‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 34 sur 141 · SUBSTANCE GRISE CÉRÉBELLEUSE PÉRIPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

SUBSTANCE GRISE CÉRÉBELLEUSE PÉRIPHÉRIQUE

réseau plexiforme de fibres grises partout continu, exclusivement en rapport avec les fibres spinales antérieures.

Il suffit, en efiet, d'exaniiner une couche mince de substance nerveuse, intéressant la région antérieure des pédoncules cérébraux dans le sens vertical, pour reconnaître que la substance grise à ramescences épaisses que Ton voit planche XVIII, figure/, se prolonge dans le sens vertical sous l'apparence de filaments grisâtres fréquemment anastomosées entre eux (pi. XVI, fig« 3; pi. XXXyiI, fig. 5); que ceux-ci accompagnent les fibres spinales antérieures, autour desquelles ils forment des ondulations serpentines, et que celte substance grise ne diffère à son tour des autres dépôts périphériques analogues, que par la coloration plus accentuée et la forme spéciale des cellules nerveuses que Ton y rencontre (pi. XIX, fig. 6).

D. Quant aux particularités que présentent les fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs au moment de leur distribution périphérique, nous avons déjà signalé les principaux détails qui sont propres à la grande majorité de leurs éléments.

Il est un certain nombre de leurs fibres cependant qui, après s'être entrecroisées, vont se jeter directement au milieu des fibrilles spinales antérieures, et contribuent à la prolongation di^ns les régions supérieures de Taxe spinal, de ces dépôts de substance grise, disséminés sous forme d*amas diffus et irréguliers qqi constituent le locus nigerde Sœmmering (pi. X, fig. 2 [â, 4*]). Ces dépôts irréguliers qui représentent les expansions terminales d'une partie des fibrilles pédonculaires supérieures, ne sont souvent qu'un des premiers modes d'apparition de la bandelette accessoire du noyau olivaire supérieur, laquelle se trouve ainsi strictement associée (dans le sens vertical) (pi. X, fig. 3, [A, i'], et pi. XIII, fig. 2) avec la série dés filaments réticulée de la substance cérébelleuse périphérique des régions sous-jacentes.

2* Les cellules nerveuses de la substance cérébelleuse périphérique commencent à apparaître au niveau de la région bulbaire antérieure, sur le prolongement des expansions terminales des fibrilles pédonculaires. Celles-ci s'amincissent progressivement, perdent peu à peu de leur matière médullaire, et ne se trouvent bientôt plus réduites qu'à un filament central, sur lequel la gaine

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se trouve plus ou moins immédiatement appliquée. Ces éléments nerveux se dessinent alors, au niveau de la région antérieure des pyramides (pi. XVIII, fig. 6), sous Tapparence de fibrilles excessivement minces, serrées intimement les unes contre les autres, et envoyant des prolongements de leur propre substance à travers le paquet des fibres spinales ascendantes {id.y fig. 6 [3, 3']).

Les cellules nerveuses que Ton rencontre en cette région sont de dimension à peu près égales à celles des olives inférieures. Elles mesurent de 0'°,03 àO'",0& en diamètre. Elles sont ovoïdes, pourvues d*un noyau volumineux de même forme, et paraissent, par leurs prolongements qui sont situés à chaque extrémité de leur grand axe, en relation avec les tubes nerveux afférents et efférents.

Au niveau des régions moyennes de la protubérance (là oii les fibrilles pédonoulaires moyennes opèrent leur distribution terminale), les fibrilles grises et les cellules forment des agglomérations beaucoup plus multipliées. La substance grise se présente à ce moment sous Taspect de sinuosités multiples, éparpillées au milieu des fibres spinales, lies cellules nerveuses y apparaissent, à de faibles grossissements, sous Taspect de taches blanchâtres (pi. XVIII, fig. 1), disséminées en nombre infini, tout le long de la continuité des fascicules pédonculaires. Examinées à de plus forts grossissements, elles se montrent sous forme de petits corps ovoïdes, bipolaires, mesurant dans les régions où elles ont les plus fortes dimensions, de O'^fih à 0°',05, et paraissent orientées de telle sorte, que leur grand axe est dirigé le long de la continuité des fibrilles grises au milieu desquelles elles se trouvent confondues (pi. XVIIl, fig. 3). Leur abondance est telle, qu*en certaines riions elles sont séparées les unes des autres par de très-minimes dbtances : elles sont toutes placées bout à bout, et régulièrement. Il résulte de leurs rapports réciproques, qu'elles se trouvent ^nsi disposées en files régulières, et qu'elles donnent aux fascicules des fibrilles cérébelleuses, au milieu desquels elles proéminent (sous forme de saillies successives), Taspect d'une gousse, dont les graines sont alternativement proéminentes à la surface. Ces cellules nerveuses, de même que les précédentes, se détachent, au bout d'un certain temps de leur parcours, de la masse fibrillaire commune, et vont, soit isolément, soit par groupes

