DES TUBERCULES OLFACTIFS
On pourrait donc, sans lorcer les analogies, rassimilcr au liuu de .Munio ijui, chez riionune, met égalcnienl en rapport le Iroisième ventricule avec les ventricules latéraux (1).
Les expériences de Desmoulins et Magendie sur laCarpc et celles que j'ai faites sur l'Kpinoche, ont démontré (juc, chez les Poissons osseux, l'ablation de l'un des lobes cérébraux, mi même celle des deux lobes à la l'ois, ne détermine auiiiu liouble appréciable. Surdos Épinoches dont les lobes cérébraux uni été enlevés, la vue et l'inlelligence semblent pari'ailrnieiit conservées, les mouvements restent parraitement réguliers; quand on cherche à saisir l'animal, ou ipiand on lui suscite des obstacles, il s'échappe et se dirige avec la même agilité, avec la même sûreté qu'avant l'opération. Il est aisé de s'assurer de l'exactitude de ces laits sur des Kpinoches, ces Poissons pouvant vivre plusieurs jours et même plus d'une semaine après avoir été privés de leurs hémisphères.
En songeant à l'état de stupeur dans le((uel l'ablation des lobes cérébraux plonge les Mammifères et les Oiseaux, on ne peut se défendre d'un certain étonnement en voyant l'ablation des mômes lobes ne déterminer aucun trouble chez les Poissons. Il pourrait même en résulter des doutes touchant la nature de ces lobes, si celle-ci n'était confirmée par des preuves anatomiques d'une valeur irrécusable. Mais, d'un autre côté, de récentes expériences sur l'encéphale de la Grenouille m'ayant démontré que, chez ces animaux, on peut détruire la moitié antérieure au moins des lobes cérébraux, sans apporter de troubles notables dans les manifestations intellectuelles, il me semble établi qu'à mesure que l'on descend dans la série des Vertébrés, les hémisphères perdent de plus en plus de leur importance fonctionnelle, comme ils perdent aussi de leur importance en volume. Le siège de l'intelligence paraît les abandonner pour se reporter en arrière vers les lobes optiques. Chez les Poissons osseux où ces derniers lobes acquièrent une haute prépondérance et une grande complication, ils semblent être devenus le siège exclusif des facultés intellectuelles. La destruction des lobes optiques jette aussitôt, en effet, le Poisson dans la stupeur, tandis que l'ablation des lobes cérébraux paraît ne lui l'aire perdre aucune de ses facultés.