‹ Recherches sur le suc d'aloèsChapitre 8 sur 13 · I. II. 111. IV. Théorie, l’équivalent · texte numérisé non relu

I. II. 111. IV. Théorie, l’équivalent

Carbone.» 6t,S4 60,28 60,42 61,54 600 G*.

Hydrogène.7,71 7,68 » 7,26 7,69 7b H*.

Oxygène.» 30,78 » 52,52 30,77 500 O*.

III. Acide aldisique et aldisates. — Ainsi que j’ai déjà eu l’occasion de l’observer, Yaldisol abandonné au contact de l’air ou soumis à l’action de l’eau chlorée ou de l’acide nitrique concentré, se transforme en un acide particulier auquel j’ai cru devoir donner le nom d'acide aldisique.

L’acide aldisique se présente sous forme d un liquide brun rouge beaucoup plus lourd que l’eau dans laquelle il est insoluble, et répandant une odeur de casloreum très-prononcée. L’alcool et l’éther le dissolvent en toutes proportions. Lorsque \’acide aldisique est anhydre, il bout à 250"“; mais il n’est pas volatil, ce qui permet de le séparer facilement de Valoïsol qu’il pourrait retenir. Si l’on mêle de 1 acide aldisique à des solutions de potasse ou de soude très-concentrées, il les sature satisfaire

disparaître leur réaction alcaline ; il s’unit aux carbonates alcalins sans déplacer l'acide carbonique. Toutes ces combinaisons se présentent sous forme de masses amorphes.

L’aloïsate de baryte constitue une poudre insoluble d’un blanc terreux et très-sensiblement acide; on l’obtient par double décomposition avec le sel de potasse et le chlorure de baryum.

Toutes ces combinaisons salines se séparent en leurs éléments, même dans le vide, lorscpi’on veut les dessétdier. En les traitant alors par l’étber, on enlève l'acide et la base reste libre. Comme, de plus, l’acide aloïsique sê résinilie très-facilement à l’air, il m’a été impossible d’obtenir une concordance sutïisanle dans les analyses, elles nombres que j’ai trouvés diffèrent trop entre eux pour que je puisse les présenter. Je le regrette d’autant plus que, l'aldisol s’écartant par sa composition de la formule générale des aldéhydes, je tenais à obtenir, sur la conqjosilion de l’acide qui en dérive, des résultats exacts.

On sait, en elTel, (|ue les aldéhydes qui se trouvent si naturellement placés entre les alcools et les acides monobasiques, ne contiennent que deux équivalents d’oxygène. Sous l’influence des agents d’oxydation, deux nouveaux équivalents d’oxygène entrent dans la molécule de l’aldéhyde qui est transformé en acide monobasique.

Ainsi, Vacétol : C''' lE* -|- O" se change en acide acétique : C'' rE* -}- 0'^ en fixant De même Vœnanthol : C OE' -f- 0" ne diffère de Yacide œnantliylique: C 'lE''-f-O'' (|ue par deux écjuivalents d’oxygène. J’étais donc curieux de savoir si Yaloisol : C"H'’0’ passerait à l’état d'acide aloïsique en observant un ou deux équivalents d’oxygène. Dans le premier cas, Yacide aloïsique aurnh eu pour formule : C’ir'O''*, et aurait correspondu, pour la proportion d’oxygène, aux acides monobasiques. Dans le second, sa formule aurait été : C“1I“0^ et se serait écartée du symbole général des acides monobasiques; mais la cpiantité d’oxygène absorbée pendant la conversion de l’aldéhyde aloïsique en son acide correspondant, aurait été la môme que celle ejui est nécessaire aux autres aldéhydes pour subir une transformation analogue. Les difficultés que j’ai éprouvées pour obtenir un acide afoï,viV/He d’une composition constante m’ont empêché de résoudrcî ce problème.

F.a formule de Yaloïsol ne cadre pas non plus, sous le. rapport de l’hydrogène, avec le symbole général des aldéhydes; il renferme, en effet, deux équivalents d’hydrogène do moins que la théorie ne l’indique, sa formule étant au lieu de Cll^O^ Je ferai observer qu’on a peut-

être appliqué avec trop de rigueur à la formule générale des aldéhydes, une règle à laquelle on trouvera sans doute un jour plus d’une exception. Des principes non moins absolus établis pareillement pour la composition des alcools ont été renversés par M. Laurent (1), qui a démontré que l’acide carboliquc : HO, Jouait le rôle fl’un alcool dans

toutes ses combinaisons chimiques, quoiqu’il s’écartât singulièrement par sa composition delà formule générale attribuée à cette classe de corps.

