‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 33 sur 141 · A6 FIBRES EFFÉRKNTBS DU CERVELET · texte numérisé non relu

A6 FIBRES EFFÉRKNTBS DU CERVELET

joindre une série de filaments irradiés en tous sens de laband»* lette accessoire, constituent pour les fibres spinales des deux derniers groupes, un véritable contingent de fibres cérébelleoses propres, destinées à compléter pour elles le système des ^brm transversales arciformes, dont nous venons de voir la première apparition, à propos de la description des fibres efférentes de k bandelette accessoire (pi. XVIII, fig. 8 [8]).

Il résulte donc de ces dispositions remarquables, que présentent les pédoncules cérébelleux supérieurs à leur terminaison :

Qu'après s'être entrecroisées (probablement dans la totalité de leurs éléments), les fibrilles qui les constituent, vont s'amortir en se pelotonnant, dans deux noyaux de substance grise qui jouent, vis-à-vis d'elles, le même rôle d'appareil récepteur commun, que jouent les olives de la région bulbaire, vis à vis des fibres des pédoncules inférieurs;

Que ces noyaux de substance grise deviennent bientôt des centres d'irradiation de fibrilles secondaires, lesquelles, éparpillées au milieu des fibres spinales ascendantes, ou condensées de nouveau en agglomérations supplémentaires, deviennent bientôt, a leur tour, les origines d'une multitude infinie de fibrilles nerveuses efiérentes, éparpillées en toutes les directions, et exclusivement rattachées aux fibres spinales antérieures avec lesquelles elles secombinent;

Que ces générations successives d'éléments nerveux fibrillaires, au moment où ils plongent dans la substance grise du corps strié, représentent dans leur ensemble une série de lignes divergentes, à direction transversale, et croisent perpendiculairement celle des fibres spinales antérieures qui sont verticales et obliquement ascendantes (pi. XIII, fig. 6 [A]);

Qu'elles constituent au sein de la substance grise du corps strié, par leur agglomération, un foyer d'irradiation des fibres jaunes à direction horizontale qui se portent toutes en avant et en dehors, en croisant la direction des fibres spinales antérieures;

Que ce foyer d'irradiation jaunâtre représente la totalité des expansions terminales des fibrilles pédonculaires cérébelleuses supérieures, épanouies ainsi jusque dans les régions les plus centrales du cerveau 5

Que la substance de chaque hémisphère cérébelleux se trouve

SUBSTAIfCIS GRISE GÉRâBBLLKUSB PÉRiPfltRIQim. 1&7

ainsi solidairement associée à la substance grise de chaque corps strié du côté opposé, par une série de fibrilles interposées et entrecroisées (pi. I, fig. A);

Que ce noyau de fibrilles cérébelleuses jaunâtres représente UD amas de substance nerveuse pyramidal, ayant son sommet tourné en dedans et en bas, et sa base étalée en hautet en dehors, au sein do la substance grise du noyau extraventriculaire du corps strié (pi. XXXI, XXXII, XXIV, fig. 1 et 2) ;

Que les fibrilles qui le constituent (pi. XVlll, fig. 8 [9, 9']) s^amincissent progressivement, et s'accolent sur les fibres pareillement effilées des faisceaux spinaux antérieurs, et vont ainsi, sous fornfie de filaments serpentins, d'une coloration blanc jaunâtre, se distribuer dans les divers départements de la substance grise du corps strié, en passant à travers les interstices des faisceaux des fibres convergentes antérieures (pi. XXV [8, 8']) ;

Enfin, que l'intensité de la coloration jaune de cet amas de fibrilles nerveuses est proportionnelle à l'intensité de la coloralion même des corps rhomboldaux du cervelet. Chez les animaux dont les corps rhomboldaux ont une teinte grisâtre, à peine marquée (bœuf, mouton), la coloration des amas jaunes du corps strié est aussi très-peu accentuée (1).

ARTICLE III

OB LA SOMTAMCB GBI8B CâliBELLEOSB PAbIPHÉRIQUE.

Nous avons vu jusqu'ici que les fibres efférentesdu cervelet, au moment, où elles arrivaient aux dernières phases de leur parcours, allaient former dans la région cérébrale, du côté opposé à celui d'où elles tiraient leur origine, une série de lacis plexiformes, éparpillés au milieu des interstices des fascicules spinaux

'1) Nous verrons plus loin que ces rapports intimes que Tapatomie normale fPTèle entre la substance du cervelet et la substance grise du corps strié, se troorenl complètement vérifiés par l'anatomie paiholog:ique : dans certaines lésions chroniques du cerveau d'un côté, Thémisphère cérébelleux du côté opposé se trouve »«uïenl frappé d'atrophie, et réciproquement, l'atrophie d'un lobe cérébelleux entraine celle des appareils cérébelleux périphériques du côté opposé, celle des olives inférieures, aussi bien que celle des olives supérieures, et des noyaux jaunes du corps Urié.

