LUYS
643 VALEUR SÉIIIQf^OGlQtJE.
les pbénoi^^nes tétanifor^ies, hystérirorpfie^, éci^mpliques, elc, en verlu des n^o^alités variées sous lesquelles ils se réyèlept, font supposer que T innervation cérébelleuse et spinale (jpflux ei^cito-moleur) concourut en proportions inégs^les à leur apparition. Il s'ftgifait de déler^ùner si les apparences Vi^r^^es qu'ils présentent dépendent n^oins d'une combinaison plus QH moins intime, ou d'une p^rtipipi^tipn plus on q^oins direpte de ces deux source^ d'innervi^^on conv^lsiç(mte^ que 4^ la spécialité des causes provocatrices siégeant ^ la périphérie du système nerye{\%y et qui servent le plus ordini^irement d*appel à la réaction 4e ces mêmes régions convulsivan(es {y(XY' pages 597-$99, 6).
là. Les contractures, lorsqu'elles ^nnt pftssagëres, font songer «i une pause d*irritation également passagère, portant sojt direpleinenl, soit par action réQexe, sur les régions supérieures de Taxe spinal, lesquelles lancent ^lors, sous forme de décharges, Texcès d'intlux convulsivarU dont elles sont saturées (voy. page 900,{/).
17. Lçrsqu'elles sont permanenles, et qu elles portent principalement sur certains systèmes isolés de muscles, on peut supposer ou bien que les régions spinales s^ntéi ieuires sont intéressées, ou bien que les stimulations cérébelleuses qui donnent la tomcitéawx iilures musculaires continuent ù être partiellement transmises dans quelques groupes isolés des muscles (les Qéçhisseurs des membres an paruculier, le plus souvent» P* ^01, e).
^8. Les phénomènes choréiformes (chorées,^ paralysie agitante) paraissent dépendre, moins d*une accumulation insolile d'influx çonvulsivant^ que d'un trouble survenu dans le mode de distribution physiologique de Tinnervation cérébelleuse. Dans ces circonstances, on sera porté à admettre que ce sont principalement les fibres qui conduisent celte innervation, et les réseaux nerveux au milieu desquels elle se dissémine périphériquement, qui sont tout particulièrement intéressés (fihres des pédoncules cérébelleux, substance grise du bulbe et de la protubérance) (p. 590).
19. Certains phénomènes de tremblement partiel semblent devoir être tout particulièrement rangés dans cette catégorie de ^roubles moteurs. Le tremblement de la langue des paralytiques généraux (p. A28), le bredouillement, le bégayement (p. 529 et 568), impliquent en effet une perturbation survenue dans Tinnervation cérébelleuse des appareils phonateurs, et une dissocia*
tion des régions de l^axe ou elle effectue sa distribution périphérique.
20. B, Troubles de la sen&ibilité. — Lorsqu*un malade présente une anesthésie persistante dans uo point quelconque du tégument cutané, si cette anesthésie ne parait pas devoir être rattachée à une désorganisation des. fibres nerveuses périphériques, on sera naturellement porté à admettre que les voies par lesquelles passent les impressions sensitives pour remonter d'abord au semarium (fibres spinales postéro-latérales) et de là être irradiées (fibres blanches cérébrales) vers le centre perceptif (la substance grise corticale), sont interrompues dans leur continuité.
2t. Lorsque Tanesthésie est complète et limitée à tout un côté du corps en môme temps qu'à la face, on sera porté à admettre que toutes les tibres sensitives (tactiles et doiorifères) de toute cette portion du tégument cutané sont intéressées dans leur foritinuité. Ce symptàme ne peut se montrer que lorsqu'il existe, soit une lésion limitée à un point précis des régions supérieures de Taxe spinal (p. 53S, obs. XV), soit une lésion du centre $|>écial de la couche optique qui est affecté particulièrement à la réception des impressions sensitives (p. 201) : dans ces circonstances^ les malades, lorsqu'on vient à les pincer, à irriter leur pe^u d'une façon quelconque , n'ont aucune notion de la douleur.
