‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 14 sur 141 · GANGLIONS OLFACTIFS. S · texte numérisé non relu

GANGLIONS OLFACTIFS. S

celui des corps genouillés externes étant : : 24 : 5 chez Thomme adulte, nous ont paru être dans un cas, chez le bœuf : : 20 : 15, et chez le cheval : : 20 : 14.

Chez les vertébrés inférieurs, lesoiseaux et les poissons, les corps genouillés, confondus avec les tubercules quadrijumeaux, comme chez l'embryon humain dans les premières phases de son développement (pi. XL, fîg. 29 et 30), forment deux sphéroïdes réguliers, en continuité avec les fibres optiques afférentes (pi. XXXIX, fig. 20 et pi. XL, fig. 12, 18, etc.) et décrits improprement sous le nom de couches optiques. — Les détails relatifs à leur structure seront examinés plus loin.

4* Ganglions des fibres convergentes olfacUves (pi. 1, fig. 1 [59]; pi. II [12];

pi. XV, fig. 1 rs, S'I; pi. XXVI [11, 11']; pi. XXV [14]; pi. XXXIV [12]).

Signalés jusqu'ici seulement dans leurs rapports avec la racine externe du nerf olfactif par Rolando et Foville (1), et par Serres dans leurs connexions avec les fibres les plus inférieures du ténia semi-circulaire (2), les deux noyaux de substance grise qui constitue les ganglions propres des fibres convergentes olfactives, n'ont éré jusqu'à présent décrits que d'une manière incomplète, au point de vue de leurs fibres afférentes et efférentes, et au point de vue de leur structure et de leur signification anatomique (3).

Ils sont situés symétriquement, tous deux à la base du cerveau, dans la portion la plus antérieure des lobes sphénoldaux; ils apparaissent immédiatement lorsque l'on étudie le cerveau soit à Taide de coupes verticales, soit à l'aide de coupes horizontales (pi. XV et XXVI), et se présentent sous l'aspect de deux amas de substance grise du volume d'une noisette ordinaire, à grand diamètre dirigé transversalement. Chacun d'eux répond, en arrière, ila portion la plus antérieure de l'hippocampe à laquelle ils sont seulement contigus;en dedans, à la grande fente cérébrale; en avant, à une portion de la substance grise des circonvolutions dont ils sont souvent différenciés par leur coloration spéciale; en

(1) Foville, Syst, nerveux, t. I, 1844, p. 523.

(2) Serres, Anaiotnie de cerveau^ t. II, 1827.

(2) Arnold (Tahulœ anatomiçrp, Turici, 1838-18^2, tabula VIII, fig. 2) les a V^iUement représentés. Il les a désignés sous le nom d'amygdala sinîstra.

hO SYSTÈME DES FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEURES.

dehors, ils sont délimités d'une façon assez précise, par une série défibres blanches à origines denliculécs, constituant bientôt par leur agglomération successive, un fascicule unique qui n*est autre qu'une des dépendances du système des fibres convergentes cérébrales inférieures, reliant à la couche optique les cellules de la substance grise des circonvolutions sphénoïdales antérieures (pi. XXXIV [5, 5']).

Le volume de ces deux amas de substances ganglionnaires surpasse d'une manière très-notable celui de tous les autres ganglions que nous avons jusqu'ici examinés -, leur coloration est en général rougeâtre, et par conséquent d'une nuance assez accusée pour ne pas être confondue avec celle de la substance grise corticale qui les circonscrit en avant. Leur consistance est trèsminime, elle se rapproche beaucoup de celle de la substance même des circonvolutions; ce fail doit être rapporté à Textrème rareté des éléments de tissu conjonctif qu'ils renferment, a l'absence très-probable d'une coque délimitante, et surtout à Ténormc proportion de substance amorphe interposée au milieu des cellules nerveuses dont la proportion est ici relativement minime. Les capillaires y forment des réseaux très-riches et très-faciles à suivre.

