PRÉFÉRENCES ÉCOLOGIQUES ET DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
Les populations de la forme ischiosetosa se rencontrent en des points abrités, dans les horizons les plus élevés de la zone intercotidale. Ces Jaera ne descendent pas au-dessous de la zone préférentielle de la forme albifrons, et s’établissent fréquemment, — leurs populations étant alors monotypiques — à des niveaux supérieurs, sub-terrestres.
A ce dernier cas appartenait la population, aujourd’hui disparue, de l’Aber de Roscoff, dont les individus vivaient sur des ulves, dans le ruisseau situé en bordure du polder, toujours immergés dans une eau de salinité continuellement variable. Une autre population, également monotypique, et adaptée aux mêmes conditions d'extrême euryhalinité, a été observée sur les bords d’un filet d’eau douce se déversant dans l'estuaire de la Penzé. Dans ces deux localités, les J. m. ischiosetosa se trouvaient associées à l’'Amphipode Gammarus chevreuxi SEXTON.
Mais à Morgat, ou à Perros-Guirec, les espèces albifrons et ischiosetosa, vivant sous des pierres, parmi des blocs de gros rochers, se mêlent en populations complexes, d’ailleurs pauvres en individus, tout se passant comme si les deux formes se trouvaient rassemblées dans une zone limite commune.
ForsMAx a observé en Suède cette même association, mais il remarque également que la forme ischiosetosa évite les stations exposées au choc des vagues.
En dehors des localités bretonnes, la forme ischiosetosa est connue avec certitude, d’après les données de FoRSMAN, des côtes russes (Kandalaksa et Vaida Guba), norvégiennes et suédoises. Il est vraisemblable que ces indications ne fournissent qu’une idée encore très incomplète de la répartition géographique de cette espèce.
E. — Jaera marina posthirsuta.
Jaera albifrons posthirsuta FORSMAN, 1949.