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DE LA GLANDE PINEAIE

Cuvier est le premier, je crois, qui ait donné le nom de f/hnidi' pinéale h ce petit corps ipii, chez les Poissons, se trouve situé entre les lobes optiques et les hémisphères; cette dénomination

(1) l'I. Vl.fig. 3^?î'.

(2) l'I.I, (ig. il.

(3) PI. 1, fig. 1 /( ;/• (.i) PI. I, lig. lOff.

(5) PI. I, fig. l'J g II.

a été ensuite adoptée par Carus, Serres, Gottsche. La glande pinéale m'a paru exister d'une manière à peu près constante chez les Poissons osseux; je l'ai trouvée chez le Brochet, chez tous les Cyprins, les Pleuronectes, l'Anguille, le Congre où elle est très apparente, la Lote, le Merlan, la Perche, le Saumon, etc. Cet organe se présente habituellement sous l'aspect d'un petit corps arrondi, placé dans l'intervalle qui sépare les lobes optiques des hémisphères, par exemple chez le Saumon, le Congre, l'Anguille, la Carpe, le Brochet. Dans certains types comme le Merlan, il est allongé, piriforme, et on le voit s'avancer au-dessus de l'intervalle des hémisphères dont il déborde même quelquefois l'extrémité antérieure (1).

Les rapports de la glande pinéale avec le cerveau sont assez difficiles à établir; ainsi chez le Merlan, la glande pinéale est supportée par un long pédicule entouré de vaisseaux, s' enfonçant entre les lobes optiques et les hémisphères. Ce pédicule s'amincit de plus en plus à mesure qu'il descend, et au voisinage de la commissure grêle, il devient si ténu, qu'il est difficile de décider s'il s'attache à celte commissure, ou bien s'il se perd dans le tissu membraneux de la pie-mère. La dernière opinion me paraît cependant la plus probable; du reste, les vaisseaux qui accompagnent ce pédicule se continuent directement avec ceux de la pie-mère qui s'enfonce dans l'espace interpédonculaire. Chez le Merlan, la glande pinéale se présente sous l'aspect d'un petit sac membraneux, transparent, piriforme, supporté, comme nous l'avons dit, par un très long pédicule. A son extrémité antérieure, ce sac adhère à la face interne de la dure-mère par du tissu cellulaire très lâche et au moyen de quelques vaisseaux; sa surface est recouverte par un lacis de vaisseaux dont quelques-uns descendent le long de son pédicule. Son tissu se compose d'une enveloppe de nature celluleuse à l'intérieur de laquelle on rencontre : 1" une matière fondamentale finement granuleuse; 2" des vésicules à contenu transparent, sans noyau ni granulations à l'intérieur, généralement arrondies, mais prenant une forme polygonale quand elles se trouvent pressées les unes contre les autres; leurs dimensions sont très variables, elles oscillent généralement entre 2/100 et i/300 de millimètre; ce sont évidemment des gouttelettes de matière albumineuse; 3° des cellules avec un noyau à l'intérieur; 4° des noyaux libres, offrant généralement de 0,003 à 0,004 de millimètre de diamètre ("2). Chez d'autres Poissons osseux, la glande pinéale m'a paru offrir la même composition que chez le Merlan ; chez la Carpe, elle est uniquement membraneuse. Seulement cette glande est presque toujours sessile, par exemple chez les Cyprins (3), le Saumon (4), le Congre (5).

Si nous passons au groupe des Cartilagineux, nous trouvons aussi une glande pinéale bien développée chez les Lamproies. Cette glande, de forme ovoïde, se trouve placée sur la ligne médiane entre deux tubercules pédonculaires volumineux qu'elle relie l'un à l'autre; elle présente à l'intérieur une petite cavité (6). Chez les Baies et les Squales, la glande pinéale parait ne plus exister : à l'endroit qu'elle devrait occuper, au-dessus de l'espace interpédonculaire, on n'aperçoit autre chose qu'une membrane vasculaire sans apparence d'aucun organe particulier.

