RÉGIOJNS ANTÉRIEURES DE LÀ SUBSTANCE GRISE SPINALE
éléments nerveux qui les environnent, qu'au point de vue de la difficulté que l'on éprouve à les reconnaître.
En suivant avec soin, d'avant en arrière, les fibres de la petite racinet on trouve qu'elles aboutissent ( pi. IX [6, 6']) en un espace (rès-limité de substance grise, situé en avant de la région centrale grise, et qui ne s'en distingue, la plupart du temps, que par le volume et la coloration particulière des grandes cellules qui s'y trouvent groupées. Ce noyau central d'immersion des fibres de la petite racine des trijumeaux est, comme les précédents, dans une situation antérieure, par rapport aux fibres de la grosse racine, qui sont sur un plan relativement postérieur (1) (pi. IX, fig. 1 [4.8,8']).
ô*" Les noyaux d^implantation propres aux fibres des nerfs pathétiques sont situés au-dessus des précédents, mais à une dbtance relativement plus considérable du noyau de la petite racine du trijumeau, que celle qui sépare ces derniers des points d'implantation du nrK)teur externe (pi. IX, fig. 3 [6, 6'].
Ces amas de substance grise sont situés de chaque côté, et sur la limite antéro-externe delà substance grise centrale. Ils forment en ce point, à droite et à gauche, deux petites agglomérations grisâtres, plus ou moins nettement arrondies, dont l'éloignement de la ligne médiane est aussi très-variable; lorsque la substance grise centrale forme uue couche peu épaisse, ces deux noyaux se trouvent ainsi placés sur un plan beaucoup plus antérieur que celui qui est indiqué (fig. 8, pi. IX).
Ils répondent à peu près au niveau du point où les fibres du pathétique plongent dans l'épaisseur de la substance nerveuse, c'est-à-dire â peu près à la portion la plus inférieure des tubercules quadrijumeaux inférieurs. J'ai presque constamment constaté que les grandes cellules nerveuses de cette région contenaient en proportion beaucoup plus accentuées qu'ailleurs des granulations
(1) Faut-il considérer les noyanx 5, 5' de la figure 1, planche IX, comme des Boyaux antérieurs accessoires, en rapport plus particulièrement avec quelques fibres ^ U petite racine ? Les caractères des cellules nerveuses propres à cette région ne Btt paraissent pas encore suffisamment pathognomoniques pour que je puisse me IvoïKMicer avec certitude sur ce point. D'ailleurs, les fibres qui vont s'y distri- ^ m'ont to'iyours jusqu'à présent paru appartenir particulièrement à la grosse vieille.
00 6YSTÈM6 DM FIBRBS CONY^RGËNTIK» IHrMlWRS^.,
pîgmentaires d'ime coloration très»foncée, ce qui leur donne une teinte de couleur de rouille très -nette.
&" Les noyaux d'implantation des fibres nerveuses îles nerfs moteurs oculaires communs sont, avec ceux qui appartiennent aux hypoglosses, les noyaux d'implantation des fibres les plus nettement délimités des régions^ sus4)ulbaires de Taxe spinal (pi. X, fig. 2; [15, 16'], et pi. XVIII, fig. 7 [8, 8']. Ils se présentent sous Taspect de deux petites masses grises ovoïdes, situées latéralement de chaque côté de la ligne médiane, en avant de la substance grise de la région centrale, dont, ils sont quelquefois très-nettement détachés. Ils reçoivent, par leur bord antérieur et externe, les fibres épanouies du tronc nerveux, du moteur oculaire commun. De leur bord interne partent, dans une direction opppsée^la série des fibres eflërentes. Les cellules nerveuses que Ton y rencontre sont agglomérées intimement entre elles : eÛes sont volumineuses, quelquefois aussi très-pigmentées, et présentent tous les caractères des cellules antérieures (1).
Quoique les rapports intimes qui existent entre la substance gélatineuse des tubercules quadrijumeaux et les noyaux d'implan* tation des fibres propres du nerf moteur oculaire commun, soient très-difficiles à démêler anatomiquement, au milieu de la e^mpli^r cation inextricable des fibres de cette région, néanmoins ces rapports existent d*une manière indubitable, et la substance gé^ latineusetles tubercules quadrijumeaux se trouve associée avec les noyaux d'origine des moteurs oculaires communs, d'une manière aussi intime que la substance gélatineuse d'un des segments quelconquedela moelle Test avec laracineanlérieurequi est directement
(4) Lct rapports inUmes qui existent entre ces noyAUi <l'origino et les ftbres nerveuses du tronc du moteur oculaire commun sont encore démontrés par Tana» tomie pathologique.
Chez un sujet atteint de strabisme permanent, qui mourut d'une affoclion aig^iô, j'ai trouvé le tronc de la troisième paire atrophie d'un côté, et te noyau d'implantation du nerf d'une teinte jaunâtre toute spéciale (les éléments ncrveui étaient complètement dégénérés). — Chose remarquable, le noyau d'implantation du coté opposé était altéré d'une manière presque identique. Ce fait semblerait porter à admettre l'existence de fibres commissurantes propres aux rétcion» antérieures de l'axe, lesquelles associeraient ainsi ces deux départements isolés de substance ir^iae, non-seulement dans leur fonctionnement physiologique, mais encore dans leurs dégénérescences morbides.
