PHÉNOMÈNES DE LÀ PARALYSIE GÉNÉRALE
De là CCS étranges écarts, ces conceptions délirantes si caractéristiques qui apparaissent chez les paralytiques généraux au début, lorsque, traduisant à leur insu la notion inconsciente qui leur arrive d*une plus grande somme d*influx cérébelleux disponible au sein des éléments du corps strié, ils amplifient sous mille formes cette simple notion physiologique. Ils se sentent en effet plus forts, plus puissants, plus infatigables que jamais, et exaltent avec une jactance caractéristique leur force, l'intégrité de leur santé, etc. ; — de là toute cette série de conceptions si caractéristiques qui se révèlent alors : idées ambitieuses rudimentaircs qui, par cela même qu'elles expriment Tétat des forces physiques du sujet, et Tamplification des choses qui touchent a sa personnalité, impliquent qu'elles sont encore récentes, et de fraîche date en quelque sorte, puisque leur généalogie ne remonte qu'à une interprétation vicieuse d'un phénomène purement somatique.
Peu à peu les choses changent d'aspect, ces idées délirantes pénètrent insensiblement dans la sphère de l'activité psychique, elles s'y dépouillent de leurs caractères primordiaux, s'associent les unes avec les autres, se systématisent de plus en plus, et, par une sorte de prolifération incessante, engendrent une multitude de conceptions consécutives et subordonnées, qui, empruntant aux habitudes de l'esprit, aux tendances du caractère et aux influences du milieu social leur cachet propre, se déroulent successivement sous les mille apparences du délire des grandeurs.
De là, encore, cette série de phénomènes inverses qui se décèlent dans la sphère des phénomènes psychiques, lorsque la tension de l'innervation cérébelleuse venant à s'atténuer dans son mode de répartition intra-cérébral, frappe l'ensemble des manifestations psychiques d'une sorte d'asthénie générale ; — de là cette nature spéciale de certains délires qui se révèlent au début par une sensation d'épuisement, une faiblesse extrême et des tendances mélancoliques plus ou moins accusées ; de là ces idées erronées qui, passant insensiblement aussi dans le domaine do Tactivité psychique, se métamorphosent en conceptions hypochondriaques, et qui, graduellement systématisées, trahissent sous les mille formes qu'elles empruntent, la notion inconsciente qu'ont
LUT8. ào
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en eux-mêmes les malades, de Pextinction progressive des foyers de rinnervalion cérébelleuse, chargés de vivifier normalement l'activité de leur esprit»
Tel est, à notre avis, le mode physiologique suivant lequel s'enchaînent les phénomènes de là paralysie générale, et suivant lequel les difTércnts appareils intra-encéphaliques se trouvent successivement intéressés.
Au début, ce sont les troubles de la motricité qui se révèlent ordinairement les premiers. C'est à ce moment le cervelet seal qui est intéressé, et les perturbations motrices auxquelles il donne naissance ne dépassent guère les limites de la sphère automa* tique.
Peu â peu, le processus morhiie continuant son évolution, se généralise à d'autres appareils, et porte alors le désordre dans le jeu des fonctions cérébrales proprement dites, qui ne sont que consécutivement envahies. Le centre perceptif (la substance corticale), entraîné en dehors du io7i sens, réagit automa*' tiquement à sa manière, en présence des données fictives qui lui sont transmises des cellules du corps strié en état d'érétbisme permanent; il devient le jouet de véritables hallucinations, et donne naissance à une série de conceptions délirantes consécutives, dont tantôt V hypersthénie et tantôt Vasthénie sont le fond commun. Elles ont toutes plus ou moins leur raison d'être, et en quelque sorte leur généalogie, dai\s un trouble primitif survenu dans le mode de répartition de l'influx cérébelleux au milieu des réseaux de cellules du corps strié (1).
(1) On comprend; du rcste^ que si le trouble des fonctions cérébelleuses joue un rôle si important dans TéfoluUon des symptômes de la pHralysie générale, l'état anatomiquc du cervelet lui-même doit être plus au moins modifié dans cet drcoo* stances.
C'est effectivement ce qui arrive. Dans les cas que nous avons eu l'occasion d'autopsier jusqu'ici, nous avons constaté que la diffluence générale de la substance corticale du cervelet était très-accentuée ; que cette substance Corticale présentait dans son intérieur une série de sones jaunâtres impliquant une dégéDcresccnce propre des cléments do la couche moyenne ; que les lésions des voies vasculaircs étaient proportionnellement beaucoup plus marquées que dans le cerveau : c'est ainsi que nous y avons toujours jusqu'ici noté une hypérémie excessivement intense, avec infiltration séreuse, des dégénérescences des parois vasculaircs, et même de.<
PERTUBATIONS FONCTIONNBLLBS DES RÉGIONS, ETC. 027