‹ Recherches sur le système nerveux des poissonChapitre 7 sur 46 · DU CERVELET · texte numérisé non relu

DU CERVELET

tranche sur le fond obscur du reste de hi coupe. Lorsqu'on a recours à un grossissement plus considcrable, 400 diamètres par exemple, on l'econnaît que chacun de ces petits points représente une celhili> multipolaire (bipolaire ou tripolaire) à contour très net dont chacun des ani;les paraît se continuer avec une fibre nerveuse. Ces cellules dillèrent beaucoup de celles qui composent la zone extérieure, non seulement par leur diamètre, qui est trois à quatre fois plus considérable, mais encore par leur strucliuc. En effet, tandis (|ue les petites cellules de la zone externe ne renferment à l'intérieur (|ue des granulations, ces grandes cellules de la zone moyenne présentent au milieu d'un lifjuide finement granuleux, un gros noyau arrondi pourvu lui-même de granulations. Quelques-unes de ces grandes cellules m'ont aussi paru s'unir entre elles par leurs prolongements. Sur une coupe faite à la base du cervelel, on voit nu groupe de ces mêmes cellules se détacher de la zone moyenne et descendre en s'épar[)illant dans le tissu du pédoncule cérébelleux. Si, après avoir laissé macérer pendant quelque temps un cerveau dans du liquide salin (alun et sel marin), on promène légèrement l'extrémité d'une pince sur la surface du cervelet, on voit aussitôt se détacher de cette surface un feuillet mince qui s'enlève comme une écorce. Je pense que ce feuillet appartient à la zone cérébelleuse externe, et que la séparation s'ell'ectue au niveau de la zone cérébelleuse moyenne dont le tissu formé de grandes cellules et moins compact (]uc la matière grise environnante, cède plus aisément à une légère pression. La troisième zone (zone cérébelleuse interne) se prolonge depuis la zone moyenne jusqu'au ceutr(! du cervelet; elle est formée de matière grise dont les éléments sont identiques avec ceux de la zone externe; c'est dans son épaisseur que se trouvent contenus les faisceaux de substance blanche dont j'ai parlé précédemment (1).

Le cervelet des Poissons chondroptérygiens diffère très notablement de celui des l'oissons osseux. Afin de bien marquer ces différences, je choisirai d'abord quel(|ues exemples parmi les Poissons du groupe des Sélaciens. Chez l'Ange {Squalus srjitatina), le cervelet est peu développé et déborde à peine en avant au-dessus de l'extrémité postérieure du lobe optique; sa surface est lisse comme chez les Poissons osseux et présente au milieu une pelile ligne blanchàire. A l'intérieur existe une cavité très vaste qui communique largement à sa base avec le quatrième ventricule. La lame de tissu nerveux qui circonscrit cette cavité est mince et unie à l'intérieur, excepté sur le milieu de la face supérieure, où l'on aperçoit de chaque côté du sillon médian un bourrelet longitudinal très prononcé, résultant du reploiement vers l'inlérieur des bords des feuillets latéraux primitifs. En arrière, la lame cérébelleuse se continue avec une autre lame placée transversalement au-dessous du cervelet, qui, après avoir formé un double repli latéral, se perd sur les bords du quatrième ventricule. Chez le Squalus (icanthias, le cervelet est beaucoup plus développé que chez l'Ange; il recouvre en avant une partie du lobe optique. Sa surface présente un sillon longitudinal médian, et de plus, il existe vers le milieu de la longueur un sillon transversal qui correspond à un repli intérieur assez saillant. La vaste cavité du cervelet présente en outre du repli intérieur dont je viens de parler, un double bourrelet médian très saillant, comme chez l'Ange. En écartant légèrement les deux lèvres de ce bourrelet, on reconnaît qu'elles se trouvent simplement appli(juées l'une contre l'autre et qu'elles n'adhèrent entre elles que du côté extérieur à l'aide d'une couche

