‹ Recherches sur le système nerveux cérébro-spinal; sa structure, ses fonctions, et ses maladies (volume 2)Chapitre 54 sur 141 · SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

SUPÉRIEUR

1* La substance grise des circonvolutions cérébrales est consti* tuée par un nombre intini de petites et de grosses cellules formant, à l'aide de prolongements multiples, un plexus partout continu.

Parmi les fibres blanches qui se mettent en relation avec les réseaux des cellules corticales, les unes sont représentées par l'ensemble des fibres convergentes qui, après s'être amincies, se continuent d'une manière plus ou moins évidente avec les prolongements, soit des petites, soit des grosses cellules; les autres constituent un système spécial de fibres commissurantes intercorticales. Celles-ci sont des fibrilles curvilignes qui, plongeant par chacune de leurs extrémités au milieu des réseaux de la substance grise de circonvolutions contiguês, établissent ainsi la solidarité de plusieurs groupes de circonvolutions de voisinage. 2* La substance grise des circonvolutions cérébrales est reliée à celle de la couche optique et du corps strié, par une série de fibres blanches, à direction convergente, qui sont ainsi les agents de la solidarité des régions périphériques et des régions centrales du système nerveux.

3* Les fibres blanches cérébrales peuvent être comparées à une série de rayons qui, partis de tous les points de la surface concave d'une sphère, serviraient à relier tous les points de cette surface, au centre même de la sphère.

V Confondues à leur point d'émergence au sein delà substance grise corticale, avec une autre série de conducteurs nerveux (fibres du système commissurant), les fibres cérébrales convergentes se séparent bientôt des précédentes, après un 'trajet en commun d'une étendue variable. L'espace qu'elles laissent libre, par le fait même de leur écartcment, contribue à former la cavité des ventricules latéraux.

5* Les fibres du système convergent, nées de départements isolés delà substance grise corticale, suivent pour se rapprocher des centres intra-cérébraux, des directions variées. 6* Les fibres qui émergent des circonvolutions du lobe posté-

rieur (soit qu'elles proviennent des régions internes ou des régions externes), se juxtaposent régulièrement, suivant une direction commune, qui est celle de la cavité même de la corne ventriculaire postérieure, dont elles constituent en partie les parois. Elles sont toutes dirigées d'arrière en avant, et se distribuent dans les régions les plus postérieures de la couche optique.

7* Celles qui proviennent des circonvolutions de la régîoo médiane du cerveau, se dirigent toutes : les supérieures de haut en bas, les plus externes de dehors en dedans, les plus internes légèrement recourbées, en dedans ; les inférieures (celles qui appartiennent aux circonvolutions du lobe sphénoldal) en haut et en dedans, pour venir se distribuer et se juxtaposer régulièrement, dans toute la hauteur de la région moyenne de la surface externe de la couche optique du côté correspondant ; elles affeclent, dans leur mode de répartition central, des rapports identiques avec ceux qu'elles onten(re elles à la périphérie.

S"* Celles qui appartiennent aux régions cérébrales antérieures, se dirigent, toutes (soit qu'elles émergent des circonvolutions antérieures les plus externes ou les plus internes, les plus inférieures ou les plus supérieures) régulièrement en arrière; elles se trouvent bientôt abandonnées dans leur parcours par les fibres commissurantes, qui les quittent pour passer trans« versalement sur la ligne médiane, et apparaissent alors sous l'apparence de fascicules isolés, et régulièrement stratifiés les uns au-dessus des autres. Ces fascicules plongent presque tous obliquement, d'avant en arrière et de dehors en dedans, au sein delà substance grise du corps strié, qu'ils partagent ainsi en deux segments inégaux, Tun interne et supérieur, l'autre externe et inférieur, et vont se juxtaposer isolément au niveau des régions antérieures et externes de la couche optique.

9"* Les fibres convergentes de la circonvolution de Thippocampe et du corps godronné sont représentées par les fibres de la voAte et des piliers, et par celles des tractus de Lancisi, qui vont st disséminer dans les régions de substance grise qui tapissent les parois internes des couches optiques.

lO*" Toutes les fibres convergentes supérieures, émanées de lous les points de la périphérie cérébrale, une fois qu'elles sont venu« se grouper régulièrement, comme une série de rayons, au pour-

our de la couche optique, présentent deux modes de distribuioa définitive.

Une portion d'entre elles (et c'est la plus considérable) est ixclusivement destinée à s*anK}rtir au sein de la substance grise le la couche optique.