(1) Celte situation avancée de la glande pinéale m'explique pourquoi Gottsche n'a pas trouvé cet organe dans le genre Gadus, excepté, dit-il, chez le Gailus Lota.

(2) l'i.Il.fig. 1 p, fig. 12 el 13.

(3) PI. V, fig. 1 el 2 p.

(4) PI. VllI, fig. 6 p.

(5) PI. VI, fig. 1 p.

(6) PI. I, Og. 19 et 21 p.

DES LOBES CÉHÉBKAUX. St

DES LOBES CKUEBRAUX

Les lobes cérébraux on béinispbères (1) des Poissons osseux sont toujours doubles et formés de deux masses distinctes, se touchant simplement sur la ligne médiane et reliées à leur base par une étroite commissure. La couleur de ces lobes est grisâtre et leur tissu se déchire avec une extrême facilité; leur l'orme présente d'assez nombreuses variétés : ainsi, tantôt elle est assez régulièrement arrondie (Lote) ('2), tantôt allongée et un peu quadrilatère (Goujon et Cyprins en général), tantôt légèrement conique (Chabot) ; elle offre encore une foule d'autres nuances intermédiaires que nous croyons inutile de signaler. La surface des hémisphères présente parfois de légères circonvolutions comme chez le Gadus «^oZ/vf (3); ces circonvolutions sont surtout bien prononcées chez le Chabot et chez le Merlan où elles m'ont paru affecter une certaine symétrie dans les deux lobes (4). Chez la Carpe, les lobes cérébraux montrent un ou deux sillons dont l'iui est très marqué ; le plus ordinairement cependant, ils sont lisses ou ne présentent que (piclques sillons peu apparents, chez la Lote et le Brochet par exemple (5).

Le volume des lobes cérébraux (nous ne parlons que du volume relatif) n'est pas moins sujet à varier que la forme. Comparés aux lobes optiques, les hémisphères sont petits dans les Trigles, les Cyprins, le Brochet; ils sont aussi gros ou presque aussi gros que ces lobes dans la Lote (6), l'Anguille (7), le Chabot. Il n'existe pas de rapport constant entre le lobe optique et les hémisphères parmi les divers représentants d'une même famille; ainsi, les hémisphères qui sont presque aussi gros que les lobes optiques dans la Lote, sont beaucoup plus petits que ces mêmes lobes chez le Merlan. Chez la Carpe, ils sont petits proportionnellement.

La structure des lobes cérébraux est très simple; leur tissu est formé d'une masse de substance grise, au sein de laquelle pénètrent des faisceaux de fibres blanches provenant des pédoncules cérébraux. Sur de minces coupes verticales obtenues sur les hémisphères du Barbeau, j'ai pu suivre les faisceaux blancs jus(iu'à une distance assez rapprochée de la face supérieure; on voit ces faisceaux se dissocier peu à peu à mesure qu'ils s'élèvent, et les fibres qui les constituent se perdre au milieu de la substance grise d'où elles tirent leur origine. La substance grise se compose d'une matière fondamentale granuleuse, au milieu de laquelle se trouvent répandues en abondance des cellules nerveuses multipolaires de diverses dimensions. La commissure des hémisphères (commissiira inter-

(I) ubcrcula olfacloria mperiora,lVMcv\ CollicuU ncrvorum olfactKS, E\ie\ ; Tuberculaanterioracerebri, Scarpa; héinisplurcs, Arsakyi, Carus; Gaïujlia nervi olfactoru,\\eheT ; lohes antérieurs, Ciivior; lobes cérébraux, Serres, Desmouiins ;. Lobi olfudori, Gottstihe.

(-2) l'I. il!, fig. 10 h.

(',]) (1(im|icr avait di-jà signalé ce fait : « Dans les Morues et les Egretins, dit-il, le cerveau est formé de deux globes antérieurs qui ont des incisions comme notre cerveau, etc.; ils donnent naissance aux nerfs olfactoires. »

(l) PI. II, lig. 1 h; pi. m, lig. oh.