Quant aux cellules nerveuses, elles se retrouvent ici avec les mêmes caractères généraux que ceux que nous avons déjà signalés. Elles sont pourvues d'un ensemble de caractères sullîsants pour être légitimement considérées comme de véritables cellules ganglionnaires, analogues à celles des ganglions précédemment étudiés (pi. XV, fig. 7).

Elles sont, les unes unipolaires, les autres, et c'est le plus grand nombre, apolaires, et se trouvent revêtues pareillement d'une coque externe formée de fibrilles concentriques rappelant, avec beaucoup plus de gracihté et de finesse, cette disposition si caractérislique des cellules des autres ganglions. Leur coloration e^t jaune clair, et souvent d'un jaune ambré très-accentué; elles sont, très-fréquemment aussi, recouvertes de granulations pigmentaires très-abondantes.

Leur volume nous a paru, en général, être intermédiaire entre celui des cellules des ganglions optiques qui sont plus petites, et celui des cellules des ganglions spinaux qui sont plus dévelop-

GANGLIONS OLFACTIFS. ai

pées; quant à leurs rapports avec les fibres nerveuses, celles-ci m'ont paru , dans quelques circonstances rendues ici favorables par Textrôme abondance de la matière amorphe, s'enrouler trèsnettement autour de la cellule elle-même, et se confondre avec la paroi.

Les fibres afférentes de cet amas de substance grise ganglionnaire ont deux origines: elles sont, comme celles qui aboutissent aux ganglions optiques, les unes directes, les autres entrecroisées.

Les premières sont représentées par celte série de fibres convergentes olfactives qui constituent la racine olfactive externe. Elles se dirigent vers les ganglions d^avant en arrière et de dehors en dedans, en traversant, à l'état de fibrilles devenues rapidement grisâtres, la couche mince de substance grise cérébrale au sein de laquelle elles sont souvent Ires-difficiles à suivre, puis elles se plongent dans la substance grise des ganglions, et s'y distribuent ^ous forme de lignes ondulées (pi. XV, fig. j, 2).

Les secondes, au contraire, sont représentées par cette catégorie spéciale des fibres olfactives (fibres moyennes), lesquelles, recourbées verticalement sur elles-mêmes en haut et en dedans, s'entrecroisent avec leurs homologues sur la ligne médiane, pour se perdre dans la substance grise du ganglion situé dans l'hémisphère opposé au côté d'où elles proviennent (pi. XXV [13], |)l. XXVI [12, 12']). Elles représentent pour ces ganglions des fibres afférentes entrecroisées.

Cette catégorie d'éléments nerveux ne peut être étudiée, dans son parcours et sa terminaison , que très-imparfaitement chez l'homme. Il est indispensable, pour arriver a quelque certitude sur leurs connexions et leur trajet, d'en poursuivre la direction chez les espèces animales qui, par le plus grand dévcloi)pcmentde leurs appareils olfactifs permettent, sous un plus gros volume, d'apprécier les différents détails descriptifs que nous venons d'énoncer.

Les fibres efférentcs des ganglions olfaclifs obéissent comme celles des autres ganglions, à deux directions :

Les unes (fibres ganglio-spinales) (pi. I, fig. 1 [58] et pi. XV, ûg. 1 [9']), disposées sous l'aspect d'un fascicule triangulaire à fibrilles grisâtres, dirigées transversalement de dehors en dedans,

vont gagner les traînées de substance grise spinale, prolongée jusque dans ces régions les plus antérieures de Tencéphale.

Les autres (fibres ganglio-cérébrales ) (pi. XV, fig. 1 [10]; pi. XXXIV [13]), émergeant des régions les plus postérieures de cet amas ganglionnaire sous forme de filaments radiculaires , se condensent en un fascicule unique, à direction curviligne, dont Fextrémité la plus antérieure s'épanouit dans les régions anlérieures de la couche optique (pi. II [18, 19] ).

Dans la série des vertébrés, le développement de ces amas ganglionnaires est constamment en rapport avec le volume et Tabondance des fibres olfactives; leurs rapports réciproques sont, de plus, beaucoup plus évidents que chez Thomme.