très mince de tissu nerveux ou celluleux. La cavité du cervelet communique à sa base avec le quatrième ventricule par deux orifices assez larges placés de chaque côté du double bourrelet médian. Enfin, de même que chez l'Ange, la lame du cervelet se continue en arrière avec une lame transversale qui se prolonge sur les bords du quatrième ventricule. Sur la face inférieure de cette lame, on aperçoit un double bourrelet médian qui fait suite au double bourrelet de la cavité du cervelet. Chez le Squahs nwslelus, le cervelet est très développé; non seulement il s'étend en arrière au-dessus du quatrième ventricule, mais il se projette encore en avant de manière à recouvrir en partie le lobe optique (1). Sur la surface de cet organe, on aperçoit quatre sillons, ou plutôt quatre scissures transversales qui correspondent à autant de replis intérieurs de la lame cérébelleuse. En faisant une coupe horizontale du cervelet, on reconnaît que sa cavité est assez vaste et que ses parois sont formées d'une lame nerveuse peu épaisse, repliée sur elle-même, de telle façon qu'aux saillies extérieures correspondent des dépressions intérieures, et vice versa. Par suite de ces replis, la cavité du cervelet se trouve partagée en plusieurs chambres ou compartiments disposés les uns à la suite des autres, mais qui communiquent tous cependant avec la cavité commune. Outre ces plis intérieurs, il existe sur la face interne du cervelet un double bourrelet longitudinal médian très marqué, comme chez l'Ange {Sqiiahs acantliias). Ce double bourrelet règne sur toute l'étendue des replis intérieurs dont il occupe le milieu, et quand deux replis voisins viennent à se loucher, il arrive d'ordinaire que les bourrelets adossés s'engrènent réciproquement et se soudent entre eux d'une manière plus ou moins intime. Cela s'observe vers le sommet des replis intérieurs. Inférieurement, la cavité du cervelet communique avec le quatrième ventricule par deux ouvertures assez étroites, situées l'une à droite et l'autre à gauche du double bourrelet médian.

Au-dessous et en arrière du cervelet existe une lame transversale étendue comme un pont au-dessus de l'extrémité antérieure du quatrième ventricule et débordant de chaque côté la base de l'organe sous forme de deux petits oreillons; je la nomme lame transverse du cervelet. Cette lame est composée de deux feuillets appliqués l'un sur l'autre qui se continuent au niveau de leur bord externe. Le feuillet inférieur est formé par le reploiement en dessous du feuillet supérieur. Il se prolonge en arrière sur les bords du quatrième ventricule sous forme d'un petit cordon d'aspect triangulaire; c'est au niveau de l'union de ce prolongement avec le feuillet inférieur que s'insère la branche la plus élevée du trijumeau. Pour bien se rendre compte de la disposition de la lame transverse, il est nécessaire de faire une coupe longitudinale passant par le cervelet et la moelle allongée. On voit alors que la lame du cervelet, après s'être repliée plusieurs fois sur elle-même pour constituer l'organe, s'abaisse d'abord en arrière pour former la voûte de l'aqueduc de Sylvius, puis se relève presque aussitôt pour se continuer avec le feuillet supérieur de la lame transverse. Or, comme nous avons vu que ce feuillet supérieur se continue par ses bords avec le feuillet sousjacent et celui-ci avec le petit cordon triangulaire qui borde le quatrième^vcntricule, il en résulte que toutes ces parties ne sont en réalité que des dépendances de la lame qui forme le cervelet. On pourra également constater sur celte même coupe que la lame cérébelleuse se continue directement en avant avec la voûte des lobes optiques. Ainsi donc, les lobes optiques, le cervelet, la lame transverse du cervelet et les prolongements de cette lame sur les bords du quatrième ventricule ne

(Ij I'). 1, 11-, i ctcb^'inb. 4 c.

DES LOBES ni'TIOUES. 09

soiil ('11 léalili'' (lue la coiiliiiiuUiou (Juu iiKiiuc rciiillcl nerveux rcpli(3 plusieurs l'ois sur lui-même et primitivcmeiiL double, c'est-à-dire composé de deux l'euillets latéraux qui viennent se réunir et se souder sur la ligne médiane. L'existence de ces deux feuillets primitifs se trouve clairement démontrée parla présence de ce double bourrelet médian (jiii règne à l'intérieur du cervelet, ainsi que parlacrèlc intérieure, mousse et saillante, étendiie sur le milieu de la voûte des lobes optiques.

Les Lamproies se distinguent non seulement de tous les' Poissons cartilagineux, mais encore de tous les Poissons osseux ]»ar l'absence de cervelet. Chez ces animaux, les cordons qui bordent le quatrième ventricule se rejoignent en arrière du lobe optique de manière à former en ce point une bande transversale étroite qui occupe la place du cervelet et que l'on pourrait peiit-êlre à la rigueur considérer comme un rudiment de cet organe (1).

Quant aux fonctions du cervelet, nous démontrerons par des expériences faites sur l'Épiuoclic que cet organe est loin d'avoir chez les Poissons la même influence sur les mouvements volontaires que chez les Mammifères : on peut, en elfet, le détruire sans apporter de (roubles notables dans la motilité, pourvu que l'on évite d'exercer des tiraillements sur ses pédoncules. Ajoutons cependant que cette dernière précaution est essentielle, sans quoi il pourrait survenir des mouvonienls de manège ou de rotation autour de l'axe comme après la lésion des cordons antérieurs.

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