‹ Recherches sur le système nerveux des poissonChapitre 15 sur 46 · DES LOBES INFÉRIEURS · texte numérisé non relu

DES LOBES INFÉRIEURS

par le Irir/oniim fissin»; en ai-rière ils sont beaucoup plus rapprocliés et ils se louchcut généralement sui' la ligne médiane où Fou n'aperçoit entre eux qu'un leuillet vasculaire mince provenant de lapiemérc; dans leur moitié antérieure, ils se trouvent conlondus avec la base du cerveau; dans leur moitié postérieure, au contraire, ils sont libres et simplement appliqués sur la face inférieure des pyramides. Les lobes inférieurs sont Imiiduis très développés chez les Poissons osseux; leur couleur est lia bi lui' llement d'un gris iiiiilni me ; ilaii< quclqurs espèces cepciiilaiil, ciuuiiif li; Hareng el l'Alose, j'ai vu les fibres blanches de l'inléiii ur s'irradier jusque près de la surface. Selon Goltsche, on voit aussi chez le Trifjla Giinicmhis une élégante irradiation de fibres blanches passer du côté intérieur au côté extérieur. La surface des lobes inférieurs est presque toujours lisse ; cependant chez le Hareng ainsi que chez l'Alose, cette surface m'a offert des circonvolutions bien prononcées.

Les lobes inférieurs présentent le plus souvent un ventricule à l'iulérieur : ce ventricule est très développé chez le Congre; il s'étend en arrière jusque vers l'cxtrémilé de chaque lobe et il s'ouvre largement en avant dans la cavité de Ylnfandibulum, de telle sorte que les deux ventricules peuvent en réalité communiquer l'un avec l'autre. Dans l'inlérieur de chaque ventricule, on aperçoit dt's ramifications vasculaires qui pioviiMinent d'un vaisseau de [' infimdibulam {;l) Al existe également un ventricule chez l'Anguille et chez tous les Cyprins (2). Chez hï Brochet, chacun des lobes inlérieurs présente une cavité assez étroite, aplatie de bas en haut et beaucoup jibis rapprochée de la face inférieure que de la face supérieure; celte cavité communique aussi en avant avec Vinfiindibulnin. Selon Gottsche, enfin, les lobes inférieurs seraient pourvus d'un ventricule chez VEsox helonc, les Tri(/la,Scdmo,Pleuroiicctes, Si/iu/nathus, GoOiiis, Ammodi/tes, Caranx, Scomber, Cottus et Agonus. Arsakyi donne aussi comme étant creux les lobes de la Cœpola Tœnia, et Cuvier ceux du Mutins SiirmulelHS. Les parois des ventricules sont habituellement grisâtres et recouvertes de stries vasculaires; Gottsche dit qu'elles sont d'une i)lancheur éblouissante chez le Trif/la Gurnardus. Les lobes inférieurs m'ont paru solides dans le Mei'lan el dans la Lote; ils le seraient également, d'après Arsakyi, chez, hîs Tcirodoii Mnla, Uraiioscopns scaber, Scorpcna Rascassa, Trachinus Draco, Xiphias Gladius et Spams. Du reste, ce sont là des distinclions (pii n'uni j)as luie grande importance, car il peut et il doit airiver que, dans certains cas, la cavité des lobes se trouve tellement réduite (ju'elle deviennedilficilement appréciable. Le fait inqiortant à noter, c'est que chez certaines espèces, comme chez le Congre, l'Anguille, les Cyprins, le Brochet, les lobes inférieurs |iié?onfont une cavité plus ou moins large communiquant avec Viiifiiudibii/ntii.

Les lobes inférieurs sont toujours au nondjre de deux; dans certains cas cepondanl, au lieu de deux loi)es, il semble en exister quatre, par exemple chez le Hareng où chaque lobe présente, sur le côté et un peu en avant, une fente oblique qui le jiarlage en deux segments d'inégale grandeur. Plusieurs anatomistes avaientdéjà constaté ce fait, mais ils en ignoraient la cause; j'ai reconini ([ue celle disposition est le résullal (hi passage du nerf de la troisième paire(3). Ce fait est surtout évident sur les cerveaux dont le tissu a été raffermi par l'innnersion dans l'alcoid on \c lii|niile salin et chez lesquels la troisième paire est restée intacte au moment de l'extraction du cerveau hors du crûne. On voit, dans ce cas, le nerf oculo-mntcur descendre dans le fond de la scissure inicriobaire, comme

(I) l'I. VI, lig. i i, fig. .") /;■ (/, fig. (; el 7 (.

