‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 53 sur 141 · DR LA SUBSTANCE GRISB DU CORPS STRIÉ · texte numérisé non relu

DR LA SUBSTANCE GRISB DU CORPS STRIÉ

Jbral, dans une espèce de loge, qui n'est autre chose qu'un espace laissé libre, par la dissociation des fibres cérébrales com* missurantes et convergentes, au moment oix elles se séparent brusquement, pour obéir isolément a leurs centres d^attraction réciproques (pi. XXVII, fig. 1; pi. IV, fig. 1).

Accumulée sous forme d'un gros noyau ovoïde, au niveau des r^ons antérieures des couches optiques, la substance grise du corps strié reçoit précisément en ce point la série des fibres spinales antérieures, emboîtées sous forme de cornets concentriques. Elle se prolonge encore vers la région externe des couches optiques et s'avance jusqu^au niveau de leur rendement postérieur (pL XXX, XXXI, XXXII), si bien que Ton peut dire que toutes les fibres convergentes dans leur ensemble (au moment où elles abordent & la couche optique) ont toutes contracté avec la substance grise du corps strié des rapports plus ou moins étendus (pi. XXX).

Les fibres convergentes antérieures qui la traversent en avant (précisément dans la région où elle est le plus abondamment répartie), la divisent en segments inégaux (pi. XXV, XXVI, XXVU). Le segment externe et inférieur est le plus volumineux, c*est dans sa masse que les fibres spinales viennent principalement se répartir; le segment supérieur et inlerne reçoit, sous forme de lignes onduleuses, la terminaison des fibres spinales qui semblent particulièrement trouver dans celte région du corps strié le terme de leur long parcours. La substance grise de chacun de ces deux segments communique librement de part et d^autre, a travers les vides interceptés entre les divers fascicules convergents antérieurs, au moment où ils se superposent régulièrement les uns au-dessus des autres (pi. XXIV, XXV, XXVI).

Les régions supérieures et internes de la substance grise du corps strié sont libres et tapissées par la membrane ventriculaire ;* les régions externes et antérieures sont limitées par une série de fibres curvilignes formant un plan continu, et appartenant soit au système des fibres convergentes, soit à celui des fibres commissurantes (comparez avec les planches XXXI, XXXII, XXXIII). Les régions inférieures, criblées de pertuis vasculaires très-multipliés, se voient à nu, a la base du cerveau (pi. XXXIV, XV et XVI) ; elles sont connues sous la dénomination d'espace perforé de Vicq d'Azyr.

216 SYSTÈME DES FIBRES GOtfVERG BUTES SUPÉRIEURES.

La coloration de la substance grise du corps strié e^t d'un rouge plus sombre que celle de la substance corticale, ce qui est dû à rénorme proportion de capillaires qui s'y distribuent : sa mollesses est des plus remarquable: elle se rapproche de celle des circonvolutions cérébrales, et se distingue, d*une manière tranchée, de celle de la couche optique, qui est relativement ferme et dense. Ces particularités anatomiques rendent un compte satisfaisant de la fréquence extrême des lésions, soit aiguës, soit chroniques, du corps strié, et de la rareté relative de celle des couches optiques.

Les cellules que Ton rencontre dans la substance grise du corps strié sont les unes très-petites, les autres très-volumineuses.

Celles-ci sont en général ovoïdes, de coloration jaunâtre, pourvues d*un noyau volumineux; elles ont des prolongements multîples et mesurent en moyenne de 0",0S à 0",06 en diamètre (pi. XIX, flg. 4)5 ce qui les dislingue particulièrement, ce sont les petites cellules, quelquefois franchement pigmentées, qui sont accolées à leurs prolongements et souvent môme à leurs parois, (pi. 'XIX, Qg. S [8]). Ces petites cellules, qui sont apparentes le long de la continuité des fibres en connexion avec les grosses cellules, et qui se greflent ainsi sur leur propre surface, m*ont paru devoir être considérées dans certains cas (ainsi que nous l'avons déjà indiqué page i 54) comme le mode de terminaison ultime des fibrilles des pédoncules cérébelleux, accolées aux fibres spinales antérieures, et comme les agents de la dissémination périphérique de l'innervation cérébelleuse.

Les petites cellules de la substance grise du corps strié semblent .être plutôt des éléments hislologiques étrangers à cette substance elle-même, que de véritables cellules, faisant foncièrement partie de sa constitution fondamentale. Elles sont, en elîet, importées avec les fibres spinales antérieures, au moment où celles-ci se dissocient et s'écartent les unes des autres, à mesure qu'elles se mettent en contact avec la substance grise ambiante. On les voit, en effet (accumulées au milieu des interstices de ces mêmes fibrilles, sou$ l'aspect de petites nodosités ou de saillies moniliformês), constituer une multitude infinie de petits éléments isolés, qui se séparent peu à peu du fascicule commun avec lequel elles sont venues, cl

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qui forment bientôt, par leurs prolongements, des réseaux d*une délicatesse extrèmo (pi. XIX, flg. 8).

