‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 52 sur 141 · UTI · texte numérisé non relu

UTI

§ 2. x- méclon de «olMitMiee srUie eenlrale taiMMMil Imi pfto du frotolème Tentrieale (i).

Nous avons déjà parlé (page A7)« à propos de la constitotioo des éléments propres de Taxe spinal, de raggloméralion de celte substance grise qui, localisée au pourtour de la cavité du canal central de la moelle, remontait avec ces mêmes cavités spinales, dont elle est satellite^ jusque dans les régions supérieures do système nerveux, pour s'allonger tout le long des parois des cavités intra-encéphaliques (pi. I, fig. 1').

Nous avons dit pareillement que cette région particulière de substance grise paraissait résulter de Tapport successif des fibres grises spinales; qu'elle présentait, de distance en distance, des intumescences locales, des tuber cinereum^ en rapport avec TabcHh dance de ces mêmes fibres; qu'elle pouvait être considérée comme la représentation exacte d*un axe commun, sur lequel toutes les fibres nerveuses du système convergent inférieur venaient successivement apporter leur contingent; et qu'elle jouait le même rôle, vis-à-vis d'une portion notable des fibrei du système convergent supérieur, lesquelles allaient pareillement s'y implanter. Nous Pavons jusqu'ici successivement envisagée, dans son mode de constitution, dans ses rapports avec les diverses catégories de fibres nerveuses qui sont ses tributaires, et dans sa structure histologique ; il nous reste à Texaminer maintenant dans cette portion limitée de son parcours, où confondue avec la masse même des centres delà couche optique : elle sert à la fois de centre de réception pour les fibres da système convergent inférieur, et pour les fibres du système coo* vergent supérieur.

La région de substance grise centrale se présente à ce moment sous l'aspect de deux processus antéro-postérieurs de substance grisâtre (pi. XXXI [16, 16'] ^ pi. XXXII [10, lOl; pi. XXXIH [11, 11']) doublant les parois du troisième ventricule, et étendus de bas en haut et d'arrière en avant, depuis Torifice supérieur de Taqueduc de Sylvius jusqu'au niveau du passage des fibres de ia

(1) Figurée sur les planches d'Arnold (Tabula; analomicœ, fasciculus 1) ci défilée sous le nom de subsiantia einerea (tabulu II; fig. 8 [95]).

RfGlOH. W aHWrAlICl 6II18R CBNTRALB DU t* VmtlIOlILE. 211

commissure antérieure. La masse de substance qui la constitue ^t, proportfonnellement, plus abondamment répartie dans les portions inférieures de son parcours (là où elle est en connexion avec les fibres spinales ascendantes) que dans les régions supé«rieures des couches optiques, sur lesquelles elle s'étale en dimi* Duant insensiblement d'épaisseur (pK XII, fig. 2 et 8; pi. XIUi fig. i et 2).

Elle est formée, dans sa portion moyenne et interne, par une substance amorphe d'une consistance médiocre, très-abondante (relativement aux éléments anatomiques qu'elle renferme), et susceptible de prendre, sous l'influence d'une solution étendue diacide chromique, cette coloration verdàtre, tout à fait caractéristique, qui la rapproche ainsi complètement, au point de vue de sa nature chimique , de la substance grise homologue qui existe dans les régions inférieures et centrales de l'axe spinal.

Leséléments histologiques que Ton y rencontre, sont, en général, volumineux dans certains points de ses régions inférieures; ils sont de petite dimension dans la plupart des autres régions. Ce sont de petites cellules à coloration jaunAtre, souvent triangulaires, d'autres fois ovoïdes, pourvues d'un noyau quelquefois volumi* neux, et présentant toutes une série de prolongements excessivement fins, subdivisés bientôt en filaments multipliés, qui forment avec ceux des cellules ambiantes un lacis plexiforihe non inter* rompu, avec lequel ces fibres nerveuses ont probablement des rapports immédiats de continuité (pi. XVII, fig. 6)«