22. Lorsque Tanesthésve est incomplète, et qu en pinçant la peau d'un malade il ne perçoit pas immédiatement la douleur, qu'il s'agite sans but, et n'accusa une sensation douloureuse que quelques instants après l'application de la cause d'irritation, on en conclura pareillement à une interruption des voies parcourues par les impressions sensitives.^ Dans un cas de ce genre, on a trouvé la couche optique localeoient désorganisée (p. 640, obs, XXVI).
22. Lorsqu'on place les membres de certains laaladea dans une position donnée, que ces meeabres restent dans Fattitude qu'oa Wur a fait ainsi prendre (phénomènes cataleptique^)^ lorsque, d'une aulre part, on en voit d'autres qui, imvitéaà accomplir qb mouvement, à serrer la main qu'on leur présente, par exempte, la serrent innnétliaten^nt, et continuent encore à serrer alors que VeHort musculaire est produit; oa sera iK>rlé à admettre c|iie
ri4/l VALELR SÉMIOLOGIQIE.
dans le premier cas, cerlains départements de la couche optique (ceux qui transmettent nu centre perceptif {enix circonvolutions) la notion des efforts musculaires accomplis) sont intéressés, et que, dans le second, les mêmes régions pourraient bien être aussi plus ou moins lésées (p. 542, g).
24. Dans un cas d'anesthésie incomplète de tout un côté du corps, lorsqu'en faisant fermer les yeux à un malade, on vient à explorer les différentes régions du tégument cutané, qu'on lui demande à quel endroit on le pince, que ses réponses sont en désaccord avec les points irrités, qu'en pinçant la peau de la cuisse, il dit, par exemple, que c'est la peau du bras, on en conclura qu'il existe un trouble de la perception des impressions sensitives, et Ton sera porté à admettre que les régions de la substance corticale où cette catégorie d'impressions est conservée à l'état de souvenir, sont seules désorganisées (p. 513 et suiv.).
25. Quand l'aneslhésie est bilatérale et que la perception des impressions sensitives ne se fait qu'avec hésitation et lenteur, on en conclura à une dissociation moléculaire des régions de la substance corticale des deux hémisphères chargés de les élaborer (peri-méningo-encéphalile diffuse, paralysie générale au début).
26. Quand Tanesthésie de la sensibilité s'accompagne de Tanesthésie d'un autre sens, d'un trouble de la vision ou de l'audition du même côté, on en conclura à une désorganisation de la couche optique ayant porlé sur deux ou trois départements isolés, affectés chacun à la réception de ces diverses calégories d'impressions sensorielles (p. 540 et suiv.).
27. Quand VanQs{hés\Q persistante s'accompagne d'une paralysie ègnlemeni persistafite de la motricité du môme côté, on en conclura à l'existence d'une lésion portant à la fois sur le corps strié et sur un point isolé de la couche optique (p. 542, d).
28. L'hyperesthésie de la sensibilité dans un côté du corps, quand elle est persistante, correspond ordinairement (abstraction faite d'une lésion des troncs périphériques) à une cause d'irritation permanente portant le long de la continuité des fibres dolorifères^ soit dans leur parcours intra-rachidien, soit dans leur parcours intra-encéphalique (p. 524 et 541).
29. Les troubles de la vision indépendants d'une altération de Tœil, et qui ne se rattachent pas soit aux troubles de Tataxie
UÉSLMÉ. 6&5
locomotrice, soit à une lésion cérébelleuse, lorsqu'ils existent (i*un seul côté, fout penser soit à uue lésion des fibres convergentes optiques, soit à une lésion de la coucbe optique.
30. La persistance des mou pmcnls de Tiris, avec Tanesthésie visuelle, implique Tintégrité d» oies parcourues par les impressions optiques excito-motricts, et portera à conclure à l'intégrité de Tare diastaltique moteur de la pupille (fibres convergentes optiques, substance gélatineuse des quadrijumeaux et fibres centrifuges motrices de la troisième paire) (p. 284).