Chez certaines espèces, on voit la racine de Tolfactif plonger directement dans la substance grise qui constitue ce ganglion, sous forme de lignes onduleuses concentriques, qui rappellent le mode d'immersion des fibres convergentes optiques dans la substance grise du corps genouillé (mouton) (pi. XXXIX, fig. 18). Chez d'autres, la racine externe peut être suivie en quelque sorte à ciel découvert, jusqu'à son point d'implantation, par suite de la disparition progressive de la substance grise corticale qui protège l'amas ganglionnaire dans ses régions antérieures (planche XXXIX, fig. 12 et 15) (rat, taupe).

Chez les grenouilles et certains poissons, les rapports sont encore plus évidents : on voit, en effet, les fibres olfactives dirigées longitudinalement d'avant en arrière, aborder presque toutes dans deux amas de substance grise situés symétriquemenft de de chaque côté de la ligne médiane, en avant des lobes cérébraux proprement dits. Ces deux amas de substance grise ne sont autre chose que les ganglions propres aux fibres olfactives plus ou moins développés, suivant les variétés d'amplitude des expansions nerveuses périphériques (pi. XL, fig. 5, 7 et 8 [1] et fig. 17, 18, 19, 20et21).

11 est encore un fait intéressant à signaler à propos de ce ganglion olfactif : c'est sa situation spéciale dans la masse même de l'hémisphère cérébral des animaux supérieurs.

Au premier abord, il semble faire partie du cerveau propre*

GÀlfGLIONS OLFACTIFS. AS

ment dit et paraît même être une dépendance de la substance grise des circonvolutions avec laquelle on Va confondu ainsi pendant longtemps. Mais, en y regardant de plus près, on s'aperçoit bientôt qu'il n'affecte que des rapports de contiguïté avec la substance grise corticale ; qu'il en est séparé par une série de fibrilles curvilignes qui lui forment comme une coque isolante; qu'il se trouve, par conséquent, quoique inclus, tout à fait en dehors des appareils cérébraux proprement dits qui passent à côté, le côtoient, mais n*affectent avec lui aucune combinaison d'éléments.

Il fait donc partie des appareils ganglionnaires de la base de Tencéphale, au même titre que les corps genouillés, par exemple, seulement, au lieu d'être isolé et libre, il se trouve enclavé au milieu des fibres cérébrales qui le circonscrivent de toutes parts (pi. I, fig. 1, etpl. II).

C'est là vraisemblablement une disposition particulière, qui ne doit être attribuée qu'à un phénomène d'évolution, et qui est due, selon toute vraisemblance, à un mouvement d'expansion |)rogressive que subissent, chez les animaux supérieurs et en particulier chez l'homme, les lobes cérébraux. Les ganglions olfactifs, qui sont libres et à découvert chez les espèces inférieures, qui ont des lobes cérébraux rudimenlaires, se trouvent, chez les animaux supérieurs, peu à peu investis de toutes parts, et emprisonnés par la substance même des hémisphères, qui se les assimile ainsi progressivement, par un mécanisme approximativement comparable à celui en vertu duquel l'ovule, arrivant libre dans la cavité utérine, se trouve bientôt emprisonné au milieu des villosités luxuriantes de la muqueuse utérine ambiante.

«^° Ganglions en rapport avec la transmission d'un certain ordre d'impressions

viscérales.

Les ganglions qui sont en rapport avec les fibres se reliant aux régions centrales du système nerveux, soit les plexus étalés à la surface des muqueuses linguale, pharyngienne, trachéale, œsophagienne, gastrique, pulmonaire, etc.- ceux qui reçoivent en môme temps les conducteurs nerveux en rapport avec l'innervation cardiaque, comme les ganglions propres des troncs nerveux centripètes du glosso-pharyngien et du pneumogastrique, ne nous ont

Ai SYSTÈME DES FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEURES.

présenté jusquMci, à pnrl la réparlilion générale de leurs cellutes, disposées en amas mulliples, fu^irormcs, aucuns caractères spéciaux qui nous pcrmcllcnt de les diiïérencier des autres amas ganglionnaires spinaux; fait qui a son importance au point de vue de Tanalomie d'ensemble, parce qu'il nous fait voir que les lois qui président a la distribution des conducteurs nerveux, ramenant dans les centres les impressions collectées à la périphérie des appareils de la vie organique, sont les mêmes que celles qui président à la distribution des conducteurs nerveux appartenant aux manifestations de la vie animale.

