‹ Recherches sur le sommet de l'axe dans la fleur des GamopétalesChapitre 6 sur 49 · IV V VI · texte numérisé non relu

IV V VI

Fig. 1. — Vaccinium uliginosum. [ à VI. Coupes transversales successives de la

fleur; s faisceaux sépalaires ; p faisceaux pétalaires; e faisceaux staminaux ; ce faisceaux carpellaires médians; c’ faisceaux carpellaires marginaux ; pl fais-

ceaux placentaires. — Gr. 10.

Les Vaccinium diffèrent des autres Ericacées par leur ovaire infère. Cet ovaire infère est de ceux où l’on retrouve distincts les faisceaux des différentes pièces florales. Selon que la fleur est tétramère ou pentamère, le cylindre central du pédoncule émet 8 ou 10 faisceaux et se continue en un axe à section carrée ; puis les faisceaux périphériques se divisent immédiatement en faisceaux sépalaires, pétalaires, staminaux et carpellaires médians et marginaux (Fig. 1 ci-contre) ; cette séparation des différents faisceaux a lieu dès la base de l'ovaire.

En résumé, chez les Ericacées :

1° L’axe se prolonge muni de son système vasculaire soit presque

une

jusqu’au sommet de l'ovaire (Erica), soit jusqu'à mi-hauteur, formant un pied caulinaire au placenta ;

20 C’est chez les types un peu aberrants (Vaccinium, Pirola, Clethra, Empetrum) que l'axe est le plus déprimé. C'est principalement alors que le style est invaginé par sa base de manière à venir appliquer l'extrémité du canal stylaire sur le sommet du placenta.

Note sur l’Empetrum. — A l'exemple de Braun et de Baillon, j'ai compris l'Empetrum parmi les Ericacées.

Le placenta est déprimé, avec un style gynobasique (comme chez

la plupart des Éricacées, en particulier les Vaccinium et les Piroles) ; l'ovule est ténuinucellé, unitegminé ; l'épiderme interne du tégument est différencié en une « couche de revêtement » ; le micropyle est inférieur et externe ; l’albumen est charnu ; le fruit et charnu (comme chez Vaccinium, Arbutus...) ; le pollen est en tétrades ; tous les tissus sont remarquables par la petitesse des cellules ; la paroi interne des cellules épidermiques est gélifiée ; les feuilles sont éricoïdes, reployées en dessous, parfaitement semblables à celles des Ledum, Loiseleuria, Oxycoccos (Gribelli, Gruber, Warming).

Enfin il y a un double périanthe bien différencié.

En voilà assez, il me semble, pour qu'il y ait entre cette prétendue Apétale-Tricoccée et la famille des Ericacées beaucoup plus qu'une superficielle analogie de port.

IT. — Ebéninées.

Drospyracées!.

On ne sait presque rien sur l'anatomie de la fleur des Diospyracées. D’après Alphonse de Candolle (Prodr. VIIT), l'axe se prolonge au centre de la fleur, muni de son système vasculaire, et s'éteint après avoir fourni les ovules.

! Baïllon, Hist. des plantes.

Gürke, in Engler et Prantl, Pflanzenfamilien, Theil IV, Abth. 1, 1891. Heim, Organogénie florale du Diospyros Lotus, Afas, 22° session, Besançon

Cr iD = Reprenons le Diospyros Lotus étudié par de Candolle (Fig. 2).

Fig. 2. — Diospyros Lotus. I à VII. Coupes transversales successives de la fleur.

Mèmes lettres que précédemment ; D disque. — Gr. 10.

La section du réceptacle est quadrangulaire; de l'anneau vasculaire quadrangulaire se séparent simultanément un grand nombre de faisceaux sépalaires, puis les faisceaux de la corolle et de l’androcée, et il reste au centre les faisceaux du pistil. Ceux-ci comprennent h gros faisceaux marginaux communs €’ et 4 gros faisceaux médians carpellaires oppositipétales c réunis par un arc de faisceaux plus petits.

Ensuite les arcs de faisceaux se séparent des groupes c et c’ et reconstituent un anneau fermé mais à xylème extérieur ; on reconnait du reste déjà dans cet anneau 4 groupes placentaires, pl.

Plus haut les fonds de huit loges uniovulées apparaissent ; enfin les huit loges communiquent au-dessus du sommet de l'axe ; les placentaires de deux carpelles contigus passent ensemble dans la cloison et chacun d’eux se rend à un ovule. En alternance avec les

vraies cloisons alternipétales, il y a quatre fausses cloisons purement parenchymateuses ét qui n’atteignent pas le centre.

À la base du style, la cavité ovarienne s'est transformée en une fente à quatre branches correspondant aux quatre carpelles.

Ainsi la nervation du pistil a lieu en deux temps : d’abord sont émis les faisceaux c et c’ de la paroi ovarienne et le cylindre central se reforme pour continuer sa course, mais il a déjà perdu la structure caulinaire normale, puis plus haut l'anneau vasculaire se dissocie définitivement en donnant les faisceaux ovulaires.

Suivons le développement du Diospyros Lotus où du Diospyros Kaki (PI. I, 8-r1).

Sur le plateau réceptaculaire se montrent d’abord les quatre feuilles carpellaires ; leurs bords reployés s’avancent vers le centre, mais sans l’atteindre, de telle sorte que le plateau réceptaculaire ou sommet de l’axe constitue une assez grande surface inutilisée, 4. Les bords du carpelle se renflent, s'affrontent et enfin oblitèrent l'orifice de la cavité ovarienne. Le sommet de l'axe s'élève progressivement ; tandis qu'au moment de l'apparition des carpelles 1l se trouve sur le même niveau que le fond des loges, ce qui est tout naturel puisque ce ne sont là que des parties d’un même plateau horizontal ; plus tard, au moment de l’anthèse, il est situé assez au-dessus. Le disque se développe tardivement, après le pistil.

Ainsi, pas plus au point de vue de l’organogénie qu'à celui de la nervation, il n'existe ici d’axe transitoire apparent ou réel. Loin d’être axile, le pistil du Diospyros appartient au contraire au type à placentation pariétale avec avortement de l’axe.

Il résulte de ma description que les carpelles sont épipétales. Eichler! avait, avec beaucoup de réserve du reste, émis l'idée qu'ils étaient alternipétales ; c'est à tort qu'il mettait en doute les indications de Schnizlein (Diospyros Virginiana) et d'Alph. de Candolle.

M. Van Tieghem a proposé récemment? de séparer les Diospyracées des Éricacées et des Sapotacées pour les placer auprès des Primulacées. Il a en effet découvert que les Diospyros et les Royena

! Eichler, Blüthendiagramme, 1, p. 334.

? Van Tieghem, Structure de quelques ovules et parti qu’on en peut lirer pour améliorer la classification, Journ. de Botanique, XII, juillet 1898.

= de —

ont un ovule bitegminé ; le nucelle très réduit est entièrement résorbé par le sac embryonnaire, de telle sorte qu'il avait jusqu'ici échappé à l'observation.

Au point de vue qui nous occupe, nous avons cependant trouvé chez les Ericacées des types qui par leur placenta bas, étalé, et leur sommet déprimé rappellent les Diospyros. Les Primulacées appartiennent à un type diamétralement opposé.

IT. — Primulinées.

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