31. La perte de la vision d^un seul œil (abstraction faite des circonstances susmentionnées) fait supposer une lésion d'un point limité de la couche optique (du centre optique) du côté opposé (p. 640); on sera d'autant plus porté à admettre cette localisalion que les centres de réception circonvoisins pour les impressions acoustiques et sensitives, et que les facultés locomotrices elles-mêmes seront du même coup plus ou moins directement intéressées (p. 541 etsuiv.).
32. Lorsque les troubles de la vision sont bilatéraux et qu'ils s'accompagnent de troubles du côté des autres fonctions sensorielles, on en conclura, ou bien à une lésion bilatérale ayant du même coup désorganisé les régions homologues de chaque couche optique (les deux centres optiques, par exemple) (p. 388, obs. I), ou bien à une lésion à marche envahissante ayant peu à peu détruit les différentes régions du sensorium (p. 536).
33. Lorsqu'un malade hémiplégique dont on ferme l'œil sain, dénomme les objets que l'on présente devant Tœil du côté hémiplégique d'une façon irrégulière (l'œil étant dans ses conditions normales en tant qu'appareil d'optique, bien entendu) quand on met devant lui, par exemple, une paire de ciseaux, et qu'il dit que c'est un couteau, qu'il prend sa cuiller pour sa fourchette, etc., qu'il intervertit pareillement les qualifications propres des objets colorés ; si alors on lui permet de voir ces mêmes objets avec l'œil sain, et qu'il les dénomme avec précision, on sera porté à admettre que les régions cérébrales dans lesquelles les impressions optiques ont été conservées à l'état de souvenir, ont cessé d'être d'un côté, dans leurs conditions physiologiques, qu'elles ont cessé d'élaborer normalement les impressions extérieures (p. 387 et suiv.), et que, par conséquent, la substance grise de l'hémi-
6M VALEUR SÉUtOLOGlQUK
sphèrô cérébral du côté opposé à Théktiiplégie est plus oU moins désorganisée (1).
3A« L'amaurose utltlatéral^ ou bilatérale, accotnpagtiée de certaines déformations de la rétine (etcavatioM et saillies, aVec hypérémie et œdème sous^rétitiien), porte àsuppostâr la préséttt*id de tumeurs intra-encéphalique^ agissant par compreastbtl sur la continuité des fibres optiques (2).
S5. L'hémiopie cât^actérlséc par une paralysie simultanée, Ubit des deux moitiés externéÉ, fioit des deu^ moitiés internet de chaque œily implique une lésion intrâ-cérébralô des deux tierfs Optiques, puisque chacun d*eu^ par une décussatioh thcomplète contribue k la constitution des régiotis homologues dans chaque œil. Lor^qU*au contraire rhémiople est caractérisée par une paralysie ^imuU lanée de la moitié interne de l'œil d*un côté et eXtérhe de Tœil du côté opposé, on sera porté à admettre une lésion isolée d*uti seul nerf optique dans son trajet ititra-cérébral, puisque Céltè double lésion correspond à la distribution périphérique dô chacun d'eux, laquelle est à la fois directe et entrecroisée (8).
80. Les hallucinations, les phénomènes cataleptiques, cerUlus symptômes hystériformes, paraissent dépendre d^dn trouble passager surrenu dans le mode de fonctionnement soit d^tine région limitée d'une couche optique, stiit ûéi divers êérUfès qui les Constituent (p. 642, y, et 858).
37. L'apparition permanente du sucre dans l'uriné implique une suractivité de la fonction glycogénîque. On est amené ainsi médiatement à supposer Texistence d'une causé d'irritation chronique, située soit sur la continuité dw fibres nerveuses centripètes qui relient l'appareil hépatique aux régions centrales, soit dans les foyers de Tinnervation vaso-motrice hépatique. On
(1) Il resterait à déterminer aVcc précision quelles sont les réf^ons de la péri phérie corticale qui sont plus particulièrement dévolues à la perception et à l'élaboration des impressions optiques : les faits que nous avons déjà rapportés dans la partie anatomique de notre travail nous autorisent à admettre que c*est >Tai5emblablement dans les répons antérieures que ces opérations doivent s'eflectuer (>ot. page 205).