§ 3. — nkrM efférenles den diveni dépêU ém mmUmUmee «rlM

Les fibres secondaires, efférentes, des différents amas de substance grise ganglionnaire, se rapprochent toutes, d'un mouvement uniforme, des régions latérales de Taxe spinal, qu'elles contribuent à former par leur apport successif : les unes, ainsi que nous Tavons indiqué déjà, entrent directement en connexion avec les diOërenls dépôts de substance grise qu elles y rencontrent : ce «ont les fibres ganglio-spinales proprement dites ; les autres ne font que s'accoler sur les parties latérales de l'axe, pour entrer ultérieurement en rapport avec les régions les plus centrales de la masse encéphalique (fibres ganglio-spinales).

Avant d'aller plus loin et d'aborder Télude isolée de ces divers groupes de fibres nerveuses isolés, il convient de définir et et de préciser ce que nous entendons sous la dénomination d'axe

De Taxe ^pintl.

L'anatomie descriptive, pour la facilité du langage, a introduit dans rétude du système nen-eux central, des divisions complélement factices qui ne reposent que sur des limites artificiellement tracées par elle; ainsi, faire cesser la moelle épinière au niveau do renlrecroisemenl des pyramides, le bulbe au niveau du bord inférieur de la pnUubérance; circonscrire la description di^ dilTèrentes parties constituantes de Tbthme entre deux lignes horiiontales arbitrairement tracées, c'est créer sans

DE l'axe spinal. A5

profit pour la science des départemenls isolés, el séparer inutilement ce qui est uni dans la nature. L'esprit cesse de voir des éléments homologues là où il trouve des dénominations nouvelles, et il a peine a vouloir retrouver Tunité de l'ensemble la où les mots ne rappellent que des dissemblances.

Quand on étudie la moelle épinière, non pas seulement dans sa description extérieure, mais lorsqu'on Fenvisage dans l'agencement de ses éléments fondamentaux, et qu'on arrive, par l'analyse, à avoir en quelque sorte la caractéristique qui la représente, on ne tarde pas à s'apercevoir que ces mômes éléments fondamentaux n'existent pas seulement dans les portions inférieures, qu'ils se retrouvent dans les portions supérieures avec les mômes caractères, et que partout où il existe une fibre convergente, qu'elle soit sensitive ou sensorielle, elle obéit aux mômes lois (le distribution dans les régions centrales; et que, de môme, partout où il existe une fibre antérieure motrice, qu'elle appartienne aux nerfs spinaux antérieurs ou aux nerfs moteurs oculaires communs, les mômes rapports affectés par elle avec les divers dépôts de substance grise se perpétuent et se répètent.

D'une autre part, l'étude de la marche des fibres spinales révèle ce fait non moins remarquable, qu'elles ne s'arrôtent pas dans les régions mômes où des divisions arbitraires sont tracées; qu'elles remontent, après s'ôtre entrecroisées, vers les régions plus élevées du système nerveux, et qu'ainsi les fibres des faisceaux latéraux, antérieurs et postérieurs, qui ont leurs points d'implantation inférieure dans la région lombaire, par exemple, remontent verticalement en haut, et. établissent ainsi la solidarité des régions inférieures et des régions supérieures de l'axe spinal (pi. I, fig. 1, et pi. II). Aussi, pensons-nous, qu'au point de vue (le l'anatomie d'ensemble, et môme au point de vue de l'anatomie comparée, ces dénominations stériles de moelle, de bulbe, d'isthme de l'encéphale, doivent ôtre complètement abunilonnées, et réservées seulement par respect pour les habitudes acquises et les commodités du langage.