Les fibres afiférentes, à la réffian centrale de substance grise intra^encépbaliqde, sont représentées par toute cette série de fibrilles ascendantes, dirigées obliquement en haut et en avant, et que l'on trouve juxtaposées en fascicules divergents, au niveau de la région du quatrième ventricule (pi. XII, fig. 2 et 3). Ces fibrilles, entrecroisées au niveau de la région bulbaire, forment, par leui juxtaposition régulière, une agglomération de conducteurs ner« veox, méthodiquement stratifiés les uns au<lessus des autres, et destinés à s^amortir, soit dans les centres, soit dans la sub^ sttnce grise centrale de la couche optique. Nous avons déjà parlé de ceux qui paraissent affectés aux centres médians ou aux oentres postérieurs ; quant à ceux qui vont s'amortir au sein de la substanee grise de la région centrale^ ils se présentent sous

212 STSTÈMB DBâ FIBRES CONVBRGBNTES SUPÉRIBURB8.

l'aspect de filaments grisâtres excessivement fins, dirigés obli* quement en avant et en haut, et dissociés insensiblement en bouquets divergents, à mesure qu'ils se rapprochent de leurs points d'immersion (pi. XIII, fig. 1 [9, 10]; pi. XVII, fig. 1 [11, IS]; pi. XII, fig. 3 [8] et 2 [10, 15] ). Ces filaments, une fois éparpillés, après 3*êlre amincis considérablement, se mettent en connexioo avec des groupes de cellules nerveuses isolés, constituant alors de petits centres gris (pi. XIII, fig. 1 [9, 9] ; pi. XVII, fig. 1 [1 2, 12']), et trouvent ainsi, dans ces régions centrales du système nerveux, des localisations distinctes et indépendantes, comme les divers plexus originels d*oii elles dérivent à la périphérie.

La série des fibres efiërentes de la substance grise centrale de la couche optique a été déjà passée en revue, à propos de la description des fibres du système convergent supérieur (page 187).

Il nous suffira de rappeler : que ces fibres sont des conducteurs directs interposés entre les cellules des circonvolutions cérébrales et celles de la région centrale; qu'elles sont, parmi les fibres convergentes qui traversent de dehors en dedans l'épaisseur de la couche optique, celles qui ont la situation la plus inférieure (pi. XVII, fig. 1 et pi. Xm. fig. 1);

Qu'elles abordent la région grise centrale^ suivent une direction transversalement oblique, de haut en bas et de dehors eo dedans, conti*airenient à l'ensemble des fibres afférentes, qui s'y distribuent suivant une direction verticalement ascendante et inclinée en haut et en avant (pi. XII; pi. III, fig. 2) ;

Que c'est, par conséquent, au milieu des réseaux de cellules qui la constituent, qu'une portion notable des fibres des systèmes convergents, supérieur et inférieur, doivent entrer en rapports réciproques.

La substance grise ceîitrale du troisième ventricule contient dans sa masse une série de petits amas isolés de cellules nerveuses, qui forment, par leur agglomération, autant de petits centres gris^ à action indépendante.

Ces petits centres sont jusqu'ici au nombre de trois, bien net« tement déterminés : deux sont géminés et symétriquement placés de chaque côté de la ligne médiane ; un seul est coalescent ehex l'adulte, et placé sur la ligne médiane, c'est le conarium.

TUBUCULES MAMILLAIRKS* 2tS

1* La première paire àe centres gris que l'on rencontre d'avant en arrière, sont les tubercules mamillaires (pi. XXXIV [14, 14'] : ces petits amas de substance grise, qui sont bien une véritable intumescence bilatérale de la région centrale grise avec laquelle ib se continuent d*une manière insensible, ont pour fibres aBë* renies (établissant leurs rap|)orls avec la périphérie sensorielle) les fibrilles du fascicule de Vicq d*Azyr du centre olfactif, les<^ quelles rattachent ce centre à la substance grise de la région cen* traie (pi. XXI, Bg. 7) (voy. page 192),

Les fibres efférentes des centres mamillaires sont les fibres des piliers de la voûte, lesquelles les relient ainsi à la substance grise de la circonvolution de l'hippocampe. Ces fibres des piliers sont, poar cette circonvolution, les analogues des autres fibrilles grises convergentes, qui, plongeant à travers toute Tépaisseur de la couche optique, vont se distribuer particulièrement dans ces mêmes régions delà substance grise centrale y d^où émergent les fibres des piliers (voy. page 186).

