‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 15 sur 141 · SUBSTANCE GHISE DE L^AIE SPINAL · texte numérisé non relu

SUBSTANCE GHISE DE L^AIE SPINAL

danles, qui, se rapprochant progressivement des régions centrales de Taxe, sont intéressées par la section, suivant une direction plus ou moins oblique (pi. V, fig. A, 5, 6, 7, 8; pK 11, fig. 3, [7.8]).

En étudiant ainsi la moelle épiniëre successivement, à Paide de grossissements faibles (10 à 15 diamètres), on constate Texistence de détails anatomiques fixes, qui se retrouvent ailleurs, dissemblables en apparence, mais identiques au fond, et dont l'ensemble constitue les éléments caractéristiques de Taxe spinal. Ainsi, on peut aisément s^assurer :

Que chacun des deux amas de substance grise latéraux, présente des régions différemment nuancées", tandis que les régions appartenant aux points d'implantation des racines antérieures sont d'un gris rosé très-net, et occupées par des cellules relativement plus volumineuses qu'ailleurs; celles qui sont en rapport avec les racines postérieures sont, au contraire, d'une teinte jaunâtre caractéristique, qui leur a fait donner le nom de substance gélatineuse (pi. XI, fig. 3, A, 5, 6). et, de plus, elles sont constituées par des agglomérations de petites cellules spéciales, d'une coloration et d'un volume tout à fait caractéristiques ;

Que la substance grise des régions intermédiaires est plus foncée en couleur que les précédentes, et qu'elle est abondam« ment pourvue de cellules particulières : celles-ci se rapprochent plutôt des cellules antérieures par leur volume, mais elles en dinèrent par leurs formes et leurs connexions; elles présentent un ensemble de caractères intermédiaires qui, sans être spécifiques, permettent cependant de les différencier (pi. XI,

fip. 6);

Que ces divers départements de substance grise sont constants, Bon-seulement au point de vue de leur stabilité, mais encore au point de vue de leurs rapports réciproques;

Qu'ainsi , la substance grise gélatineuse existe dans toute la hauteur de l'axe, partout où il existe un point d'implantation d'une fibre convergente inférieure, en rapport avec une manifestation sensorielle ou sensitive; on la rencontre aussi bien à la moelle, au niveau de l'insertion des fibrilles des racines postérieures à la région lombaire , qu'au niveau de la région où les fibres convergentes du glosso-pharyngien, de l'acoustiquei des

52 SYSTËMIS^ DES FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEUBES.

nerfs optiques et dé la cinquième paire viennent pareillement s'insérer (pi. VU, fig. 1 et 3; pi. VIII, (ig. 2 [0, 7]; pi. IX, fig. 1 r6],ctpl.X,iig. 1 [H] et Kg. 2, 12);

Quelle occupe une situation topograpliique toujours postérieure, relativement an\ points d*implanlation sur Taxe des rdjres antérieures avec lesquelles elle o.st en rapport ; les points d'implantation des radicules supérieures du spinal, par exemple, sont situés au devant des amas gélatineux (pi. VII, fig. 1 et 2) propres aux fibres correspondantes du pneumogastrique : il en est de même des fibres du facial, par rapport aux amas>gélatineux de Tacoustique (pi. VIII, fig. 1), des fibres des moteurs oculaires communs, par rapport à la substance gélatineuse des tubercules quadrijumeaux (pi. X, fig. 2) ;

Que la substance grise centrale accompagne constamment le pourtour du canal central à la moelle; qu'au niveau du quatrième ventricule on la retrouve encore, étalée à la surface de celle cavité, pour reparaître de nouveau au moment où elle se contracte pour constituer Taqueduc de Sylvius, dont elle borde le pourtour (pi. VHI, IX, X) ; qu'elle se coude brusquement au niveau de la région des tubercules quadrijumeaux pour tapisser la paroi intérieure du troisième ventricule sous l'aspect • de deux processus de substance grisâtre à direction antéropostérieure (pi. XII, fig. 1, 2, 3); que chacune de ces deux traînées de substance nerveuse spéciale se prolonge le long des paroi^ du ventricule de la cloison transparente, pour s'anastomoser et se conjuguer en avant même de la cloison, où elles forment quelquefois un petit cumulus très-appréciëble (pi. XXXII XXXIII);

Que ces divers éléments du système nerveux se groupent entre eux dans toute la hauteur de l'axe spinal, dans des rapports à peu près constants, et que^ sauf la région bulbaire, où l'entrecroisement successif des divers faisceaux (|ui constiluenl Taxe spinal vient apporter une certaine complication, les connexions des fibres nerveuses avec les divers dépôts de substance grise peuvent être ramenées, dans toute la hauteur de Taxe spinal, à des lois communes ;

Que les proportions suivant lesquelles elle est répartie varient danst les diil'érentes régions où on la considère : ainsi depuis h

SUBSTANCE GRISE DE l'aXE SPINAL. 53

<]ueuedc clioval jusqu'au renflement lombaire elle va en augmentant (le quantité, pour subir une attén^ualion au niveau de la région dorsale et augmenter de nouveau de volume au niveau du renflement brachial (1).

