‹ Recherches sur le sac embryonnaire des phanérogames angiospermesChapitre 3 sur 11 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le sac embryonnaire des Phanérogames, dans lequel se produit le phénomène de la reproduction sexuelle, est un des organes qui ont le plus attiré l’attention des anatomistes. Les recherches provoquées par les discussions passionnées qui se terminèrent, il y a bientôt vingtcinq ans, par le renversement de la doctrine polliniste, semblaient avoir établi sur des bases solides l’histoire de cet organe. Grâce aux travaux d’habiles observateurs, parmi lesquels Hofmeister tient le premier rang, on croyait que tout était dit sur ce point, et jusqu'à ces derniers temps rien n’était venu contredire les idées admises comme classiques parles auteurs.

Cependant, en 1877, M. Strasburger, poursuivant ses belles découvertes sur la formation et la division cellulaires, reconnaissait, que les phénomènes qui se passent dans le sac ernbryonnaii'e avant la fécondation avaient entièrement échappé aux observateurs précédents et démontraient que cotte étude exigeait une révision complète. La question entrait dans une phase nouvelle et pleine d’intérêt.

Presque en même temps, M. Warming publiait sur le développement de l’ovule un important mémoire. L’évolution du nucelle et de

la cellule qui fournit le sac embryonnaire lui avait paru présenter une grande analogie avec celle de l'anthère, dont le mode d’accroissement est lui-même semblable à celui du sporange des Cryptogames vasculaires. Appuyé sur ces analogies, M. Warmiug émettait une hypothèse séduisante sur la nature morphologique du sac embryonnaire.

Cette hypothèse, en désaccord avec les faits annoncés par le savant professeur d’Iéna, comme on le verra dans un instant, permettait de relier d’une façon très-heureuse les Phanérogames aux Cryptogames, tandis que par la découverte de M. Strasburgef, les Métaspermes semblaient tout à coup considérablement éloignés des Archispermes.

Les premières recherches qui suivirent, étendues à un assez grand nombre de plantes appartenant aux différents groupes des Angiospermes, parurent d’abord fournir .desarguments sérieux .à l’appui.des idées do M. Warming ; mais bientôt on annonça des résultats .contradictoires. Do nouvelles observations devenaient nécessaires.

Les plus récentes, tout en confirmant d'une façon générale les assertions de M. Strasburger, nous apprennent que le sujet est loin detre épuisé et que les phénomènes dont il s’agit ne sont pas aussi simples qu’on aurait pu le croire. On conçoit d’ailleurs facilement que des .recherches aussi délicates ne peuvent être l’œuvre d’un jour..

J’ai fait conuaître dernièrement, dans mes üecherches sur l’embryogénie des Légumineuses 1 , avant l’étude de l'embryon, qui était Jo principal objet de ce travail, les différentes phases de Dévolution du sac embryonnaire dans ce vaste groupe do plantes. Dans l’état actuel de la science, l’observation des phénomènes antérieurs à la fécondation était indispensable. Je n’ai pas à y .revenir ici ; jo passerai en a'.ovue les familles qui ont fait le sujet do mes investigations parmi.les autres Angiospermes.

1 fteclierohes d'embryogénie végétale ; Ann. des Se. nat., Bot., [6°.série., tom. XII, 1881.

Au début de ces recherches, j'ai cru devoir répéter la plupart des observations déjà connues, en les soumettant au contrôle de nouvelles méthodes histologiques, avant de les étendre à d’autres plantes appartenant, soit aux Monocotylédones, soit aux Dicotylédones. Je n ai pas la prétention de clore la discussion ; j’espère seulement que les résultats auxquels je suis arrivé, permettront de nous faire une opinion plus exacte sur le développement du sac embryonnaire.

Mais il est nécessaire d’exposer d’abord à grands traits l’état de cette question, d'autant plus intéressante aujourd’hui que les efforts des botanistes tendent à découvrir la filiation des représentants vivants ou disparus du règne végétal, et à combler la lacune qui sépare les Phanérogames des Cryptogames.

Page 1