‹ Recherches sur le système nerveux des poissonChapitre 20 sur 46 · DE LA MOELLIO DES RAIES ET DES SQUALES · texte numérisé non relu

DE LA MOELLIO DES RAIES ET DES SQUALES

Au point de vue de la forme généra. e, la moelle des Squales diiïère à peine de celle des Poissons osseux; celle des Raies, au contraire, au lieu d'être arrondie ou elliptique, offre à peu près l'aspect d'un prisme à quatre pans. Les racines supérieures sont de même volume que les racines inférieures; elles naissent assez près l'une derrière l'autre. Comme chez les Poissons osseux, une coupe transversale de la moelle laisse voir de la substance grise dans sa portion centrale, et de la substance blanche à la périphérie ; mais ici, les rapports de ces deux substances sont beaucoup plus compliqués. Tout en restant distinctes, elles tendent à se pénétrer réciproquement, de telle sorte que la substance grise, au lieu de former une masse à contours simples, constitue une sorte de réseau dont les mailles enserrent les faisceaux delà substance blanche. 11 ne serait guère possible d'entreprendre une description des diverses formes qu'affecte la substance grise, par ra|i|iort à la substance blanche. La diversité de ces formes existe non seulement entre les Poissons osseux et les cartilagineux, mais aussi entre les différents Poissons cartilagineux. Chez les Squales, la substance grise peut être comparée à une croix verticale ; la portion de l'axe située au-dessous du canal central est étroite et descend sur la ligne médiane vers le bas, en s'effilant très fortement ; la portion de l'axe située au-dessus du canal central est plus large et va en s'élargissant d'une façon remarquable vers le haut. Les bras latéraux de la croix, d'un volume modéré, se dirigent horizontalement et sont caractérisés par le rétrécissement à leur naissance de la portion centrale. Dans la portion centrale de la substance grise, se trouve le canal central qui est arrondi ou ellipliipie ; son grand axe dirigé verticalement. Comme chez les Poissons osseux, il renferme aussi ordinairement une sorte de cordon ressemblant à un cylindre d'axe et qui n'est sans doute qu'un produit de coagulation ; la paroi interne est tapissée d'une couche de cellules d'épithélium cylindrique, très allongées et couvertes de cils vibratiles.

Dans la Torpédo Narke, les cornes supérieures sont larges, rétrécies à leur base et dentelées sur leur pourtour; les cornes inférieures sont également dentelées sur leurs bords et îi contours très irréguliers. La corne supérieure se trouve reliée à sa base avec la corne inférieure, par une

sorte de réseau de la substance grise, réseau qui résulte de ce que les faisceaux de la substance blanche pénètrent ici très loin dans l'intérieur de la substance grise et se rapprochent du canal central. La substance grise offre aussi un prolongement médian supérieur qui se porte le long de la fissure supérieure, jusque près de la surface de la moelle : il est aussi irrégulicret présente des contours dentelés. Du sommet de ses dentelures, ainsi que de celles des cornes supérieures et inférieures, partent des prolongements très fins, qui se dirigent vers la périphérie de la moelle en s'anastomosant fréquemment. D'autres prolongements de même nature relient la corne supérieure à l'inférieure et la corne supérieure au prolongement médian. Dans la Raja clavata, les rapports de la substance blanche et de la substance grise deviennent encore plus compliqués que dans les types précédents. Les faisceaux de substance blanche se montrent dans l'épaisseur de la substance grise, jusqu'au voisinage du canal central. La corne inférieure, énorme, à contour dentelé, est réticulée dans sa partie supérieure; ce tissu réticulé se continue avec la base de la corne supérieure qui, énorme, et à contours dentelés aussi, est réticulée dans toute son étendue, et se confond avec le processus médian supérieur par les mailles de son réseau. Du pourtour de la masse grise qui forme les cornes inférieures et les cornes supérieures, partent de lins prolongements qui se dirigent en s'anastomosant vers la surface de la moelle. Par suite de la présence de ces derniers, la substance blanche se trouve décomposée en faisceaux de volume inégal. Chez les Squales, la corne inférieure est très développée, rétrécie <à sa base et élargie en forme de massue à contours dentelés ; sa direction est un peu différente de ce qu'elle est chez les Poissons osseux; au lieu de s'étendre vers le lieu d'émergence des racines inférieures, elle se porte transversalement suivant l'axe horizontal. La corne supérieure est allongée, étroite, à contours dentelés; du sommet de ces dentelures partent des prolongements de substance grise qui se portent, les uns en dehors, les autres en dedans, vers le prolongement gris médian très étroit : il en résulte, entre ce dernier et la corne supérieure, un tissu réticulé à mailles allongées d'avant en arrière. Du pourtour de la substance grise se détachent des prolongements qui se dirigent vers la surface de la moelle.

De la moelle du Petromyzon. — La moelle du Pelromyzon fluviatllis à l'état frais se montre incolore et transparente. Cet aspect provient de l'absence de moelle nerveuse ordinaire aux autres Vertébrés dans les fibres longitudinales qui circonscrivent la masse grise. La question de savoir si entre le cylindre d'axe et la gaine conjonctive qui le renferme, il n'existe point une substance analogue à la myéline, reste incertaine. Il n'y a point de fissure longitudinale inférieure ni de fissure longitudinale supérieure chez la Lamproie. A la place des fissures des fibres conjonctives partant de la substance grise qui entoure le canal central, la moelle se partage en deux moitiés. La configuration de la substance grise répond en quelque sorte à celle de la moelle prise en totalité; sur une coupe transversale, leurs contours sont à peu près parallèles. C'est donc là une différence qui distingue d'une manière frappante la moelle de la Lamproie de celle des autres Vertébrés. La substance grise représente un ruban aplati, ayant une épaisseur plus grande dans sa portion moyenne, celle qui environne le canal central vers l'extrémité de ses deux moitiés ; c'est dans l'intervalle de ces deux parties qu'elle est le plus mince. Du milieu de la substance grise s'étend, jusqu'à la face inférieure de la moelle, un large prolongement qui forme, au-des-

STllUCTUUE DES CENTRES NERVEUX CHEZ LES POISSONS OSSEUX. 103

souri du canal central, une cloison entre ï^cs deux nioilics. Le canal ceiilral uHie dan.> le milieu un orifice arrondi ou ovalaire, dont le grand diamètre est vertical ; vers l'extrémité antérieure et postérieure, l'orifice devient circulaire ; il est toujours situé plus près de la face inférieure que de la face supérieure de la moelle. Cette difïérence de situation est surtout évidente dans la partie postérieure de la moelle. Dans le canal central se trouve constamment un cordon (|ui offro une grande ressemblance avec un cylindre d'axe.

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