‹ Recherches sur le pouls capillaire visibleChapitre 11 sur 33 · EN · texte numérisé non relu

EN

vice, deux jeunes filles, chlorotiques, qui présentaient très faiblement les phénomènes du pouls capillaire. Ces phénomènes étaient peu nets et peu constants chez ces deux malades. Peut-être pourrait-on aussi invoquer l'existence d’un spasme des vaisseaux pour expliquer l'apparition du pouls capillaire chez les chlorotiques.

On voit que nous n'avons observé qu'un petit nombre de fois, et encore peu nettement, le pouls capillaire sur des malades qui n'étaient pas atteints d'insuffisance aortique. Aussi croyons-nous que c’est comme signe de cette affection que le pouls capillaire a une réelle valeur séméiologique. Lorsqu'il apparaît avec une grande netteté, il suffit pour permettre d’affirmer l'existence de la lésion. Chez les malades des observations IIT et XVII, l'insuffisance aortique a pu ainsi être diagnostiquée, par M. Tapret dans le premier cas, et par nous-même dans le second, avant l'examen stélhoscopique du cœur.

C'est encore l'observation de ce signe qui a permis à M. Déjerine de diagnostiquer l'insuffisance sigmoïdienne du malade de l'observation X; et à M. Tapret de lever les doutes que laissait l’auscultation, chez la malade de M. Legroux (observation XV). De même, chez le malade de l'observation IV, atteint de broncho-pneumonie, le pouls capillaire à permis à M.Tapret d'affirmer l'insuffisance aortique, alors que la dyspnée et les bruits broncho-pulmonaires rendaient l’auscultation du cœur à peu près impossible.

L’insuffisance aortique d’origine endocardiaque, succédant au rhumatisme, ne se traduit souvent que par des signes d’auscultation extrêmement fins. C’est dans ces cas, analogues à celui qui est rapporté dans l'observation de M. Déjerine, qu’il sera surtout utile de rechercher le pouls capillaire, dont la constatation peut lever tous les doutes. Il en sera de même pour les endocardites rhumatismales : on évitera bien souvent, en recherchant le pouls capillaire, de laisser passer sans la voir une endocardite sigmoïdienne, complication si fréquente du rhumatisme aigu.

Enfin il ne faut pas oublier que le bruit diastolique, quoi qu’on en ait dit, est loin d’être pathognomonique. M. le professeur Potain à appelé l'attention sur certains souffles diastoliques extra-cardiaques d’origine pulmonaire; et récemment M. le professeur Germain Sée, dans une leçon clinique consacrée à l'étude des difficultés du diagnostic de la péricardite plastique, a montré que dans certains cas le frottement, après s’être entendu aux deux temps de la révolution cardiaque, peut parfaitement devenir unique et simple ; et, s’il est diastolique, simuler à s’y méprendre le souffle de l'insuffisance aortique (1). La recherche du pouls capillaire, dans ces cas, ne donnera évidemment aucun résultat, et l’absence de ce signe pourra faire mettre en doute l’existence de la lésion aortique soupconnée à fort.

(4) Semaine médicale, 1883, n° 28.

Page 1