(2) Gonununication faite à la Société de biologie par M. de Graef6 (Cc^inpfrf rendus de la Société de biologie, 4860, p. 154).
(3) Voy . , à ce sujet, la figure schématique et Texplication de ces phénomènes, dans l'ouvrage de FoUin, I^^ons sur Vcxploration de Vœil, p. 162.
sent donc le plus souvent autorisé à admettre une bypérémie chronique de cerlaines régions du quatrième ventribule (voy. page 524).
88. C. Troubles cérébraux. — Lorsqu'un Inalade, à la suite d'une attaque apoplectique, est pris d'une impossibilité d'exprimer, soit verbalement, soit graphiquement, sa pensée; si son regard et sa mimique indiquent en môme temps que les facultés intellectuelles ne sont pas anéanties, on en conclura que les diVerSés régions de la substance cérébrale à travers lesquelles les impressions, soit acoustiques, soit Optiques, évoluent normalement poUr se Convertir en moyens d'expressions articulés ou écrits, sont isoléhiertt ou simultanément désorganisées (p. 386 et 390).
V aphasie ne paraît pas avoir jusqu'ici Une localisation constante dans la substance cérébrale : néanmoins utié lésion unilatérale d'une région limitée d'un seul hémisphère suffit à la produire, et cette lésion circonscrite qui entraîné plus particulièrement la perte du langage articulé, semble devoir occuper de préférence cerlaines circonvolutions du lobe antérieur gauche.
89. Lorsqu'un ancien hémiplégique ou un vieillard perd peu à peu la perception des objets extérieurs, que son cerveau affaibli ne garde plus l'impression des choses présentes, et que les symptômes de l'extinction progressive des facultés mentales s'accentuent de plus en plus, on en conclura à la dégénérescence des éléments de la substance corticale (p; 649 et suiv.).
Il est plus rationnel dans ces propres circonstances d'admettre la dégénérescence secondaire des éléments de la substance corticale qu'une lésion nouvelle, la substance grise de la périphérie corticale subissant le plus souvent le contre-coup des désorganisations centrales (voy. pages 453 et 565).
40. Le délire implique l'idée d'une surexcitation fonctionrtelle, spontanée ou secondaire des divers éléments de la subslabce corticale qui, dépassant les bornes de l'activité normale, arrivent ainsi à un état d'exaltation extrême. La généralisation ou la délimitation du délire impliquent encore, soit la participation générale de tous les éléments cérébraux à la manifestation morbide , soit la mise en émoi isolée de quelques régions de la substance corticale (p. 855).
6A8 VALEUR SÉMIOLOGIQUE.
41. La forme tumultueuse et expansive de certaines conceptions délirantes implique, dans certains cas, une suractivité fonclionnelle primitive des éléments propres du corps strié, et la propagation dans la sphère des phénomènes psychiques de Tinnervation cérébelleuse en excès. Inversement la forme dépressive et mélancolique de certains délires fait supposer une atténuation progressive de Finllux cérébelleux dans les mômes régions, et' en quelque sorte l'épuisement de cette source d'incitation névrosthénique (p. 438.)
42. Les changements qui apparaissent dans les allures du caractère de certains malades, les visions terrifiantes que quelquesuns présentent, accompagnés de troubles des facultés locomotrices, font penser à une perturbation survenue dans le mode de répartition intra-cérébrale de Tinflux cérébelleux , et simultanément à une modification intime des fonctions du cervelet lui-môme.
II. Après avoir ainsi spécifié les divers départements du système nerveux isolément intéressés dans la plupart des troubles fonctionnels que nous avons séparément passés en revue, il nous reste à aborder la deuxième donnée du problème diagnostique, et à nous demander si ces différonts troubles, constatés dans le mode de fonctionnement de tel ou tel appareil nerveux, dépendent d'une lésion fixe et permanente, ayant une évolution fatale soit vers la désorganisation, soit vers la guérison spontanée (tumeurs, foyers hémorrhagiques ou de ramollissement), ou bien s'ils doivent ôtre rattachés aune cause éphémère et fugace, n'ayant sa raison d'ôlre que dans un état de stupeur ou d'éréthisme des éléments nerveux eux-mômcs.