2* En arrière des petits amas de substance grise qui constituent les tubercules mamillaires, se trouvent deux petites intumescences bilatérales de la substance grise de la région centrale^ qui se pré* sentent (avec un moindre volume) sous Taspect de deux petites accumulations grisâtres bien nettement isolées (pi. XIII, fig. 1 [9,iy]];pl.XVII,fig.l[12,12']).

Ces petits centres, qui sont situés de chaque côté de la ligne médiane, et qui occupent les régions les plus inférieures de la substance grise du troisième ventricule, là où cette substance grise est le plus abondamment répartie, ont a peu près le volume d'une d^une grosse lôte d'épingle; ils ont pour fibres aflérentes celle série d^éléments fibrillaires à provenance indéterminée, qui, à partir de la région bulbaire où ils se sont entrecroisés, remontent au niveau de la paroi antérieure du quatrième ventricule, pour s'implanter dans les régions centrales (pi. XII, fig. 2 et 3).

Quant aux fibres efierentes qui émergent de ces petits centres gris^ elles paraissent appartenir à cette série de conducteurs nerveux convergents qui rayonnent vers les diverses régions de la périphérie cérébrale.

Faut-il considérer ces deux petits amas isolés de substance grise comme les points de convergence centraux de fibrilles convergentes

tu SYSTÈME DES P1BRB8 CONVERGBRTBS SUPÉRIEURES.

émanées de divers plexus delà vie végétative? Faut*il voir en eux lo point d'amortissement central de cette catégorie spéciale de fibres centripètes, dont Scbiff a signalé expérimenialemeol la présence jusque dans la substance grise de la coucbe optique, et qui sont les agents de l'innervation vaso-motrice des principaux viscères? Ce sont autant de questions que nous ne faisons que poser actuellement, et dont il faut laisser les solutions aux recbercbes ultérieures de la physiologie expérimentale.

S"* Le conarium est un amas de substance grise appartenant i la région grise centrale du troisième ventricule dont il peut être considéré comme une intumescence hors rang ^ et dont il partage la même composition histologique élémentaire.

fiilobé primitivement chez fembryon humain (pi. XL, fig. Si), d'une manière transitoire, et chez certaines espèces animales, d'une manière permanente (1) (pi. XXXIX, fig. 13 et 16), Tamas de substance grise qui constitue Xeconarium^ présente avecle centre antérieur les mêmes connexions que celles qui unissent celui-ci aux tubercules mamillaires : aussi peut-il être assimilé à de véritables intumescences mamillaires postérieures, devenues coalescentes sur la ligne médiane. De même que les tubercules mamillaires, \e conarium^ en efiet, est relié au centre antérieur^ par une série -de fibres blanches a direction antéro-postérieure, que nous avons décrites (page 202) (pi. XXI, fig. 7; pi. XXIX et XXX), et qui sont pour lui ce que les fibres du fascicule de Viq d'Azyr sont pour ces tubercules mamillaires eux-mêmes.

Le volume de ce petit système de fibres est proportionnel au dévelopi)ement du centre antérieur dont elles sont solidaires : chez le bœuf, le cheval, dont les centres antérieurs oSrentde

(1) € A la fin du troisième mois^ dit M. Serres, à rextrémité de chacun des ] culcs du conarium, on aperçoit un très-petit noyau de substance grise. Ces deui » noyaux se réunissent au commencement du quatrième mois de l'embryon humiin. » De la jonction de ces deux petits noyaux résulte la glande pinéale qui, de cette » manière, est primitivement double, conune cher certains reptiles » . (Serres, Anafomie du cerveau, t. 1, 1827, p. 158.) Ghezcertains animaux, le conarium repréttnk cette disposition embryonnaire à l'état permanent. C'est ainsi que chef le chien, le rat, le lapin, la subtaiice grise qui représente le conarium est géminée. Ce MUit deux petits amas de substance nerveuse bilatéraux^ isoles et indépendants, recevant d&ns leur masse une portion des fibrilles des pédoncules aniériearS| en arrière deKueUes Us sont situés (pi. XXXiX, fig. 2, 16 et 17).

CONARIUM. 216

grandes dimensions relatives* celte catégorie de fibres est beaucoup plus nettement accentuée que chez Thomme» Ce sont la, â proprement parler, des fibres afférentes propres à la substance grise du conarium.

