‹ Recherches sur le pouls capillaire visibleChapitre 32 sur 33 · OBSERVATION XVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XVIII

Personnelle.

Intoxication saturnine chronique, néphrite interstitielle, pouls capillaire du front.

B.... Antoine, ouvrier peintre, âgé de 48 ans, entré à l'Hôtel-Dieu annexe le 5 juin 1885, salle Saint-Antoine, lit n° 27 ; service de M. le D' Tapret.

Cet homme fait le métier de peintre en bâtiments depuis l’âge de 17 ans. Il a eu une première attaque de coliques saturnines vers 1860 ou 1862. Depuis, les mêmes accidents se sont répétés 5 ou 6 fois. Lors de sa dernière attaque, il y a deux ans, il a été soigné dans le service de M. le professeur Laboulbène, salle Saint-Michel, à la Charité. Il est resté deux mois dans son service. M. Laboulbène l’a mis au régime lacté, et les urines ont été examinées tous les jours. 1l est sorti de la Charité assez bien portant.

Depuis une quinzaine d'années, le malade a été sujet à des migraines violentes, qui revenaient environ deux fois par mois, assez régulièrement. Il commançait à souffrir vers midi, et était forcé d'’imterrompre son travail et de se mettre au lit; vers 2 ou 3 h. du matin, la céphalée se calmait, et le malade pouvait enfin dormir ; le lendemain tout était passé. À part ces migraines, le malade n’accuse pas de troubles de la santé; sauf des troubles digestifs (inappétence, constipation, etc.), qui lui ont toujours an-

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noncé:15 jours:ow un mois à l’avance l’imminence des attaques, de colique-saturnine..

Depuis une-dizaine d'années, le malade était obligé de se lever la nuit pour uriner: Cette polyurie a augmenté sensiblement depuis3 ans, et surtout depuis 2 ou 3 mois. Actuellement, le malade se lève chaque nuit trois ou quatre fois au moins. — Il éprouve de plus un sentiment d’affaiblissement très marqué. — Depuis 2 mois 1/2:environ, il se plaint de fourmillements et de crampes douloureuses dans les pieds et les jambes ; et aussi dans les doigts. Ces phénomènes se montraient dans. les, membres. inférieurs. surtout la: nuit. Au contraire il n’avait guère de fourmillements et de crampes aux mains que lorsqu'il travaillait. Il était souvent obligé de quitter le pinceau pour se frotter les mains, car « il ne sentait plus le manche de sa brosse ». — Il s’est aussi aperçu que chaque soir, au moment où il se déchaussait, ses chevilles étaient enflées. Le matin cet œdème avait beaucoup diminué, mais reparaissait quelques heures après le lever. Enfin il se plaint de ne pouvoir lire un journal ; à peine a-t-il lu quelques lignes qu’il ne voit plus clair. Il compare ce qu’il éprouve à un brouillard qui lui passerait devant les yeux.

Aujourd'hui (20 juin), sous l'influence du repos et du traitement (régime lacté), il y a une notable amélioration ; les crampes et fourmillements douloureux ont presque disparu, 1l n’y a plus d’œdème des malléoles ; les troubles de la vue paraissent moins accusés. Le malade est pâle, amaigri, et ses gencives présentent le liseré saturnin. — Il urine environ 3 litres par 24 heures; les urines sont pâles, limpides, et légèrement albumineuses. — Les artères accessibles à la palpitation sont dures et sclérosées. — Le cœur est impulsif, et ébranle notablement la paroi thoracique, l’auscultation révèle un redoublement très net du premier

Si

bruit, surtout facilement constatable à la partie moyenne de la région précordiale. — La matité du foie, à la percussion, est inférieure à la. normale.

Le malade présente assez nettement le pouls capillaire du front. — Rien sous les ongles.

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