NS
La nervation de la coupe réceptaculaire est assez variable.
La variation porte d’une part sur la plus ou moins grande réduction du système vasculaire du calice, réduction en rapport avec l’évanouissement de cet organe, et d'autre part sur une concrescence ici très grande des faisceaux des différents verticilles.
Ainsi, dans le cas exceptionnel du Gaillardia grandiflora qui a cinq grands lobes calicinaux, on trouve dans la coupe réceptaculaire dix faisceaux dont cinq très gros correspondant chacun à deux marginaux pétalaires et à un staminal, et cinq moins volumineux qui sont
des marginaux communs sépalaires (Fig. 17).
Fig. 17. — Composées ; différents modes de nervation de la coupe réceptaculaire. — À, Gaillardia grandiflora ; B, Kentrophyllum lanatum ; GC, Zinnia verticillata ; D, Calendula officinalis, fleur centrale mâle; E, id,, fleur périphérique femelle; F, ÆEchinops bannaticus. te. tissu conducteur ; tg. tégument ovulaire ; z. i. zone in terne ; n. nucelle ; r. raphé.
On trouve aussi dix faisceaux, comme dans le cas précédent, chez Homogyne alpina (fleur centrale hermaphrodite), bien que le calice y soit réduit à des filaments trichomateux.
= LTOMEE
Plus habituellement, les faisceaux du calice sont très grêles et en nombre indéterminé. Ainsi, chez Cynara Cardunculus, il en existe une dizaine qui vont se multipliant en se portant en haut et en dehors. |
Chez Tagetes nana, Zinnia verticillata et Calendula officinalis (fleur périphérique femelle), les faisceaux sépalaires sont insignifiants, peu nombreux et ne deviennent distincts que dans la région supérieure de la coupe ovarienne. Dans ces cas, le nombre des faisceaux dans la coupe réceptaculaire est variable : six ou sept chez Tageles, sept chez Zinnia et Calendula.
Enfin, chez Echinops bannaticus, Centaurea Lugdunensis, C. Jacea, Kentrophyllum lanatum, Senecio Cineraria, Calendula officinalis (fleur centrale mâle), ils font complètement défaut et la coupe réceptaculaire est seulement parcourue par les traces des faisceaux pétalo-staminaux.
Bien que le tube de la corolle renferme à sa base constamment cinq faisceaux pétalo-staminaux alternipétales, il n’est pas rare que la coupe réceptaculaire en renferme un nombre moindre. Dans ce cas, ce sont les faisceaux antérieurs qui sont réunis. Ainsi, chez Kentrophyllum lanatum, Centaurea Lugdunensis, Cynara Cardunculus, nous avons quatre faisceaux : un antérieur, un postérieur et deux latéraux ; au moment de pénétrer dans la corolle, le faisceau antérieur se dédouble en deux faisceaux latéro-antérieurs. Dans la fleur périphérique femelle du Calendula officinalis, il y a onze faisceaux dont trois principaux (un postérieur et deux latéraux) sont pétalo-staminaux. Dans la fleur centrale du même Calendula, il y a enfin seulement deux faisceaux : l’un postérieur, l’autre antérieur ; c'est ce dernier qui plus haut se dédouble à deux reprises.
Chez tous les types étudiés, je n’ai trouvé d'autre nervation, pour les carpelles, que les deux faisceaux du style : ils sont l’un antérieur, l’autre postérieur ; 1l n’est pas rare que le postérieur soit sensiblement plus gros. Ils ne s'individualisent que dans la partie tout à fait supérieure de l'ovaire.
A leur entrée dans la fleur, les faisceaux sont très rapprochés et réunis en un anneau d'où se détache en arrière et en dedans le faisceau placentaire unique. Son bois est tourné en avant (en dedans par rapport à l'ovaire). La fleur périphérique du Tagetes nana convient bien pour étudier la course et la structure du faisceau placen-
Eire
taire, parce que, dans cette espèce, il s'élève verticalement avec une faible obliquité avant de passer dans le funicule, de sorte que les sec— tions transversales le rencontrent à peu près normalement. Dans d’autres cas, chez le Kentrophyllum lanalum par exemple, le faisceau placentaire et le funicule à sa base sont, au contraire, exactement horizontaux (PI. IV, 23).
Après s'être porté en avant, tout contre la paroi antérieure de la coupe réceptaculaire, le faisceau placentaire passe dans l'ovule. Le raphé décrit sur l’ovule un méridien antérieur et est prolongé par un faisceau qui demeure dans le même plan vertical ; exceptionnellement dans l'Echinops, au lieu de demeurer simple sur toute sa longueur, il se divise en sept ou huit fascicules qui se distribuent sur tout le pourtour du tégument. En général, la saillie du raphé est plus marquée que celle du faisceau postérieur descendant ; mais si cette différence est insensible, si, d'autre part, les faisceaux sont disposés sur le type-4 dans la coupe réceptaculaire, il devient impossible d'orienter une coupe transversale isolée prise au milieu de la hauteur de l'ovaire. C'est ce qui arrive par exemple chez le Kentrophyllum lanalum, les Centaurea, etc.
Le tissu conducteur forme dans le style un cordon plein. Pourtant, tout à fait à la base du style, il est parfois assez aisé d'y distinguer une fente antéro-postérieure (Gaillardia grandiflora). A l'orifice du canal stylaire, le tissu conducteur se divise en deux bandelettes latérales qui s'étendent jusqu'au fond de l'ovaire.
Chez le Calendula officinalis, les deux bandelettes sont plus rapprochées du côté postérieur ; chez toutes les autres espèces étudiées, elles sont, au contraire, exactement opposées.
La parfaite analogie qui existe, au point de vue de la forme et même de la position entre ces bandelettes et celles des marges des carpelles chez les Gamopétales bicarpellées, est un fait bien connu (Rob. Brown). M. Capus (Anat. du tissu conducteur) a insisté sur le fait que les cloisonnements épidermiques qui donnent naissance à une bandelette débutent en un seul point, bref que la bandelette est simple à l'origine. Bien que M. Capus ne leur ait point pour cela contesté leur signification de marges, peut-être cette observation pourrait-elle faire naître quelque doute à ce sujet. C’est pourquoi j'ai tenu à signaler une de ces bandelettes et le tissu avoisinant chez le Calendula officinalis. Dans cet exemple particulièrement favorable, il y a, dans