‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 105 sur 141 · LESTONS DES COUCHES OPTIQUES · texte numérisé non relu

LESTONS DES COUCHES OPTIQUES

exemples de lésions isolées des couches optiques, suivies de troubles variés du côté dés fonctions sensorielles (1).

Mademoiselle A. .• . , à l'âge de dix -sept ans, fui atteinte, au début de Tannée 4 820, d'une céphalalgie intense ; elle avait toujours eu une bonne santé, et ne connaissait aucune cause à laquelle elle pût attribuer son mal. En 4824, la douleur de tête devint plus intense ; elle occupait la tempe droite et apparaissait avec des exacerbations. La malade éprouvait des vertiges, des syncopes, une grande frayeur d'objets imaginaires, de la doi*eté de l'ouTe et de robscuroissement de la vue. Elle devint myope, les objets lui paraissaient plus grands qu*ils n'étaient et, parfois, eHe restait complètement aveugle pendant quelques secondes. Elle ressentait de violentes douleurs à l'estomac, des nausées et des vomissements. Bile éprouva successivement, dans les différentes parties da corps, de violentes douleurs qui ne s'accompagnaient d'aucun symptôme d'inOammation extérieure. La santé déclina rapidement par suite de la continuité des vomissements.

Le 34 août de la même année, elle fut prise de convulsions avec strabisme et cris perçants; elles durèrent environ une demi-beure, et furent accompa* gnées d*une période de stupeur : la vue se perdit insensiblement, à ce point qu'elle ne pouvait plus distinguer la lumière de l'obscurité ; les pupilles étaient fortement dilatées, mais néanmoins encore un peu sensibles à l'action de la lumière ; la surdité avait aussi beaucoup augmenté ; en même temps, la constipation était opiniâtre, les vomissements et les douleurs d'estomac continuels. Peu à peu, à la suite d'attaques convulsives répétées, la vue et roulé furent bientôt complètement perdues, puis, il en fut de même de Todorat; le goût, s'il existait, était très-imparfait; elle désirait parfois certains aliments, mais elle se plaignait toujours qu'ils n'avaient pas de saveur.

Ces symptômes persistèrent avec pluaou moins d'intensité jusqu'en février 48^3, époque à laquelle l'estomac rejetant toute espèce de nourriture, les orces de la malade allèrent de plus en plus en s'affaiblissent : les membres étaient demi-flécbis et elle avait à peine la force de les mouvoir; elle dormait les paupières à demi ouvertes ; les yeux se troublèrent ; il survint à l'oeil gaucbe une ulcération qui détermina l'ulcération et l'opacité de la cornée ; elle

(1) Cette remarquable observation, rédigée par Hunter, est rapportée dans l'ouvrage de F. Lallemand, Recherches sur l'encéphale, t. II, obs. Xll, p. 296. Elle est pareillement reproduite par Mackcnsie, Maladies des yeux, traduction <ie Warlomonl, t. II, p. 856, il l'emprunte au Medico-chirurgical Transactions, vol. XIIÏ, p. 88, London, 1825. Elle y est, de plus, accompagnée d'un dessin trèssigniflcatif, qui fait constater de vviu le siège précis de la dégénérescence, qui occupait exactement l'amas de substance nerveuse interposée entre les points 11, 11' et 10, 10' de la planche XXIX.

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n*accusa aucune douleur, et ne s aperçut même pas que cet œil était affecté ; elle ne pouvait avaler aucune substance nutritive qui ne fût à l'état liquide. La faiblesse allant croissant, elle mourut le 5 octobre 4 823, après avoir langui pendant plus de deux années à la suite de la première attaque convulsive, et près de quatre ans depuis le commencement de la céphalalgie.

Autopsie. — Les membranes étaient exemptes d'altération, la substance corticale était plus molle que de coutume, il y avait du liquide dans les ven* trîcules, etc. Les couches optiques étaient un peu augmentées de volume et irrégnlières, elles étaient entièrement converties en un tissu fongueux que Monter, qui a rédigé l'observation, considère comme un fongus hémalode; une incision longitudinale, pratiquée suivant l'épaisseur d'une des couches optiques, offrait l'aspect d'un caillot sanguin. Les corps striés n'étaient pas altérés, les nerfs optiques offraient une teinte plus foncée qu'à l'ordinaire, mais leur texture ne semblait pas altérée, etc.

A la suite de cette remarquable observation dont la portée assurément n'écbappera à personne, nous allons en citer une autre qui présente avec elle, au point de vue des troubles fonctionnels observés et de la localisation des lésions cérébrales, les plus grandes analogies.