Dans le premier cas, le phénomène morbide est-il, comme on dit dans le langage nosologique actuel, sijmptojnatique d'une lésion matérielle, et, dans le second, est-il idiopathiqne (1)?
Ce sont assurément là des questions capitales, et dont la solution serait en clinique du plus haut intérêt; mais actuellement les
(1) On comprend combien cette qualification, idiopathiqne, appli<ïuée à une manifestation morbiile du système nerveux, doit être définie actuellement avec plus de précision qu'aiitrefois (si tant est que le mot en lui-même doive être ultérieiu'ement conservé)» puisqu'il est reconnu actuellement que de simples troubles éphémères des fondions nerveuses, tels que certaines anesthésies cl paralysie*
UÉSIMÉ. 6A9
éléments nécessaires à leur solution font presque généralement défaut, et« il faut bien le dire, les véritables névroses, les simples troubles fonctionnels, se présentent avec un cortège de symptômes tellement semblables a ceux qui accompagnent les lésions permanentes, que, la plupart du temps, le diagnostic différentiel est complètement impraticable, et qu'il n'est qu'exceptionnellement possible, rien qu'en s'appuyanl sur l'examen intrinsèque des phénomènes objectifs, d'affirmer, dans tel cas, l'existence d'une lésion fixe, et dans tel autre, celle d'une simple perturbation fonctionnelle.
Jusqu'à quel point, en effet, est-il possible le plus souvent, en présence d'un accès d'épilepsie, de dire que cet accès est provoqué par une simple surexcitation fonctionnelle des éléments nerveux de la région bulbaire, ou par la présence de tumeurs intra-rachidiennes comprimant les régions convulsivantes àeV axe spinal ? Jusqu'à quel point encore certaines paralysies survenues chez des femmes hystériques peuvent-elles, rien que par l'examen direct des troubles qui les constituent, être légitimement rattachées, soit à une extinction locale des foyers de l'innervation excito- motrice, soit à une véritable dégénérescence des faisceaux spinaux?
Il faut donc chercher ailleurs que dans la constatation intrinsèque des symptômes morbides des lumières pour le diagnostic; aussi devra-t-on s'empresser de demander des renseignements utilisables à l'étude des conditions antérieures qui ont présidé à leur apparition. C'est ainsi que les questions d'âge, de sexe, de tempérament, les habitudes sociales, les maladies antécédentes seront minutieusement passées en revue, pour tenter de savoir au milieu de quel concours de circonstances étiologiques les premiers symptômes de la maladie se sont primitivement révélés.
Relativement aux phénomènes morbides dans lesquels les
dites réflexes, sont plus ou moins directement rattachés à un trouble (secondaire lui-même) de certains centres d'innervation vaso-motrice.
Ces maniTeslations morbides, qui constituent le fond commun des accidents hystériformes, loin d'être idiopalhiqucs, doivent donc ùlrc lo}çiquement considérées, ù leur tour, comme syniptomatiques d'une perturbation vaso-motrice de certains points des régions centrales.
6M VALELli SÉMIOLOGIQUË.
fondions motrices sont particulièrement intéressées, Brotvti- Sé^uard a tt^acé les caractères diagnostiques sùivaflts (1) :
hi. « Les paralysies réflexes (paraplégies) ne sont pas dCcotnpagnées, dit-il, de symptômes spinaux d'une rtlàladîe organique de répine dorsale ou de son contenu ; la paralysie est en géilâràl incomplète, sa marche est lente, et elle a apparu soit après une maladie des organes génito-urinaires, ou de quelque autre visnèt^ abdominal, soit après une innammaliori des poUitioiiS ou dé là plèvre, soit enfin après une irritation d*un nerf dans son trohc ou ses ramifications cutanées. Il ajoute encore, comme ciftrâtlères différentiels importants, que Tanesthésie est rat-e et jaiUài^ Complète, et que le degré d'amélioratioh des phénomènes paralytiques suit parallèlement les phàsôs d*âméllôratlon des appareils périphériques qui les ont tout d'abord provoquée ».