("2) Le ventricule des lobes inférieurs avait déjà été vu chez les (Cyprins par llalier.

(3) PI. VIII, lig. '2 et 5 (■ j '.

dans un véritable canal qui sérail ouvert sur le côté externe. Le nerf ne contracte du reste aucune adhérence avec le tissu environnant, et lorsqu'on l'arrache, les parois qui l'entourent restent dans un état d'intégrité parfaite. J'ai retrouvé chez l'Alose la même disposition que chez le Hareng, et je crois m'être aperçu qu'elle existe aussi, quoiqu'à un degré beaucoup moindre, dans d'autres espèces.

Les lobes inférieurs sont composés de substance grise, au centre de laquelle s'épanouissent des faisceaux défibres blanches qui parfois s'irradient jusqu'à la surface (Hareng, Alose). La substance grise est formée d'une matière fondamentale granuleuse où se trouve une multitude de très petites cellules multipolaires et des fibres nerveuses primitives. Les faisceaux de substance blanche qui occupent le centre des lobes proviennent de la commissure des pyramides, des pyramides et du faisceau latéral.

Les lobes inférieurs des Poissons cartilagineux sont généralement moins développés que ceux des Poissons osseux; ils offrent une grande tendance à se confondre sur la ligne médiane et ils possèdent ordinairement à l'intérieur une cavité plus ou moins vaste, en communication avec VinfuniUbulnm. Mais tous ces caractères sont loin d'être également accentués. Ainsi, chez l'Esturgeon, les lobes inférieurs sont bien développés et bien distincts comme chez les Poissons osseux. Chez l'Ange [Squalus srjuatiiia), au contraire, les lobes inférieurs sont très petits et creusés à l'intérieur d'une cavité unique, très vaste, limitée seulement par une coque mince de substance nerveuse. Cette cavité communique très largement, d'une part avec le troisième ventricule, et de l'autre avec la tige pituitaire qui est creuse et fort large.

Quant aux fonctions des lobes inférieurs, elles sont restées inconnues jusqu'à présent. Selon Pallas, Treviranus, Arsakyi, Cuvier, Desmoulins, ces lobes enverraient des fibres aux nerfs optiques et contribueraient par conséquent à l'exercice de la fonction visuelle ; d'autres anatomistes, tels que Haller, Carus, Gottsche, sont d'une opinion entièrement opposée. Quoi qu'il en soit, il me paraît établi qu'il n'existe aucun rapport direct entre le volume des lobes inférieurs et celui des nerfs optiques. La position des lobes inférieurs sur la base de l'encéphale est, du reste, un obstacle à peu près insurmontable pour toute recherche expérimentale.

D UN PETIT CENTRE NERVEUX QUI SE TROUVE EN RAPPORT AVEC LE FAISCEAU POSTÉRIEUR DE LA COMMISSURE DE HALLER CHEZ l'ÉPINOCHE

Sous le nom de commissure de Haller, on désigne un ensemble de fibres nerveuses transverses qui, dans le cerveau des Poissons, se montrent à la face inférieure dans l'espace compris entre les nerfs optiques et l'orifice de Vinfimdibuhm. Cette commissure, ainsi que le fait remarquer avec raison Gottsche, peut être considérée comme étant formée de deux parties parfois bien distinctes, l'une antérieure qui établit une liaison entre les nerfs optiques, l'autre postérieure qui environne en manière de demi-lune le tri<jomim fissum. C'est de cette dernière partie que je me propose de m'occuper ici ; afin d'éviter toute confusion, je la désignerai sous le nom de commissure du trigone. La commissure du trigone chez l'Épinoche se présente sous l'aspect d'un cordon blanc, étroit, nettement délimité et facile à suivre dans l'intérieur de la substance grise environnante. Lorsqu'elle a été isolée dans toute sa longueur, sa forme est à peu près celle d'un demi-cercle ou plutôt d'un