(5) l'I. m, lig. 10 A; pi. vil, lig. 1 /(.

(0) Ualler dit en parlant de la Lote : « Tubercula olfactoria superiora grandia, pœne thalamis opiicis icqualia. »

(7) PI. VL fig. 13 /(.

lobularis de Gottsche) est formée par de la substance blanche dont les fibres m'ont paru provenir de trois sources : des pédoncules cérébraux, des hémisphères et des nerfs olfactifs (i). Cette disposition peut être constatée avec assez de facilité chez le Congre.

Chez les Esturgeons qui composent la première famille des Chondroptérygiens, les hémisphères présentent encore les caractères que nous venons d'indiquer pour les Poissons osseux. Ce sont deux masses solides, séparées sur la ligne médiane, oîi elles sont réunies par une simple commissure (2). Dans les autres Poissons cartilagineux, les hémisphères présentent, au contraire, des différences importantes que nous allons faire connaître.

Dans les Lamproies, les hémisphères sont peu développés et formés de deux lobes distincts; lorsqu'on les écarte l'un de l'autre, on aperçoit sur leur face interne une petite fente qui conduit dans un ventricule très étroit et peu profond creusé dans l'épaisseur de chaque lobe (3). Chez l'Ange (Squalus squalina), les hémisphères sont également peu développés; leur volume dépasse à peine celui du lobe opiique ; mais ils constituent une masse unique, quadrilatère, élargie en avant et dont les angles antérieurs supportent les nerfs olfactifs. Sur le milieu du bord antérieur on aperçoit une échancrure profonde qui divise cette partie en deux lobes distincts. A cette échancrure succède en arrière une simple gouttière qui règne sur le milieu de la face supérieure. Si l'on enlève la paroi supérieure de ce renflement, on reconnaît que ses parois sont minces et qu'il est creusé d'une assez vaste cavité communiquant largement en arrière avec le troisième ventricule et se bifurquant en avant pour se prolonger dans chaque hémisphère (4).

Chez le Squalus mustehs, les hémisphères sont aussi constitués par un renflement unique, mais très volumineux, et qui l'emporte en grandeur sur toute autre partie de l'encéphale. La forme de ce renflement est à peu près celle d'un quadrilatère dont le bord antérieur serait plus élargi que le postérieur. De chaque angle antérieur naît un gros pédicule qui va se perdre, après un court trajet, à la face postérieure d'un tubercule olfactif très volumineux. La surface des hémisphères est lisse et dépourvue de toute apparence de circonvolutions; on aperçoit seulement sur la ligne médiane un sillon léger qui s'avance jusque vers le milieu de la face supérieure où il se termine par une petite dépression punctiforme de laquelle partent encore habituellement deux faibles sillons transverses, un peu obliques en avant. Lorsqu'on fait une coupe horizontale des hémisphères, on constate dans leur intérieur l'existence de deux petits ventricules placés de chaque côté de la ligne médiane, et séparés l'un de l'autre par une épaisseur assez considérable de tissu cérébral. En arrière, chacun de ces ventricules se recourbe en dehors en s'amincissant, et se continue avec un canal étroit creusé dans l'intérieur du pédoncule olfactif. En outre, chaque ventricule présente deux autres orifices : l'un d'eux est placé sur le fond, tout à fait en avant, et donne passage à un vaisseau; l'autre est situé en arrière et occupe le sommet de la courbe décrite par le ventricule, au moment oi!i celui-ci se continue avec le pédoncule olfactif. Ce second orifice communique avec le troisième ventricule au moyen d'un court canal que traversent des vaisseaux et un mince prolongement de la pie-mère.

(1) PI. X, fig. '.); pl.O, fiy. ■ôhhh'.

(2) PI. I, fig. 12, M/(.

(3) PI. I, lig. 19,21 h.

(4) PI. I, fig. 10 et II h.

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