I. — Kricinées
ERrcAGÉES !.
Les Ericacées ont été souvent regardées comme un des meilleurs exemples de la nature axile du placenta. En effet, à ne considérer que les apparences, les ovules naissent ici de l'axe prolongé.
Chez l'Erica carnea, l'ovaire est cylindrique et développé en hauteur ; les 4 loges sont entièrement séparées, de telle sorte que l'extrémité entièrement parenchymateuse de l’axe se prolonge jusqu'au sommet de l'ovaire. Le style est légèrement invaginé à sa base, disposition qui, plus ou moins marquée, existe chez toutes les Erica cées que j'ai étudiées. Les ovules sont nombreux et insérés seulement dans la moitié supérieure de l'ovaire (PI. I, x).
Chez le Rhododendron ferrugineum et l'Arbutus Unedo, l'ovaire est plus surbaissé ; le sommet de l'axe est situé à mi-hauteur seulement de la loge ovarienne, et de plus il est assez fortement renflé en une masse placentaire terminale ; sa partie inférieure forme un pied stérile (PI. I, 3).
On observe, cela n’est pas surprenant, un raccourcissement de la cavité ovarienne et de la colonne placentaire chez les Ericacées pauciovulées, ainsi par exemple chez l’Arctostaphyllos Uva-ursi dont les ovules sont solitaires.
! Payer, Organog. pl. CXVIIT.
Van Tieghem, Struct. du pistil, pl. XIV.
Huisgen, Unters. üb. die Eutwickel. der Placenten.
Henslow, Vascular Systems.
Baillon, Hist. des planter, XI.
Drude, in Engler et Prantl, Nat. Pflanzenf., Theïl IV, Abth. 1 ; 1891.
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Mais ce raccourcissement existe également chez d’autres Ericacées dont les ovules sont nombreux : par exemple le Vaccinium Myrtillus, le Pirola secunda, le Clethra alnifolia, ete. Dans ce cas, le placenta est bas et épaté, étalé horizontalement.
Le pistil de l’Empetrum nigrum a beaucoup d’analogie avec celui d’une Pirole ; il est très déprimé, de telle sorte que les ovules sont basilaires, et le style véritablement gynobasique (PI. I, 5).
Chez toutes les Ericacées, les bords des carpelles sont libres dans leur partie supérieure et réfléchis vers la périphérie (comme chez les Campanulacées et Cucurbitacées). Chez les Vaccinium, Pirola, etc...., c'est-à-dire chez les Ericacées un peu aberrantes, cette partie est très développée et, à bien considérer les choses, porte seule les ovules. Il suffit pour s’en rendre compte de considérer le système vasculaire.
Chez l’Erica carnea, une coupe transversale effectuée à n'importe quel niveau du placenta montre un cercle de faisceaux directs : les ovules naissent de faisceaux directs. En un mot, il y a un axe (axe transitoire de M. Van Tieghem) occupant toute la hauteur de l'ovaire. Dans la région tout à fait supérieure de l'ovaire, il y a bien séparation des quatre bords carpellaires, mais à ce niveau il n’y a plus ni ovules, ni faisceaux.
Chez le Rhododendron ferrugineum, au contraire, nous n'avons d'orientation directe que dans le pied du placenta (Cf. Van Tieghem, op. cil., pl. XIV, fig. 476-488), région qui ne porte pas d'ovules, car on ne peut compter comme insérés à ce niveau les ovules fixés sur la partie descendante du placenta et dont l’innervation est reportée plus haut. En somme, dans le Rhododendron, le placenta n’est parcouru par des faisceaux directs que dans sa partie inférieure seulement.
Chez les Vaccinium et Pirola où l'axe est déprimé, il n'ya de même qu'un axe transitoire très court n'occupant que le pied du placenta.
En somme, 1l existe un axe avec faisceaux directs chez toutes les Ericacées étudiées, sauf chez l’Empetrum nigrum, qui n'a qu'un axe parenchymateux rudimentaire.
La nature au moins partiellement caulinaire du placenta des Ericacées est surtout frappante quand l'ovaire est jeune, parce qu'il est alors relativement volumineux et continue manifestement le récep-
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tacle. Le pied du placenta s’allonge assez tard relativement à sa partie supérieure ovulifère ; l'invagination de la base du style est également tardive (PI. I, 2 et 6).