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fer à cheval dont la concavité rei^arde ea ariii re cl dont le soinnieL embrasse l'onficc inférieur de Vinfiii/ili//i(hiiii. (lliacuiic di's lniiiiclies de ceLte courbe se porle en arrière en ((iiitournaiit r//;/"»/;dibubim entre la base du lobe o|)(i(|ue et la base du lobe inférieur correspondant; elles s'arrêtent l'une et l'autre à peu près à la hauteur (riiiic li^uie transversale qui passerait par le tiers antérieur des lobes inférieurs. Leur mode de terminaison oiJ're une particularité des plus curieuses. Au lieu de se perdre dans les tissus environnants, chaque branche aboutit à un petit noyau de substance nerveuse, à contour parfaitement délimité, situé dans l'épaisseur de la substance grise qui constitue le pédoncule du lobe inférieur. Ce petit noyau, le nodule commissund , comme je l'appellerai désormais, est appendu comme un grain de raisin ii l'extrémité de la bandelette commissurale ; sa forme est arrondie ou légèrement ovalairc, son volume de 1/3 de millimètre environ; il s'isole de la substance grise environnanleavec une telle lacililé, (pi'au premief abord on serait tentéde le prendre pour nn petit ganglion (1). Ses rapports avec la cummissuie du trigone ne sont pas, du reste, les seuls ((u'il présente. De sa face inférieure on voit se détacher un pinceau de fibres qui plonge dans le lobe inférieur correspondant; de sa face supérieure part un autre faisceau qui va se perdre dans la base du renflement semi-lunaire du niènif; côté ; du boid antérieur enfin, et un peu en dehors du point d'implantation de la commissure du trigone, se détache un troisième faisceau qui se porte directement en avant jusqu'à la base du nerf optique dans lequel on voit passer quelques-unes de ses fibres; le reste du faisceau se confond avec la substance blanche ([iii borde en arrière le troisième ventricule.

La structure du nodule commissural méiile au plus h;nit point de fixer l'attention. On peut l'étudier de deux manières : sur des pièces fraîches ou sur des pièces ayant macéré dans du liquide salin. Il sul'fit de prendre nn cerveau frais d'Épinoche et de le comprimer enire deux verres sous le microscope pour apercevoir aussitôt par transparence le nodule connnissural ; c'est ainsi, du reste, que je l'ai découvert. Sous nn grossissement de 30 à 40 diamètres environ, ce nodule offre l'aspect d'un petit corps arrondi dans l'intérieur duquel on aperçoit un très grand nombre de petits espaces clairs, de forme variable, très rapprochés les uns des autres et séparés seulement par un peu de substance d'apparence granuleuse. Ces petits espaces clairs dont les dimensions varient entre 0,05 à 0/10 de millimètre, font naître au premier abord l'idée de globules ganglionnaires; mais comme, en comprimant davantage la préparation, ils finissent par disparaître et par se confondre avec la substance granuleuse interposée, force est de recourir à un autre procédé pour établir quelle en est la nature. En pratiquant des coupes directement sur le nodule commissural (2), je suis parvenu à reconnaître que ce petit corps est formé d'im im'lange de fibres nerveuses fines, de cellules nerveuses et d'une faible (piantité de substance granuleuse inter-

(I; l'ouï- meure ;\ nu le nodule commissural, il faut placer le cerveau sur le côté, écarter le lobe inférieur du lobe optique correspondant, et inciser couche par cduclie la substance grise qui se trouve au point de jûnction de ces deux parties. Celte dissection peut être faite sur un cerveau frais, ou mieux encore i-ur un cerveau ayant macéré un ou deux jours dans du liquide sali n (solution saturée d'alun et de sel marin).

(2) Voici comment j'opère : Après avoir laissé macérer un cerveau d'Épinoche pendant un jour ou deux dans du liquide salin, je l'extrais de ce liquide et je le transporte dans une cuvette remplie d'eau pure; j'isole le nodule par la dissection, je l'enlève et je le place sur une lame de verre au milieu d'une gouttelette de solution très épaisse de gonnne; je laisse sécher et lorsque la préparation a acquis la consistance de la cire, je fais des coupes du nodule avec un rasoir bien tranchant. Ces coupes, imbibées avec de l'eau pure, sont ensuite examinées sur un très fort grossissement (500 à GOO diamèlrûs environ).

posée. Les fibres nerveuses proviennent des divers faisceaux signalés précédemment avec lesquels le nodule se trouve en rapport. En pénétrant dans le nodule, ces fibres m'ont paru se replier sur elles-mêmes et s'enchevêtrer; elles se groupent de manière à circonscrire de petits îlots dans l'intérieur desquels se trouve compris un certain nombre de cellules nerveuses. Ce sont ces petits îlots qui constituent les espaces plus clairs dont j'ai parlé et que l'on aperçoit dans l'intérieur du nodule par l'effet seul de la compression.

