TIR
Fig. 14. — Sambucus nigra. Développement du noyau ; let {r coupe longitudinale et coupe transversale du noyau au moment de la floraison ; L et TR mêmes coupes à un stade ultérieur ; épid. i. épiderme interne; exod. i. exoderme interne. — Gr. 300.
L'épiderme interne ne se divise que dans le sens transversal, aussi
forme-t-il de longues cellules étendues équatorialement. Ces cellules s’enfoncent les unes entre les autres, en coins, d’où l'apparence d’une stratification (Fig. 14).
L'exoderme interne se comporte exactement de même, mais ses cellules sont allongées dans une direction perpendiculaire ; de telle sorte que la coupe transversale de l’une de ces assises est semblable à la coupe longitudinale de l’autre.
L'assise sous-exodermique donne la couche prismatique. La sclérose en est intéressante : elle consiste en épaississements en forme de crêtes ou d'arêtes qui se forment uniquement sur les parois latérales ; ils débutent sur la face interne de cette paroï, puis s'étendent vers l’intérieur ; ces arêtes grandissant s’avancent vers le centre de la cellule, confluent et refoulent le protoplasma et le noyau vers la partie externe où 1ls finissent par disparaitre après que l'achèvement de la sclérose a réduit la cavité cellulaire à une étroite lumière étoilée à canalicules ramifiés : la paroi externe ne s’épaissit jamais.
L'histogénèse de la drupe du Sambucus nigra a été décrite par M. Lampe et par M. Garcin!. Si j'ai insisté sur la constitution du noyau, d’ailleurs si curieuse, c'est que je ne suis pas d'accord avec eux. Ils signalent la stratification de l’exoderme et l’attribuent à des cloisonnements tangentiels : ils ne parlent de rien de pareil pour l'épiderme. Il est très probable qu'ils n'avaient fait que des coupes transversales : ces coupes-là donnent un épiderme simple à cellules engrenées et un exoderme stratifié ; s'ils avaient fait des coupes longitudinales, ils auraient vu l'inverse : un épiderme stratifié et un exoderme simple à cellules engrenées. Ces apparences sont inconciliables avec une division tangentielle et ne s'expliquent que grâce aux chevauchements que j'ai décrits. La similitude de l'épiderme et de l’exoderme et leur disposition en équerre, traits caractéristiques de ce noyau, avaient donc échappé à ces anatomistes. Ils avaient passé sous silence le mode de sclérose pourtant remarquable de la couche palissadique du noyau.
1 Lampe, Zur Kenntniss des Baues und der Entwickelung saftiger Früchte, Diss. inaug., Halle, 1884. Garcin, Recherches sur l’histogénèse des péricarpes charnus, Ann. sc. nat., 7° série,
RL Ce
Le fruit de l'Adoæa Moschatellina est une drupe surbaissée, verte, translucide ; les sépales persistants sont insérés à mi-hauteur.
Les noyaux ont une paroi si mince et si délicate qu'elle peut être étudiée au microscope par transparence. Cette paroi comprend, comme chez le Sureau, trois couches, savoir :
1° L'épiderme interne formé de fibres scléreuses-équatoriales, présentant une pseudo-stratification ; |
2° L’exoderme interne semblable à l’assise précédente et disposé en équerre avec elle, c'est-à-dire en fibres méridiennes ;
3° L’assise sous-exodermique formée de cellules isodiamétrales, munies sur toutes leurs faces d’épaississements en forme de courtes dents très nombreuses ; ces épaississements rappellent assez l’état jeune des bandes d’épaississements de la même assise chez le Sureau.
Les dimensions de tous ces éléments sont très faibles et la sclérose peu prononcée ; l'épaisseur totale de la paroi du noyau n'est que de 0,04 à 0,00 millimètres.
Comme chez le Sureau, c'est au moment de la floraison que se produisent les chevauchements qui donnent aux deux assises internes du noyau leur pseudo-stratification caractéristique.
J'ajouterai que, d’après Payer, le développement de l'Adoxa est tout à fait semblable à celui du Sureau. Il en fut si frappé qu'il esti-
.mait qu'il fallait, au lieu de le laisser dans les Araliacées, comme on le faisait généralement alors, en faire le type unique d’une famille spéciale qui, dit-il, «a beaucoup moins d'aflinité avec les Araliacées qu'avec les Sambucinées ».
On a placé l'Adoxa Moschalellina un peu partout dans la classification : parmi les Caprifoliacées, les Araliacées, les Saxifragacées et même les Apétales. Son monographe, M. Fritsch, penche visiblement pour cette dernière manière de voir, qui tend à prévaloir { et ne repose pourtant que sur une interprétation toute théorique d’Eichler. M. Engler?, dans une note de quelques lignes, a expliqué qu'il la
{ M. Van Tieghem vient de l’adopter dans sa nouvelle classification des Phanérogames (Sur les Phanérogames sans graines formant la division des Inséminées, Bull. Soc. bot..Fr., 1897).
? Engler, Nachtrag zu den Adoxaceen, in Engler et Prant}, loc. cit., p. 19o.