‹ Recherches sur le sommet de l'axe dans la fleur des GamopétalesChapitre 8 sur 49 · ARE · texte numérisé non relu

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structure de l’axe lui-même, l’autre supérieure et stérile uniquement celluleuse, dont le développement est le plus souvent très borné, qui parfois s'accroît et s’allonge assez notablement, mais qui paraît se borner toujours, même dans ce cas extrême à devenir un petit cône logé dans la partie inférieure du canal stylaire. » (Op. cit., p.293.)

J'ai étudié cette partie supérieure stérile du placenta’ chez un certain nombre d'espèces.

Tandis que chez l'Aretia Vitaliana (PI. IT, 6) et l'Androsace villosa le sommet presque plat du placenta vient simplement s'appliquer contre la base du style, chez le Samolus Valerandi, le Lysimachia verticillata, V'Anagallis arvensis, le Cyclamen hederifolium, il y a un court cône terminal qui bouche le canal stylaire. Chez le Primula officinalis et le P. grandiflora, ce cône est très long et effilé (PLI, 13); il a à peu près la même forme chez le Dodecatheon Meadia (PI. I, 19). Enfin, chez le Coris monspeliensis (PI. II,5) etle Soldanella alpina (PI. I, 12), un très long appendice filiforme pénètre dans le style et s'y enfonce très profondément.

Ces variations sur lesquelles je vais m'étendre avec quelque détail me paraissent celles d’un véritable organe dont la nature morphologique et le rôle physiologique sont également dignes d'attention.

J'ai suivi le développement complet du pistil chez le Samolus Valerandi et chez le Coris monspeliensis.

Étudions tout d’abord le Samolus Valerandi (Pl: 174-718).

Bien que le Samolus soit inférovarié, les premiers stades du développement sont d'une identité remarquable avec ceux des autres Primulacées.

Les sépales sont très distincts, de telle sorte que le tube du calice est profondément fendu, presque nul (PI. I, 14). Il en est de même des pétales.

L'ovaire naissant a la forme d'un bassin circulaire peu profond bordé par une margelle de hauteur uniforme‘, que Payer compare

! Ge joli exemple de soudure congénitale ôte la possibilité de reconnaitre la position des carpelles qui a été fort discutée. Le fait qu'il y a cinq nervures principales épisépales dans la paroi ovarienne donne à penser que nous avons affaire à cinq carpelles épisépales. Mais ces nervures peuvent tout aussi bien être des marginales communes que des médianes. La déhiscence ne prouve rien non plus. Les anoma-

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pittoresquement à un chemin de halage. Le fond de la coupe réceptaculaire, d’abordconcave, puis plat, devient de plus en plus convexe; le sommet de l'éminence qu'il forme n’est situé qu’un peu audessous du plan horizontal qui passerait par le « chemin de halage » ; Payer l'indique trop enfoncé.

A ce stade, où l'ovaire cependant est ébauché, cette fleur inférovariée ne diffère vraiment en rien des fleurs pourtant supérovariées des autres Primulacées. Je n'inviterai pas le lecteur à comparer la figure 15 (PI. I) à la figure 2 (PI. Il) qui représente le même stade chez le Coris monspeliensis, parce que le long entre-nœud qui, dans cette dernière espèce, sépare le calice de la corolle donne au réceptacle une forme toute spéciale, la comparaison ne serait pas frappante, mais je le renvoie à la figure du Lysimachia quadrifolia donnée par Pfefter (loc. cit., pl. XX, 4), figure dont j'ai vérifié la parfaite exactitude: la similitude est surprenante.

Les bords de l'ovaire s'élèvent ensuite et le placenta remplit la cavilé ovarienne à la façon d’un gros mamelon renflé à Ja base CPE ET

Normalement, le placenta reste inclus dans la cavité ovarienne, mais dans une jeune fleur anomale extrêmement curieuse il débordait fortement. L'hypertrophie portait sur la portion terminale, cylindrique, légèrement efilée (PI. I, 16).

Je n'ai trouvé dans la bibliographie qu'une seule observation analogue. Elle est due à Duchartre et a été faite sur une jeune fleur de Dodecatheon Meadia (op. ci., pl. VIIT, 8) ; le placenta en est ovoïde, plus surbaissé que celui que je viens de décrire et ne s’eflile pas au sommet ; il déborde assez notablement de l'ovaire.

Le placenta se différencie ensuite en trois parties: une portion basilaire rétrécie ou pied, une portion dilatée portant les ovules et un cône terminal stérile. C'est à ce moment, quand apparaissent Îles ovules, que le cône terminal est à l'apogée de sa grandeur relative (PI. I, 18). Plus tardil ne forme qu'une partie insignifiante de la masse du placenta. Il oblitère exactement la base du canal stylaire, sans laisser le vide que Payer figure à tort.

lies enfin ont conduit à des opinions divergentes (Eichler, Bläthend., 1). Magnus a même observé un pistil de Primula sinensis biloculaire (d’après Celakovsky, Neue

Beitr. z. Foliolartheorie, p. 30).

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Passons au Coris monspeliensis (PI. IT, 1-5).

Le calice est très développé, très en avance sur les autres verticilles et il en est séparé par un long entre-nœud: Le calice formant de bonne heure un tube protecteur, c'est peut-être à cette circonstance que la corolle doit de naître tard et d’être au début fort réduite. Aussi le Coris eût été un bon exemple à citer pour ceux qui jadis ont essayé de démontrer que les étamines naissent chez les Primulacées avant les pétales ; l’étamine est déjà fort grosse et sur une section longitudinale on n'aperçoit pas de pétale du tout : le côté droit et le côté gauche de la figure sont entièrement pareils (PI. IT, 2). Mais, il ne faut pas l'oublier, avant que les étamines ne soient ébauchées, la jeune fleur possède un contour pentagonal ; pourquoi les sommets de ce pentagone ne seraient-ils pas, comme partout ailleurs, des pétales ? C'est ce que M. Frank a montré depuis longtemps.

L'ovaire est au début circulaire, à margelle de hauteur uniforme. Le placenta se différencie en une partie terminale eflilée et en une masse placentaire d’abord sessile. La partie eflilée est ici bien plus longue et plus grêle que chez le Samolus Valerandi; elle s’insinue dans le canal stylaire.

Le cône est à ce moment relativement très grand, il est aussi long que la partie inférieure du placenta, son sommet arrive à une petite distance seulement de l'orifice stigmatique (PI. IT, 3-4). Dans la fleur épanouie, c'est un long appendice cylindrique dont le calibre diminue brusquement à son entrée dans le style où il se termine en pointe (PI. II, 5). Il mesure environ la moitié de la hauteur de l'ovaire ; il ne remplit par conséquent qu'une assez faible partie du style, car celui-ci est, comme on sait, très long. Au-dessus de lui la cavité stylaire se réduit à une très étroite lumière.

Le placenta du Coris ne porte qu'un petit nombre d'’ovules (quatre ou cinq); ces ovules sont insérés à la partie supérieure du placenta ; la partie inférieure stérile est formée par un parenchyme à cellules arrondies volumineuses, à parois extrêmement minces, même les épidermiques, et qui sont bourrées d’amidon. L’accumulation d’amidon qui se produit dans cet organe et sa disparition au fur et à mesure que les graines mürissent, en indiquent suffisamment le rôle nourricier.

En résumé, le placenta du Coris monspeliensis bien différencié comprend :

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