‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 26 sur 141 · DISTRIBUTION CENTRALE DES FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION CENTRALE DES FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES

dance individuelle, Tait anatomique capital, en ce sens qu'il implique immédiatemeul l'idée que les conducteurs nerveux qui suscitent l'activité de tel ou tel département spécial de substance grise spinale antérieure, possèdent, au sein de la substance grise du corps strié, une localisation parfaitement définie^ et que par conséquent, les régions d*où part Tinflux qui provoque la réaction des divers systèmes de muscles, des régions inférieure, moyenne ou supérieure du corps, sont aussi parfaitement indépendantes et isolées les unes des autres dans les centres.

Quant à la manière dont chaque groupe isolé se comporte au moment de sa distribution terminale, voici ce qui nous paratt le plus probable :

Les fibrilles du groupe le plus externe (pi. XIII, fig. 6) se dispo* sent suivant une courbe régulière regardant en avant (pi. XXIV, fig. 1). Elles s*élèvènt ainsi, sous forme de filaments blanchâtres, légèrement onduleux, s'écartent peu à peu les unes des autres, comme les branches d'un éventail qui se déploient, et reçoivent, à mesure qu'elles progressent (dans une direction perpendiculaire à la leur), l'appoint des fibrilles jaunâtres des expansions terminales cérébelleuses, qui viennent, comme éléments adventifs, s'appliquer le long de la continuité, se combiner avec elles, et partager désormais leur distribution ultérieure (pi. XIII, fig. 6 [à], et pi. IV, fig. 5 [/]). Ainsi renforcées, les fibres spinales ascendantes, transformées en fibrilles jaunâtres moniliformes, vont se perdre, sous Taspect de lignes serpentines, au milieu de la substance grise du corps strié, et se mettre en rapport avec les grosses cellules qui s'y trouvent très-abondamment réparties (pi. XIX, fig. 4).

Dans celte dernière phase de leur parcours, ces fibres spinales affectent une direction en général, oblique ascendante; elles gaf^nent les régions antérieures et externes de la substance grise du du corps strié, et paraissent se terminer dans les points où cette substance grise est précisément le plus abondante. On les retrouve aussi bien dans le noyau extra qu'intra^ventriculaire; et il n'est pas rare d'en rencontrer un certain nombre sous l'aspect de fila* ments ondulés (|ui passent du noyau externe dans le noyau interne (pi. XXV [2, 2'])-, elles se faufilent dans ce cas, obliquement à travers les espaces laissés libres par les faisceaux convergents antérieurs, au moment où ceux-ci, pour gagner la couche

optique, traversent de part en part la substance grise du corps strié, en s'étageant régulièrement les uns au-dessus des autres»

Les Bbrilles du groupe moyen et celles du groupe interne présentent, en proportions réduites, un mode de distribution termi* nale identique ; elles sont seulement inscrites en dedans de Tarcade formée par Tensemble des fibres précédentes; elles sont moins abondantes, probablement moins allongées, et se répartissent aussi vraisemblablement dans des régions de la substance grise dn corps slrié, différentes de celles qui sont réservées aul fibres da premier groupe.

Les rapports de contiguïté qu'affectent, dans certains points de leurs parcours, les fibres spinales antérieures, avec les fascicules cérébraux convergents antérieurs, la direction oblique qu'elles affectent en suivant un même alignement que les précédentes (les premières étant obliquement dirigées de bas en haut et d*arrière en avant, et les secondes de baut en bas et d'avant en arrière) (pi. II [27, 26', 39] ; pi. III, fig. 2 ; pi. IV, fig. 8), ont donné jusqu'id le change aux anatomistes sur la manière dont se comportaient les irradiations des pédoncules par rapport aux hémisphères cérébraux : la plupart inclinent encore à penser que lès faisceaux spinaux antérieurs épanouis se prolongent jusque dans les circonvolutions. L'exposition de la méthode analytique que nous avons employée, et les détails dans lesquels nous venons d'entrer A ce propos, prouvent suffisamment combien nous avons tenu i coeur de décider cet important problème; nos recherches sont pleinement coniirmalives, du reste, de celles de Kolliker, et nous ne pouvons mieux faire, que de répéter avec l'illustre professeur de Wurlzbourg : que Von peut considérer comme un fait certain^ que les fibres spinales antérieures s'arrêtent dans le corps striij et quelles tie se prolongent nullement dans la substance médullaire des hémisphères. Nous verrons du reste plus loin, que les faits que Tanatomie pathologique va nous révéler sont pleinement confirmalifs de cette manière de voir.

DU nerf «plnal (pi. 111^ fig. 1 130]).

Les points d'implantation des divers groupes de fibres radicu* laires appartenant au nerf spinal, participant à la fois aux carac*

t)U NERF Sl'lNAL. îll

tères propres des fibres des racines postérieures, et à ceux des racines antérieures, doivent être maintenant passés en revue, après rétude isolée de chacune de ces deux catégories de fibres.

Les fibres du groupe inférieur du tierf spinal, celles qui sont les plus longues, se présentent sous Taspect de fibrilles isolées, situées en dehors et en avant des points d*implantalion des racines postérieures; elles se dispersent et s'éparpillent comme celles-d, au sein des amas de substance gélatineuse qu*elles rencontrent au-devant d'elles (pi. VI, fig. 2 [6], et pi. III, fig. 1 [81]).

Les fibres du groupe supérieur se dévient légèrement eti avant et en dehors; elles vont s'implanter, de conserve avec les quelques fibres radiculaires antérieures (qui existent encore dans ces régions de Taxe spinal) dans des noyaux isolés de substance grise (pi. VI, fig. A [1 , 1'] et 5, et pi. VÏI, fig. 1 [2]), qui représentent ici les cornes antérieures de la substance grise de la moelle.

Si l'on rapproche maintenant cette disposition si spéciale que présente le nerf spinal dans ses fibres radiculaires, de ce que nous ayons déjà dit au sujet de la solidarité intime qui relie les fibrilles des racines postérieures à travers la moelle, à celles des racines intérieures correspondantes, et qui fait que ces deux catégories d'éléments nerveux, de nature si différente, sont littéralement combinées l'uneavecTautre (tan tau point de vue de leurs relations ftnalomiques que de leurs manifestations physiologiques), on se trouve naturellement amené à voir dans le nerf spinal une paire de nerfs antérieurs et postérieurs accouplés ; à le considérer comme un nerf mixte dès son origine , au môme litre que le tronc nerveux commun, résultant de la juxtaposition (sous une mémo enveloppe névrilémalique) des fibres antérieures et des fibres postérieures, et à Penvisager dans la totalité de ses éléments constitutifs, comme un arc excito-moteur surnuméraire, formé par Taccolement simultané d'éléments centripètes et d'éléments centrifuges (1).

(1) Les dernières recherches de Vulpian^ qui a signalé Texistence de eellulis gtoglionnaires sur le trajet d'une portion des fibres radiculaires du spinal^ semblent devoir compléter Tanalogic que nous cherchons à établir ici, entre une portion des ^res propres du nerf spinal et celle des racines postérieures. (Brown-Scquard, ^^rnal de physiologie, janvier 1862, p. 10.)

lia SYSTÈMK DES FIBRES CONVERGENTES INFÉRIEURES.

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