2'* En étudiant la substance grise de Taxe dans ses rapports généraux, à Taide de coupes verticales pratiquées successivement d*arrière en avant, on constate :

Que la substance grise se présente sous Taspect de deux colonne tles verticales placées parallèlement, Tune par rapport & l'autre, à la région inférieure et moyenne de la moelle; qu'elles sont flanquées cliacune, en dehors et en dedans, par une série de fibres blanches pareillement verticales, et reliées entre elles par (les groupes fascicules de fibrilles transversales grises, qui leur servent de traits d'union (pi. XIV, fig. i, 5 et 6);

Que ces colonneltes grises, écartées et parallèles dans les régions inférieures de Taxe, se rappi'oclient insensiblement Tune (le Tautre au niveau de la région bulbaire, pour s'entrecroiser fibrilles à fibrilles et se reconstituer du côté opposé à celui d'où elles viennent, sous forme de fascicules grisâtres triangulaires étalées à la surface du quatrième ventricule (pi. XIV, fig. 2 cl 3) ;

Que la substance gélatineuse se présente la première à mesure r|ue Ton entame la moelle par sa portion postérieure (pi. XIV, fig. 4); que cette substance gélatineuse forme un réseau partout continu dans le sens vertical (pi. XVII, fig. 7 et 8); que les éléments qui la constituent, s'entrecroisent pareillement au niveau de la région bulbaire ; que les divers dépôts de substance gélatineuse qui, dans les régions supérieures de l'axe, sont en rapport avec l'arrivée des fibres nerveuses du glosso-pharyngien, de l'acoustique et de la cinquième paire, s'écartent à droite et a gauche en forme de V (pi. XII, fig. 2 [13, 13']); que l'espace laissé libre entre les deux branches de ce V est occupé par l'ensemble des fibres blanches et grises des portions inférieures de

[i] Nous Terrons plus loin que les différents dépôts de substanee prise, dont l'accumulation constitue la protubérance des répions supérieures de l'axe spinal^ sont particulièrement en connexion avec les expansions terminales des fibres des pédonniles cérébelleux^ et que par cela même ils ne font pas, A pn)prement parler, partie ïQtéfrante de la constitution de Taxe spinal.

50 STSTftME DBS FIBIIES CONVERGENTES INFÉflIBDRES.

correspondent aux fibres les plus externes des racines poslé- Heures, on trouve des cellules gélatineuses en continuité pareillement avec les fibres nerveuses afférentes, mais elles sont d'un volume plus accentué que celui des précédentes ; elles sont plus ou moins ovoïdes et en quelque sorte aberrantes; elles forment des réseaux lâches et diffus, au. milieu des interstices des fibres blanches, verticales, ambiantes (pi. XI, fig. S [7, 8]).

Outre ces éléments cellulaires qui se rencontrent principalement dans les régions postérieures de la moelle, il existe encore une substance fondamentale, grisâtre, élastique et transparente, au sein de laquelle les éléments nerveux sont plongés, et dans laquelle de nombreux capillaires irradiés dans le sens de la distribution des conducteurs nerveux viennent pareillement se distribuer.

Les cellules gélatineuses sont pourvues de prolongements multiples, dirigés en différents sens ; ces prolongements sont subdivisés bientôt en fibrilles excessivement déliées qui forment avec celles «les cellules ambiantes des plexus d'une ténuité extrême* Les uns sont en rapport avec les fibres amincies des racines postérieures, les autres avec les prolongements les plus postérieurs des cellules antérieures, les autres, dirigés longiludinalement, servent à établir des relations avec les autres amas de cellules homologues, inférieurement et supérieurement' situés (pi. XVII, fig. 7 [7, 8])^ les autres, inclinés transversalement, servent à laire communir|uer les cellules du côté droit à celles du côté gauche (pi. XVII, fig. 7 [3]). D'autres enfin, dirigés verticalement en haut et en dedans, deviennent insensiblement les fibres d'origine des faisceaux spinaux postérieurs de Taxe (pi. XVII, fig. 6 [7]).

Envisagée maintenant au point de vue synthétique, la substance gélatineuse de l'axe spinal forme donc, de haut en bas, une double série de plexus nerveux longitudinaux, continus dans toute leur étendue, et placés constamment en avant des points d'implantation des fibres à action centripète (pi. XXXVII, fig. 7) dont elles sont les constants satellites, aussi sont-ils susceptibles de varier comme masse, proportionnellement à l'abondance des fibres radiculaires qui viennent s'y implanter. Il suffit, en effet| d'examiner les proportions des dépôts de substance gélatineuse qui sont en rapport avec l'arrivée des fibres du glosso-pharyngien.