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C'est ainsi que les expansions terminales éraanées d|] cervelet et les fibrilles spinales proprement dites entrent en rapports intimes. Elles se fusionnent réciproquement, et se confondent les unes avec les autres pour ne former qu'une seule et même unité, la fibre nerveuse propre du corps strié^ qui représente un véri» table couple anatomique, participant à la fois aux propriétés du cervelet et à celles de Taxe spinal (pi. IV, fig« 5).

Quant à la distribution ultérieure des fibrilles terminales cérébelleuses au sein de la substance grise du corps strié, il est presque impossible d'arriver sur ce point, actuellement, à une certitude complète; ce que nous pouvons seulement dire à ce sujet, c'est :

Que les fibrilles terminales cérébelleuses, une fois qu'elles ont pénétré dans la masse môme de la substance grise du corps strié, s'y distribuent dans une direction légèrement ascendante, qui croise celle des fibrilles spinales antérieures (pi. XIII, fig. 6 [4]) ;

Qu'elles y apparaissent sous Taspect de fascicules minces, à coloration jaunâtre, contenant au milieu de leur agglomération une grande quantité de cellules teintées en jaune d'ocre, dont le volume va successivement en décroissant (pi. XVIII, fig. 9; pi. XIX, fig. 3 et A);

Que ces fibrilles ultimes s'accolent (avec les petites cellules qui font partie de leur continuité) (pi. XVIII, fig. 8) le long des panus

mettre en relation avec des séries de petites cellules ambiantes. Ces petites c^Ilales, à Taide de prolongements^ s^anastomosaicnt^ dans ces cas^ avec les prolongements ramifiés des éléments homologues ambiants. C'est ainsi, grâce à Tintrication succenite des fibres et des prolongements de cellules^ que Ton peut se rendre compte du mode d'apparition des réseaux de substance grise qui enlacent les éléments spinaux ascendants, à partir de la région bulbaire.

Nous^ ferons remarquer encore que cette disposition des fibres des pédoncules cérébelleux à la périphérie concorde avec ce que nous avons avancé à propos du mode de constitution de ces mêmes fibres au sein de la substance cérébelleuse d'où elles dérivent ; nous avons vu en effet, page 1 25, que la fibre cérébelleuse n'était vraisemblablement constituée définitivement que par l'apparition successive d'éléments fibrillaires de provenance et de nature variées ; nous retrouvons à l'autie extrémité de son parcours, le même mode probable de dissociation de ses éléments Tondamcntaux : ils se combinent isolément avec des groupes de ceUules dissemblables^ douées vraisemblablement d'attributions physiologiques dissemUables (pi. IV, fig. 5).

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excessivement multipliés, à la constitution (l*un amas de substance grise, placé comme un centre d'irradiation fibrillaire nouveau, au milieu même du demi-cône formé par la juxtaposition des fibres spinales antérieures épanouies en éventail : ce centre supplémentaire d'irradiation de flbrilles nerveuses parait plus particulièrement destiné à entrer en rapport avec les fibres spinales les plus internes (pi. XVIIl, fig. 8^ pi. III, ûg. 2; pi. II).

On troisième groupe, sous forme d'un fascicule cylindroîde, dirigé d'abord directement en avant, puis réfléchi bientôt sur luimême en dehors, émerge des portions les plus antérieures de la subslancc grise de l'olive supérieure, et se dissémine principalemeut au milieu des ûbres spinales ascendantes appartenant aux régions bulbaires et probablement sous-bulbaires.

