie. Chap. III.

Expérience 27. — Chien. Péritonite subaiguë à streptocoques.

Laparotomie et infection le 11 février 1902. Sîdles. — Abattement, constipation, dyspnée.

* Les ganglions semi-lunaires des expériences 24 et 23 sont dus à robligeance de notre collègue Babonneix.

Mort le 21 février 1902 par chloroformisation.

Autopsie immédiate. Péritoine pariétal et viscéral rouge par places ; épiploon augmenté de volume et congestionné, adhérent à la face profonde de la cicatrice de la laparotomie.

Ganglions semi-lunaires rougeâtres.

Hématoxyline-éosine. Augmentation des cellules conjonctives, par îlots surtout au-dessous de l'enveloppe sous-fibreuse.

Nissl. Cellules nerveuses en hyperchromie, souvent vacuolisées, avec noyau périphérique.

Moelle lombaire. Nissl : normale.

Expérience 28. — Chien. Péritonite suraiguë à streptocoques et colibacilles.

Ganglions semi-lunaires : inflammation parenchymateuse intense.

Opération le 10 mai 1902 : laparotomie et infection.

Suites : Abattement, pouls rapide, petit, diarrhée, anurie, mort au bout de 48 heures.

Autopsie, 30 minutes après la mort. Péritoine pariétal et viscéral rouge; l'épiploon volumineux et turgescent adhère au niveau de la cicatrice de la laparotomie remplie d'exsudat sanguinolent; jeunes membranes sur les reins, la rate, et entre les différents lobes du foie; hypérémie des viscères abdominaux; liquide séro-sanguinolent dans l'intérieur du péritoine.

Ganglions semi-lunaires : Description 3" partie. Chap. m.

Moelle lombaire. Nissl : normale.

Expérience 29. — Chien. Réaction inflammatoire des ganglions solaires à la suite de traumatismes causés par une pointe de platine chauffée au rouge.

Opération le 4 juin 1902. Laparotomie sous chloroforme; on cautérise avec une pointe de platine portée au rouge, fortement le ganglion semilunaire gauche, légèrement le ganglion mésentérique supérieur gauche sans avoir auparavant défoncé le péritoine.

Suites. Pas de diarrhée ; mange de bon appétit cinq jours plus tard.

Autopsie le 5 juin à 4 heures de l'après-midi, pendant chloroformisation massive poussée jusqu'à la mort.

Pas de péritonite ; ecchymose sur le ganglion semi-lunaire gauche, congestion du mésentérique gauche, aspect normal des ganglions solaires droits.

Ganglion semi-lunaire droit. Normal.

Ganglion mésentérique gauche. Hématoxyline-éosine. On voit un groupe de cellules rondes au niveau d'un trou fait par le platine.

Auprès sont les nodules infectieux évidents et nombreux formés de petites cellules rondes. Ces petites cellules sont assez nombreuses au-dessous de la membrane d'enveloppe.

Nissl. Les cellules nerveuses, au niveau du trou fait par le platine, sont

à peine touchées. (Quelques signes de neuronophagie). Les nodules infectieux ont envahi et détruit quelques cellules nerveuses dont on ne distingue plus que le noyau et les grains disséminés.

Ganglion semi-lunaire gauche. Description, 3'-' partie, chc|.p. ni.

Expérience 30. — Chien. Badigeonnage du ganglion semi-lunaire gauche à l'essence de térébenthine. Réaction inflammatoire interstitielle dans les régions corticales du ganglion.

Opération, 4 juin 1902.

Petit griffon (9 kilogrammes) ; laparotomie; badigeonnage à l'essence de térébenthine du ganglion semi-lunaire gauche après avoir défoncé le péritoine.

Suites : diarrhée continue. 11 juin : diarrhée persiste; l'appétit est revenu ; état général bon; ni sucre ni albumine dans les urines.

Autopsie le 13 juin, à trois heures de l'après-midi, par chloroforniisation donnée à dose massive jusqu'à la mort. Le chien était à jeun depuis vingtquatre heures.

Epaississement du tissu cellulo graisseux au niveau de la cicatrice ; légères adhérences entre les lobes du foie ; ganglion lymphatique enflammé le long de la veine porte ; traînées blanches de quelques lymphatiques du mésentère convergeant vers le tronc cœliaque ; persistance de la dénudation péritonéale sur le ganglion semi-lunaire gauche qui est plus apparent que le droit, et légère suffusion sanguine à côté du ganglion semi-lunaire gauche.

Ganglion semi-lunaire gauche. Hématoxyline-éosine et Nissl. Alors que la partie centrale du ganglion est normale' la partie corticale est profondément altérée. Description, 3" partie, chap.,in.

Ganglion semi-lunaire droit normal.

Moelle lombaire. Nissl : normale.