Les cellules nerveuses appartiennent à la catégorie des cellules multipolaires; beaucoup d'entre elles sont tripolaires, d'autres sont allongées et seulement bipolaires; leur contenu est finement granuleux, sans noyau apparent. Leurs dimensions sont assez variables. Quelques cellules triangulaires m'ont offert un diamètre moyen de 0,006 à 0,008 de millimètre; parmi les cellules oblongues, j'en ai trouvé qui mesuraient 0,006 en largeur et 0,01 en longueur; d'autres 0,01 en largeur et 0,018 à 0,0'2 en longueur. ^De chacun des pôles naît un prolongement qui, dans quelques cas, m'a paru se continuer bien nettement avec les fibres nerveuses environnantes.

Par sa structure, le nodule commissural paraît donc représenter un petit centre nerveux vers lequel convergent des fibres nerveuses émanées de divers points de l'encéphale; ces fibres se trouveraient mises en rapport les unes avec les autres par l'intermédiaire de petites cellules nerveuses. Cette disposition toute particulière des éléments nerveux dans l'intérieur du nodule, mérite d'appeler sur ce petit organe l'attention des histologistes (1).

DE l'hypophyse

(Glande pituitaire, organe pituitaire, corps pituitaire)

L'hypophyse a été connue des premiers anatomistes qui se sont occupés du cerveau des Poissons. Willis en fait déjà mention : « Porro in Iiis {Piscibus) observare est glandulam piluitariam, infundibulum ull in cœteris animalibus ». Camper dit aussi : « La base de la cervelle n'a rien d'extraordinaire que deux éminences blanchâtres [eminenliœ candicantes) qui sont très considérables; l'entonnoir est entre elles et l'origine des nerfs optiques, la glande pituitaire y semble être attachée. » Haller en parle également. Il faut avouer, du reste, que la ressemblance est telle entre l'hypophyse des Poissons et celle de5 Vertébrés supérieurs, qu'il n'était guère possible de se méprendre au sujet de cet organe. Chez les Poissons osseux, l'hypophyse est ordinairement logée dans une petite cavité creusée dans la base du crâne et comparable à la selle turcique des Mammifères. Le plus souvent, elle est fixée à l'intérieur de cette cavité au moyen de brides celluleuses plus ou moins résistantes, de telle sorte qu'il est assez difficile de l'extraire avec le cerveau sans la déchirer (2), par exemple chez le Hareng (3), l'Alose, le Congre(4). Au contraire, comme chez les

(1) J'ai constaté depuis l'existence du nodule commissural chez la Perche.

(2) Lorsque l'hypophyse est solidement fixée à l'intérieur delà selle turcique, comme il est souvent impossihle de l'extraire en soulevant directement le cerveau, il faut, dans ce cas, agir par le côté et exciser avec précaution la paroi latérale et inférieure du crâne, de manière à arriver jusqu'à l'hypophyse que l'on dégage ensuite avec faciUté.

(3) PI. VIII, lig. 5 h.

(4) PI. VI, fig. 2 h h, lig. 7 h'.

DE L'HYI'OIMIYSE. 89

Pleuronectes, les Gad(>s, lo Mcilan surlout, elle se laisse enlever très aisément avec le cerveau sans se rompre.

