‹ Recherches sur le polymorphisme naturel des Jaera marina (Fabr.) (Isopodes Asellotes): Essai de systématique évolutiveChapitre 22 sur 70 · RÉALISATION DES CARACTÈRES SEXUELS DES PÉRÉIOPODES · texte numérisé non relu

RÉALISATION DES CARACTÈRES SEXUELS DES PÉRÉIOPODES

Le développement post-embryonnaire de la forme syei comportant les mêmes étapes et les mêmes successions d'états que celui des albifrons, je m'attacherai seulement à décrire ici quelques particularités intéressantes de l’apparition des caractères sexuels secondaires des péréiopodes 6 et 7.

Les P 6 des quelques avant-prémäles de stade IIT observés sont toujours de type juvénile : leur carpopodite porte, à son bord interne, la soie droite sub-distale et une frange terminale de soies courtes et denses ; il n'existe jamais de trace de lobe, ni de soies en crochet.

Chez certains avant-prémâles de stade IV, les P 6 et P 7 conservent

cet aspect indifférencié ; mais, chez la plupart d’entre eux, et chez les rares avant-prémâles de stade V, ces péréiopodes montrent déjà un lobe, toujours plus manifeste sur le carpopodite de P 6 que sur celui de P 7. Ces lobes portent presque toujours, en plus de la soie droite sub-distale,

FIG. 30. — J. m. syei. Péréiopodes 6 et 7 d’un prémäâle. Le trait qui indique l’échelle représente 0,2 mm.

des soies en crochet, dont le nombre varie, suivant les individus, de 1 à 4 pour le lobe 6, de 0 à 2 pour le lobe 7. Cependant, chez certains avantprémâles (de stade IV ou V), aucun des lobes, pourtant bien marqués, ne porte de soie en crochet : distalement par rapport à la soie droite s’observe alors soit une épine bifurquée dans sa partie terminale, analogue à celle des femelles pubères (voir page 230), soit une soie épineuse, commençant en épine, dans sa région basale, pour s’effiler assez brusque-

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ment, dans sa moitié terminale, en une soie simple. Les carpopodites réalisent ainsi transitoirement un aspect que je n’ai jamais rencontré chez les avant-prémâles albifrons, mais qui, se retrouvant chez les avantprémâles et les prémâles d’autres espèces, et chez les femelles de toutes les formes de J. m., peut être tenu pour fondamental, et même, au sens phylogénétique, pour ancestral.

Cette épine distale disparaît presque toujours chez les prémäâles, dont les préopercules sont aussi variés que ceux des albifrons, et dont les lobes des carpopodites de P 6 et de P 7 (fig. 30) portent, en moyenne, un nombre élevé de soies en crochet, nombre généralement plus grand, mais parfois plus faible, pour P 6 que pour P 7. Exceptionnellement, un des prémâles obtenus ne possédait qu’une soie en crochet au lobe 6, et en était dépourvu au lobe 7, mais la plupart ont entre 5 et 8 soies à chaque lobe. Un prémâle d’assez grande taille (L — 1,55 mm.) portait même 19 soies au lobe 6, 15 au lobe 7, c’est-à-dire plus de soies que le plus richement pourvu des mâles albifrons. Enfin, chez un prémäle de 1,62 mm., parmi les 7 soies en crochet du lobe 7, se trouvait encore une épine bifurquée, manifestation attardée d’un caractère qui ne se maintient chez aucun mâle.

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