Il ressort donc de cette similitude complète, qui se reproduit dans le mode de distribution des fibres nerveuses les plus inférieurement et les plus supérieurement situées, que le tracé du même plan se retrouve de haut en bas de Taxe spinal) et que le

groupement de chacune d'elles doit être assimilé au mode d'implantation des branches sur un axe ou un tronc commun. Cet axe, qui peut être représenté, d'une manière idéale, sous l'aspect d'une ligne fictive, étendue verticalement depuis le point d'implantation de la racine interne de l'olfactif jusqu'au niveau de la portion la plus inférieure de la moelle, est représenté en réalité par Yensemble des cavités médianes cérébro-spinales , doublées des deux traînées de substance grise qui les délimitent et les doublent en dehors (pi. I, fig. 1 [6] ).

Quand on étudie, en effet, par une série de coupes transversales, la moelle épinière, on constate qu'il existe toujours dans son centre une cavité, le canal central, tapissé lui-même d'une paroi propre ;

Que ce canal occupe, au niveau de la région lombaire, la portion médiane de la moelle (pi. V); qu'au niveau de la région bulbaire, il se trouve rejeté sur un plan de plus en plus postérieur, par suite du passage successif des fibres ascendantes en avant de lui (pi. VI et VU)-, qu'au niveau du bec du calamus, il se dilate, pour se reconstituer de nouveau au moment où les tubercules quadrijumeaux apparaissent (pi. VIII, IX, X);

Qu'enfin il constitue, en subissant une nouvelle dilatation (pi. II, fig. 1), la cavité même du troisième ventricule (pi. XXXIII) ;

Que dans les régions supérieures et inférieures du système nerveux, cette cavité canaliculée, commune à la fois au cerveau proprement dit et à la moelle, est continue avec elle-même dans toute son étendue, et représente l'axe proprement dit qui supporte tout l'ensemble des fibres nerveuses.

D'un autre côté, on note encore que, dans toute l'étendue des cavités spino-cércbrales, depuis l'implantation de la racine interne de Tolfactif jusqu'aux régions les plus inférieures de la moelle épinière (pi. I, fig. 1), il existe, accumulée à leur pourtour, une certaine portion de substance grise, de nature et de coloration spéciales, continue aussi partout de haut en bas avec elle-même, et constituant de distance en distance de petites agglomérations étagées, en rapport avec les fibres grises qui viennent s'y implanter. Cette substance grise centrale, véritable satellite des cavités spino-cérébrales, peut être ainsi conçue, sous Taspect de deux traînées longitudinales de substance nerveuse, servant

DIS PIBRS8 BFFÉRBNTS8 GANGUO-fiPINALES. A7

en quelque sorte de réservoir commun à toutes les fibres périphériques qui viennent successivement y apporter leur contingénl do fibrilles.

Enfin, il est encore un détail descriptif, de la plus haute importance, relatif a la substance grise centrale do Taxe: c*est que les deux traînées de substance grise qui doublent en dehors les cavités de la moelle, du bulbe, de l'isthme, ne s^arrélent pas brusquement dans les régions supérieures; qu'au contraire, elles s'y prolongent sous l'aspect de deux processus tapissant les parois du troisième ventricule (pi. XXXII et pi. XXXHI). Il résulte donc de cette propagation de la substance centrale de l'axe spinal jusque dans l'intérieur même des cavités cérébrales, une solidarité intime entre les diverses pièces qui constituent l'en* semble du système nerveux. Nous verrons plus tard, en effet, qu'une certaine portion des fibres cérébrales viennent pareillement se perdre dans cette substance grise centrale, au niveau des parois du troisième ventricule^ qu'elles se mettent pareillement, comme les fibres convergentes inférieures, en rapport avec les cellules nerveuses qui leur sont propres, et que c'est ainsi, sur cette axe gris, que la plupart des fibres nerveuses émergées de tous les points, soit de la périphérie générale, soit de la périphérie des circonvolutions, viennent en définitive aboutir comme à un rendez-vous général, pour entrer en rapports réciproques.

