‹ Recherches sur le sommet de l'axe dans la fleur des GamopétalesChapitre 32 sur 49 · GE · texte numérisé non relu

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considère comme erronée et que c’est sur son intervention que la monographie des Adoxacées, dont s'était chargé M. Fritsch, a été dans son grand ouvrage placée entre celle des Caprifoliacées et celle des Valérianacées. Eichler, du reste, père de l'apétalie de l’Adoxa (qui pour lui était une asépalie), avait été frappé lui-même de la ressemblance avec le Sambucus et après avoir exposé sa singulière théorie, il concluait, tout compte fait, à une étroite parenté entre les deux genres. Plus tard enfin il y renonça, disant avoir été trompé par une anomalie, car il n'avait pu revoir les mêmes faits !.

En faisant connaître la structure de son noyau, j'ai voulu, par un fait de plus, montrer combien sont étroites les affinités de l’Adoxa avec les autres Caprifoliacées et combien malheureuses les tentatives faites pour l'en éloigner.

Le fruit du Viburnum Lantana est une drupe monosperme, comprimée perpendiculairement à l’axe de la loge fertile, mais moins cependant que ne l’est l’ovaire au moment de la floraison. Le noyau est formé de deux zones : une couche interne de fibres équatoriales épidermiques et une couche externe formée par trois à cinq assises de cellules scléreuses isodiamétrales.

La sclérose du noyau n’a rien de remarquable : elle est uniforme sur toutes les parois, les canalicules sont très apparents. Les cellules exodermiques sont parfois allongées en fibres parallèles à celles de l’épiderme.

La fleur est déjà ébauchée à l'automne. Pendant le repos hivernal, la paroi de l'ovaire ne diffère, comme nombre d'assises, de ce qu'elle sera au moment de la floraison que par 2-3 assises en moins, et c’est au moment de l’éclosion du bouton floral que l’assise sous-exodermique interne se cloisonne pour les fournir. Ces assises, les dernières formées, contribuent à l'édification du noyau ; par leur origine, elles sont homologues de l’assise palissadique du noyau du Sambucus ou de l’assise à arêtes microscopiques de l’Adoxa, ou encore, comme nous allons le voir, de la couche des fibres du Symphoricarpus.

Les autres Viburnum que j'ai étudiés { Viburnum Opulus, V. ace-

1 Cette note rectificative qui parait avoir passé inaperçue est perdue dans une longue liste d’Addenda et Corrigenda insérée au commencement du tome Il du

Blüthendiagramme (p. xu).

rifolium, V. Tinus) ne m'ont présenté comme particularité que la présence de poils sur l’épiderme intraovarien du Viburnum Tinus. Ces poils sont unicellulaires, rameux, sclérifiés comme l’épiderme qui les porte et tout à fait semblables à ceux qui existent sur les autres organes des Viburnum. Le fait de poils intraovariens est assez rare chez les fruits charnus. Cet exemple, à ma connaissance du moins, n’était pas signalé. :

Le Symphoricarpus racemosa a ses « loges de Chèvrefeuille » entourées par un parenchyme entièrement charnu et ses « loges de Sureau » par un parenchyme scléreux.

Comme son étude a déjà fait l'objet de descriptions détaillées dues à M. Garcin! et à M. Brandza?, je vais me contenter d'indiquer les points sur lesquels mes observations apportent quelques faits nouveaux :

A. Loges stériles. — Elles sont parfois divisées en deux par une fausse cloison : chaque demi-loge renferme alors une seule rangée d'ovules. — [l existe souvent un rudiment de noyau sur le côté externe de la loge : il consiste en une bande de cellules sclérifiées qui appartiennent à l'exoderme interne et aux assises sous-jacentes ; l'épiderme n’est que très peu ou pas du tout atteint par cette sclérose. Je n'ai jamais vu cette sclérose s'accompagner de cloisonnements donnant un massif cellulaire analogue à celui qui borde les loges fertiles.

B. Loges fertiles. — L'épiderme interne se cloisonne de la même façon que celui du Sambucus, de façon à simuler une stratification ; seulement ici le processus dure plus longtemps et le massif qui en résulte est plus puissant. — La couche à cristaux (exoderme interne) est simpie en quelques points seulement, dans la majeure partie de son étendue elle est dédoublée ; ses cellules sont isodiamétrales ou un peu allongées en fibres courtes disposées en plages diversement orientées. — Les fibres externes du noyau dérivent de trois assises primitives qui, lorsqu'elles sont encore indivises, ont leurs cellules

1 Garcin, op. cit., p. 344 et pl. XXVI.

? Brandza, Développement des téguments de la graine, thèse de doctorat, Paris, 1891. È |:

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identiques comme forme et comme dimensions à celles des autres assises de la paroi ovarienne.

« Les Symphoricarpus, a dit Payer, qui ont, d'une part, deux loges uniovulées tout à fait semblables à celles des Sambucus et, d'autre part, deux loges pluriovulées tout à fait semblables à celles des Lonicera servent de transition entre les Sambucus et les Lonicera. »

Payer n'avait en vue que l’organisation florale ; la ressemblance entre la Symphorine et le Sureau devient plus frappante encore si on considère que leur fruit est une drupe dont les noyaux ne sont pas sans analogie, étant constitués par trois couches distinctes qui sont :

1° Un épiderme stratifié de la même façon, formé par des fibres équatoriales engrenées ;

2° Un exoderme ;

3° Une zone externe, différente, il est vrai, dans les deux cas.

Résumé.

Il existe dans la famille des Caprifoliacéce deux types de pistil : celui du Lonicera et celui du Sambucus.

Dès la fleur, la différence est manifeste : les deux cavités ovariennes ne sont point homologues. Pour employer le langage imagé de Payer, les loges d'un Chèvrefeuille sont délimitées par les « cloisons placentaires qui, partant des parois, se réunissent au centre », celles d'un Sureau sont des « trous creusés dans le réceptacle ». La placentation est, en conséquence, septale chez le Chèvrefeuille et aile chez le Sureau. En somme, dans le premier cas il ÿY a eu avortement, et dans le second cas élongation du sommet de l'axe.

À mesure que le fruit mürit, des différences histologiques apparaissent : les graines nombreuses du Chèvrefeuille demeurent nues dans une chair pulpeuse, les graines solitaires du Sureau s’entourent d'un noyau.

À côté des Eulonicérées et des Eusambucées, expressions parfaites des deux types de la famille, nous avons trouvé des types de transition : le Viburnum, le Symphoricarpus, dont certains carpelles réalisent le premier type et les autres le second.

On peut résumer ce qui précède dans le tableau suivant :

I. Lonicérées : .ovaire complètement infère : style long, oblitéré ;

stigmate entier ou presque entier ; axe peu développé, placentation pariétale, septale, ou centrale angulaire.

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