Expérience 31. — Chien. Péritonite subaiguë à coli-bacille.

Opération, le H juin 1902.

Chien de 12 kilogrammes ; laparotomie; badigeonnage de la région cœliaque avec une culture de coli-bacille, isolé des matières fécales du chien et datant de vingt-quatre heures.

Suites simples.

Autopsie le 25 juin, à deux heures trente, immédiatement après la mort par chloroformisation. Le chien était à jeun depuis vingt-six heures.

Vascularisation de la région cœliaque ; de petites veines côtoient le ganglion semi-lunaire gauche rougeâtre,

Ganglion semi-lunaire gauche.

Hématoxiline-éosine.

Augmentation des petites cellules rondes ; infiltration périvasculaire très nette.

Nissl. Cellules nerveuses : raréfaction des grains chromatiques ; tendance

à l'achromatose centrale ; quelques rares vacuoles ; quelques noyaux sont surcolorés et à limites diffuses.

Expérience 32. — Chien. — Péritonite aiguë à pneumocoques.

Opération le 20 juin 1902.

Chien de dix-huit mois, de 13 kilogs; laparotomie, badigeonnage de la région cœliaque avec une culture sur sang gélose de pneumocoque virulent fourni par l'Institut Pasteur ^

Suites. — Abattement; diarrhée; ballonnement du ventre; pouls petit, rapide ; dysurie.

L'appétit revient le 24.

Le 25, le chien, assez bien portant, mange à midi.

Autopsie le 25 juin 1902 à 3 heures, immédiatement après la mort par chloroformisation.

Au niveau de la cicatrice de la laparotomie existent des adhérences épaisses de 3 centimètres environ. Des fausses membranes jaunâtres et facilement détachables existent à la face inférieure du grand cul-de-sac de l'estomac, sur la face inférieure du lobe gauche du foie, sur la moitié gauche de la paroi péritonéale postérieure, au niveau des surrénales et de la région cœliaque. Suffusions sanguines de la surface de l'estomac et de l'intestin grêle, très augmenté de volume ; foie et reins très vasculaires ; rate augmentée de volume; ganglions lymphatiques très nombreux et volumineux ; les chylifères ne sont pas visibles.

Les ganglions solaires sont nettement visibles, en brun rouge, à travers le péritoine pariétal épaissi et dépoli.

Ganglion semi-lunaire gauche. Hématoxyline-éosine. Infiltration de petites cellules rondes surtout sous l'enveloppe fibreuse, dans les travées, autour des vaisseaux et dans les espaces compris entre les capsules endothéliales des cellules nerveuses. Nodules infectieux, surtout périvasculaires.

Nissl. Grandes cellules nerveuses ; noyau teinté, mal limité ; protoplasma : granulations périphériques normales; chromatolyse centrale fréquente; quelques vacuoles.

Petites cellules nerveuses : hyperchromie ; elles paraissent plus malades que les grandes.

Ganglion semi-lunaire droit. Mêmes lésions. Moelle lombaire. Normale.

Expérience 33. Chien. Péritonite aiguë à streptocoques.,

Opération le 20 juin 1902.

Chien de 13 kilogrammes; laparotomie ; on verse au niveau de la région cœliaque un tube de culture en bouillon de streptocoque virulent fourni par l'Institut Pasteur.

Suites : abattement; ballonnement du ventre; pouls petit, diarrhée.

Dans les jours qui suivent, la plaie abdominale suppure un peu.

Autopsie le 25 juin 1902, immédiatement après la mort par chloroformisation. Le chien tué à 3 heures avait mangé à midi.

Quelques adhérences intestinales; un peu de liquide louche dans les

* Grâce à l'obligeance de MM. Borrel et Binot.

parties déclives de l'abdomen; estoiiiac et intestin grêle congestionnés; gros intestin dilaté ; foie extrêmement congestionné ; les veines qui courent à la surface des reins, surtout du gauche, sont turgescentes. Le péritoine pariétal est dépoli dans la partie postérieure gauche.

Les ganglions solaires, plongés au milieu d'une atmosphère œdémateuse qui laisse écouler de la sérosité roussâtre, sont rouge sombre et paraissent augmentés de volume.

Ganglions semi-lunaires.

Hématoxyline-éosine. Vaisseaux très dilatés. Infiltration de petites cellules rondes surtout autour des ganglions, dans le tissu cellulo-adipeux, et dans le ganglion, sous l'enveloppe fibreuse et autour de quelques-uns des vaisseaux. Capsules endothéhales normales.

Nissl. Cellules nerveuses normales : grains nets; noyaux clairs et nets: quelques rares vacuoles.

En somme, ce qui frappe, c'est le contraste entre les altérations de l'atmosphère périganglionnaire et l'intégrité relative du tissu ganglionnaire sous-jacent.

