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l'agencement des cellules, la direction des cloisonnements et même l'aspect des tissus, un arrangement si net qu'on reconnaît d'emblée deux bords, bien qu'ils n'aient en réalité jamais été séparés. L’existence d’un faisceau (sépalaire) de part et d’autre de la ligne séparatrice rend plus évidente encore la séparation. C’est un cas élégant de soudure congénitale tardivement reconnaissable.
La surface de l’ovule présente de chaque côté un enfoncement plus ou moins sensible, dans lequel vient se loger le cordon conducteur quand il fait assez fortement saillie dans l’intérieur de la cavité ovarienne. Parfois il adhère assez intimement à l'ovule pour y demeurer accolé et se séparer de la paroi si on extirpe l’ovule de la cavité ovarienne (Robert Brown).
L'épais tégument unique est très nettement différencié en deux zones histologiques. Celte particularité à elle seule, sans parler de l'orientation, suffirait déjà pour distinguer l'ovule des Composées de celui des Caprifoliacées-Valérianées-Dipsacées 1.
Les fleurs femelles ne diffèrent nullement des fleurs hermaphrodites en ce qui concerne la partie infère du pistil; la chose n'a rien de surprenant puisque les étamines ne sont individualisées, même au point de vue vasculaire, qu'au-dessus du niveau d'insertion de la corolle.
Quant aux fleurs mâles et aux fleurs stériles, elles ont aussi une coupe réceptaculaire, mais plus petite et vide.
Après avoir vu qu'il ne saurait être question ici, comme chez les Dipsacées, d’une concrescence de l'axe prolongé avec la coupe réceptaculaire, il nous reste à examiner quelle est la position du sommet de l'axe par rapport à l’ovule : est-il en avant ou en arrière de celui-ci ?
« Les deux jeunes carpelles sont séparés par un sillon assez étroit et à parois escarpées. Le fond en est uni ou légèrement incliné du carpelle postérieur au carpelle antérieur, bientôt il se penche de plus en plus d’arrière en avant, et sur ce plan incliné naît l'ovule par la division tangentielle d'un certain nombre de cellules sous-épidermi-
1 Sur l’ovule des Composées et en particulier sur la différenciation de son tégument en deux zones, voyez : M'e Mathilde Goldflus, Sur la structure et les fonctions de l’assise épithéliale et des antipodes chez les Composées, Journ. de Bot., XIL et XIIT, 1898 et 1899 (avec la bibliographie).
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ques 2 L'espace entre l’ovule et le carpelle antérieur est toujours beaucoup plus profond, plus étroit et plus aigu qu'entre cet organe et le carpelle postérieur vers lequel il s’infléchit plus tard. » (Warming, De l’ovule, p. 186.)
Je n'ai rien à changer à cette excellente description qui suflit pour montrer que, dans le cas des Composées comme dans celui des Plombaginées, il faut considérer les choses d'une façon tout à fait superficielle pour croire l'ovule terminal.
On peut admettre que le placenta des Composées est réduit à la saillie en « marche d'escalier » qu'on observe au fond de l'ovaire avant que l’ovule n'ait commencé à se développer. La forme d’une marche est très nette chez le Senecio Cineraria par exemple (PI. IV, 19). Chez le Cineraria maritima (PI. IV, 21). Chez le Dalhia (De l’ovule, pl. XIL, 14), chez le Centaurea Lugdunensis, etc., il ÿ a bien aussi une grande diflérence de profondeur entre la partie postérieure et la partie antérieure de l'ovaire, mais c'est avec une pente plus uniforme que le fond de l'ovaire penche d’arrière en avant.
Le sommet de l'axe occuperait donc la partie supérieure de la « marche » et la partie de la cavité ovarienne située au-dessous du sommet de l'axe, sa partie infra-apicillaire, si j'ose risquer ce néologisme, se réduirait à la fente antérieure ; cette fente antérieure représenterait la loge antérieure ; 1l n'y aurait pas de loge postérieure. Et l’ovule se trouverait, en conséquence, logé dans cette fente et dans la portion de l'ovaire située au-dessus du sommet de l'axe.
L'orientation du faisceau placentaire appuie cette manière de voir. Son xylème est antérieur : 1} est donc inverse par rapport à la nervure médiane du carpelle (faisceau stylaire), c'est-à-dire qu'il convient à la nervure marginale du carpelle antérieur reployé.
Nous sommes ainsi conduit à conclure que :
1° Le sommet de l'axe est situé en arrière de l'ovule ; 2° que celui-ci appartient au carpelle antérieur.
Est-ce à dire que le carpelle postérieur est atrophié dans l'ovaire, et qu'au cas où il y aurait, comme chez quelques Dipsacées, avortement du stigmate antérieur, on aurait, comme dans d’autres familles, « ce phénomène singulier, d’un carpelle postérieur atrophié dans l'ovaire qui développe un style et un stigmate, tandis que l’antérieur développé dans l'ovaire avorte dans le style et le stigmate »? (Van Tieghem, Traité de Bot., 2° édit., p. 1749.)
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Rien d'aussi bizarre ne paraît exister ici.
En effet, dans le style nous avons deux faisceaux opposés qui conviennent parfaitement à deux médians carpellaires, puis plus bas dans la portion infère du pistil, il n’est plus possible de reconnaître les carpelles à leur nervation, puisqu'elle se confond avec celle des pièces externes. Mais les deux bandelettes de iissu conducteur placées à droite et à gauche indiquent deux carpelles de même dimension. Tout au plus dans un cas {Calendula), nous les avons vues plus rapprochées du côté postérieur, c'est-à-dire indiquant que le carpelle postérieur était plus petit. Elles descendent jusqu’au fond de l'ovaire et finissent à droite et à gauche de la saillie horizontale qui représente le placenta.
Les deux carpelles sont en réalité de même grandeur ; l'antérieur est seulement légèrement plus profond : il possède une cavité infraapicillaire qui manque à l’autre.
La tératologie a déjà conduit Cramer et Békétoff aux mêmes résultats. Il se développe quelquefois un bourgeon entre l’ovule et le carpelle postérieur ; cette pousse anomale s'élève au centre de la fleur en refoulant en avant l’ovuie et le carpelle antérieur. Aussi ces auteurs ont-ils admis que le sommet de l’axe est situé en arrière et au-dessus de l’ovule naissant.
M. Warming a mis quelque répugnance à accepter cette interprétation : il trouve que c’est faire remonter bien haut le sommet de l'axe, en particulier dans le cas où le fond de l'ovaire est fortement incliné d’arrière en avant, comme chez le Dalhia. Il lui semble plus naturel de le placer en avant de l’ovule, parce qu'il occuperait l’extrême fond de l'ovaire : l’ovule appartiendrait alors au carpelle postérieur. Il déclare d’ailleurs, dans une Note ajoutée pendant l'impression, que Cramer peut tout de même avoir raison.
Ce ne sont cependant pas les quelques faits que cite M. Warming, chez les Dipsacées et les Calycérées, qui peuvent, comme il le dit, «donner la clef de la solution ». Ainsi, chez l’Acicarpha Spathulata, « l’ovule se développe sur la paroi postérieure près du fond de l'ovaire ; à un état plus avancé, il remonte plus haut et devient apotrope comme dans les Dipsacées ». En réalité ce n’est pas au pisul des Dipsacées que le pistil des Composées peut être relié d’une façon bien étroite.
Je ne veux pas m'’attarder à discuter les idées de Celakovsky et