Ces petites cellules, qui mesurent en diamètrede 0",01 à0",02, paraissent la plupart du temps n'être que des noyaux pourvus de prolongements-, je crois, en effet, qu'il en existe réellement un certain nombre à Télat de noyaux libres, et que leurs prolongements s'accolent aux fibrilles spinales dont ils multiplient aussi répaisseur de la gaine (pi. XIX, fig. A.)

Les fibres nerveuses qui se distribuent dans la substance grise du corps strié proviennent d'origines multiples.

1* Les unes viennent des différentes régions de Taxe spinal : ce sont les fibres spinales antérieures, dont nous avons déjà précédemment étudié le groupement réciproque, et la combinaison avec les expansions cérébelleuses périphériques. Ces fibres se présentent sous l'apparence de lignes serpentines blanchâtres, et se plrolongent jusque dans la substance grise du noyau intra-ventriculaire. On peut retrouver en ce point leurs divers fascicules en voie de dissociation de leurs éléments, et constater : qu'un certain nombre des fibrilles ([ui les constituent, se continuent d'une façon plus ou moins nette, avec un prolongement des grosses cellules du corps strié (pi. XIX, Gg. i [1]). (Je n'ai encore pu déterminer Avec un degré de précision suffisant, les rapports ultérieurs des différentes parties constitutives de la fibre nerveuse spinale avec les parties homologues de la cellule correspondante.)

V Les autres proviennent des expansions terminales des pédoncules cérébelleux (page 153). Nous avons insisté déjà sur le mode de distribution des fibres des pédoncules cérébelleux supérieurs, au idn de la substance grise des noyaux olivaires supérieurs ; nous tvons signalé la multitude infinie des fibres efférentes de ces mêmes noyaux, leur accolement aux fibres spinales ascendantes (pL XVIIl, fig. 8 et 9), et enfin leur importation avec les fibres spinales qui les supportent, au sein de la substance grise des corps «Wés. Nous sommes, par conséquent, porté à penser que les élé- «nents anatomiques qui représentent ces expansions périphériques ties pédoncules cérébelleux supérieurs, se comportent, une fois wrivés au sein de la substance grise du corps strié, comme les fibres spinales elles-mêmes, et que ce sont probablement eux qui

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(fusionnés avec la paroi externe des grosses cellules) sont les représentants les plus éloignés de la participation de Télément cérébelleux aux manifestations fonctionnelles dont le corps strie est le point de départ.

3* Les autres, enfin, proviennent de la substance corticale du cerveau (page i 89) : ce sont les fibrilles terminales des fibres cortico-striées. Nous n'avons, jusqu'à présent, pu suivre cette catégorie spéciale d'éléments nerveux, que dans une portion très-limitée de leur long parcours; nous avons signalé leur présence au niveau de la région antérieure des couches optiques, lorsque, contournés en spires ils plongent au sein de la substance grise du corps strié, sous forme de fibrilles curvilignes emboîtées (pi. XXIV, fig. 1 et 2). Leur distribution et leurs rapports ultérieurs nous sont complètement inconnus jusqu'à ce jour, et ce n'est que par un effort d'induction, que nous arrivons a admettre la possibilité de leurs connexions ultimes avec un des prolongements multiples des grosses cellules de la substance grise du corps strié, comme nous l'avons indiqué d'une façon schématique dans la planche I, fig. 5.

Il résulte néanmoins de cette étude de la substance grise du corps strié que c'est dans sa masse que viennent se rendre, comme a un rendez-vous commun, une série d'éléments nerveux de provenance dissemblable : l'activité du cerveau, l'activité du cervelet, l'activité de l'axe spinal y ont également leurs représentants réciproques, sous la forme de conducteurs isolés. Elle représente donc dans son ensemble, la combinaison de trois foyers indépendants d'activité nerveuse, et la grosse cellule, qui est en quelque sorte son unité fonctionnelle et sa caractéristique^ peut être idéalement conçue (pi. IV, fig. 5), comme un appareil récepteur, en continuité, d'une part (à l'aide d'un de ses prolongements), avec l'extrémité effilée d'une fibre cérébrale cortico-striée, et, d'autre part (à l'aide d'autres prolongements), avec les expansions des fibres spinales antérieures ; tandis que les éléments spéciaux, qui représentent l'innervation cérébelleuse périphérique, greflës a sa surface, complètent la trilogie^ et la chargent incessamment de Pinflux qu'ils soutirent des sources d'innervation constante avec lesquelles ils sont en relation.

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