Une seconde est réservée à la substance grise du corps strié, |ui se trouve ainsi solidairement associée aux régions de subitance grise de la périphérie centrale.

il* La première série de fibres convergentes pénètre directe* laent au sein de la substance môme de la couche optique, sous Tonne de radiations blanchâtres, qui conservent la même direction convergente que celle des fibres précédentes dont elles sont la continuité.

Les unes s*épuisent par groupes au sein de petits amas de substance grise, localisés et indépendants, qui jouent vis«à- vis d'elles le rôle de petits centres de réception.

Les autres (ce sont les plus inférieures) pénètrent plus avant, et vont se répartir dans les amas de substance grise centrale qui tapissent les parois internes de couche optique, sous forme de deux bandelettes à direction antéro-postérieure.

12* La secondesériedesfibres convergentes, qui ne plongent pas m sein même do la substance grise de la couche optique, ne font ({ae d'y aborder. Elles se dirigent de haut en bas, en suivant un tmjet spiroîde, accolées aux régions externes et inférieures de la couche optique; se réfléchissent bientôt sur elles-mêmes de bas en haut (une fois qu'elles sont arrivées au niveau de sa région U plus antérieure), se dirigent ensuite directement en avant et en dehors, et pénètrent au sein de la substance grise du corps strié, sous l'apparence de fibrilles onduleuses blanches, recourbées en crochets verticaux, et confondues bientôt au milieu des fibres ascendantes des faisceaux spinaux antérieurs.

IS*" La couche optique qui représente le noyau central dans lequel toutes les fibres .convergentes supérieures viennent suc^ cmivement se distribuer, est constituée par une agglomération de petits dépôts isolés de substance grise, qui jouent vis-a*vis des fibres nerveuses venues soit de la périphérie sensorielle, soit de la périphérie cérébrale, le rôle d*appareils récepteurs, Us fibres venues de la périphérie sensorielle peuvent être con*

22A 8TSTÈMB DES FIBRES CONVERGENTES SUPiRlEURBS.

sidérées comme étant leurs conducteurs afférents ; celles cpii les relient à la périphérie corticale comme leurs conducteurs efférents.

Ces amas intra-cérébraux de substance grise sont juxtaposés les uns à la suite des autres, ils représentent par leur situation et leurs rapports réciproques, Tordre suivant lequel les fibres afférentes sensorielles émergent des régions périphériques.

Le centre antérieur est en connexion, d'une part, avec les fibres du ténia semi-circulaire, qui émergent du ganglion olfactif, et médiatement avec les fibres convergentes de Vhippocampe (fibres terminales des piliers). Il parait être en rapport avec les impressions olfactives.

Le centre moyen, situé en arrière du précédent, au niveau de la commissure grise, est en rapport principalement avec une série de fibres blanches curvilignes qui émergent directement des ganglions optiques. Ses fibres eiïérentes le rattachent principalement aux circonvolutions des régions moyennes et antérieures du cerveau. Il paraît afl'ecté à la réception des impressions visuelles.

Le centre médian, qui est plus profondément silué que le précédent, au sein de la masse même de la couche optique, reçoit comme conducteurs afférents, une série de fibrilles étalées en éventail, à direction verticale ascendante, qui pourraient bien être les fibres terminales des faisceaux latéraux de la moelle épinière, et une portion des éléments fibrillaires qui constituent le ruban deReil. Ses fibres efférentes paraissent rayonner vers toutes les régions de la substance grise corticale. Ce centre paraîtrait en rapport avec la réception des impressions tactiles et dolorifères.

Le centre le plus postérieur de la couche optique, moins nette* ment isolé que les précédents, semble recevoir comme conducteurs afférents (venus de la périphérie sensorielle) la portion des fibrilles les plus postérieures du ruban de Reil, qui semblent faire partie des appareils acoustiques intra-encépbaliques. Ses fibres efférentes sont réparties à la fois et dans les régions les plus postérieures et dans les régions les plus antérieures du cerveau. Ce centre postérieur paraît principalement en rapport avec des conducteurs émanés de la périphérie acoustique.