Je puis donc en conclure que l'aloïsol doit dire ramjé , d’après ses fonctions chimiques , dans la classe des aldéhydes , quoiqu'il diffère de ces corps par sa composition.

ACTION DU CHLORE SUR l’aLOÈS.

§ IX. — L’action que le clilore exerce sur l’aloèsen solution a(|ueuse ou alcoolique a été fort peu étudiée jusqu’ici. On sait seulement qu’il se produit alors une espèce de résine assez semblable à celle qui résulte de l’action prolongée de l’air atmosphérique(2). Ce sujet mérite cependant d’autant plus d’être examiné que les cor|)S chlorés qui se forment dans ces circonstances présentent des propriétés caractéristiques et affectent des formes cristallines très-nettes.

1. — Aloès en solution aqueuse. Je me suis constamment servi pour toutes les expériences qui vont suivre, d’une solution d’aloès faite à froid et évaporée aux deux tiers afin d’opérer sur un moindre volume de liquide. Lorsqu’à travers une pareille solution on fait passer un courant de chlore très-rapide , il se sépare une matièrejaunefloconneuse, que les bulles de gaz soulèvent, jusqu’à la surface de la solution, sous forme de

(1) Revue scient., l. V, p. 235; VI, 63; IX, S.

(2) BebzÉLIDS, Traité de Chimie. 1833, t. V, p. 357.

petits sphéroïdes à minces parois. Ces sphéroïdes s’agglomèrent les unS aux autres juS(iu’à ce que leur poids devienne assez considérable pour qu’ils soiententralnésau fotiddu vase. A inesureque la production de cette matière jaune diminue, on voit la solution aloélique prendre toutesles nuances du vert de vessie, puis la teinte se communique au précipité jaune lui-même et ne (list)araît que si on continue pendant longtemps encore l’action du chlore; après 24 ou 36 heures d’un courant soutenu, le précipité aloélique, qui a déjà passé du jaune pûle au vert foncé, se décolore et disparaît entin converti en acides oxalique, chlorhydrique et carbonique comme la pluparldes malièresorgani(|uessoumisesau même irailemcnl. Si l’on arrête le courant de chlore au moment où la solution aloélique et le précipité jaune ont pris une couleur verte très-prononcée et qu’on décante le liquide acide surnageant, on remaripie (|iiü le fond Cl les parois du vase sont tapissés d’une matière résinoide et foliacée présentant rapparenced’arhorisationset qu'il est faede de délayer dans l’eau on une sorte do pulpe. Cette rnatièrojelée sur un tiltre a été lavée à l’eau distillée bouillante quia entraîné, outre l'acide chloi hydriijue, une quantité notable de sulfate de chaux et d’acide oxali(|ue.

La masse déjà épuisée par l’eau est traitée par l’alcool froid qui dissout unerésinebrune(a), puis par l’alcool bouillant, jusqu’à ce quece liquide prenne une teinte d’un bleu rosé. Il ne reste plus alors sur le liltre qu’un dépôt floconjieux légèrement bleuâtre qui est en grande partie composé de sulfate de chaux cl d’albumine végétale coagulée (?). Cn évaporant la solution qui provient du traitement par l’alcool bouillani, on obliont/cp/Ms soMDcnt un corps chloré nouveau qui présente dans ses premières cristallisations la forme et l’apparence de l’acide gallique et auquel j’ai donné le nonuie cliloraloïle. Pour le purifier, il subit de laver Içscristaux à l’alcool froid jusqu’à ce qu’ilssoient parfaitement blancsctdc le faire cristalliser une ou (leux fois dans l’alcool bouillant. La préparation de ce corps, sans être dilïlcile, est très-capricieuse, et il an ive quelquefois qu’en suivant exaciemcnt le procédé qui vient d’être indi(|ué, on n’en obtienne pas une trace, .l’avais d’abord pensé qu’il ne se formait que sous rinfiucnce delà radiationsolairc, niaisj’ai recon'nu ensuite (ju’on pouvait le préparer également à l’abri de la lumière. Ces anomalies dans la production des corps

rhlorogénés ne sont pas du reste nouvelles, (>l M. Malaguti (d) en a cité un exemple remarquable au sujei de la préparalion de l’éllier perchloré.