RÉGIOlIt AMTtRIBURBS DB LA 8UBSTANCB GBI8B SPINALE. 91
eo eonnexîon ayeo elle. Il en résulte un véritable couple, un appareil excito-moteur, eoroposé, dans ces régions de Taxe spinal, des mômes éléments nerveux que dans les régions inférieures, dont les fibres optiques représentent les conducteurs centripètes, et les fibres des moteurs oculaires communs les conducteurs centrifuges (1).
B. Les cellules nerveuses que Ton rencontre dans les régions grises antérieures de Taxe spinal sont disposées par groupes isolés, dans les aréoles qu'interceptent, en s'écarfant, les fibrilles épanouies des racines antérieures (pi. V et pi. XI, fig. 3 ). Chaque groupe paraît plus particulièrement affecté à une série de fibrilles indépendantes» qui trouvent ainsi en eux de petits noyaux isolés. En général, ils sont disposés plus particulièrement le long des bords antérieurs et externes, quoiqu'ils soient àpeu près uniformément répartis dans toute la masse de la substance grise.
Ces cellules, Irès-remarquables par leur grand développement, qui est en quelque sorte leur caractère spécifique, mesurent en moyenne Un diamètre de 0"",0à à 0"",06 et 0'"»,07 (pi. XIX, fig. 1, 2 . Elles sont polyédriques, et aifectcnt une coloration jaunâtre qui devient brune dans certaines parties des régions supérieures de Taxe. Elles sont presque constamment recouvertes de granulations pigmentaires, jaunâtres a la moelle, et brunes au niveau du point dMmpIanlation des nerfs pathétiques. Elles sont pourvues d'un noyau ovoïde de volume moyen, muni lui-môme d'un nucléole à coloration jaunâtre souvent très-accusée. De la
(1) CcMe solidarité intime, qui associe ainsi ces]deux dépôts de suljstance nerveuse, i-st encM-e prooTée ptit les faits que Tanatomie pathologique révèle. Les lésion:*, en t'iet, de U substance gélatineuse qui, dans les régions inférieures de Taxe spinal, sont suivies d'une dégénérescence frappant les nerfs moteurs, en regard des régions anUlrieurcs, sont susceptibles de déterminer, dans les régions les plus supérieures, des troubles nutritifs du même ordre. Lorsque la substance gélatineuse des tubercules quadrgumeaux se trouve, soit primitivement, soit consécutivement, envahie par un travaU morbide, elle réagit à distance sur la nutrition des racines antérieures avec leiqucllcs elle se trouve le plus particulièrement associée, et détermine ainsi, nonseulement, la dégénérescence des libres antérieures des moteurs oculaires communs, qui sont en quelque sorte ses tributaires les plus directs, mais encore elle étend au loin la sphère de son activité morbide, et frappe pareillement d'atrophie les fibres des moteurs oculaires externes qui, dans les conditions normales, reçoivent pueiUemcnt d*eUe leur stimulation eicito-motrice.
M SUffÈMÊ,
def |)ir#>ioag«BMnls miltîpies,^ 9efrcscBlai,ileur point <f on- (pne* §ou» Ta^feet de ramesccacn faîr^ et «pusses. Les hifurcaliofki i|r/i(s préseoteot, après oacoorttngeivCOosliliMnt bienlAldes ramuscules seeondaîres, lesquels lonl, ea s'eflBant de plus en plus , te mettre en rapport arec I» autres éléments nenreox ambiants. Tantôt, les prûloDgements des ceDules finales antérieures se eontinuefil d'une manière trés-netle aTec ceux des cdluks du TOfsinage ; tantôt on les Toit : les plus antérieures, gagner U direction des fibres radiculaires antérieures correspondantes, et devenir insensiblement une fibre de racine antérieure ; et les plus internes, se redresser veriicalemenl, en haut et en dedans, pour passer à rétal de fibrille blanche, elsenrir ainsi d*origine aux fibres verticales ascendantes, dont l'ensemble constitue les faisceaux spinaux antérieurs (pi. XIX, fig. 1, 2).
Les cellules antérieures sont remarquables dans la série des vertébrés, parleur situation qui est telle, qu'elles occupent toujours dans la constitution de Taxe spinal les mêmes régions que dans res(Féce humaine ; leur volume relatif est toujours plus accentué, (aussi bien chez les mammifères que chez les oiseaux) que celui des régions postérieures correspondantes (pi. XL, fig. 1). Leur volume atis^ilii est aussi plus développé chez les animaux de haute taille que chez Thomme. Chez le cheval et le bœuf, j'ai rencontré des cellules anlérieures qui mesuraient depuis O"" ,05 jusqu'à 0"" ,08 et m^me 0"",1 en diamètre.
C\ La substance grise des régions spinales anlérieures, de même que relie des régions postérieures, présente à la fois un système d« /i/frrs afférentes et un système de fibres e/férentes. fions décrivoiiSy (tous le nom de fibres afférentes Tensemble des fibrilles radiculaires antérieures; et sous le nom de fibres efférentes, non- SDuleinent les divers prolongements de fibres grises antéro-postérioures(|ui les rattachent aux différents dépôts de substance grise ambiante, mais encore toute cette série de fibrilles verticales ontrocroisées, qui, plongeant sous des incidences variées par leur extrémilé inférieure au sein de la substance grise antérieure, et par leur extrémité supérieure dans celle du corps strié, consti-