Moelle lombaire : normale du Nissl.

Expérience 34. — Chien. Péritonite aiguë localisée à bacilles d'Eberth. Ganglions solaires : inflammation diffuse, à prédominance interstitielle, au début.

Opération le H juin 1902.

Chien de 8 kilogs, déjà vieux; laparotomie; badigeonnage du ganglion semi-lunaire gauche avec une culture sur gélose de bacille d'Eberth datant de 3 jours.

Suites : tristesse, manque total d'appétit, constipation ; rétention d'urine ; pouls petit.

Le 13 juin, même état général ; le chien n'a pas mangé depuis l'opération ; l'urine prise dans la vessie ne contient ni sucre ni albumine.

Autopsie le 13 juin, immédiatement après la mort par chloroformisation.

Pas de péritonite généralisée.

Péritonite localisée de la légion cœliaque avec prédominance à gauche : le péritoine est dépoli, les veines intestinales sont hypérémiées ; le rein gauche est plus congestionné que le droit : on voit sur la surface plus violette, beaucoup plus de veines turgescentes ; la rate est augmentée de volume.

Ganglion semi-lunaire gauche. Hématoxyline-éosine. Vaisseaux très dilatés ; infiltration de petites cellules rondes périvasculaires et sous l'enveloppe fibreuse épaissie.

Nissl. Alors que les cellules nerveuses des régions profondes sont normales, les cellules de la corticalité sont en hyperchromie, souvent à grains nets, avec des vacuoles. Parfois deux cellules sont fusionnées. Le noyau presque constamment périphérique a souvent deux nucléoles. Vu des bacilles d'Eberth à côté de cellules nerveuses d'ailleurs à peu près normales.

Ganglion semi-lunaire droit : vaisseaux extrêment dilatés ; suffusions

sanguines périganglionnaires ; infiltration de petites cellules rondes débutant autour des vaisseaux et gagnant les capsules endothéliales dont les cellules sont désorientées.

Cellules nerveuses en hypercliromie.

Moelle normale.

Expérience 35. — Chien. Péritonite généralisée subaiguë à bacilles d'Eberth. Ganglions solaires : ganglionite interstitielle

Opération le 6 juin 1902. Chien de 13 kilogrammes. Injection intra-péritonéale de 4 centimètres cubes de culture de bacille d'Eberth, en bouillon de vingt-quatre heures.

Suites : faible, triste, inappétence, diarrhée intermittente.

Au bout de huit jours, l'état général devient meilleur.

Autopsie le 23 juin 1902 à 4 heures, sous le chloroforme donné à dose massive jusqu'à la mort. Le chien avait mangé à midi. On ne voit pas de péritonite ; les chylifères blancs sont en pleine digestion, la rate grosse contient à sa surface 4 ou 5 nodules de 8 millimètres de diamètre à tissu pointillé blanc, formé de corpuscules de Malpighi.

Ganglion semi-lunaire gauche. Hématoxyline-éosine. Périvascularité intense ; les traînées de cellules rondes soulignent jusqu'aux capillaires; nodules infectieux, nombreux autour des gros vaisseaux et sous l'enveloppe fibreuse. Par endroits, les petites cellules rondes entourent les cellules nerveuses, sans les altérer.

Nissl. Cellules nerveuses presque normales : la capsule, les grains chromatiques, le noyau sont très nets, mais souvent le noyau est un peu périphérique et le protoplasma a parfois tendance à des vacuolisations centrales.

Ganglion semi-lunaire droit. Altérations interstitielles moins intenses ; mêmes altérations parenchymateuses.

Moelle lombaire, au Nissl, parait normale.

Expérience 36. — Chien. Péritonite subaiguë à coli-bacille. — Ganglions solaires. Ganglionite interstitielle.

Opération le 4 juin 1902. Chien de 14 kilogrammes ; laparotomie ; badigeonnage et égratignure du ganglion semi-lunaire gauche avec une aiguille de Pravaz contenant un centimètre cube de liquide de l'intestin grêle du même animal.

Suites. — Ne mange pas, boit beaucoup ; diarrhée liquide ; état général abattu.

Amélioration au bout de quinze jours. Retour de l'appétit.

Autopsie le 23 juin à quatre heures quinze, pendant chloroformisation massive aboutissant à la mort. Le chien était à la diète depuis le 24 à midi.

Pas de péritonite.

Dépoli et épaississement du péritoine pariétal au niveau des ganglions solaires gauches.

Ganglion semi-lunaire gauche. Hématoxyline-éosine. Nodules infectieux

périvasculaires surtout formés de cellules fusiformes, indices d'un processus tendant à la chronicité.

Nissl. Cellules nerveuses normales : capsules, grains chromatiques, noyaux très nets. Ces derniers sont assez souvent périphériques.

Moelle lombaire normale.

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