‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 35 sur 141 · STRUCTURE DE LA SUBSTANCE GRISE DES CIRC0NV0LUT10N5 CÉRÉBRALES · texte numérisé non relu

STRUCTURE DE LA SUBSTANCE GRISE DES CIRC0NV0LUT10N5 CÉRÉBRALES

Lés circonvolutions cérébrales se présentent, dans leur ensemble, sous l'aspect d^une lame de substance grise, repliée un grand nombre de fois sur elle-même, en ondulations multiples, lesquelles n'ont incontestablement pour but que d'amplifier sa surface et de multiplier ses points de contact avec les fibres blanches qui s'y disséminent.

Cette couche de substance nerveuse est d'une épaisseur à peu pris uniforme dans toutes les régions du cerveau ; elle mesure en moyenne 2 à 3 millimètres sur des cerveaux d'adulte. Sa consistance, à l'état sain, est ferme et élastique; on peut enlever impu- Q^ent la pie-mère qui la recouvre, sans entraîner en même temps des fragments de tissu nerveux. Sa coloration , étudiée sur des cerveaux sains (chez des individus emportés en pleine santé par des accidents subits qui n'ont pas intéressé les fonctions de Tencéphale), est franchement grisâtre, et tranche d'une façon très-nette avec la teinte des fibres blanches aflerentes (1). En

(l) Nous Terrons plus loin qu'un des caractères anatomiques les plus constants ^ la snbstance grise corticale des aliénés^ est de présenter^ au contraire^ soit des Uches blanchâtres^ discrètes au sein de la masse^ soit une coloration blanchAtrc dif- ^} qni (ait qtt*6ntre la substance propre des fibres blanches et celle de la substance corticale, les transitions sont à peine seosiblas .

LOTS. il

162 SYSIÈMB DBS FIBRES CONVBRGBNTBS SUPÉRINBIS.

rexaminant de près, on constate de plus que les couches les plus superficielles, celles qui sont sous-jacentes à la pie-mère, offreoi une teinte grisâtre légèrement transparente, tandis qu'au contraire, les couches les plus profondes présentent des nuances généra* lement plus foncées, et ont un aspect rougeàtre, assez nettement accusé (fait qui ne doit être attribué, du reste, qu*à une inégaie dilatation des conduits vasculaires qui rampent au sein de la masse môme de la substance nerveuse).

Il n'est pas rare, non plus, que Ton puisse apercevoir, même à à l'œil nu, une certaine série de fibres transversales formaot comme un liséré blanchâtre, au milieu môme de la substaooe corticale, et servant de limite entre les deux zones de substanea grise que nous venons de signaler. Ces fibres transversales acquièrent un maximum de développement, dans les circonvolutions des régions postérieures, où elles se présentent sous Taspect d*une bandelette blanchâtre continue (1) (pi. XXXI [â'], XXXII, XXXHI).

Envisagée dans Tétude de ses éléments constitutiCs, la substance grise corticale offre à considérer : des cellules nerveuses, des fi» bres nerveuses, des capillaires, et une matière unissante spéciale.

I. Les cellules de la. substance grise corticale se présentent sor des cerveaux sains d'adulte , sous l'aspect de petites masses jaa* nàtres, réfractant fortement la lumière, et réparties en nombre mfini, au sein de la matière amorphe dans laquelle elles soot plongées (2). Elles sont toutes groupées d'une manière régulière, et disposées méthodiquement, le long de la continuité des fibres blanches afférentes (pi. XX, fig. 3 et A). Elles présentent les ca-

(i) Ce liséré t été parfaitement indiqué dans les planches de TouTrage de Vkf d'Azyr.

(2] n nous parait à peu près impossible de se faire une idée exacte de la multitodi infinie des cellules nerveuses de la substance corticale : on peut s*en rendre tt compte approximatif par le calcul suivant. Dans des conditions favorables, nirtt» tranche do substance corticale assez mince pour être transparente à 15 diamèM j'ai pu en compter environ 60 ù 70 dans 1 millimètre carré. Si l'on se reporte ci* suite au nombre considérable de fois qu'un millimètre carré est contenu dans cfti" que tranche mince de substance corticale, et à Texiguïté de volume que présuit une tranche mince de cette substance corticale, vis-à-vis de la totalité de la Mf* des circonvolutions, on arrive à une estimation du nombre des cellules cérébniii pouvant s'élever à environ plusieurs raiiliersi

STRUCTURB DBS GlRCœiVOLUTIOIli CÉRÉBRÂÙS. 163

raclères généraux de toutes les cellules nerveuses, c'est-à-dire qu'elles sont composées d'une^ membrane d'enveloppe, d'un contena, d'un noyau et de nucléoles; mais ce qui les distingue particulièrement entre elles, ce sont principalement leur forme, leur yolume et leurs prolongements.