A4. Les troubles divers de la sensibilité! étudiés en euii-tnèmeSi offrant quelquefois des particularités sémiologiques assez trancliées pour révéler leur étiologie réelle; c'est ainsi que l'anesthèsie par suspension simple des actions tierveuses (anesthésie idiopathiquBj anesthésie hystérique) se distingue de celle qui est produite par une désorganisation des voies sensitives aux cartC' tères suivants :
Elle ne se manifeste que lorsqu'il existe déjà depuis longtemps des symptômes évidents de l'hystérie, c'est par conséquent déjà un symptôme consécutif; elle est beaucoup plus commune à gauche qu'à droite, ce qui n'existe dans aucune des autres espèces d'anesthé^ie ; elle est souvent délimitée réellement sur la ligne médiane.
A6. Quand il s'agit de lésions permanentes des voies sensitives, Thémi-anesthésie n'est jamais aussi accentuée que quand elle est de nature hystérique, et, de plus, elle ne s'empare jamais complètement de la peau de la face, et surtout des muqueuses annexées aux appareils sensoriels (2).
fl6. La paralysie îsoléfc des fibres sensitives, dolorifèreSy et de celles qui transmettent au sensorium la notion d'activité de nos
(1) Brown-Scquard, Leçons sur les paralysies des membres inférieurs^ p. 48 et 37.
(2) Briquet, Traité de Vhydérie, p. 288.
RÉSUMÉ. Oàl
muscles, implique encore l'idée d'une perturbation simplement dynamique survenue dans lé fonctionnement des appareils ne)rveux centraux. Il en est dé même lorsque, aVec des symptômes d'anesthésie acèentuée dans une région de tégument cutané, on voit apparaître sur un autre point des manifestations hyperesthésiques en quelque sorte compensatrices.
â7. Les anesthésies hystériques des autres appareils sensoriels se reconnaissent aux caractères suivants (1) :
Elles ont presque toujours lieu dans les organes des sens du côté gauche : elles sont toujours précédées d'accidents hystériques, el suivies d'anesthésies plus ou moins étendues de la peau ; la peau ou la muqueuse qui sont en rapport avec l'appareil sensoriel paralysé, sont elles-mêmes constamment frappées d'anesthésie. C'est ainsi que, dans certains cas d'anosmie, la pituilaire e^t insensible ; que dans certaines surdités nerveuses, la peau dil pavillon de Toreille et du conduit auditif a été trouvée pareillement anesthésiée, uniquement du côté malade; et qu'ordinairement, dans ramaufose hystérique, la conjonctive oculaire et palpébrale est iUsensible au contact des corps; on peut alors impunément toucher avec le doigt le globe de l'œil lui-même, sans que les malades en aient conscience.
A8. Enfin, rarement, ces diverses anesthésies sensorielles sont isolées; ordinairement tous les sens d'un côté sont atteints a la fois; ce qui porte à supposer une sorte de stupeur des divers centres de la couche optique dans tout un hémisphère cérébral.
IH. Après avoir ainsi déterminéi en présence d'un trouble accidentel quelconque survenu dans le mode de fonctionnement du système nerveux, quel est l'appareil intéressé, et cherché à pré» ciser si ce trouble accidentel est lié a une lésion permanente ou à une simple perversion passagère de Tactivité des foyers de l'innervation centrale, il nous reste à reconnaître (dans le cas où Ton est porté a admettre l'existence d'une lésion permanente) quelle est la nature de cette lésion en elle-mênie, et sous quelle forme anatomique elle doit être formulée.
(1) Briquet, Traité de rhystérie, p. 297.
652 VALËLR SÉMIOLOGIQUË.
Sur ce point encore, sauf quelques circonstances exceptionnellement rares, il n'est guère possible, en présence d'un symptôme isolé, (le porter un jugement précis. Il conviendra donc pareillement de remonter à l'étude des conditions étiologiques, d'interroger la santé antérieure du sujet, celle de ses ascendants, ses habitudes, sa profession, pour en déduire quelques indications précises capables d'éclairer le diagnostic.