14* La région centrale de substance grise qui tapisse les parois internes du troisième ventricule, et qui est en connexion qvec la

substance grise de chaque centre en particulier, est pareillement Lan appareil centralisateur destiné à recevoir les impressions renues de la périphérie, et à les irradier vers la substance grise []c?s circonvolutions. Elle est donc pourvue d*un système de fibres i^nérentes, qui sont représentées par cette série de fibres ascendantes grises, étalées eu éventail, au niveau de la paroi du qua* triëme ventricule, et d'un système de fibres etTérentes, qui ne sont autres que cette série de fibrilles convergentes (les plus inférieures) qui se disséminent au sein des réseaux de cellules qui la constituent. Parmi les amas isolés de substance grise qu'elle forme, il faut noter :

l' La substance grise des tubercules mamillaircs, dont les con« ducteurs afférents sont représentés par les fibrilles verticales éomoées du centre antérieur, et les conducteurs efférents par les fibres des piliers de la voûte.

2* La substance grise du conarium, qui représente deux tuber** cules mamillaires postérieurs, coalcscents sur la ligne médiane, dont les fibres afférentes sont représentées par quelques fibrilles émanées du centre antérieur, et dirigées directement d^avant en arrière, et les fibres efférentes par cette série de fibres blanches qui, placées à côté des précédentes, constituent les pédoncules antérieurs du conarium» et vont s'accoler a celles des piliers, dans la constitution desquelles elles se trouvent ainsi jouer un rôle. La substance grise de Thippocampe, celle des tubercules mamillaires, celle du conarium, sont réciproquement solidaires. Les fibres blanches qui les réunissent entre elles, sont développées proportionnellement à leur masse, dans la série des vertébrés.

S» On trouve encore, en arrière des tubercules maniillaires« deux autres petits amas de substance grise, nettement isolés de chaque cdlé de la ligne médiane, et pourvus de fibres afférentes grises, à direction verticale ascendante. La provenance de cette calégorie de fibres, et par suite la signification de ces petits centres gris sont encore à déterminer. Peut-être sont-ils en rapport avec les fibres centripètes de Tinnervation viscérale.

15* La substance grise du corps strié, reçue au milieu des ^paces laissés libres par la dissociation des fibres convergentes ^t des fibres commissurantes, est constituée par des grosses et des petites cellules.

ton. 45

22d- STSTÈMB DES FIBRB^ COHMISSURANTBS.

Les grosses cellules paraissent, à Taide de leurs prolongements, être en rapport de continuité avec les diverses fibres nerveuses afférentes. Les petites semblent plutôt importées avec les fibres spinales.

' Les éléments fibrillaires qui se distribuent au sein de la sab* stance môme du corps strié viennent de trois origines dissemblables :

Les uns, aes aifférents dépôts de la substance grise antérieure de Taxe spical (fibres des faisceaux spinaux) ;

Les autres sont les expansions terminales des fibrilles des pédoncules cérébelleux supérieurs ;

^ Les autres proviennent de la substance grise des circonvolutions cérébrales (fibres cortico-striées).

Ces trois espèces de fibres nerveuses se combinent ensemble, au sein de la substance grise du corps strié, et constituent ainsi une sorte de trilogie ^ dont la grosse cellule du corps strié est en quelque sorte l'expresssion anatomique (pi. IV, fig. 6).

TROISIÈME SECTION

SYSTÈME DES FIBRES GOMMISSURÀNTEâ.

te système nerveux spino-cérébral se présente constitué^ ainsi que nous venons de le voir, par une série de fibres à direction bngitudinale, à tendance convergente, émanées soit des régions inférieures (et se portant de bas en haut), soit des régions supérieures (et se portant de haut en bas) (pL I, fig, 1).

Ces deux systèmes de fibres fondamentales, qui forment à droite et à gauche de la ligne médiane deux groupes parallèles d'élé« monts nerveux longitudinaux, indépendants et isolés Tun de l'autre, sont cependant reliés entre eux, ainsi que la substance grise d'où ils dérivent, à l'aide d'une série de fibres à direction transversale, qui se trouvent ainsi ctTmmmur^ deux départements du système nerveux primitivement isolés, et devenir les agents

FIBRBS COMllISSimANTES DE h\x^ SPIIVAL* S^7

deTunité d'action soit des deux moitiés latérales de ta moelle épinièrp, soit des deux hémisphères cérébraux. ' Ces fibres spéciales qui, dans les régions inférieures de Taxe spinal, sont discrètement réparties, se trouvent, au contraire, dans les régions supérieures, acquérir une exubérance de déyeloppe* ment tout à fait remarquable : ce sont elles qui, accolées à Ten^ semble des fibres convergentes supérieures, constituent entièrement l'ensemble de la substance blanche cérébrale.

Nous allons successivement passer en revue les principaux groupes de fibres commissurantes que Ton rencontre, soit dans rétude du système convergent inférieur, soit dans celle du système eoDvergent supérieur.

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