BÉGIOnS POSTÉRIEURES DE LA SUBSTANCE GRISE SPINALE. 67

(lu pneumogastrique, des nerfs acoustiques, optiques, pour être convaincu de la constance de leurs rapports réciproques (pi. VII, VIII, X).

De plus, chaque amas de substance gélatineuse, quoique associé à ceux qui sont au-dessus et à ceux qui sont au-dessous, forme on quelque sorte une petite splière d'activité nerveuse, indépendante, plus particulièrement reliée à In série des fibres ailérentes qui viennent s'y distribuer. Nous verrons en effet, dans la partie physiologique de notre travail, que si les actions nerveuses peuvent se généraliser à distance dans le sens longitudinal, Taxe spinal, découpé en tronçons successifs, réagit d'une manière isolée et indépendante dans chacun de ses différents segments; qu'une excitation faible d'une fibre centripète, par exemple, détermine immédiatement une réaction du ccMé des fibres antérieures qui sont en regard du point excité; et qu'en un mot, chaque groupe défibres radiculaires postérieures trouve dans les divers amas de substance gélatineuse qui lui sont dévolus, une série de petits appareils de réception, indépendants dans une certaine mesure, et régulièrement stratifiés dans toute la hauteur verticale de Taxe spinal.

Nous allons successivement aborder maintenant réludc : l°des libres afférentes aux différents dépôts de la substiiiice gélatineuse de Taxe, considérées au point de vue de leur aspect etde leur configuration ; puis, 2" celle des fibres eflérenlcs de ces mômes dépôts, envisagées au point de vue de leur direction et de leurs rapports.

I. Fibres afférentes de la substance gélatineuse. — Au moment où lesdivers fascicules qui constituent les racines postérieures viennent se confondre avec les éléments nerveux de la moelle épinière, c'est-à-dire au niveau du sillon collatéral postérieur, les fibrilles qui les constituent, considérablement amincies, s'écartent en rayons divergents, pour se combiner avec les divers dépôts de cellules gélatineuses qu'elles rencontrent en avant d'elles (pi. XI, (ig. 3). La plus grande partie d'entre elles affecte constamment cette disposition, ce sont les fibres moyennes ; mais il en est un certain nombre qui ne se comportent pas ainsi : les unes, en effet» ce sont les plus internes (fibres grises des nerfs spinaux), vont, en suivant une direction oblique, gagner les régions grises les

plus centrales de la moelle épinière (pi. XIII, fig. 5 [3, 3^); les autres, qui sont plus externes, restent en dehors desamaa gélatineux appartenant aux fibres moyetines et vont, sous forme de lignes grisâtres, serpentines, dans les interstices des tubes nerveux ascendants, se mettre en relation avec des cellules spéciales, isolées au milieu des fibres blanches, .et qui m*ont paru souvent n*être autres que des cellules aberrantes de la substance gélatineuse (pi. XI, fig. 3 [7, 8]).

Les fibres moyennes, qui seules doivent nous occuper ainsi, pénètrent dans la substance gélatineuse sous desincidences variées et dans une direction oblique ascendante : elles aiïectent dans leur mode d'immersion des configurations diverses, souvent trèsdiiORciles a saisir, mais, qui la plupart du temps sontempreintesd*un caractère d'élégance très-accentuée. Ainsi à la région lombaire, elles s'épanouissent sous forme d*un bouquet globuleux (pi. V, fig. 5) ; à la région dorsale, elles s*e(filent en deux directions divergentes, sous Taspect de lignes régulièrement onduleuses (fig. 6); à la région du renflement brachial, elles rappellent la disposition figurée à la région lombaire (fig. 7); au. niveau des points d'implantation du pneumogastrique et du glosso-pharyngien, elles s'éparpillent en prenant une forme semi-hémisphérique (pi. VI, fig. A et 5) ; plus haut (pi. VII, fig. 2 et 8), c'est sous forme de radicules isolées qu'elles se mettent en rapport avec la substance gélatineuse des régions correspondantes.

Les fibres acoustiques (pi. VIII, fig. 2 et 3), au nioment de leur immersion dans les dépôts de substances gélatineuses qui leur sont dévolues, au niveau des régions externes du quatrième ventricule, se présentent sous l'aspect de rayons courbes emboîtés, suivant un trajet spiroïde, qui donne à leur ensemble un aspect tout a fait spécial (pi. XVII, fig. 17).

Les fibres de la cinquième paire s'implantent sur Taxe, suivant la ligne d'insertion des racines spinales prolongées, devenue dans les régions supérieures, antéro-externe de postérieure qu'elle est dans les régions inférieures : elles rencontrent pareillement dans les régions centrales du système nerveux des amas spéciaux de substance gélatineuse, qui se présentent sous l'aspect de deux amas mal limités de substance grisâtre, situés symétriquement de chaque côté de la li^ne médiane (pi. IX, fig. 1 [6, 6^).

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