‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 25 sur 141 · FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES · texte numérisé non relu

FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES

pi. XVIII, fig. 7 [4]) émergent dans une direction opposée, de ces mêmes amas de substance grise. Elles passent sous l'aspect de fibrilles grisâtres, entrecroisées sur la ligne médiane, et vont constituer la portion la plus interne des fibres du pédoncule cérébral du côté opposé à celui d'où elles proviennent. (Comparez avec 6, 6' de la figure 1, pi. XVI.)

On voit donc d'après ceci que : les fibres antérieures spinales des régions sus-bulbaires de l'axe obéissent dans leur ensemble aux mêmes modes de distribution que nous avons déjà signalés pour les régions bulbaires et sous-bulbaires; elles traversent, comme les précédentes, obliquement les régions antérieures de la protubérance, y affectent des rapports d'autant moins prolongés qu'elles ont un point d'émergence plus haut placé sur Taxe, et Tonl, ainsi que leurs congénères, se grouper en fascicules juxtaposés régulièrement, occupant la région la plus interne des pédoncules centraux (pi. XXXVI, XXXVII, fig. S [7]).

En résumé, il résulte des détails descriptifs dans lesquels nous Yenons d'entrer, à propos de l'étude des fibres secondaires propres tux noyaux d'implantation des principaux groupes des racines spinales antérieures de l'axe :

Que chaque groupe de fibres radiculaires antérieures est pourvu d'un noyau gris d^implantation spécial, et d'une série de fibres secondaires entrecroisées, établissant une solidarité intime entre les cellules nerveuses de ces mêmes noyaux de substance grise et celles du corps strié ;

Que ces fibres secondaires forment un système à part, parfaitement délimité (système des fibres spinales antérieures), dont on peut, dans toute la hauteur de l'axe spinal, retrouver des représentants ;

Que si les faisceaux antérieurs ont cessé d'exister comme indi- Tidualités propres, au niveau de la région bulbaire, ils sont représentés dans les régions supérieures par une série de fascicules homologues qui jouent, vis-à-vis des cellules antérieures de ces régions, le même rôle qu'ils jouent eux-mêmes vis-à-vis des cellules antérieures de la moelle proprement dite, etc.;

Que les fibres secondaires des portions inférieures, moyennes et supérieures de l'axe, traversent successivement de bas en haut et

i04 SYSTÈME D«S FipiiBS COI^YERGB^TË^ U^FÉRIEURES.

obliquement, toute l'épaisseur de la protubérance ^ qu'elles 9i>irent en combinaison (suivant un mode qui sera indiqué plqs loin) avec la substance grise appartenant aux pédoncules cérébelleux, se eoD* densent en fascicules isolés et juxtaposés au niveau des fibres les plus supérieures du pont de Varole; et constituent, en déQnitîyei cette série de fibrilles fasciculées, régulièrement disposées suivant une surface courbe, qui représente Tétage inférieur des pédoncules cérébraux ]

Que les portions les plus externes de pç9 mêmes pédpncules sont conjititué^i par la série des fibres secondaires entreçrpiséeS| émergeant principalement des noyaux d'implantation deai régions sous-bulbaires de Taxe \ que les portions moyennes sont constituées par les ^bres appartenant aux noyaux d'implantation des régions bulbaire et cervicale supérieure ; qu'enfin, les portions les plu; internes ont pour éléments constitutifs cette série de fibres s^on^ daires qui relient les poyaux d'iinplantation des régions sus^ bulbaires à la substance grise du corps strié. (Comparez pi. XV, fig, i, et pi. XVI, fig, 4, avec pi, lU, fig. 3.)

ARTICLB II.

MODK DB DISTRIBUTION DES FIBRES SPINALES ANT^^RIEURES DANS LA SUBSTANCE ORISR

DU CORPS STRii.

Les pédoncules cérébraux ainsi constitués se présententt dans leur face antérieure (pi. XV, fig. 1), sous Taspect de deux cordons conoldes, situés symétriquement de chaque côté de la ligne mé* diane, subdivisés en fascicules juxtaposes et parallèles, et paraissant présenter, à partir du moment ob ils émergent de laprotu* bérance, une sorte de mouvement de torsion générale de tQUs Inurs éléments fîbrillaires, en vertu duquel chacun d^eux se projette, suivant une direction élégamment spiroïde en haut et en debors. JUs fascicules dont chaque pédoncule cérébral est formé, rappror cbés tout d'abord les uns des autres, et concentrés au niveau du collet pédonculaire, s'écartent graduellement, à mesura qu'ils «'élèvent (par suite de l'interposition de la substance grise périphérique des pédoncules cérébelleux) ; ils s'étalent peu à peu en éventail t et arrivent ainsi à occuper un espace progressivement plus considérable.