Quant aux fibres efférentes, elles sont ici pareillement représentées par cette série de fibrilles blanches superposées aux précédentes, avec lesquelles elles constituent un cordon dirigé dans le sens antéro-postérieur, bifide à son extrémité antérieure, et décrit sous le nom do pédoncules antérieurs du conarium. Ces fibres (pi. XXlX [0]), émanées du sein de la substance grise du conarium, se dirigent d'abord, d'arrière en avant, accolées aux parois internes du troisième ventricule ; elles se recourbent bientôt sur elles-mêmes, de bas en haut, et vont, en se juxtaposant aux fibrilles agglomérées des piliers, grossir le contingent d'éléments convergents qui appartiennent à la substance grise de Vhippo* campe (pi. XXI, fig. 7 [10]) (voy. page 193).

C^est ainsi que nous sommes amené à dire : que la substance grise de la circonvolution de l'hippocampe, celle des tubercules mamillaires, celle du contrit/m et du centre antérieur, forment, •vec les piliers de la voûte, qui sont les véritables appareils con-^ nectifs de chacun de ces divers départements de substance grise, un seul et même système, dont toutes les pièces sont réciproquement solidaires. Lorsque la circonvolution de l'hippocampe acquiert des proportions considérables, comme chez certaines espèces animales, les appareils centraux avec lesquels elle est en connexion s'amplifient en proportion. Chez le bœuf, le cheval, le chien et la plupart des rongeurs, ces relations sont manifestes d'une manière évidente : il y a même, chez les mammifères, un rapport de proportion entre les dimensions des appareils ganglionnaires olfactifs H les régions centrales du système nerveux dans lesquels les fibres ganglio-cérébrales qui en émanent, viennent se disséminer (pi. XXXrX, fig. â, 5, 8, 13, là, 15);

Que la situation (excentrique par rapport à la masse commune des autres circonvolutions) que nous avons déjà signalée à propos de l'hippocampe, se trouve pareillement représentée dans les régions centrales avec lesquelles elle est en connexion. Les centres auxquels elle est reliée se trouvent frappés d'un pareil cachet

A' excentricité^ ils sonl tous, plus ou moins hors rang. La substaoce grise des tubercules mamillaires fait saillie à la régioo cérébrale inférieure, celle du conarium est presque complètement détacbée de la coucbe optique ; celle même du centre antérieur forme un amas proéminent, au-dessus du niveau commun des régions internes et antérieures de la coucbe optique; il est tellement silué en dehors de la masse commune des autres centres, qu'il ne se trouve rattaché à la région centrale grise qu'a l'aide d'un fascicule supplémentaire de fibrilles nerveuses (faisceau de Vicq d'Azyr) qui n'existe que pour lui seul (pi. XXI, fig. 7).

La substance grise du conarium contient dans sa masse ane série de petits amas cristallins, disposés en forme de grumeaux, et qui sont très-variables au point de vue de la fréquence et du volume (pi. XII, fig. A). Ces petites agglomérations sont de coloration jaunâtre; elles sont, soit isolées, soit agglomérées les unes entre elles, et présentent quelquefois un aspect muriforroe (pi. XII, fig. 5). Elles sont presque toujours adhérentes aux parois des nombreux capillaires qui se distribuent dans la substance grise du conarium. La soude étendueet l'élher m*ont paru sansactionsur elles. L'acide azotique les attaque avec effervescence, et après que son action s'est épuisée, on constate qu'elles sont constituées pu une trame organique (pi. XII, fig. 6) infiltrée de substance c^ caire, que cette trame organique est disposée sous forme de fibrilles concentriques, qu'elle est en général attenante aux parois d« capillaires, dont elle peut, à la longue, se trouver détachée ; qu'elle représente une sorte de production efflorescenle des éléments du tissu conjonctif des parois des capillaires cérébraux ; qu'à ec point de vue elle offre les plus grandes analogies avec les productions de môme nature qui pullulent au niveau des régions de la convexité des lobes cérébraux, et qui ne sont, pour la plupart du temps, que les premiers rudiments des corpuscules de Pacchioni en voie d'évolutioQ.

ARTICLE III

DR LA SUBSTAUGK G1II8B DU CORPS STBlt.

La substance grise du corps strié est reçue comme un dépôt surnuméraire au milieu des fibres de chaque hémisphère dtir

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