Les régions les plus superficielles de la substance corticale sont oecupées par une agglomération de petites cellules anastomosées eo réseaux, tandis que les régions profondes sont constituées par la réunion exclusive de cellules de grandes dimensions, qui rap* pellent, par leur forme et leurs connexions, les grandes cellules des régions antérieures de l'axe spinal. On trouve, dans les régions intermédiaires, une série de cellules de transition, dont les caractères peu tranchée participent à la fois de ceux de la région des petites et de ceux de la région des grosses cellules (pi. XX, fig. A). Néanmoins, ces diverses catégories d'éléments nerveux forment un plexus partout continu, dont toutes les parties sont également solidaires entre elles.

!• Les petites cellules ont en général 0"",01 à 0"»",016 5 elles sont pourvues d'un noyau volumineux, et présentent des prolongements excessivement fins, qui les rattachent, soit les unes avec les autres (pour former des agglomérations locales), soit à la continuité des fibres nerveuses afférentes (1) (pi. XX, fig. A, 6 et6).

Leur forme est en général arrondie; ce n'est que lorsque leurs prolongements viennent à être tiraillés, qu'elles apparaissent avec des formes angulaires.

2" Les grosses cellules des régions profondes sont, la plupart, Irès-nettement de forme triangulaire : elles mesurent en moyenne ^ deO"»,015 à 0"",0S5 ; leur sommet regarde vers les zones superficielles, et leur base vers le point d'arrivée des fibres nerveuses

(1) On rencontre ordinairement^ dans la région des petites ceUules^ et mêlés au nùlieii d'elles^ une série de petits noyaux isolés pourvus de prolongements multi- RIh, etqul ne sont pas recourerts d'une membrane de ceUule (pi. XX, fig. 6). Ces noyaux constituent-ils des éléments normaux? Faut-il les considérer comme ^ cellules en voie d'évolution, ou comme les vestiges persistants de cellules alté* ^? C'est un point qui me parait encore impossible à juger dune manière définiy^e : tout ce que je peux dire, c'est que je les ai rencontrés dans la substance grise d'tnimtux qui venaient d'être immédiatement sacrifiés, et que, dans ce cas, l'iiypo- ^ de riltération des éléments cérébraux devrait au moins être mise de côté.

afférentes. Elles sont [pourvues d^un noyau ovoïde nucléole et de prolongements multiples (pi. XX, fig. 9).

Les prolongements qui correspondent à leur base, et qui mi souvent plus ou moins ramiQés, nous ont paru (dans quelques gis, d'une manière indubitable) se continuer directement avec ud( fibre nerveuse; ceux qui correspondent à leur sommet Tepréseo< tent en quelque sorte la continuité de la fibre primitive avec U quelle la cellule se continue; ils se dirigent vers les couches su perficielles des petites cellules, avec lesquelles ils se confondeii vraisemblablement. Quant aux prolongements latéraux, ils nou ont paru beaucoup plus fréquemment ramifiés que les précédeots ils établissent la solidarité dans le sens transversal d'une o de plusieurs séries de grosses cellules, qui se trouvent ainsi soli dairement associées dans une action commune (1).

il. Les fibres blanches qui se distribuent au sein de la sut stance grise corticale sont de provenances multiples^ et formel ainsi deux systèmes de fibrilles bien distincts. Les unes ne soi autres que les fibres blanches cérébrales qui pénètrent au sei de la substance grise, sous Tapparence de fibrilles rectilignes c légèrement divergentes, pour s'y amortir (pi. XX, fig. 3); le autres, au contraire, sont des fibres curvilignes qui se pré sentent au niveau des anfractuosités, sous Taspect de bandelette continues , et dont les deux extrémités, perdues au sein de li substance grise des circonvolutions ambiantes (pi. XXXI [7, 7] pi. XX, lig. 1 [6]) , servent ainsi à relier entre elles diverses série de circonvolutions du voisinage.

i"" Les fibres du premier groupe qui représentent Tensembk

(i) Les cellules nerveuses corlicnlcs semblent avoir été aperçues par Malpighii qu leur donne le nom générique de glandules (uom^ du reste^ qu'il donnait à tous 1a éléments anatomiques ultimes) . Il parait les avoir décrites^ non-seulement dinf ktf forme et leur configuration [générale^ mais encore dans leur connerion avec kstoba nerveux^ qui en sont^ dit-il^ comme les vaisseaux propres.

Il est curieux de constater que le nom de l'auteur de la découverte des ëiéaa^ caractéristiques de la substance corticale^ est demeuré presque compléteneil étranger aux anatomistes frant^ais (au moins de notre époque) qui se sont occupé* de ce sujet. Nous sommes heureux de pouvoir contribuer, pour notre pt^j* rendre à la mémoire de l'illustre professeur de Bologne, le juste hommage qui ^^ appartient si légitimement. [Discours anatomique sur la structure des vùcérdj 9^ M. Malpighi, philosophe et médecin de Bologne, 2* édition, Paris, MDCLUXVll.]

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