C'est donc cette double traînée de substance nerveuse spéciale, douée de caractères si constants et si fixes, servant à la fois de support commun et d'appareils de centralisation aux fibres nerveuses convergentes supérieures et convergentes inférieures, que nous désignerons sous la dénomination de région centrale grise ou d'axe gris spinO'Cérébral.

ARTICLE PREMIER

StflTÈMI DU FIBRES £frilElfTES GA1C6LI0-S1>1RALE8.

Les divers groupes de fibres nerveuses efférentes des divers dépôts de substance grise ganglionnaire ( pi. I [33, 3A, 35, ^8» *8] ), qui représentent la continuité des fibres afférentes, interrompue par l'interposition de la substance grise ganglionnaire, se dirigent toutes, suivant une direction plus ou moins tranversale^

vers les régions posléro-latérales de Taxe spinal. Recouvertes par une gaine de nature fibreuse qui est une émanation soit de la coque ganglionnaire, soit de la dure-mère rachidienne, elles sont d'une texture moins dense que celles des fibres afférentes ; elles sont en même temps plus grêles ; le diamètre des tubes nerveux qui les constituent, va progressivement en diminuant d'épaisseur à mesure qu'elles se rapprochent de leurs points d'implantation.

Au niveau de la région latérale de la moelle proprement dite, les fascicules émanés des divers amas ganglionnaires spinaux se juxtaposent régulièrement les uns au-dessus des autres, en s'implantant sur ces mômes régions latérales, et constituent ainsi de chaque côté deux lignes d'insertions, verticales et continues.

Mais au niveau de larégion bulbaire, une déviation Itrès-notable se fait remarquer dans la ligne d'implantation des racines postérieures : là, en effet, celle-ci change insensiblement de direction; au lieu d'être franchement postéro-externe, elle devient de plus en plus externe, et c'est ainsi que Ton voit les radicules du pneumogastrique, du glosso-pharyngien, s'écarter de plus en plus, et se trouver ainsi déjetées en dehors. Ce fait anatomique est le résultat nécessaire des changements de rapports que subissent les divers éléments nerveux à mesure qu'ils se groupent et qu'ils se combinent entre eux en remontant vers les régions supérieures de l'axo spinal. Au niveau de la région bulbaire, en effet, les faisceaux latéraux d'abord, puis les faisceaux postérieurs, les antérieurs ensuite, s'entrecroisent successivement fibrilles à fibrilles ; ils viennent ainsi, en se portant en avant et en passant d'un côté à l'autre, grossir successivement l'ensemble des conducteurs ascendants, et réclamer une plus large place au milieu des divers éléments de la moelle^ c'est par le fait même de leur présence que la ligne d'implanlalion des fibres des racines poslêrieures se trouve dans les régions supérieures de la moelle, presque complètement inclinée en dehors, et déjeléc dans une direction semi-spiroïde assez prononcée en vertu de laquelle la cinquième paire, qui continue, au point de vue anatomique et physiologique, la série naturelle des racines postérieures, devient insensiblement antcro* externe, au moment où elle se met en rapport avec les divers dépôts de substance grise qui lui sont propres (pi. II, VI).

Les fibres effércntes des amas ganglionnaires acoustiques

DES FIBRES EFFÉREI«TES GANGLIO-^PJNILES. àO

sont presque toutes grêles, grisâtres, plus ou moins incurvées sur elleç-mémes ; elles ont un très-court trajet, et vont en constituant une série de fascicules claies en éventail, à la surface du qualricme ventricule, se perdre, soit dans les amas de substance gélatineuse qui leur sont propres, soit dans les régions centrales de substance grise qui occupent la ligne médiane (pi. VIII, XIV,

fig. *)(!).