10^ Il résulte des modifications successives que subissent les fibres pédonculaires, une fois qu'elles sont arrivées à la dernière période de leur parcours :

Qu'elles deviennent ainsi les origines d'un véritable lacis plexiforme de substance grise, continu de bas en haut depuis la région bulbaire jusqu'à la région du corps strié ;

Que ces lacis plexiformes sont constitués, inférieurement, par les anastomoses réciproques des fibres pédonculaires inférieures ; âla protubérance, par les fibres pécondulaires moyennes; et à région supérieure, par les fibres pédonculaires supérieures, médiates ou immédiates (pi. H, fig. 29, AO);

Que ces divers dépôts de substance grise paraissent solidairement associés dans le sens vertical; qu'ils sont composés de cellules, en général douées de caractères homologues; que presque toutes ces cellules sont ovoïdes, d'une coloration jaunâtre tout i fait spéciale; qu^un certain nombre d'entre elles présentent des dépôts pigmentaires très-considérables, qui donnent à leur ensemble un aspect particulier (la substance grise du locusniger de Sommering représente la série des expansions périphériques d'une portion des fibres pédonculaires supérieures, dont les ccl-^ Iules sont plus fortement chargées de granulations pigmentaires que celles de la région bulbaire);

Que ces agglomérations successives de substance grise, réparties dans toute la hauteur des régions supérieures de l'axe spinal, représentent bien ta sphère de Taclivité propre du cervelet, au sein

ritables conducteurs efférenls, qui vont elles-mêmes se disséminer au milieu des faisceaux de fibres spinales ascendantes, et devenir ainsi, ens*amincissantpeuàpeu, les origines delà substance grise périphérique du cervelet.

S"" Tous ces conducteurs efférents sont entrecroisés; ils se distribuent à la périphérie, dans la région du côté opposé à celle d*oii ils émergent.

6® Les fibres efTérentes les plus inférieures (pédoncules inférieurs) dirigées de haut en bas et d^arrière en avant, parcourent à travers les fibres spinales un trajet spirolde, et vont se perdre au milieu des réseaux de cellules du corps olivaire du côté opposé (pi. III, fig. 2 [19, 19^]). Les fibres qui émergent des corps olivaires paraissent se disséminer au milieu des interstices des fibres spinales ambiantes. Elles contribuent à la constitution des premiers réseaux de substance grise périphérique qui commencent i apparaître au niveau de la région bulbaire.

T Les fibres eflerentes moyennes (pédoncules moyens) se dirigent toutes, plus ou moins directement en avant, sous forme de fascicules curvilignes, et vont se perdre, après s'être partagées en deux divisions principales, l'une superficielle, l'autre profonde, en presque totalité, dans les régions du côté opposé à celui d'où elles sont sorties. Elles contribuent à former par leurs extrémités périphérique la substance grise de la protubérance.

8® Les fibres efférentes supérieures (pédoncules supérieurs) émergent, comme leurs congénères, de la cavité des corps rhomboîdaux, sous Taspect de fascicules bien nettement constitués; elles vont se perdre, après s'être entrecroisées fibrilles à fibrilles, dans deux amas géminés de substance grise, situés de chaque côté de la ligne médiane, et qui sont pour elles ce que sont les corps olivaires pour les fibres pédonculaires inférieures.

9® Ces corps olivaires supérieurs^ dont la texture et les éléments histologiques sont complètement comparables à ceux des olives inférieures, émettent à leur tour une série de fibres secondaires qui rayonnent dans toutes les directions.

Un premier] groupe de fibres efférentes des olives supérieures va se disséminer au milieu des Gbies spinales antérieures ambiantes*

Un deuxième, émergeant principalement des régions externes de l'olive supérieure, va contribuer, sous Vaspect de filaments

STSTÈn HKd Plfitit8 COKtBRGENÏËS StlPÉRlÉtJIlES. 150

DEUXIÈME SECTION

Le système des fibres convergentes supérieures peut être idéalement conçu [ainsi que nous l'avons indiqué déjà (page 2)] sous Taspect d'une série infinie de fibres blanches, puisant leurs origines au sein de la substance grise des circonvolutions cérébrales, et venant (groupées au pourtour de la couche optique, en fascicules distincts et indépendants, à la façon d'une couronne rayonnante) se distribuer dans son intérieur, et se mettre en rapport, aussi bien avec les divers groupes de cellules qui s'y trouvent qu'avec ceux de la substance grise du corps strié (pi. IV, fig. 2 elS;pl. I.fig.l).

Les fibres convergentes supérieures, au point de vue des rapports réciproques qu'elles aflectent avec la substance grise périphérique d^où elles émergent, et les noyaux de substance grise centrale où elles aboutissent, pourraient être assez bien comparées à une série de rayons qui, parlant de tous les points de la surface concave d'une sphère creuse, viendraient tous se réunir en un point central, qui serait leur point commun de convergence (1).