1A8 SUBSTANCE QRISB CÉRÉttBLLfitlSE MniF&tRlQUEk

antérieurs, et cûntious de bas en haut. Il nous reste à examtnelr maintenant la manière dont ces plexus sont successivement constitués, hs éléments anatomiques que Ton y rencontre, et les rapports intimes qu'ils affectent avec les fibrilles spinales antérieures (pi. XXXVIl, fig. 2, 3, 4 et 5).

l"" A. Les premiersiinéaments de lasubstance grise périphérique du cervelet apparaissent au niveau de la région bulbaire antérieure, a 2 ou 3 centimètres au-dessous du bord inférieur de la protubérance, sur le prolongement des fibres terminales des pédoncules cérébelleux inférieurs. Ils se présentent sous Taspect de lignes sinueuses, ramifiées, spécialement au milieu des interstices des fascicules des pyramides antérieures, dont elles amènent ainsi, par leur interposition, la dissociation progressive (pi. VII, fig. 2 [1 , 1']) ; ces lignes sinueuses augmentent peu à peu d'abondance et d'épaisseur (pi. VII, fig. 2, 3 et 4 ; pi. VIII, fig. 1 et 2). Ils arrivent ainsi à constituer au milieu même de la série fasciculée des pyramides, un lacis plexiforme des fibres grises, dont tous les éléments sont réciproquement anastomosés, à Taide de branches secondaires, qui les rendent ainsi solidaires les uns des autres (pi. XVIII, fig. 5 et 6).

Au niveau des régions de l'axe spinaf qui reçoivent les expansions terminales des fibres pêdonculaires moyennes, cette disposition acquiert des proportions progressivement plus considérables, répaisseur des dépôts de substance grise va successivement en croissant; ils se présentent alors sous Taspect de traînées grisâtres, reliées intimement par des prolongements multipliés, les unes avec les autres. L* accumulation de substance nerveuse grise est telle, à un moment donné, qu'il en résulte bientôt une intumescence notable, qui a fait donner le nom A'à protubérance à la région dans laquelle celle-ci se trouve le plus abondamment .répartie (pi. XXXVIl).

B. La plupart des fibres pêdonculaires moyennes, avant même de s'entrecroi&er, passent insensiblement a l'état de fibrilles grises, et après leur entrecroisement apparaissent sous l'aspect de lignes sinueuses, embrassant, par leurs contours, les agglomération des fibres spinales antérieures qui représentent les pyramides antérieures prolongées (pi. VIII, fig. 3). Elles enserrent chaque faisceau pyramidal ainsi prolongé, d'une sorte de collier circulaire,

SUBSTANCE GBISE CÉRÉBELLEUSE PÉRIPHÉRIQUE. 1A9

de la circonférence interne duquel partent une sérié de rayons convergents, qui pénétrant à travers les interstices des fascicules spinaux antérieurs en opèrent ainsi la dissociation successive. Peu à peu, cette dissociation est telle, que les fascicules spinaux, écartés les uns des autres par l'interposition de la substance grise cérébelleuse, ont cessé de former une agglomération régulière de fibres ascendantes accolées; ils sont déjetés les uns à côté des autres, et cessent d'être nettement reconnaissables sur des coupes horizontales (pi. IX, fig. 1, 2 et S). Les fibrilles grises cérébelleuses, agglomérées en traînées jaunâtres (qui se détachent en clair sur l'ensemble des fibres ascendantes coupées transversalement), se divisent en fibres de plus en plus déliées, lesquelles passent à travers des fascicules spinaux avec d'autant plus de facilité qu'elles sont plus délicates, et vont ainsi constituer au pourtour de chaque fibrille primitive, une sorte de gaine adventice qui la circonscrit de toutes parts (pi. XXXVII, fig. 5; pi. XVIII, fig. 1).

C. Les fibrilles les plus supérieures des pédoncules moyens se comportent d'une manière identique dans leurs rapports généraux avec les fascicules spinaux antérieurs (pi. X, fig. 1), seulement, les dépôts de substance grise qu'elles constituent par leurs expansions périphériques sont de plus en plus épais. Ces dépôts se présentent sous l'aspect d'une agglomération compacte, émettant dans une direction antéro-externe une série de ramescences épaisses, anastomosées fréquemment les unes avec les autres, et formant dans la région moyenne des pédoncules cérébraux, un lacis plexiforme, à mailles excessivement serrées (pi. XVIII, fig. 7). Les cellules nerveuses que Ton y rencontre sont de plus en plus pigmentées; et c'est ainsi, par leurs anastomoses multiples, que se trouve constitué, dans ces régions supérieures de l'axe spinal, cet amas de substance grise spéciale, décrit sous le nom de substance grise du loctis niger de Sœmînering, lequel n'est autre chose (ainsi que nous venons de le voir) que le résultat de l'expansion terminale des fibres supérieures des pédoncules cérébelleux moyens; et la propagation, au milieu des interstices des fibres spinales antérieures, de ces mêmes traînées de substance cérébelleuse périphérique, qui forment, depuis la région kulbaire jusqu'au niveau de la substance grise du corps strié, un

Page 1