Quant à la composition de l'hypophyse, voici ce que nous a offert lo Merlan (1) : Chez ce Poisson, l'hypophyse est composée de deux portions distinctes, un pt'tit globe terminal ovoïde (globe pituitaire), un court pédicule (la tige pituitaire). Le globe pituitaire est généralement d'un gris rougeàtre, quelquefois cependant je l'ai trouva irmi hrun foncé et en même temps fort turgide, ce qui résultait d'un véritable état apoplcctiqui;, ordinairement manifesté par des épanchements sanguins à l'intérieur du criiue. La surface extérieure de ce globe est recouverte d'un lacis vasculaire très abondant et plus ou moins apparent, suivant l'état de congestion de l'organe. Je n'ai pas aperçu de cavité à l'intérieur; son tissu est peu résistant et se déchire avec la plus grande facilité. Lorsqu'on porte sous le microscope un fragment de ce tissu, on y découvre en très grand nombre des cellules dont voici les caractères : le diamètre est de 2/100 de millimètre environ; elles sont arrondies et à contour très pur; ce contour, qui est double, indique que la membrane d'enveloppe possède une certaine épaisseur. Le contenu de la cellule est formé d'un liquide transparent; seulement sur un point de la membrane d'enveloppe, on aperçoit un noyau aplati en manière de disque, et contenant des granulations à l'intérieur. Ce noyau paraît adhérer intimement à la paroi de la cellule; le plus souvent, au niveau de son point de contact avec cette paroi, on voit celle-ci refoulée légèrement vers l'extérieur, et cette portion plus convexe de la cellule représente assez bien, par rapport à la cellule entière, l'aspect de la cornée relativement k la sclérotique. Parfois le soulèvement de l'enveloppe qui s'efTeclue ainsi vis-à-vis le noyau est beaucoup plus marqué, et le noyau se trouve reporté tout entier en dehors de la courbure du reste de la cellule. Dans quelques cas enfin, il m'est arrivé d'apercevoir des cellules bilobées. Il est donc permis de supposer que ces cellules se développent par scission et que le globe pituitaire est le siège d'un véritable travail histogénique, comparable à celui qui se passe dans les glandes vasculaires sanguines, mais dont le résultat physiologique est encore inconnu. En outre de ces cellules, on trouve de nombreuses granulations. La tige pituitaire est représentée par un court pédicule qui, d'une part, s'insère sur le milieu de la face supérieure du globe terminal, et de l'autre, adhère au sommet du trigone pituitaire. Lorsqu'on arrache cette tige de sa base, on distingue au niveau de son point d'insertion une petite lente elliptique qui communique avec r/»/"««r/?(î/î</H;«. Celte tige est composée de deux portions, l'une périphérique, l'autre centrale. La portion périphérique est formée de substance blanclu-, elle naitdu pourtour de l'entrée de Vinfiindibnlum, s'avance autour de la tige en l'enveloppant comme un manchon, et s'épanouit sur la base du globe pituitaire. La portion centrale n'est autre chose qu'un prolongement du globe pituitaire, ayant la forme d'un petit cône dont la pointe proémiuc librement à l'entrée de YinfundilmUm. La surface de la tige pituitaire est recouverte d'un certain nombre de vaisseaux qui pénètrent dans Vinfundibulum.

Chez le Congre, le globe pituitaire est formé de deux portions distinctes placées l'une au devant de l'autre comme chez l'homme; un sillon transversal très superficiel indique leur ligne de séparation. La portion antérieure la plus considérable est de couleur grise; la portion postérieure est blanche, présentant à sa surface un réseau de petites ligiu'^ ipii p;irais-

0) l'I. Il,lig. 1 /(, 5 /( ul 0 h h'.

sent correspondre à autant de petites utricules (1). Du pourtour de V infimdihulum descend un faisceau de substance blanche qui va s'épanouir presque en totalité dans le segment postérieur.

Chez le Brochet, lorsqu'on arrache avec précaution l'hypophyse, on la voit rester suspendue par deux petits faisceaux de substance blanche qui se portent en avant, s'enfoncent en arrière et au-dessous de la commissure de Haller et vont se jeter dans le pédoncule cérébral. J'ai observé le même fait sur le Hareng. Chez d'autres Poissons que j'ai examinés, l'hypophyse m'a paru ressembler à celle du Merlan. Cet organe ne diffère guère d'un genre ou d'une espèce à l'autre que par son volume et la longueur de sa tige. Chez les Pleuronectes, l'hypophyse est très grosse comparativement il celle des autres Poissons. Gottsche cite surtout, sous ce rapport, les Pleuronectes saxicola et Pleuruuectes Rhombiis; il dit même que dans un cas, l'hypophyse de ce dernier Poisson était tellement turgide qu'elle égalait en grosseur le lobe optique. Selon Desmoulins, l'hypopliysc du Ci/cloptenis Lnmpiis serait égale en grosseur aux deux lobes inférieurs. La forme du globe pituitaire est généralement arrondie (Cottus et Pleuronectes); d'autres fois elle est ovoïde, chez les Gades par exemple. Selon Camper, la tige de l'iiypophyse atteindrait une longueur démesurée chez le Lophius piscatorius; elle est très longue chez FAlose. Dans l'ordre des Poissons cartilagineux, l'hypophyse est aussi, en général, bien développée; chez les Esturgeons, nous lui avons trouvé les mêmes caractères que chez les Poissons osseux; chez les Raies et les Squales, ses différences sont, au contraire, beaucoup plus tranchées.

Si l'on compare l'hypophyse des Poissons à celle des autres Vertébrés, on reconnaît que dans aucune autre classe, elle ne possède un volume aussi considérable relativement à la masse totale du cerveau. La constance de cet organe dans toute la série des Vertébrés permet aussi de supposer qu'il doit jouer dans l'économie du cerveau un rôle d'une certaine importance; sa structure, qui se rapproche à un haut degré de celle des glandes vasculaires sanguines, vient encore à l'appui de cette manière de voir.

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