Les fibres efférentes des ganglions optiques se présentent de chaque côté, sous Taspect de deux groupes de fibrilles grisâlres, sculptés en quelque sorte sur les parties latérales et supérieures de l'isthme; elles émergent de la substance grise des corps genouillés pour gagner, le groupe supérieur (pi. XV, fig. 8), la substance gélatineuse des tubercules quadrijumeaux supérieurs ; le groupe inférieur, celle des tubercules quadrijumeaux inférieurs. Ces fibres affectent une disposition radiée^ qui rappelle celle des fibres homologues appartenant aux autres paires nerveuses.

Les fibres efférentes des ganglions olfactifs, dont nous avons déjà parlé précédemment page Al, se présentent sous faspect d'un fascicule de fibrilles blanchâtres, incurvées sur elles-mômes et accolées à la face inférieure de la substance grise du corps slrié {espace perfore de Vicq d'Azyr). Etalées tout d'abord au moment où elles émergent des ganglions, elles se condensent peu en une bandelette blanchâtre, dirigée obliquement de dehors en dedans, se rapprochent de la scissure médiane du cerveau, et là, rencontrent des dépôts de substance grise avec lesquels elles se combinent.

Je n'ai pu encore déterminer jusqu'ici d'une manière précise, si les cellules nerveuses que cette série de fibrilles efférentes ren-

(1) U est à noter que cotte catégforie spéciale de fibres seusoricUes présente une fïisposiliun anatomique bien remarquable ; elles se trouvent cire, par rapport à leur point «r implantation et leur mode de groupement sur l'axe, les fibres les plus postérieures du système nerveux. Ainsi, les fibres olfactives, eu égard ù leur distribution périphérique et à leur point d'implantation sur l'axe, sont les plus antérieures ; les fibres optiques viennent ensuite en seconde ligiU3; les fibres de la sensibilité générale leur succèdent. Et enfin, occupant un plan tout à fait postérieur, arrivent les fibres acoustiques (pi. î, Hg. 1).

Noos verrons plus loin quel parti, au point de vue de la signification des centres ^e la couehc optique, on peut tirer du mode de groupement successif des différentes uté^ries de fibres nerveuses convergentes.

iCTS, à

50 STSTÎME DBS FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEURES.

contre à son point (implantation sur Taxe, sont bien des cellules offrant les caractères des cellules gélatineuses ; l'analogie seule me porte à l'admettre.

Avant de passer à l'étude des connexions que les différents groupes de fibres ganglio-spinales affectent avec les divers dépôts de substance grise de Taxe, il convient préalablement d'envisager à part chacun de ces dépôts de substance grise, et de les examiner tout d'abord, tant au point de vue de leur disposition générale que de leur constitution intime.

9e la «ntefiiaiiee crise de Vmxe «piniU en séaéml.

1* Quand on étudie les différentes régions de l'axe spino* cérébral, à Taide de coupes méthodiques horizontalement dirigées, un constate, principalement dans la région spinale, que la substance grise se présente de chaque côté, sous l'aspect de deux amas grisâtres, à grands diamètres situés dans le sens antéropostérieur, à contours plus ou moins denticulés, et réunis l'un à l'autre par des filaments transversaux de même couleur (pl.V,VI).

Chacun de ces amas dé substance grise se termine en avant et en arrière par deux prolongements ou cornes ; les cornes postérieures, qui sont les plus longues et les plus effilées, arrivent jus« qu au fond du sillon collatéral postérieur-, les cornes antérieures, au contraire, sont légèrement renflées en avant, elles sont plus larges, plus étalées, et n'atteignent jamais la circonférence antérieure de la moelle.

Cette substance grise spinale se trouve de chaque côté, en dedans et en arrière, en dedans et en avant, en dehors dans tout son pourtour, flanquée par une série de fibres blanches verticales, qui la côtoient en partie sans s'y distribuer, et qui, en partie, la traversent plus ou moins obliquement pour passer du côté opposé à celui d'où elles proviennent, et gagner ainsi les régions supé* rieures de Taxe. Cette disposition anatomique explique pour* quoi, sur les coupes horizontales, la substance grise spinale se présente avec des bords denticulés qui lui donnent un aspect rayonné ; ces filaments ne sont autre chose que les fibres aseea-

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