49. C'est ainsi que des phénomènes hémiplégiques, arrivant brusquement chez un sujet robuste, de tempérament sanguin, feront immédiatement penser à une violente congestion, ou bien à une rupture vasculaire survenue dans le côté de l'encéphale opposé à Tbémiplégie; la marche ultérieure des accidents permettra seule de reconnaître si l'on a eu affaire à un simple raptus sanguin, sans effraction à travers les parois capillaires, ou bien à une déchirure d'un point quelconque de la continuité de ces mêmes vaisseaux, suivie d'extravasations hématiques.
Dans le premier cas, les symptômes morbides vont en décroissant peu à peu, à mesure que la période d'éréthisme des voies circulatoires s'atténue ; au bout de quelques jours les phénomènes ont presque complètement disparu. Dans le second cas, l'hémiplégie persiste plus ou moins complète, et cette persistance implique évidemment une déchirure irréparable, avec perte de substance du tissu nerveux.
50. L'apparition subite de symptômes hémiplégiques, lorsqu'ils coexistent avec une lésion du cœur gauche, fera penser à un ramollissement de la substance cérébrale par une embolie artérielle; ces ramollissements par infarctus migrateurs paraissent siéger de préférence dans la zone de distribution des artères sylviennes et à gauche (1).
51. Les troubles qui surviennent du côté des fonctions nerveuses, soit encéphaliques, soit spinales, chez un sujet ayant présenté des symptômes d'infection syphilitique antérieure, feront penser à une manifestation locale de la syphilis dans la trame môme des centrés nerveux.
(1) Lanccreaux, De la thrombose et de V embolie cérébrales dans leurs rapftortx avec le ramollissement du cerveau (Thèses de Paris, 1862).
KÉSUMÉ. . 653
La marche lenle el progressive du symptôme morbide, sa localisation bien nettement déterminée, soit sur le trajet d'un nerf moteur (paralysie de la sixième ou de la troisième paire), soit sur le trajet d*un nerf sensitif ou sensoriel (paralysies isolées de la cinquième paire, des nerfs optiques et acoustiques), feront penser à l'existence d*un ou de plusieurs produits exsudatifs (gommes) situés sur le trajet de ces paires nerveuses.
52. Lorsqu'au contraire les accidents cérébraux suivent une marche rapide, qu'ils s^accompagnent de symptômes fébriles, et que leurs manifestations complexes indiquent que les différents appareils intra-encéphaliques sont successivement mis en cause, on en induira l'existence probable d'une méningite syphilitique plus ou moins généralisée (voy. page A75).
53. S'il s'agit d'un jeune sujet, ayant présenté, à un moment donné, des signes de tuberculisation, ou dont les ascendants ont offert quelques manifestations de la diathèse tuberculeuse, chez lequel on voit éclater des troubles du côté des fonctions du système nerveux ; si la marche de ces troubles morbides est lente et continue, on en conclura à Texistence de produits exsudatifs tuberculeux, sous forme de tumeurs, dans tel ou tel département du système nerveux ; si, au contraire, les accidents nerveux se révèlent avec une allure rapide, s'ils s'accompagnent de fièvre ou de délire, etc., on sera en droit de supposer une manifestation de la diathèse tuberculeuse du côté des méninges cérébrales.
5à. Le diagnostic anatomique des autres productions intraencéphaliques, telles que les tumeurs fibreuses, kysliques et cancéreuses, sauf quelques cas exceptionnels, est jusqu'ici à peu près complètement impossible.
55. L'étude des circonstances qui ont précédé les accidents nerveux, la connaissance approfondie des conditions du milieu et des habitudes sociales qui ont présidé à leur apparition, permettront seules de pénétrer leur étiologie réelle, et de savoir s*ils doivent être imputés, soit à une intoxication palustre, soit à une intoxication saturnine, soit à une intoxication alcoolique, soit à toute autre cause.