A, Propriétés du cliloraloila. — Le cldoraloïle ciislallise en aiguilles légères et soyeuses, d’un blanc éclalani, très-solubles dans l’alcool bouillant et l’éther, presque com|ilctement insolubles dans l’eau et l’alcool froid. Lorsque les solutions alcooliques sont très-concentrées, (dles se prennent en gelée par le refroidissement, et forment une sorte d’empois feutré. Si on soumet le cldoraloïle à l’action de la chaleur, il fond vers 140“'= en un li(iuide transparent qui se prend par le refroidiss( ment en une masse cristalline composée de parallélipipèdes microscopi(pies. Ln cbaulîani du ebloraloïle dans unecornue, jusqu’à la lempéraluro de 155“', il bout, puis distille sans laisser de résidu. De nombreux cristaux se condensent dans Iccol delà cornue, cl présentent la môme formeet les mêmes propriétés que ceux qui proviennent de la simple fusion à 140*'. Le ebloraloïle se dissout en jaune dans les acides sulfurique, nitrique, acétique, et.se décompose. Lorsqu’on l’agite avec une solution de potasse ou de soude, et qu’on porte ensuite à l’ébullition, il est complètement décomposé et donne naissance à un mélange de chlorure de potassium ou de sodium et de carbonate alcalin. L’ammoniaque absorbe des quantités considérables de chloraldile. La solution passe par toutes les teintes du jaune et du rouge, et précipite par les acides en flocons jaunâtres n’ayunt aucun rapport de composition avec le choraloïlo. Si on évapore la liqueur atninoniacalcàune douce chaleur, on obtient simplement des cristaux de sel ammoniac. L’eau de baryte dissout très-facilement le ebloraloïle en pourpre : la solution abandonnéeà une évaporation spontanée se décolore peu à peu à mesure qu’il se dépose des cristaux de chlorure de baryum. Le ebloraloïle, traité par la potasse en fusion ou en solution trèsconcentrée, ne donne pas d’acide particulier. H se forme simplement du carbonate et du chlorure de potassium,

lî. dna/gse du cldoraloïle. Dosage du c/i/orr. ~ Le chlore contenu dans le cldoraloïle a été dosé à la manière ordinaire en calcinant cecor|.savec

i\ 1 Annales de chim. et de phys .. 3‘ série, t. XVI, p. 6.

lin excès de chaux caustique parfaitement pure et préparée avec le marbre blanc; seulement, au lieu d’opérer dans un tube àanalyse, j’ai trouvé plus commode de me servir d’un petit creuset de platine que je pouvais débarrasser [dus complètement du mélange calcaire Après la calcination le mélange do chaux et de chlorure était sursaturé par l’acide nitrique pur, cl le chlore dosé au moyen d’une liqueur titrée que j’ai pi'éparée de la manière suivante ;

lAqueur normale. J’ai dissous à -H I5“® JBr d’ai'gent, réduit du chlorure (1), dans trois centilitres d’acide nitrique pur auxquels j’ajoutai ensuite 7 ( enlilitres d’eau. Je répétai quatre fois cette opération, de sorte (|ue le volume de la liqueur normale s’élevait à 5 décilitres contenant 5*'' d’argent. Chaque centimètre cube de la liqueur normale contenait donc i centigramme d’argent pur correspondant à 0s%0133 de chlorure d’argent précipité, et par suite à 0033 de chlore.

Liqueur décime. La liqueur décime fut préparée en mêlant i partie de la liqueur normale à 9 parties d’eau distillée. Chaque centimètre cube do la liqueur déciine contenait donc 1 milligramme d’argent. Chaque milligramme d’argent correspondait à O*"',00133 de chlorure d’argent et à 0“",00033 de chlore.

Ceci posé , voici les données de l'expérience :

I. 0*^351 de matière séchée à 100“ ont exigé , pour la précipitation complète du chlore , 23 centim. cubes de litiueur normale et 50 centim. cubes de liqueur décime , ce (|ui correspond à 23,47 de chlore 0/0.

II. 0'",249 de matière séchée à 100“ ont exigé 18 centim. cubés de liqueur normale et 9 centim. cubes de liqueur décime, ce qui correspond à 23,98 de chlore 0/0.

III. 0",598 de matière séchée à 100“ ont exigé 30 centim. cubes de liqueur normale et 27 centim. cubes de liqueur décime, ce qui correspond à 23,55 de chlore 0/0.

(1) L'argent dont j’ai l'ait usage a été, après la réduction du chlorure par l’hydrogène, lavé à l’ammoniaque pour enlever la partie non réduite, puis fondu à la coupelle, brossé et séché à lOO®®.

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