(1) Nous croyoni utile de rappeler ici ce que nous avons déjà préalablement inique tu sujet de la dénominaUon de fibre convergente, appliquée aux fibres du systime précédeot. Cette dénomination, pour nous, est tout à fait arbitraire, elle n'im- VUipie aucune signification physiologique, et n'a pour raison d'être que la commodité dtU description anatomique. Une fibre nerveuse n'étant qu'un trait d'union interné entre deux amas de substance grise, rien n'indique l'origine ou la terminaison delà fibre nerveuse plutôt dans un point que dans un autre (pi. IV, fig. A). H est d<Ric parfaitement indifférent, de commencer la description d'une fibre nerveuse, ou ^'an fascicule, par telle ou telle extrémité qui parait le plus convenable, sans avoir ^ H préoccuper des questions d'origine et de terminaison, lesquelles, au point de vue untomiqtie pur, ne doivent pas plus être soulevées que celle de l'origine des extrémités 'te* flbreSj musculaires par rapport à leur point d'insertion. Tout le monde s'accorde ^<lire : qne le biceps s'insère à la cavité glénoïde, à la cavité coracoîde d'une part, «td'intre part, à la tubérosité blcipitale du radius, sans qu'il soit jamais venu à l'esprit de quelqu'un de dire : que ce muscle naissait de l'une de ces insertions plutôt

lÔO SYSTEME DES PlttftBS GONVëRGBMTBS SUPÉRlBÙtUMk

Les fibres du système convergent supérieur, bien différentes en cela des fibres du système convergent inférieur, ne sont pas isolées et indépendantes à leur point d'émergence, et pendant une grande partie de leur parcours. Elles se trouvent en effet accollées à Vensemble des fibres commissurantes qui, rares et discrètement disséminées dans les portions inférieures de l'axe spinal, acquièrent dans les régions supérieures un développement d'une richesse excessive (pi. IV, Bg. 3). Ces deux systèmes de fibres blanches, confondues et associées dans leurs origines, constitueat donc à eux seuls toute la masse même de la substance bltndie des hémisphères cérébraux ; ce n'est qu'à un moment donné de leur parcours, que chacun de leurs éléments propres, obéissant à des mouvements d'attraction différents, se séparent brusquement. Les uns gagnent les régions de substance grise homologues, dans le côté opposé à celui d'où ils émergent (pi. III, fig. 3 [10, 11, 11', 13, 14]), les autres poursuivent leur trajet convergent, «t vont se perdre dans les dépôts de substance grise des régions les plus centrales de l'encéphale (pi. III, fig. 3 [1, 2, 3, A, 6, 12]). Il résulte de cette double direction, suivie par chaque groupe de fibres, allant isolément à sa destination, des espaces laissés libres, par Vécartement de chacune d'elles, lesquels ne sont autres que les cavités mêmes des ventricules latéraux (1). La description générale de ce grand département du système

nerveux va successivement nous offrir à considérer :

que de l'autre^ et qu'il se terminait ici plutôt que là. — La fibre musculaire ml d'intermédiaire à deux points fixes isolés^ qu'eUc rend ainsi solidaires l'un de l'ai de la même façon que la fibre nerveuse^ interposée entre deux ceUules^ let < l'une à l'autre, et les associe dans leur fonctionnement dynamique. — Les dénoniM' tions de points d'imniergence et de terminaison, appliquées à une fibre nenreuie, M sont donc que des mots destinés a donner plus de clarté et de rapidité au langlfi anatomique.

(i) Les cavités des ventricules latéraux ne se trouvent donc être constituées que pi récartement réciproque des fibres du système convergent supérieur, et de fihi* du système commissurant, au moment où elles se séparent les unes des anM A ce point de vue, elles sont produites par un mécanisme anologue à celui qnipd side à la formation du trou ovale de l'os coxal. Cette cavité résulte, en effet, de rn pacc laissé libre, par l'écartcmcnt de la branche horizontale du pubis, et ascendiil< de l'ischion, qui, suivant chacune une direction différente, laissent entre eUet tf véritable vide.

8TRI)GTimE DES CIRCONVOLUTIONS CÉRÉBRALES. 161

I. L'étode de la substance grise des circonvolutions cérébrales, d'où émerge la totalité des fibres blanches cérébrales;

IL Celle des fibres convergentes, envisagées dans leur direction, leurs rapports et leur mode de terininaison centrale ;

m. Celle des noyaux de substance grise inlra-cérébrale (la couche optique et le corps strié) qui servent de point commun de convergence à Tensemble des fibres convergentes supérieures, et qui sont, à proprement parler, les appareils récepteurs, propres i toutes les fibres blanches cérébrales;

IV. Celle des fibres commissuranles, au point de vue de leur direction, de leurs rapports et de leur rôle dans la constitution des cavités cérébrales.

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