DISTRIBUTIOM CENTRALE PES FIBRES SPINALES ANTÉRIEURES. i07

Ils se trouvent bientôt ainsi en présence de la substance grise du corps strié qu'ils abordent par sa région inférieure ; ils y pédèlrent isolément par groupes et s^y distribuent de la manière mi van te ;

lies fibres spinales antérieures, au moment de leur immersion Um la substance grise du corps strié, quel que soit leur point l'origine, présentent une disposition générale commune. Elles se Dontrent sous Taspect de fibres spiroldes élégamment contournées mr elles-mêmes, et obéissant toutes à un mouvement d'ensemble, }oi les porte à s'épanouir en dehors et en avant : elles affectent le plus, i partir de leur point d'émergence de la protubérance, une coloration jaunâtre toute spéciale, qui est une teinte d'em* prunt, due à la présence des cellules périphériques cérébelleuses combinées avec elles (pi. III, fig. 2, et pi. II, fig.28).

A mesure qu'elles s'élèvent, elles s^ écartent de plus en plus les unes des autres, et se segmentent en trois groupes indépendants et inégaux, au point de vue de la longueur et de la quantité de leurs éléments constitutifs (pi. XVI, fig. 1). Chacun de ces groupes représente une catégorie spéciale de conducteurs nerveux : le groupe le plus externe est la prolongation des fibres spinales antérieures des régions sous-bulbaires; le groupe intermédiaire, la prolongation des fibres des régions bulbaires, et le groupe le plus interne, celle des fibres des régions sus-bulbaires (pi. III, fig. 2).

Chacun de ces groupes isolés aifecte bientôt une disposition spéciale et identique pour tous. Les éléments fibrillaires qui le9 oonstituent, se disposent harmonieusement suivant une surface courbe semi-circulaire, et s'étalent tous ainsi, en avant et en dehors (pi. XXIV, fig. 1) dans l'ordre suivant : la série des fibres i|oi sont les plus multipliées, et qui ont parcouru le plus long diemin (celles qui au niveau du collet pédonculaire sont antéroexternes), sont maintenues dans une même situation; celles qui ioBergent des noyaux gris d'implantation les plus rapprochés, sont les plus internes (pi. III, fig. 2); et celles qui ont leurs origines lians les régions moyennes de l'axe spinal, occupent une situation intermédiaire. Il résulte donc de cette dissociation régulière des éléments spinaux antérieurs, que leur immersion dans la substance grise du corps strié se fait sous l'aspect de (rois demi-cônes emboîtés de fibrilles ascendantes. Ces cônes se correspondent par

108 SYSTÈME DES FIBRKS CONVERGENTES INPÉRIBUfIBS.

leurs sommets qui regardent en bas el qui se touchent ; ils sont écartés et désunis à leur base, qui regarde en haut et en avant (pi. XVI, fig. 1, pi. XXIV, et pi. I, fig. 4).

Sur des sections horizontales (pi. XXXII [8, 8'] ; pi. XVIII, fig. 8, pi. XVI), qui intéressent simultanément les trois groupes des fibres Spinales antérieures suivant leur continuité, on peut constater que chacun d^eux se dessine sous Vaspect d'une ligne courbe semi-circulaire, à convexité antéro-externe; quMIs représentent ainsi une agglomération d'arcades concentriques, entourées de toutes parts par la substance grise du corps strié (1)-, quéTarcade la plus excentrique correspond à Tépanouissement des fibres spinales du tiers inférieur de Taxe spinal, ou de la région sousbulbaire; Tarcade intermédiaire, à celui des fibres du tiers moyen, ou de la région bulbaire ; et Tarcade la plus interne, à celui des fibres du tiers supérieur oq de la région sus-bulbaire;

Que ces arcades forment, au moment où elles s'étalent et s'implantent dans la substance grise du corps strié, un noyau triangugulaire de substance nerveuse, à sommet dirigé en arrière et i base tournée en avant et en dehors, à coloration jaunâtre bien accentuée (pi. XXXII)-, et que ce noyau lui-même ne s'élève qu'à une hauteur assez limitée dans le sens vertical, puisqu'il dépasse à peine le plan des fibres convergentes antérieures (pi. XXIV, fig. 1 [8], et pi. XXV [8, 8'J) ;

Que chacune d'elles paratt renforcée dans le sens horizontal, par une série de fibres advenlives jaunâtres, dirigées dans ce sens, reliant entre eux les éléments fibrillaires spinaux d'un même groupe, dont elles établissent ainsi la solidarité (pi. XVIII, fig. 8 [4, 6, 6], et pi. XIII, «g. 6 [A]) 5

Qu'elles sont ainsi distantes et nettement distinctes les unes des autres; de sorte que chaque groupe des fibres spinales, isolé et indépendant à son point de départ, rencontre dans cette der« nière phase de son parcours un mode de distribution corrélatif: chaque groupe se distribue, en effet, dans la substance grise du corps strié d'une manière isolée, et en conservant son indépen-

(1) Ces arcades ont été sif^nûlées et figurées dans les planches de TouTrage de Gerdy, Journal des connaissances médico<himrgicales^ 1835.

Elles ont été pareillement représentées dans celles d* Arnold ; elles sont ainsi désignées : très articulas diverse coloratos, tabula Yllt^ fig. 2.

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