‹ Recherches sur le pouls capillaire visibleChapitre 10 sur 33 · ÉD · texte numérisé non relu

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Un fait remarquable, si on le rapproche de ce qu’on vient de lire, c’est la diminution de l'intensité du pouls capillaire à la suite des injections hypodermiques de morphine, chez la malade de l’observaüon VIIL. |

Ce n’est point là, en effet, un fait isolé. Une malade de la ville, que soigne M. le D' Tapret, est atteinte de dilatation de la crosse aortique, angine de poitrine et insuffisance des valvules sigmoïdes, et présente très nettement le pouls capillaire. Les douleurs précordiales sont aisément calmées par les injections hypodermiques de chlorhydrate de morphine, et à la suite de cette médication, comme chez la malade de l'observation VIIT, le pouls capillaire disparaît pendant trois ou quatre jours. Cette dame, dès qu'elle voit reparaître ses battements sousunguéaux, peut prévoir que ses douleurs précordiales, ses étourdissements, vertiges, et autres accidents, ne tarderont pas à revenir; et, instruite par l'expérience, elle se rend de suite chez M. Tapret pour le prier de lui faire une injection.

Frappé de cet effet de la morphine, M. Tapret a essayé de l’employer chez une troisième malade, atteinte aussi d'insuffisance aortique avec pouls capillaire. Celui-ci a également disparu plus ou moins longtemps après chaque injection.

Ces faits nous semblent présenter un intérêt considérable, en ce sens qu'ils sont une vérification clinique d’une partie des expériences de M. François-

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Franck. Leur importance n’est pas moindre au point de vue des avantages qu’on peut retirer de l'emploi de la morphine dans le traitement de nos malades, et du mécanisme de son action. M. le professeur Potain pense en effet que l'existence d’un spasme vasculaire habituel, dans le cas d'insuffisance aortique, paraît devoir être prisé én sérieuse considération pour interpréter en clinique la paleur ordi: naire des téguments chez ces malades, le refroidissement de leurs extrémités, ainsi que les vertiges et l’état syncopal auxquels ils sont sujets. Dès lors, nous sommes amené à penser que dans la plupart des cas, les bons effets de la médication opiacée tiennent à l’action vaso-dilatatrice de la morphine, qui diminue les spasmes des vaisseaux périphériques, et en même temps fait baisser et rapproche de la normale la pression artérielle exagérée. L’intensité du pouls capillaire, dans ces cas, pourrait avertir le médecin que son intervention est nécessaire. Toutefois, nous éroyons qu'avant d’avoir lé! droit d'affirmer cette opinion, il est nécessaire d’observer de nouveaux faits du même genre, et de multiplier les observations.

L’insuffisance des valvuves de l'aorte n’est pas la seule maladie dans laquelle nous ayons constaté le pouls capillaire ; nous l'avons vu dans d’autres états pathologiques, maïs, il est vrai, avec une bien moindre intensité. 108

Chezle malade quifait l’objetdel’observation XVIII,

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saturnin atteint d’artério-sclérose généralisée avec néphrite interstitielle, il était cependant fort net sur le front.

Nous l’avons vu encore dans deux autres cas de néphrite interstitielle. Dans le premier, il s'agissait d’une alcoolique de 40 ans ; et ce signe a disparu en même temps qu'un épanchement se formait dans la plèvre. La seconde malade, traitée dans le service de M. Moutard-Martin avait en outre un peu de fièvre quand nous l’avons examinée. Le pouls du front se voyait très bien.

Chez ces trois malades, le second bruit du cœur avait sa netteté ordinaire, et il n’y avait pas lieu de penser à l'insuffisance aortique. Faut-il invoquer pour expliquer l’existence du pouls capillaire, dans ces cas de néphrite interstitielle, le spasme vasculaire décrit par Johnson dans cette maladie ? Nous croyons bien plutôt que la dégénérescence des artères, signalée par Gull et Sutton, suffit à amener le pouls capillaire, par simple diminution de l’élasticité artérielle.

Nous avons vu aussi le pouls capillaire du front chez deux malades athéromateux. L'un était un vieux saturnin, perclus de douleurs ; et l’autre, un alcoolique de 35 ans, atteint de pneumonie du sommet. Tous deux étaient soignés dans le service de M. Tapret. Mais il y avait lieu de douter de l’état de leur orifice aortique, car chez tous deux, le second bruit du cœur était sourd et mal frappé.

Enfin nous avons observé aussi, dans le même ser-

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