II s'agit en efiet d*un enfant de deux ans, dont les deux yeux étaient amaurotiques et chez lequel Toule paraissait manquer : l'absence du sens du goût était telle, qu'il avalait indifféremment tout ce qu'on lui mettait dans la bouche- on n^a rien fait pour s'assurer s'il percevait les odeurs; les fonctions respiratoires et digestives ne présentaient rien d'anormal. Il succomba à une hydrencépbalie. On constata/à l'autopsie, que le corps calleux, les corps striés et les couches optiques ne formaient plus qu'une seule et même masse homogène, adhérente aux membranes cérébrales; les nerfs olfactifs étaient mous, les nerfs optiques plus minces que normalement (1).

On trouve encore dans les recueils scientifiques une observation analogue mais qui est sans valeur, puisqu'il n'y a pas eu d'autopsie : il s'agit en effet d'un homme adulte, qui devint d'abord amaurotique, qui perdit ensuite Toule, et deux années après, la perception des impressions tactiles (2) .

(1) Obs. citée par TrcTÎranus, Jourual complémentaire du Dictionnaire des menées médicales^ t. XVII, p. 27.

(2) Ob5. de DefermoD, Archives de médecine^ Pari», 1828, t. XVI, p. 443.

588 LÉSIONS DBS COUCHES OPTIQUÏSS.

n. Si maintenant nous faisons le dénombrement des principaux exemples de lésions partielles de chaque couche optique» nous Toyons une série des troubles fonctionnels se produire à leur suite, et la perception de tel ou tel ordre d'impression sensorielle être isolément intéressée.

En général, les désorganisations du tissu ne sont pas tellement bien circonscrites, qu'elles ne donnent pas lieu à des perturbations sensorielles complexes : tantôti en effet, ce sont les impres« sions optiques et sensitives , tantôt les impressions optiques el acoustiques qui se trouvent simultanément intéressées, tantôt même ce sont les impressions sensitives et les facultés locomotrices qui sont frappées du même coup. Dans la presque généralité des cas, la perte de la fonction sensorielle et le siège de la lésion qui la provoque, sont croisés, comme dans toutes les hémiplégies (1).

(i) Voici le résumé des principales obscrrations qui nom ont servi k établir nos conclusions relatiret aux troubles fonctionnels des eoucbes optiques s

Ois. I. -— Faits observés par Serres. Quand la couche optique est détniita dans sa profondeur^ la vision n'est perdue que lorsque la désorganisatioR pénètre au niveau du point de départ de la commissure molle (pi. XIII, fig. 1 [5]). (Serres, Anatomie comparée du cerveau^ t. II, p. 707).

Obs. II. — Ramollissement des couches optiques ; diplopie. (Abercrombic, Des ma» hdiêt de f encéphale et de la moelle épinière, traduction de Gendrtn, 1835, p. ISS.)

Obs. IIL -^ Destruction des couches optiques par un foyer purulent ; eztinctioB delà vision. (Bail, Mémoire sur Vépilepsie symptomatique^ Recueil des trav. Société médicale d* observation, Paris, 1859, fasc. VI, p. 113.)

Obs. IV. — Enfant de onze ans. Cécité complète; strabisme. Tumeur hydatique comprimant les couches optiques, et principalement celle de droite. (Faton, Société ànatomique^ 1848, p. 34d.)

Obs. y. — Homme, trente ans. Perte complète de la vision. La couche optique gauche est dilatée par une tumeur encéphaloïde du volume d'une petite pomme, l'avançant dans la cavité ventriculairc, après avoir déplacé le septum jusqu'à la couche optique droite. (Médical Times, 1850, p. 622.)

Obs. VI. — Cécité. Lésion des couches optiques. (Marcé, Mémoire sur la démence sentie, in Gazette médicale de Paris, 1863, obs. XXI.)

Obs. vu. — Femme, vingt-sept ans. Vision presque entièremciit perdue i droite et afiaiblie à gauche. Induration au niveau de la couche optique gauche; à droite, petite tumeur avoisinant la couche optique, qui n'est pas, est-il dit, notablement altérée. (Lancereaux, Mémoire sur Vamaurose, in Archives générales de médecine, 1864, p.62.)

Obs. VIII. — Cécité complète. Deux foyers d'époques différentes dans chaque couche optique. (Obs. d'Ant. Quaglino, rapportée par Lancereaux, foc. ci7., p. 20J.)

Obs. IX. — Abolition de la vision à droite; pupilles peu mobiles. Apoplexie de

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