LÉSIONS DE L\ SUBSTANCE CORTICALE
jaunàires foncées en couleur, et quelquefois môme de crislaui (l^hémaloldine, qui indiquent Texistence de Iranssudalions antérieures de la matière ooloranle du sang.
d. Quant à la matière amorphe» qui sert de gangue à tous ces éléments combinés, elle est souvent très-cohérente et les granulations qui la constituent, au lieu d'être grisâtres comme dans les conditions physiologiques, sont au contraire jaunâtres et teintées par une série de petites exsudations hématiques moléculaires. On y rencontre très-fréquemment des proportions fort variables de corpuscules amyloldes.
Nous devons faire remarquer encore, que ces lésions de la substance grise corticale, rarement primitives, sont presque toujours accompagnées de désorganisations profondes intéressant les régions centrales, et, qu'en somme, les dégénérescences des régions cérébrales périphériques, ne sont le plus souvent que la propagation passive de lésions complexes, portant soit sur la substance blanche des hémisphères, soit sur la substance grise de la couche optique et du corps strié.
II. Quelle que soit l'origine du processus pathologique qui aboutit à la dégénérescence de la substance corticale, qu'il soit reffet de la sénescence simple des éléments corticaux ou de fluxions chroniques des membranes cérébrales, comme dans la paralysie générale, le résultat terminal est toujours le même, ce sont toujours les symptômes de la démence qui se révèlent djms l'un et l'autre cas. Dans ces dernières circonstances (c'est-à-dire dans les phases ultimes de la paralysie générale), les caractères à l'aide desquels se traduit la période régressive des éléments cérébraux sont toujours identiques, ce sont toujours des défaillances de la mémoire que Ton constate, des incohérences d'idées, des absences de réflexion et de jugement, et finalement l'extinction graduelle et progressive de tout acte de spontanéité intellectuelle et de démonstration afleclivi*.
Il suffit, pour s'en convaincre, de lire les observations XXXVI, XXXVII, XXXVIII, XXXIX, etc., du travail de Marcé (I). ol de parcourir le récit détaillé des faits rapportés par Calnieil, qui sont autant d'exemples coniirmatifs des assertions que nous venons d'émettre.
;1) Marct's loc. cit.
DÉMBNCK. 65S
Chez les aliénés paralytiques qui ont succcimbé en eiïet à une période plus ou moins éloignée du début de leur maladie, et qui ont présenté alors des phénomènes d'excitation et de délire aigus, Calroeil a constaté presque toujours, qu'avec une perversion profonde des facultés inlellecluelles, il existait concurremment des désordres graves dans Taspect extérieur et la struciure des régions corticales.
Dans ces exemples, la turgescence et Tétat d*éréthisme du système capillaire sont en accord avec l'acuité des symptômes, et les phénomènes d'exaltation tumultueuse que certains sujets ont présentés. Calmeil a noté que les circonvolutions étaient tantôt injectées, violacées (I), ardoisées, turgescentes, teintées d'une coloration framboisée, et d'autres fois amincies, de coloration rouillée, et semblables à de la chair crue, ou à de la chair saignante.
Quoiqu'il y ait un contraste frappant entre les symptômes de surexcitation offerts par cette catégorie de malades, et l'apathie profonde, voisine de la stupidité, qui caractérise les déments proprement dits, ces manifestations morbides de l'activité cérébrale, différentes en apparence, n'en ont pas moins un fond commun. Chez les uns, c'est la suractivité seule des phénomènes circulatoires qui communique une exaltation maladive aux éléments cérébraux, chez les autres, la période de collapsus survenue soit primitivement, soit consécutivement, réduit en quelque sorte par usure leurs aptitudes fonctionnelles au néant. Dans l'un et l'autre cas, ce sont exclusivement les éléments de la substance corticale qui sont enjeu; ce sont eux dont les manifestations dynamiques passent successivement de l'élat de paroxysme continu à Tétat d'extinction absolue, et des conditions maxima aux conditions minima.
III. Nous pourrions encore citer comme complément de preuves à l'appui des faits précédents, le détail dos imperfections inteU Icctuelles observées chez diverses catégories d'idiots.
Nous nous bornons actuellement à rappeler que ces ôtres dégénérés, dans les types les plus complets, présentent, au point de vue des manifestations de l'activité cérébrale, les plus
(1) Calmeil, Traité dea maladies inflammatoires du cerveau. Paris, 1859, t. 1, p. 37, 187, 293, 349, 422, 660, 664.
66i INFLUENCES BfÉDIÀTES DBS COUCHES OPTIQUES.
grandes analogies avec les déments : c'est en quelque sorte la répétition du même tableau que l'on retrouve. Ainsi, les uns vivent dans un continuel état de torpeur et d'hébétude pour les impressions sensorielles ; ils sont presque inertes, sans aucune idée, sans aucun souvenir, savent à peine s'habiller ou manger tout seuls, tandis que d'autres ont à peine les instincts de la brute, et n'arrivent à produire comme signes expressifs qui les rattachent encore à l'humanité, que quelques sons rauques et inarticulés qui traduisent leurs besoins les plus impérieux.
L'agencement de leur cerveau présente des désordres concordants. Outre qu'il est, dans la totalité de sa masse, atrophié, il offre quelquefois un arrêt de développement de tout un lobe : les circonvolutions sont surtout remarquables par l'absence de profondeur des sillons qui les sépai*ent ; elles sont petites, serrées, manquent par places, ou sont remplacées par du tissu cellulaire ou par une poche kystique distendue par de la sérosité, etc. (1).
§ 4. — 0alN»rdtauilioB de VmeUwîié de la raWteMee eerllettle à llmiésitlé de eeUe de* eeoebea optl^ives.
Les détails d'anatomie normale sur lesquels nous avons précédement déjà tant insisté, à propos des rapports de la couche optique avec la périphérie corricale (pi. IV, fig. 2), les faits d'anatomie pathologique que nous venons de passer en revue, nous donnent la démonstration complète des connexions naturelles qui, dans la période de l'activité cérébrale, rehent de part et d'autre ces deux départements de substance nerveuse.
Étant admis donc que la couche optique est le noyau central et, en quelque sorte, la clef de la contexlure des éléments cérébraux; et, d'une autre part, le point de concentration où aboutissent toutes les impressions sensorielles avant d'être irradiées vers les différentes régions de la périphérie corticale, nous sommes naturellement porté à nous demander : — L quelles sont les influences que les dégénérescences et les lésions diverses des couches
(1) Voyez la représentation de cerveaux d'idiots dans VAnntomie pathologique de Cniveilhier, livr. V®, in-folio ; l'article Idiotie, par Esquirol {Dictionnnire dn sciences médicales, t. XXlll, p. 515), et Thèses do Paris, Lcveti, 1861.